L’argent n’a pas d’odeur

Les principes (règles morales) disparaissent petit à petit et aujourd’hui peu importe d’où provient l’argent, l’essentiel étant d’en avoir. L’obscénité semble de rigueur. Il suffit de regarder la télévision  ou les gros titres de la presse pour en être convaincu, rien que des scandales : DSK, Zahia, les Bleus  à Knysna, les prêtres pédophiles, les indemnités et avantages  de certains élus du peuple… Lire la suite

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Travailler moins

Travailler moins pour que tout le monde puisse travailler, joli, non ? Nous vivons aujourd’hui dans une société où certains travaillent beaucoup, comme mon mari et d’autres pas  du tout, comme mon fils. Ceci dit, il aimerait bien pouvoir travailler mais il n’y a pas d’emploi à la Réunion, comme dans beaucoup d’autres départements, régions ou pays. Lire la suite

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Bleu, le pays de Cocagne (3)

Bleu vient de l’ancien bas-allemand « blao » qui signifiait brillant. Bleu a des synonymes comme azur de l’arabe azraq et cyan du grec kyanos. Lire la suite

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Couleur colère : en rouge et noir !

A quoi est-ce que je pense en cette fin de journée ? Sans raison, alors que tout va bien  (vite dit) : au rouge. Pas le rouge à boire, je préfère et de loin le champagne, mais au rouge, une couleur que j’aime. Je pense à nouveau à mon court article d’hier ; je n’ai pas beaucoup écrit, j’ai laissé Bernard Lavilliers vous chanter « Les Mains d’Or »… Et de là, voir rouge, se fâcher tout rouge : être ou se mettre en colère, il n’y a qu’un pas. Le rouge de l’acier en fusion et le noir des usines fermées. Comment ne pas crier ? Lire la suite

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Photographies… un problème avec soi-même ?

 

Comme tout le monde, de temps en temps, je me dis qu’il est indispensable de faire du rangement. Je voudrais savoir combien nous sommes ou plutôt combien vous êtes à tout tenir à jour, en ordre, rangé, propre. A moins de ne pas vivre dans son logement, difficile d’être au top partout. Il y a autre chose que le ménage, l’astiquage, le dépoussiérage, le « rangeage »… Alors j’avoue que chez moi, c’est un peu (beaucoup ?) la pagaille. Il faudrait simplement trier et jeter mais je me laisse déborder, aujourd’hui plus qu’hier… et bien moins que demain ? Dans ce cas, ça craint.

Aujourd’hui donc, j’ai décidé de ranger et de jeter. Sauf que…  je m’arrête de temps en temps. Je me laisse distraire par un courrier que je relis, un article de magazine que je redécouvre. Je papillonne.

Il faudrait ne pas se poser de questions, jeter, voire brûler pour ne pas retourner, soudain prise de remords, fouiller dans la poubelle pour sauver in extremis la chose inutilisée depuis dix ans mais qui va vous manquer le lendemain c’est sûr. Si vous n’avez jamais vécu cela, c’est soit que vous ne rangez jamais, soit que vous avez les moyens de renouveler tous vos biens dès qu’ils sont usagés ou même avant. Moi, j’ai été élevée en essayant de « profiter » de mes affaires, c’est-à-dire de les faire durer. Aujourd’hui ce n’est plus comme ça, je l’ai dit  : « génération kleenex », société de l’éphémère, mais je voudrais savoir combien de quinquagénaires et sexagénaires ont connu cette coutume qui consistait à acheter un vêtement un peu grand pour qu’il fasse profit.

Si vous étiez l’ainé(e) de la famille, vous profitiez d’un vêtement neuf. Les cadets profitaient moins longtemps, mais ils ne portaient  que de l’usagé, à moins que la morphologie de leur aîné(e) ne soit pas compatible avec la leur. Selon les familles, les seconds et nièmes échappaient  plus ou moins aux vêtements de leurs ainés ; moi, de ce côté, j’ai eu beaucoup de chance, j’étais la première. Chance pour ma soeur aussi, elle est née cinq ans après moi, et surtout, elle était rondelette et moi « ficelle » ; aujourd’hui, c’est largement l’inverse, elle est plus que mince et… pas moi. Sans doute que je profite  bien des effets des médicaments que ma grand-mère m’a fait avaler pour que, justement, je « profite ». mieux Mais qu’est-ce que c’était cette répétition, cette volonté de profiter. Génération d’avant et après-guerre ? J’avoue que  je cherche des explications de temps en temps. Je reviendrai sur ce sujet une prochaine fois. Là, je continue avec mon rangement. Enfin, moi et mes digressions, dans tous les domaines !

En rangeant, lecture d’un vieil article de ELLE, et détour par le clavier de l’ordi. C’est pas gagné, la fin du rangement.

Après tout, j’ai le droit de me faire plaisir ; depuis le temps que je vis des contraintes. J’ai le droit de  me faire plaisir. Je me réconcilie avec moi depuis quelques mois même si j’ai encore du mal avec les miroirs. Quant aux photos, ce n’est  toujours pas possible ! Je photographie mais j’essaie d’échapper au(x) photographe(s). Je sais pourquoi cependant j’essaie de voir ce que les « personnes autorisées » (par qui, dirait Coluche) racontent à ce sujet.

Voilà l’article de 2010 (pas si vieux ; je ne vous dirai pas l’âge des doyens des magazines qui viennent de découvrir les joies de la déchèterie). Cet article n’est plus l’original :  caviardé par endroits et étoffé à d’autres. Vous devriez voir les changements de plume.

« Miroir et photo, quelle différence ? »
Devant la glace, soit on s’observe les yeux dans les yeux, soit le regard est dirigé sur une action (se mettre du mascara par exemple) alors qu’une photo est un instantané réducteur, qui fige un moment. On y apparaît dans une posture, avec un angle, des gestes dans lesquels on n’a pas l’habitude de se voir. Il ne faut pas oublier que la photogénie, injuste,  fait de réels cadeaux à certains, alors que, pour d’autres, c’est une sanction. Moi je me demande toujours si je fais partie des sanctionnés ou si je suis aussi moche que ça.

A quoi pense-t-on quand on se voit en photo ?
On commence par  se poser toutes sortes de questions : c’est vraiment moi, ça ? Comment suis-je par rapport aux autres ? Et surtout dans l’oeil des autres ? … Cela ramène à notre façon d’être avec les autres ; selon que l’on est au travail, avec des amis ou en famille, on se montre sous des angles différents.

La photo devient un outil d’investigation de soi-même. Tout dépend du degré d’exigence que l’on a envers soi et  envers les autres. Image quand tu nous tiens ! Les plus soucieux de leur apparence savent qu’ils ont les moyens d’être mieux, en faisant un régime, en allant chez le dermato, en changeant leur couleur de cheveux… Ils se voient comme une pâte à modeler. Notre époque nous a apporté l’idée que l’on peut, et même que l’on doit, s’améliorer ressembler à la norme imposée : petit nez droit et fin, bouche pulpeuse.  Nous sommes envahis de belles images d’actrices, de mannequins qui travaillent sur leur physique, et on se dit : « Pourquoi pas moi ? » Nous sommes devenus des entrepreneurs de nous-mêmes. D’autres se trouvent « pas si mal » au fond, d’autres « franchement beaux » (si, si, ça existe ; j’en connais des « qui s’aiment »). D’autres enfin, se disent « ce n’est pas possible que ce soit moi, ça », ils se résignent, baissent les bras,  et pensent qu’il n’y a rien à faire de toutes façons. Alors autant s’oublier.

Ne pas s’aimer en photo, ça veut dire quoi ?
Si l’on « travaille » constamment sur soi-même pour être au mieux, il arrive que la photo mette à mal ces efforts en nous renvoyant une image qui ne nous convient pas. On devient très critique. Ça ne veut pas dire que l’on a forcément une mauvaise estime de soi. On n’est pas  obligatoirement dans le tout ou rien, on peut s’aimer sur un cliché et trouver en même temps qu’on a besoin de changer de look. Le jugement que l’on porte, plus ou moins sévère, montre comment on accepte les choses de la vie, à quel point on est ou non en paix avec soi-même. Par exemple, certaines personnes ne veulent plus se faire prendre en photo lorsqu’elles vieillissent car la photo semble une mise en danger.

Mais ceux qui ne s’aiment vraiment pas,  ceux qui préfèrent s’oublier, ceux-là vivent ou essaient de vivre avec eux-mêmes, mais sans image d’eux. Ils évitent miroirs et photographes, tels de « purs esprits » (êtres incorporels conscients d’eux-mêmes, de leur existence, doués d’une vie psychique et généralement d’une d’intelligence satisfaisante ainsi que de volonté) : ils se croient « dématérialisés » , ne concédant à leur existence terrestre que le droit de boire et de manger (quelquefois trop ou quelquefois pas du tout). Ils ont souvent l’air de bons vivants, trop enveloppés et rigolards, et/ou tirés à quatre épingles visant la perfection, souvent prêts à rendre service à tout le monde, prêts à aider, à rire, à parler (trop), juste pour qu’on ne voit pas ce qu’il y a à l’intérieur de l’enveloppe dérangeante.

Bisous à toi, ma vieille, vieille amie qui te reconnaîtra. Toi, tu aimes les photos ou tu le laisses croire, mais je connais tes écorchures. Courage à tous ceux qui ont été ou sont encore mal dans leur peau : ça passe, mais il faut faire des efforts sur soi pour y arriver et pour s’aimer chaque jour, en photo ou pour de vrai.

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C’est dimanche, parlons travail !

Si pour  gagner deux fois plus,  il faut travailler deux fois plus, je ne vois pas où est le bénéfice.

Le travail c’est la santé ; rien faire c’est la conserver. Henri Salvador

Le propre du travail , c’est d’être forcé. Alain

Le travail d’équipe est essentiel. En cas d’erreur, ça permet d’accuser quelqu’un d’autre. Bernard Menez

Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue. Alphonse Allais

Au bout de quinze ans de chômage, on devrait avoir une retraite de chômeur ! Georges Wolinski

La réduction du temps de travail ? Pour les chômeurs, c’est déjà fait. Guy Bedos

Pour éviter la fatigue, les retraités manifestent entre la Place de l’Etoile et la place Charles De Gaulle. Laurent Ruquier

Je me suis aperçu que si le travail bien fait est source de joies puissantes, la paresse savourée en gourmet ne l’est pas moins… François Cavanna

Le boulot, y en a pas, faut le laisser à ceux qui aiment ça. Coluche

La retraite, qu’est-ce que c’est, sinon la permission d’aller rouiller. Janine Boissard

Les politiciens battent souvent en retraite mais ne la prennent jamais ! Yvan Audouard

J’ai trop d’énergie pour travailler. Marcel Achard

L’homme exploite l’homme et parfois c’est le contraire. Woody Allen

Le 13° travail d’Hercule ? Trouver un emploi. Roland Topor

L’ivresse du travail ? C’est vrai que ça soûle très vite. Jean Yanne

Puisqu’il faut cotiser plus longtemps et qu’on ne veut pas prendre notre retraite plus tard, il faudrait réformer les années en les passant de 12 à 15 mois ! Laurent Ruquier

Aujourd’hui, un homme commence à se sentir vieux quand ses enfants ont pris leur retraite. Philippe Bouvard

Le travail paie dans le futur. La paresse, elle, paie comptant. Jacques Dutronc

Le travail est bien une maladie puisqu’il y a une médecine du travail. Coluche

Travail : L’un des processus selon lequel A gagne des biens pour B. Ambrose Pierce

….

Déjeuner de travail : il est totalement stérile pour la simple raison que le bon usage veut qu’on ne parle pas la bouche pleine.

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Albert Jacquard

J’adore Monsieur Albert Jacquard. Lisez et vous saurez pourquoi.

Extrait de Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes

« Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible. » Tiens, voilà qui confirme ce que j’ai écrit à plusieurs reprises dans mes articles, tout particulièrement dans « Dépression nerveuse« . Je n’ai fait que redécouvrir ce que d’autres savaient déjà, mais qu’y a-t-il de meilleur que l’expérience pour apprendre ?

« L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions. » Depuis longtemps, j’ai compris. Malheureusement, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore ouvert les yeux. Le dernier billet, avec une citation d’Emil Cioran, traitait de ce problème que j’ai évoqué à plusieurs reprises. Il faut travailler pour vivre et non vivre pour travailler…

« Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s’exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence. » J’ai évoqué la nécessité de savoir parler, mais il faut avant tout réfléchir. L’école ne suffit plus pour apprendre la rhétorique. Qui vous empêche de parler à vos proches, de vous expliquer ? Taisez-vous et abrutissez-vous, voilà sans aucun doute les directives des gouvernants ! Vous le savez tous, plus vous courbez l’échine, plus on abusera de vous. Allez-vous vous laisser faire longtemps encore ? Réfléchissez et parlez !

Cependant ne perdez jamais de vue que « La liberté n’est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s’imposeront à tous. » Démocratie participative ! Vous n’avez pas la parole ? Pas grave, prenez là ! C’est comme la liberté. Prendre la liberté de parler. Beau programme, non ?

Et souvenez-vous qu’on ne peut avoir la pluie sans les orages.

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Trop travailler

Pour faire réfléchir ceux qui travaillent trop et oublient qu’il faut vivre.

Rappelez-vous de mon billet « perdre sa vie à la gagner« ou encore mon « Eloge de la paresse« .

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Oeuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise. »

Emil CIORAN : Sur les cimes du désespoir

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Travail.

Lundi matin, allez,  au travail ! La semaine commence ! Quelques mots d’encouragement. Euh…  N’oubliez pas que : « Se rendre à son travail, c’est se constituer prisonnier ».

Je me demande si c’est vraiment encourageant.

Mais, finalement vous semblez partir au travail de votre propre chef, ce lundi matin ; pourtant vous pourriez vous trouver des motivations inverses :

1 – « Le travail est l’opium du peuple… Je ne veux pas mourir drogué. » (Boris Vian)

2 – Penser à ce proverbe corse « Si tu as envie de travailler, assieds-toi et attends que ça passe ».

3 – ou encore vous dire « Il y a trois millions de personnes qui veulent du travail. Ce n’est pas vrai, de l’argent leur suffirait. » (Coluche)

Au fond, vous êtes contents d’aller vous asservir. Bizarre. Vous avez été vraiment bien conditionnés. Tout ça pour de l’argent… A celui qui vous dira qu’il s’est enrichi  par le travail, demandez : « De qui ? » En ce qui me concerne, ceux qui ont travaillé autour de moi ne se sont pas enrichis ; ils ont subvenu à leurs besoins, plus ou moins bien. C’est tout.

En ce moment, vous avez peur. Comme chaque fois qu’il y a une crise, les travailleurs s’inquiètent et certains en profitent : les conditions de travail se dégradent, les salaires stagnent.

Vous regardez avec colère les privilégiés qui vous gâchent la vie. Ici, je ne parle pas des patrons mais de quelques employés privilégiés ; vous pensez fonctionnaires ? Non, là, je vous parle des employés de la Séchilienne à l’île de la Réunion qui ont privé, ce samedi, une grande partie des Réunionnais d’électricité, donc de téléphone et d’eau. Pas de possibilité de faire ses courses samedi : magasins fermés (pas de lumière, pas de climatisation, pas de caisses).

Sur l’île, votre fils (diplômé) n’a pas trouvé de travail, votre frère a perdu son emploi, un de vos amis ses congés payés, l’autre un certain nombre d’avantages acquis, votre salaire est ridicule et, eux à la Séchilienne, ils réclament une majoration de 53% du leur. Ils touchent déjà une sur-rémunération de 25% insuffisante selon eux.

Qui paie tout, en bout de course, si ce n’est vous ? Vous le savez et ça vous contrarie. Vous savez aussi que quand la tension monte, vos appareils électriques souffrent et les câbles risquent de péter…

« Il y a récession quand votre voisin perd son travail, dépression quand vous perdez le vôtre. » (Harry Truman)

… et une révolution quand tout va mal.

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