Le respect d’autrui

Le respect, un sujet qui donne à réfléchir. Nous nous plaignons de le voir disparaître mais souvent, dans ce cas, nous ne pensons qu’à l’oubli des règles de politesse. C’est vrai, nous sommes bien obligés de constater que les vieilles bonnes manières ont été oubliées, mais j’ai envie d’élargir le sujet ou la réflexion. Lire la suite

L’argent n’a pas d’odeur

Les principes (règles morales) disparaissent petit à petit et aujourd’hui peu importe d’où provient l’argent, l’essentiel étant d’en avoir. L’obscénité semble de rigueur. Il suffit de regarder la télévision  ou les gros titres de la presse pour en être convaincu, rien que des scandales : DSK, Zahia, les Bleus  à Knysna, les prêtres pédophiles, les indemnités et avantages  de certains élus du peuple… Lire la suite

Travailler moins

Travailler moins pour que tout le monde puisse travailler, joli, non ? Nous vivons aujourd’hui dans une société où certains travaillent beaucoup, comme mon mari et d’autres pas  du tout, comme mon fils. Ceci dit, il aimerait bien pouvoir travailler mais il n’y a pas d’emploi à la Réunion, comme dans beaucoup d’autres départements, régions ou pays. Lire la suite

Diafoirus à l’école

A mes chers lecteurs, je rappelle que j’étais professeur d’économie avant et que j’ai souvent tempêté contre les changements de programmes, inutiles, injustifiés, incohérents et tout particulièrement inadaptés. Mais qui se soucie de la base, des soldats de deuxième classe ? Lire la suite

Le silence peut être d’or.

La parole est d’argent mais le silence est d’or. Qui est à l’origine de ce proverbe ? Mystère. C’est souvent le cas pour les proverbes. Tout le monde comprend, en général, leur sens car il s’agit le plus souvent de l’expression de la bonne vieille sagesse populaire. Parler est indispensable mais savoir se taire est encore mieux. Lire la suite

Ponts de Paris (5)

Le pont de Bercy fut construit à l’emplacement d’un autre pont.

Au départ, il y a eu un pont suspendu, inauguré en 1832 pour supplanter le bac qui permettait la traversée du fleuve à cet endroit. Entre 1863 et 1864, il fut remplacé par un ouvrage en maçonnerie plus solide. En 1904, le pont fut élargi de 5,50 m afin de pouvoir lui superposer le viaduc de la ligne de métro n°6. En 1986, la décision d’élargir le pont afin de créer trois voies supplémentaires fut prise ;  on doubla l’édifice en lui accolant un pont parfaitement symétrique, identique en tous points à l’original, tant au niveau des piles que des travées.

Le nouveau pont est construit en béton armé, recouvert de pierre.

Les travaux débutèrent en 1989 et le pont fut livré en 1992, après avoir gagné 16 m de large. Ses dimensions actuelles sont : en  longueur, 175 m, et en largeur totale, 35 m.

Ceci dit, je veux vous parler du quartier de Bercy, il y a Trinidad (déjà évoquée) avec laquelle je bavarde, Bercy Village où il fait bon passer un moment, et le Ministère que nous préférons (enfin, c’est celui que je préfère, moi) : le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, celui qui  décide combien on va nous prélever d’argent pour faire fonctionner le pays au mieux. Prélèvements qui permettent des largesses à nos élus et nos dirigeants, soit pour eux, soit pour des pays amis. J’aimerais pouvoir leur rappeler qu' »il faut être juste avant d’être généreux« . Cliquez sur cette maxime de Nicolas de Chamfort pour relire mon article du 20 avril 2011.

Je vais m’éloigner un peu des ponts ; mon cerveau fait ça très souvent : il part en vadrouille (j’ai du mal à le retenir). Je vous fais donc part d’une remarque qui me vient à l’esprit chaque fois que je séjourne à Paris et que je vois ce « monument » de Bercy . Qui a eu l’idée de faire construire un tel bâtiment qui transgresse toutes les lois du Feng-Shui ?

En 1982. Euh, Tonton ? Mitterrand ? Pour laisser des traces de son passage comme la pyramide du Louvre, la Grande Arche, les colonnes de Buren, la Grande Bibliothèque… Qui paie ces réalisations, au fait ? Vous, moi, nous. D’accord, il faut maintenir un pays en état de vie culturelle, mais il faut savoir choisir ses priorités : l’intérêt du pays et des citoyens ou sa propre notoriété, qui devient , selon le grade du « décideur », simple intérêt financier personnel.

Pour en revenir au feng-shui, comme nous ne sommes pas en Asie, il est normal que ne faisions pas, au moment de la création d’un site, référence à cette méthode un peu ésotérique pour les Occidentaux, Il faut relever que cet édifice (remarquable architecture contemporaine) a la particularité d’être, comme la Grande Arche, un « vide », un chas d’aiguille… On circule sous la construction qui est supportée par deux arches, dont l’une plonge dans la Seine et l’autre enjambe la rue de Bercy. C’est du manque de sérieux pour ce ministère d’être construit sur un trou ; il devrait être « terre à terre », bien ancré dans les réalités matérielles, dans la terre. Enraciné en quelque sorte. Stable.

Construire sur l’eau, un pont soit, mais un tel bâtiment…

Sans faire un cours de Feng-Shui, je ne peux pas, je ne suis pas une spécialiste, j’ai retenu quelques éléments : une habitation sur pilotis a souvent une mauvaise énergie, il faut être ancré dans le sol pour être solide, ne jamais y installer un local commercial, ne pas mettre d’eau vive (rivière) près d’un endroit où l’on veut garder son argent… Là, c’est tout faux !

Je ne remercie donc pas les deux architectes, créatifs, oui, mais à quel(s) prix ? Paul Chemetov et Borja Huidobro sont responsables en partie des difficultés de notre économie. « Responsables mais pas coupables ? » pour reprendre une phrase désormais célèbre.

Ce sont des artistes.

Nous, des cochons payants.

Vous ne trouvez pas, vous ?

Couleur colère : en rouge et noir !

A quoi est-ce que je pense en cette fin de journée ? Sans raison, alors que tout va bien  (vite dit) : au rouge. Pas le rouge à boire, je préfère et de loin le champagne, mais au rouge, une couleur que j’aime. Je pense à nouveau à mon court article d’hier ; je n’ai pas beaucoup écrit, j’ai laissé Bernard Lavilliers vous chanter « Les Mains d’Or »… Et de là, voir rouge, se fâcher tout rouge : être ou se mettre en colère, il n’y a qu’un pas. Le rouge de l’acier en fusion et le noir des usines fermées. Comment ne pas crier ? Lire la suite

Le beurre et l’argent du beurre

Depuis une semaine, je réfléchissais à la vérité, au mensonge, à l’hypocrisie… Fait exprès, l’actualité collait. DSK était partout avec les non-dits, les mensonges… A-t-il menti ? Qui dit la vérité ? Quelle est la vérité ?  Espérons que le temps fera la lumière sur l’affaire et que justice sera rendue  équitablement.

Comme à chaque fois qu’un événement extraordinaire se produit, «on» ne parle plus que de ça. C’est fatigant, comme les mariages princiers, les matchs de foot… Les medias se déchaînent pour nous satisfaire (du moins le croient-ils). Moi, ça me saoule.

Saoulée (au figuré), et hop (comme toujours), mes idées partent dans tous les sens, s’éparpillent. J’essaie de les attraper et de canaliser : pas facile, on dirait qu’elles veulent vivre sans moi.   Puis des renforts arrivent : des mots comme saoul, ivrogne, AA (Alcooliques Anonymes), bière, vin, champagne, nouvelles idées, citations, auteurs. Et voilà que Jules Renard me rappelle, qu’un jour (Journal du 8 janvier 1896), il a écrit : «J’ai soif de vérité. Prends garde à l’ivrognerie.» Comme pour tout, c’est l’excès qui nuit. Et c’est reparti, excès, un verre, ça va… dégâts, «roulez bourrés», beurrés… Tiens il y a  même des expressions beurrées ! Il y en a plusieurs : «vouloir le beurre et l’argent du beurre», «compter pour du beurre», «le fil à couper le beurre», «un œil au beurre noir», sans compter sur le «beurre dans les épinards». C’est à ce moment-là que je me suis dit « Hop, et pourquoi pas encore un petit coup d’expressions françaises » axées sur le beurre.

Je commence avec celle qui est la plus en vogue depuis plusieurs années : Vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Vouloir le beurre et l’argent du beurre signifie tout vouloir sans contrepartie, vouloir gagner sur tous les plans.

Cette expression nous vient du bon sens paysan, à la fin du XIXe siècle. Le peuple, en ce temps-là, était un parangon de sagesse.

Un bon paysan honnête qui veut vendre le fruit de son labeur, conçoit bien que lorsqu’il vend son beurre, il en perçoit la contre-valeur en argent. Il sait qu’il fabrique, puis  encaisse l’argent, mais qu’il ne pourra jamais garder le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore. Vouloir toujours tout garder pour soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre, mais c’est voler, et voler c’est pas beau.

Même si on réussit temporairement et honnêtement à garder le beurre et l’argent du beurre, dans des ventes à terme sans spéculation, ou moins honnêtement, en spéculant sur le prix à terme, on se séparera du beurre au final.

Notez bien que le beurre, comme l’argent, peuvent fondre très facilement et rapidement au soleil et que dans certains quartiers chauds des banlieues, il arrive que l’on trouve ensemble le beur et l’argent du beur. C’est d’ailleurs ce qui intéresse un certain nombre d’individus dont Jean-Marie Le Pen qui a entendu la voix du Seigneur le rappeler à l’ordre. Il faut que je vous raconte pourquoi.

Jean-Marie était parti sillonner les routes de France, en vue de récolter quelques voix supplémentaires pour Marine, sa fille. Or, un soir, alors qu’il conduisait  près d’un hameau désert, il renverse un piéton. Il s’arrête et constate le décès du quidam, maghrébin au demeurant. Jean-Marie, plein de bon sens se dit que plus rien ne  peut désormais nuire  à la victime, autant le dégager, et au fossé  mettre le macchabée. Soudain, sous les yeux ébahis de Jean-Marie, de la poche de la veste surgissent de nombreux billets enliassés. Pas vu, pas pris, Jean-Marie s’en saisit. Une voix sépulcrale se fait soudain entendre : « Jean-Marie, le Beur oui, mais pas l’argent du beur ! »

Cette expression française connaît une légère variante puisqu’elle s’est enrichie quelquefois, d’une allusion érotique : « le beurre , l’argent du beurre et la crémière par dessus le marché » ou quelquefois « le beurre, la crémière et la fille du laitier ».

Notre expression se retrouve aussi au Maghreb avec un sens péjoratif pour dire d’un homme qui abuse de son entourage, en d’autres termes, « qu’il déjeune de ce monde et dîne des bienfaits de l’au-delà » (on dit aussi qu’il mange à tous les râteliers dans ce cas-là). Pour rester plus proche de notre expression française, une expression tunisienne qui note l’abus de celui qui obtient le gîte et le couvert gratuitement et généreusement, et qui ose demander les faveurs de la fille de la maison qui l’héberge , on dira qu’il attend de son hôte :  « son couscous et sa fille »

Usez, n’abusez point ; le sage ainsi l’ordonne.

Réussite, argent, bonheur…

Quand a-t-on oublié d’encourager l’effort ?

Etes-vous capable d’en faire un en lisant ma prose du jour ? Je l’espère. Je le souhaite vraiment. Elle n’est pas drôle ? Normal, je n’ai pas vraiment le coeur à rire. Je regarde le monde. Et…  Pourquoi est-ce que tout se met à tourner de travers ? Personne n’a l’air vraiment heureux. Et je l’avoue, moi comme les autres, même si je le cache en général.

« Si tu veux comprendre le mot de bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but. »
Antoine de Saint Exupéry

C’est donc ça ?

Dans notre monde, ou plutôt dans notre société d’occidentaux, le bonheur et sa source : l’argent, sont partout à la une. C’est le but : pour être heureux, il faut une belle voiture (de l’argent), une belle maison (de l’argent), faire de beaux voyages (de l’argent), avoir de beaux enfants, être beau (pour ces deux derniers points, il faut aussi de l’argent). Pour avoir de l’argent, il faut réussir.  A partir de là, je pense que tout déraille. Réussir, oui mais comment ? De préférence sans faire trop d’efforts, de là, l’argent à… n’importe quel prix, il n’y a qu’un pas et surtout plus vraiment de morale. But, pas récompense !

Jadis, quand j’étais jeune, réussir, ça commençait à l’école. On réussissait en classe et en général, ensuite, on s’en sortait. Un enfant de milieu modeste, brillant en classe, même s’il ne devenait pas ministre, pouvait grimper dans la hiérarchie et s’éloigner de son milieu d’origine. L’école était un ascenseur social ; pour le prendre, il fallait faire quelques efforts et les parents vous le rappelaient. Certains gamins loupaient le coche mais trouvaient des chemins de traverse pour s’en sortir (cours du soir, par exemple) : l’espoir était là ; le désir de réussite était toujours lié aux efforts. A quel moment, les choses ont-elles changé ? Quand a-t-on oublié d’encourager le travail, l’effort ? Quand a-t-on commencé à penser  bien-être, bonheur sans penser à la contrepartie l’effort, le mérite ? Quand a-t-on pensé qu’il était impossible d’être heureux ? Que tout était vain ?

Je crois que mai 1968 a eu des conséquences désastreuses. « Il est interdit d’interdire », voilà un slogan qui a changé beaucoup de choses. Il n’a pas été compris comme il faut, je pense. Tout le monde a vu le laxisme : n’interdisons rien aux enfants pour les laisser s’exprimer. Ne pas tout interdire mais fixer des limites, voilà ce qu’il fallait faire. Interdire un peu en expliquant beaucoup, ne pas laisser aller. Idem pour les plus âgés : pas d’interdit mais la prise de conscience que la vie en société oblige à fixer soi-même ses propres limites, qu’il faut se raisonner.

Interdit d’interdire, ce n’était pas la porte ouverte au je-m’en-foutisme mais plutôt une porte ouverte vers la liberté, l’autonomie.

Il est interdit d’interdire pour laisser libre cours à l’imagination créative, aux possibilités de chacun de s’exprimer dans le respect de l’autre, non pas pour voir l’anarchie. C’est bien de cela qu’il s’agit : d’anarchie. Je ne parle pas  de l’anarchie conçue comme une idée politique, mais de l’anarchie comme le langage commun le comprend :  la pagaille, un repoussoir pour les personnes qui  considèrent comme essentiel le principe fondamental d’autorité ; dans ce cas, l’anarchie désigne une situation de désordre, de désorganisation, sur la base  que l’ordre nécessite une  hiérarchie dotée d’une force coercitive. Le chaos, c’est bien là où nous arrivons maintenant, petit à petit : lois et règlements inappliqués (et/ou inapplicables ?), zones de non droit, laxisme de la justice, angoisses de la police, lâcher-prise généralisé… La société est devenue une pétaudière.

Digression pour pétaudière. Cette expression apparaît à la fin du XVIe siècle et devient proverbiale aussitôt ; elle viendrait « de la coutume qu’avaient les mendiants, autrefois, de se nommer un chef (du latin peto, signifiant « je demande »). Un pareil roi n’avait aucune autorité sur ses sujets et chacun agissait comme bon lui semblait ; il résultait de là une confusion extrême. Pour d’ autres, pétaudière est dérivé du nom du roy Petault, personnage extravagant qui apparaît dès 1546 dans le Tiers-Livre de Rabelais, l’image d’une «cour du Roi Pétaud » où chacun est maître. Le fond est le même.

Le poète Armand Robin (1912-1961) définit « l’anarchiste » comme celui qui est « purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d’une façon quelconque impliquer domination sur d’autres consciences » et voilà les éléments essentiels : domination et  conscience. La conscience permet de se représenter la petitesse de l’Homme, sa fragilité, sa « finitude », son incapacité à être heureux ; elle permet d’acquérir une autonomie morale : rechercher le bien-être, le bonheur, le sien sans oublier celui des autres, ce qui nécessite quelques contraintes librement acceptées. J’ai conscience de mon existence et de celle des autres ; il nous faut vivre ensemble le mieux possible.

Jadis, le mérite était une valeur républicaine fiable. N’oublions pas l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents« . En clair et en résumé : « A chacun selon son mérite ! »

Tous les citoyens se savaient titulaires de droits mais aussi de devoirs. Est-ce parce qu’ils ont l’impression que leurs droits sont bafoués qu’ils ne se sentent plus obligés de respecter leurs obligations ?

Sur nos cartes d’électeurs, est-ce toujours écrit « Voter est un droit mais c’est aussi un devoir » ? Il est vrai que tant que le vote blanc ne sera pas comptabilisé comme un véritable vote, une expression, une manifestation de mécontentement, les citoyens risquent de déserter encore plus les bureaux de vote. A quoi bon se déplacer pour voter si notre voix n’est pas entendue ? Avons-nous maintenant le sentiment que nous n’avons plus que des devoirs ? des obligations auxquelles nous n’avons pas consenti librement ? Nous allons mal. Sommes-nous simplement dégoûtés ou réellement désespérés ?

Nous laissons les choses aller et nous comptons sur les autres et surtout sur la chance pour que les choses s’améliorent. Même réussir semble dépendre des autres et de la chance.

Réussir aujourd’hui, c’est réussir à être connu. La célébrité semble être le nouvel élément indispensable du  bonheur. Il est vrai que « passer à la télé » vous met dans la lumière et rapporte de l’argent.  La notoriété ne dépend plus ni de la beauté, ni de l’intelligence, ni d’un don ou d’une qualité remarquable. Vous ne pouvez que pleurer sur la misère humaine quand vous écoutez le niveau de conversation dans les télés-réalités. Le zapping de Canal+ permet d’entendre le « best of » et c’est démoralisant.

Le bonheur, affiché partout, même s’il n’est qu’apparent, est d’autant plus difficile à vivre qu’on se sent mal dans sa peau. On a beau regarder les autres avec lucidité , se dire que le monde va mal, se dire que le quidam starisé un moment ne ressemble pas aux mannequins vedettes, que les gloires elles-mêmes ne sont que des produits, ils ont l’air heureux et on a  vite fait de se croire anormal. Tout le monde semble pouvoir être heureux et moi, je me sens complètement en dehors de ça ? Suis-je inadapté ? Serai-je capable d’être heureux ?

Notre inconscient influence notre vie. Même quand nous n’osons pas exprimer par des mots notre mal-être, l’inconscient s’exprime dans nos rêves et même dans notre quotidien à travers les actes manqués, les oublis divers et les lapsus, parfois même l’apparition de symptômes dans le corps (maux de dos, estomac noué, maux de tête, grande fatigue, perte de sommeil, etc). Et si nous étions plus vrais ?

Je suis persuadée que dire ce qui ne va pas nous allège. Revenons à des choses plus vraies, plus simples, ne nous laissons pas leurrer par des miroirs aux alouettes. Tout ce qui brille n’est pas or. La valeur des individus est ailleurs que dans nos boites à images. Revenons à l’anonymat. Pour vivre heureux, vivons cachés. Que de poncifs ! Il faut sortir du merdier actuel. Changeons, en essayant chacun de faire un peu, nous arriverons à faire bien ensemble.

Arrêtons avec la boue que l’on nous envoie en pleine figure :  M. et Mme Tout-le-monde ont droit à leur quart d’heure de gloire : on a inventé la télé-réalité. Les bimbos lambdas et les petits cons prétentieux, ne les plongez plus dans le bain de l’audimat et des tabloïds : dépression garantie, pour vous et pour eux., Parlez-en à Loana ! Star Ac’, Nouvelle Star, Master Chef,  Secret Story , la Ferme, Koh-Lanta ! Eteignez vos télé-viseurs, phones portables. Vous n’êtes pas des paparazzi. Ne surveillez pas d’illustres inconnus.

Le monde est pourri ? Vous trouvez ? La faute à qui ?

J’ai commencé avec Saint Ex et le bonheur, je finis avec lui : «  Etre homme, c’est sentir en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde »

Travail.

Lundi matin, allez,  au travail ! La semaine commence ! Quelques mots d’encouragement. Euh…  N’oubliez pas que : « Se rendre à son travail, c’est se constituer prisonnier ».

Je me demande si c’est vraiment encourageant.

Mais, finalement vous semblez partir au travail de votre propre chef, ce lundi matin ; pourtant vous pourriez vous trouver des motivations inverses :

1 – « Le travail est l’opium du peuple… Je ne veux pas mourir drogué. » (Boris Vian)

2 – Penser à ce proverbe corse « Si tu as envie de travailler, assieds-toi et attends que ça passe ».

3 – ou encore vous dire « Il y a trois millions de personnes qui veulent du travail. Ce n’est pas vrai, de l’argent leur suffirait. » (Coluche)

Au fond, vous êtes contents d’aller vous asservir. Bizarre. Vous avez été vraiment bien conditionnés. Tout ça pour de l’argent… A celui qui vous dira qu’il s’est enrichi  par le travail, demandez : « De qui ? » En ce qui me concerne, ceux qui ont travaillé autour de moi ne se sont pas enrichis ; ils ont subvenu à leurs besoins, plus ou moins bien. C’est tout.

En ce moment, vous avez peur. Comme chaque fois qu’il y a une crise, les travailleurs s’inquiètent et certains en profitent : les conditions de travail se dégradent, les salaires stagnent.

Vous regardez avec colère les privilégiés qui vous gâchent la vie. Ici, je ne parle pas des patrons mais de quelques employés privilégiés ; vous pensez fonctionnaires ? Non, là, je vous parle des employés de la Séchilienne à l’île de la Réunion qui ont privé, ce samedi, une grande partie des Réunionnais d’électricité, donc de téléphone et d’eau. Pas de possibilité de faire ses courses samedi : magasins fermés (pas de lumière, pas de climatisation, pas de caisses).

Sur l’île, votre fils (diplômé) n’a pas trouvé de travail, votre frère a perdu son emploi, un de vos amis ses congés payés, l’autre un certain nombre d’avantages acquis, votre salaire est ridicule et, eux à la Séchilienne, ils réclament une majoration de 53% du leur. Ils touchent déjà une sur-rémunération de 25% insuffisante selon eux.

Qui paie tout, en bout de course, si ce n’est vous ? Vous le savez et ça vous contrarie. Vous savez aussi que quand la tension monte, vos appareils électriques souffrent et les câbles risquent de péter…

« Il y a récession quand votre voisin perd son travail, dépression quand vous perdez le vôtre. » (Harry Truman)

… et une révolution quand tout va mal.