Présidentielles 2012 en France

Vous y pensez aux élections de 2012 ? Moi j’y pense et j’y repense et  je me pose questions sur questions. Qui sera là au deuxième tour ? Et qui sera élu ? Les choses vont-elles changer ? Peuvent-elles changer ? Et si c’était à nous de changer pour que tout change ? Drôle de société que la nôtre ! Continuer la lecture

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Les Béatitudes : relecture

Nous serons bientôt sur la paille ! Vous parlez d’une bonne nouvelle.

Merci les banquiers et les dirigeants de tous bords.

Quand on voit les dettes qui s’accumulent dans tous les pays, les bourses qui « dévissent », on peut se demander : qui tire les ficelles ? A qui profite le crime ? Pas à nous, c’est sûr.

Le pays a des dettes. La France a des dettes, comme les autres (Italie, Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, USA…) mais elle fait toujours sa grande dame généreuse. Faites des économies, vous les petits ! Pendant ce temps, les sénateurs s’accordent une jolie prime de 3 500€ supplémentaire ce mois-ci et vous, vous comptez pour les vacances (l’essence qui augmente et tout le reste dont on ne parle même plus).

On a vu après le krach de 1929 quel était l’état du monde et ça recommence. Les leçons ne servent à rien. On finira sur la paille. Oui, nous. Ca craint, comme on dit. Certains s’en sortiront mieux que d’autres, comme toujours.

Ce matin, j’ai une crise de foi. Je pense au petit Jésus, né dans une étable, sur la paille, tu parles d’un bon début.

La crèche est une mangeoire pour les animaux dans laquelle, selon l’Evangile de Luc, fut déposé l’enfant Jésus après sa naissance, ce qui a donné l’image bien connue de la crèche de Noël. L’Enfant-Roi, futur, roi du monde est né dans la misère. Normal pour celui qui allait prêcher plus tard, dans son Sermon de la Montagne, les « Béatitudes » :

Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. L’âme de pauvre ? C’est une drôle d’ambition. C’est inné ? Ah bon… Je vous ai déjà dit que je suis une mécréante alors pas facile, pour moi, d’accepter ce genre de comportement. Il est vrai que si l’on arrive à se contenter de peu, on est plus heureux mais peut-on accepter de ne rien vouloir changer ? Moi, j’ai voulu évoluer, merci Mémé. Pas à n’importe quel prix. Je croyais à l’effort, ça fait quand même une différence.

Heureux les affligés, car ils seront consolés. Avec le goût de se plaindre de tout, tendance qui prédomine maintenant, le monde est destiné à être très très heureux… après. C’est peut-être ça la cause du misérabilisme.

Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Doux comme des moutons… C’est bien. Revoir les Fables de La Fontaine (largement inspirées d’Esope) en particulier « Le Loup et l’Agneau ». La morale ? La raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est bien la morale du despote et de l’oppresseur, celle qui fait les tyrans et les victimes. Dans la fable de La Fontaine, ce n’est pas la morale finale, mais une proposition en cours de narration, proposition ironique, il va sans dire. Sans la révolte contre cette immoralité, il n’y aurait pas eu de Révolution Française, non ? Zut, je suis révoltée, rebelle, râleuse, batailleuse… Rien que des défauts, je vous dis !

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Plus… les persécutés par la justice… Bienvenue au paradis à ceux d’Outreau, aux sorcières de Salem et d’ailleurs, à tous les persécutés… Ca marche pour ceux qui rêvent de justice ou juste pour ceux qui souffrent de l’injustice ? Si les utopistes sont heureux, ouf… j’ai une chance de plus.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Et là ? Aurai-je un espoir ? C’est bien une histoire de pardon, bonté, oubli, indulgence… Alors là, ce n’est pas gagné. Dommage ! J’ai un côté « mule du pape » si vous voyez ce que je veux dire.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. N’y a-t-il pas d’autres moyens ? Blasphème, criez-vous ! Tant pis… Ca existe les cœurs purs ? Mes défauts et moi : envie, jalousie, colère… Est-ce que les fautes avouées sont pardonnées ? Mais  au fait, qui sont ces cœurs purs ? Ecoutez la chanson de Jean-Roger Caussimon « Les cœurs Purs »(cliquez), interprétée par JeHaN.

Ils ne sont pas encore amis,
Des notaires et des notables
Ils ne sont pas encor salis
Par les combines au jour le jour.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Bravo à Nelson Mandela, Mère Teresa, Desmond Tutu, Henri Dunant… et quelques autres. Quel sort est réservé aux marchands d’armes ?

Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.

Juste si c’est à cause de Jésus ?

Pauvre DSK !

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Les dangers de l’information douteuse

C’était il y a quelques jours, Jean-Pierre Pernaut s’excusait pour le bidonnage d’informations : un faux témoignage lors d’un reportage consacré au contrat de responsabilité parentale (CRP). « Nous sommes sincèrement désolés de ce manquement inadmissible au sérieux, à l’éthique et à la déontologie de l’information. C’est la première fois dans l’histoire de nos journaux », a-t-il insisté. (Il parait que non.) « Nous ne pouvions ici ni déceler, ni imaginer pareille faute, malgré les procédures de contrôle mises en place pour les 15.000 reportages que nous diffusons chaque année. Néanmoins nous vous prions d’accepter nos excuses ».

Facile ! Trop facile de nous prendre pour des idiots. Je ne parle même pas des soucis avec le baccalauréat, le BTS et même le brevet des collèges. Cette année, on se surpasse en France. Où est le sérieux dans le travail et l’organisation des examens ? Voudrait-on définitivement supprimer les examens, on ne s’y prendrait pas mieux… Que devient l’enseignement français qui a été longtemps de bonne qualité ? Démagogie et laxisme. C’est inquiétant.

Que deviennent les valeurs : travail, effort, mérite, intelligence  ?

Des tas d’idées me viennent à l’esprit mais d’autres ont pensé avant moi aux problèmes de l’enseignement dont un brésilien que je trouve fort judicieux dans ses remarques. (Evidemment puisque je pense comme lui.)

Júlio César de Mello e Souza est bien connu au Brésil, et même à l’étranger parait-il, pour ses livres sur les récréations mathématiques (moi, je me dis : « drôles de jeux mais ma deuxième fille se détendait en faisant des maths, ce qui n’était pas mon cas, j’ai un bac littéraire). La plupart des livres de Júlio César de Mello e Souza étaient publiés sous le pseudonyme de Malba Tahan. Il était très critique vis-à-vis des méthodes d’enseignement brésiliennes, et tout spécialement de l’enseignement des mathématiques. « Le professeur de mathématiques est un sadique, » déclarait-il, « qui adore rendre toute chose la plus compliquée possible. »  J’ai toujours pensé cela des professeurs de maths. En éducation, il était en avance sur son temps et aujourd’hui ses propositions sont néanmoins plus appréciées que mises en pratique.

J’ai trouvé par hasard un texte de cet homme qui me parait d’actualité quand on pense à DSK. Je ne dis pas que notre homme politique français est tout blanc, tout propre, il n’y a pas de fumée sans feu mais on l’a bien maltraité, c’est incontestable.

Qui y avait intérêt ?

Voilà le texte qui me parait plaisant à lire, Malba Tahan illustre les dangers de la parole :
Une femme accusa tant son voisin d’être un voleur qu’à la fin le garçon fut arrêté.
Quelques jours plus tard, on découvrit qu’il était innocent ; libéré le garçon fit juger la femme.
« Les critiques malicieuses ne sont pas si graves », dit-elle au juge.
« D’accord, répondit le magistrat. Aujourd’hui, quand vous rentrerez chez vous, écrivez tout le mal que vous avez dit de ce garçon ; ensuite coupez le papier en petits morceaux et jetez-les sur la route. Demain vous reviendrez écouter la sentence ».
La femme obeit et revint le lendemain.
« Vous êtes pardonnée si vous me remettez les morceaux de papier que vous avez répandus hier. Sinon condamnée à un an de prison », déclara le magistrat.
« Mais c’est impossible ! Le vent a déjà tout dispersé ! »
« De la même façon, la simple médisance peut-être dispersée par le vent, détruire l’honneur d’un homme et ensuite il est impossible de réparer ».

Comme écrivait si bien Voltaire : « Médisez, médisez il en restera toujours quelque chose. »

En tous cas, une chose est sûre, au FMI ce n’est plus DSK. Dans la politique française, notre homme est-il maintenant cuit ?

 

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Le beurre et l’argent du beurre

Depuis une semaine, je réfléchissais à la vérité, au mensonge, à l’hypocrisie… Fait exprès, l’actualité collait. DSK était partout avec les non-dits, les mensonges… A-t-il menti ? Qui dit la vérité ? Quelle est la vérité ?  Espérons que le temps fera la lumière sur l’affaire et que justice sera rendue  équitablement.

Comme à chaque fois qu’un événement extraordinaire se produit, «on» ne parle plus que de ça. C’est fatigant, comme les mariages princiers, les matchs de foot… Les medias se déchaînent pour nous satisfaire (du moins le croient-ils). Moi, ça me saoule.

Saoulée (au figuré), et hop (comme toujours), mes idées partent dans tous les sens, s’éparpillent. J’essaie de les attraper et de canaliser : pas facile, on dirait qu’elles veulent vivre sans moi.   Puis des renforts arrivent : des mots comme saoul, ivrogne, AA (Alcooliques Anonymes), bière, vin, champagne, nouvelles idées, citations, auteurs. Et voilà que Jules Renard me rappelle, qu’un jour (Journal du 8 janvier 1896), il a écrit : «J’ai soif de vérité. Prends garde à l’ivrognerie.» Comme pour tout, c’est l’excès qui nuit. Et c’est reparti, excès, un verre, ça va… dégâts, «roulez bourrés», beurrés… Tiens il y a  même des expressions beurrées ! Il y en a plusieurs : «vouloir le beurre et l’argent du beurre», «compter pour du beurre», «le fil à couper le beurre», «un œil au beurre noir», sans compter sur le «beurre dans les épinards». C’est à ce moment-là que je me suis dit « Hop, et pourquoi pas encore un petit coup d’expressions françaises » axées sur le beurre.

Je commence avec celle qui est la plus en vogue depuis plusieurs années : Vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Vouloir le beurre et l’argent du beurre signifie tout vouloir sans contrepartie, vouloir gagner sur tous les plans.

Cette expression nous vient du bon sens paysan, à la fin du XIXe siècle. Le peuple, en ce temps-là, était un parangon de sagesse.

Un bon paysan honnête qui veut vendre le fruit de son labeur, conçoit bien que lorsqu’il vend son beurre, il en perçoit la contre-valeur en argent. Il sait qu’il fabrique, puis  encaisse l’argent, mais qu’il ne pourra jamais garder le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore. Vouloir toujours tout garder pour soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre, mais c’est voler, et voler c’est pas beau.

Même si on réussit temporairement et honnêtement à garder le beurre et l’argent du beurre, dans des ventes à terme sans spéculation, ou moins honnêtement, en spéculant sur le prix à terme, on se séparera du beurre au final.

Notez bien que le beurre, comme l’argent, peuvent fondre très facilement et rapidement au soleil et que dans certains quartiers chauds des banlieues, il arrive que l’on trouve ensemble le beur et l’argent du beur. C’est d’ailleurs ce qui intéresse un certain nombre d’individus dont Jean-Marie Le Pen qui a entendu la voix du Seigneur le rappeler à l’ordre. Il faut que je vous raconte pourquoi.

Jean-Marie était parti sillonner les routes de France, en vue de récolter quelques voix supplémentaires pour Marine, sa fille. Or, un soir, alors qu’il conduisait  près d’un hameau désert, il renverse un piéton. Il s’arrête et constate le décès du quidam, maghrébin au demeurant. Jean-Marie, plein de bon sens se dit que plus rien ne  peut désormais nuire  à la victime, autant le dégager, et au fossé  mettre le macchabée. Soudain, sous les yeux ébahis de Jean-Marie, de la poche de la veste surgissent de nombreux billets enliassés. Pas vu, pas pris, Jean-Marie s’en saisit. Une voix sépulcrale se fait soudain entendre : « Jean-Marie, le Beur oui, mais pas l’argent du beur ! »

Cette expression française connaît une légère variante puisqu’elle s’est enrichie quelquefois, d’une allusion érotique : « le beurre , l’argent du beurre et la crémière par dessus le marché » ou quelquefois « le beurre, la crémière et la fille du laitier ».

Notre expression se retrouve aussi au Maghreb avec un sens péjoratif pour dire d’un homme qui abuse de son entourage, en d’autres termes, « qu’il déjeune de ce monde et dîne des bienfaits de l’au-delà » (on dit aussi qu’il mange à tous les râteliers dans ce cas-là). Pour rester plus proche de notre expression française, une expression tunisienne qui note l’abus de celui qui obtient le gîte et le couvert gratuitement et généreusement, et qui ose demander les faveurs de la fille de la maison qui l’héberge , on dira qu’il attend de son hôte :  « son couscous et sa fille »

Usez, n’abusez point ; le sage ainsi l’ordonne.

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