Dormir en Finlande

Dans mon billet « Surprises finlandaises » j’ai écrit : « la literie finlandaise peut surprendre. Tout d’abord, il n’y a que des lits une place, au mieux sont-ils rapprochés et recouverts d’un dessus-de-lit unique mais ce sont toujours deux couettes individuelles : chacun la sienne pour mieux dormir !  Et il y a enfin le matelas : partout je les ai trouvés très fins. Ceci dit ils n’étaient pas inconfortables… » et autre surprise dont je n’ai pas parlé : il n’y a jamais de volets aux fenêtres. Lire la suite

Les chiens

« Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. » Les journalistes étaient ainsi traités de chiens par « Tonton » (François Mitterrand) après la mort de Pierre Bérégovoy. Le mot chien adressé à quelqu’un est une injure. Lire la suite

Hypocrisie encore !

Je ne sais quand, dans la semaine qui vient de s’écouler (sans doute était-ce lundi, sur A2, dans Télé matin), j’ai entendu Madame Taubira s’exprimer. Une fois de plus, elle utilise une langue de bois qu’elle maitrise bien, fait preuve d’une hypocrisie, non pas désarmante mais horripilante, et, comme toujours, elle hausse le ton (le niveau sonore de sa voix) pour dominer son interlocuteur. Lire la suite

Apparences

Voilà ce que j’ai lu, il y a quelques jours, sur mon écran d’ordinateur, page 24 du nouveau catalogue IKEA (sortie papier le 6 septembre, aujourd’hui) : « quand on ne le voit pas le désordre n’existe pas ». IKEA, tu me déçois. Chez toi aussi, on sauve les apparences… Lire la suite

Prendre le mors aux dents

Prendre le mors aux dents, là, il est encore question de liberté : liberté de choisir sa vie.

Vous avez assimilé des tas d’idées pour être heureux, vous vous êtes enfin compris, vous avez réussi à remonter la pente quand vous aviez un coup de blues, vous arrivez à vivre un peu plus pour vous, et un peu moins pour et par les autres, vous savez dire ce que vous voulez, mais en face on ne vous entend pas, en face on ne répond pas… Que faire ?

Longtemps, vous arrivez à oublier cette incompréhension et vous avancez droit dans vos bottes, brave petit soldat. Et un jour, ça vous pèse trop, à nouveau. Un petit coup de blues, des épisodes de nostalgie et hop, on révise, on va relire l’article « estime de soi » (5 février 2011) et on continue.

Si l’autre ne répond toujours pas, ce n’est peut-être pas parce qu’il ne vous accorde aucun intérêt mais simplement qu’il a d’autres intérêts, souvent lui-même exclusivement, l’égoïsme est le problème essentiel.

On peut ajouter que certaines personnes veulent rester fidèles à leurs idées, à leur façon de vivre, à elles-mêmes et qu’elles se complaisent dans le mensonge et l’hypocrisie ; elles le nient ; c’est tellement plus facile de ne jamais se remettre en cause.

En plus, si pendant longtemps, vous n’avez pas osé vous manifester, c’est-à-dire que vous n’avez pas osé vous exprimer clairement, sans crier, sans hargne, sans colère, de peur qu’on ne vous quitte, qu’on ne vous aime plus, commencer à vous faire entendre va casser le rythme. On ne vous comprendra plus, mais on ne partira pas, on vous mettra la faute sur le dos jusqu’à vous accuser délibérément des travers que vous n’avez jamais eu. Là, je parle en connaissance de cause, je viens de m’entendre dire que j’avais oublié une information essentielle. Je n’ai pas crié, j’ai juste constaté un fait de plus de trente ans. Je ne développe pas davantage, ça n’en vaut pas la peine.

J’ai admis, enfin, que l’incompréhension ou le refus de l’autre ne m’enlève pas le droit d’avoir des désirs, de les exprimer et à terme, de les réaliser.

Personne ne peut m’empêcher de dire la vérité, même si l’autre veut la travestir, dans certains cas, c’est impossible : il y a des témoins et une seule vérité claire, nette, précise.

Je ne dois plus attendre  de recevoir ce que l’autre n’est pas capable de me donner. J’ai oublié de vivre pour moi, je vais y penser et le faire ! Au plus tôt !

Pourquoi donc titrer « prendre le mors aux dents » ? Parce que j’aime les expressions et que celle-là convient dans sa deuxième acception. Je m’explique.

Prendre le mors aux dents, c’est : soit se laisser aller à la colère, soit se mettre soudainement et avec énergie à un travail, à   une entreprise…

Le sens initial de cette expression vient du monde équestre. Le mors est un élément du harnais, une pièce qui traverse la bouche du cheval, qui repose sur une zone édentée à l’arrière de la mâchoire, et qui sert à le diriger. Si jamais le cheval prend le mors aux dents, c’est-à-dire si cette pièce s’avance au-dessus des dents, il devient impossible de diriger l’animal qui s’emballe. Autrement dit,  » le mors aux dents » a d’abord été le symbole de l’emballement.

Le deuxième sens de l’expression vient d’une autre manière de voir la chose : si le cheval prend le mors aux dents, il peut en faire complètement à sa tête et en quelque sorte décider de son sort. Il prend  une nouvelle bonne résolution et s’y tient.

Pour moi, elle confirme l’existence de la liberté d’action. Ca me rassure. Pas vous ?

Politesse, respect, hypocrisie

« Ôte-toi de mon soleil »

L’art de dire la vérité ?

C’est Diogène de Sinope ou Diogène le cynique, ou Diogène (tout court), philosophe grec  le plus célèbre représentant de l’ école cynique, qui a prononcé cette phrase.

La légende a accumulé énormément d’anecdotes et de bons mots, cette abondance rendant leur authenticité (un peu ?) douteuse. Les portraits de Diogène divergent : présenté une fois comme un philosophe, clochard, débauché, hédoniste, irréligieux, une autre fois comme un ascète sévère,  voire même héroïque. Il est évident que le personnage a  marqué, dans un premier temps, les Athéniens, puis, la postérité.  Il vivait dehors dans le dénuement le plus total, vêtu d’un simple manteau, muni d’un bâton, d’une besace et d’une écuelle (et même sans gamelle plus tard). Dénonçant l’artifice des conventions sociales, il prêchait la nécessité d’ une vie simple,  proche de la nature, et vivait lui-même dans un tonneau ou plus probablement d’une jarre (la terre cuite protège mieux des intempéries que le bois ; quand il fait chaud ? je ne sais pas. Le bois est moins « cuisant »).

Par contre, Diogène avait l’art de la parole mordante. Il ne se privait pas de critiquer ouvertement les grands hommes et les autres philosophes de son temps dont Platon faisait partie.

« Je cherche un homme » était une phrase qu’il répétait en parcourant la ville (il cherchait un homme, un vrai, un courageux). « Ôte-toi de mon soleil », fut sa réponse à Alexandre, roi de Macédoine, qui lui demandait s’il avait besoin de quelque chose. Le roi aurait répondu « N’as-tu pas peur de moi ? » Avancée de la réflexion par question (méthode philosophique) : « Qui es-tu donc ? Un bien ou un mal ? » Que pouvait répondre le roi interrogé ? Sa réponse fut bien évidemment « Un bien ! », ce qui permit à Diogène de conclure en demandant « Qui donc pourrait craindre le bien ? »

Ce n’est pas une réponse que j’ai pu donner pour le moment, mais je la garde en mémoire. On ne sait jamais. Ca peut servir.

Je ne crois pas être asociale, ni même misanthrope,  non je crois que je suis lucide et quelque peu philosophe. La lucidité m’accompagne depuis si longtemps… depuis toujours, je crois (pas facile tous les matins). Quant à la philosophie, pas celle du lycée, la philosophie naturelle, celle de la sagesse, de la vie , elle me vient, comme à tout un chacun, avec l’âge. Je me dis que le soleil devrait briller réellement  pour tout le monde. Pas facile non plus d’y arriver ! C’est cette part de rêve qui m’empêche sans doute de trop vieillir, au moins dans la tête et qui me pousse à continuer à me rebeller, à contester.

Je ne veux pas être hypocrite. Tant pis si ça dérange. « On » me dérange, je ne vois plus pourquoi je devrais tout accepter et ne rien demander. J’ai donné. Assez !

Comme ma grand-mère m’a plutôt bien élevée, je connais le b.a.ba de la politesse et des bonnes manières, j’essaie d’être la plus courtoise possible, au risque de passer pour une idiote, mais sans jamais être obséquieuse. Je n’oublie pas que la politesse est « la plus acceptable des hypocrisies », selon Ambrose Bierce dans son Le Dictionnaire du Diable, 1911 mais aussi l’expression de la lâcheté ; c’est toujours ce besoin de ne pas être dérangé dans ses habitudes, son ronron quotidien qui domine : paresse et peur. Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir,1882, a écrit : « « Il est si poli ! » – Oui, il a toujours dans sa poche une douceur pour le cerbère et il est si craintif qu’il prend tout le monde pour un cerbère, toi tout autant que moi, — voilà sa « politesse ». »

Je ne vous conseille pas de mordre (encore que, si c’est vraiment nécessaire),  je vous dis de vous faire entendre et respecter et de ne craindre ni dieu ni diable et de vous dire peut-être comme Brassens, Ferrat, Breton, et bien d’autres « Je n’ai ni Dieu ni maître ! », en tous cas pas un Dieu codifié dans des musées dorés, mais  un Dieu à moi, un « Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps » , celui proposé par Voltaire.

Même si vous vous sentez très civilisés, ne soyez pas hypocrites, soyez courtois mais n’oubliez pas d’être respectueux envers VOUS d’abord.

Parler, est-ce un art ?

Parler est un art.

On peut parler de la pluie et du beau temps, parler pour meubler les vides,  pour oublier qu’on a peur, pour soutenir quelqu’un qu’on aime mais on peut aussi parler pour essayer de se faire entendre et là, ça se complique d’où l’intérêt de la rhétorique.

Comment la parole devient une force.

La rhétorique (ce nom provient du nom latin rhetorica, mot lui-même issu du  grec  rhêtorikê, qui peut se traduire par « technique, art oratoire », au sens propre « l’art de bien parler ») c’est donc l’art ou la technique de persuader au moyen du langage.

Avons-nous aujourd’hui de grands rhéteurs ? Depuis le Général De Gaulle, il me semble que les doués dans ce domaine ne sont pas légion. Pourquoi n’avons-nous plus de Bossuet (spécialiste des sermons et oraisons funèbres), de Cicéron (qui, bien qu’avocat aux plaidoiries acérées et à qui nous devons « Cui bono ? » autrement dit : « À qui profite le crime ? », n’en était pas moins philosophe), de Victor Hugo ou de Zola (J’accuse) ? La faute à l’enseignement surtout Je vais tenter de m’expliquer dans quelques lignes. Pour l’instant, j’en reste à la « théorie » de la rhétorique.

Elle est née il y a bien longtemps dans la Grèce antique. Elle peut être considérée comme une théorie de la parole efficace liée à la pratique oratoire et vise à persuader un auditoire varié sur des sujets divers. Elle a laissé ensuite sa place à un art de bien dire plutôt qu’à un art de persuader ; c’est à cette nouvelle forme de rhétorique qu’on doit un nombre incalculable de figures de style servant à ornementer le discours. J’aime le nom de certaines de ces figures de style, à défaut d’utiliser régulièrement l’anaphore, l’oxymore, la métaphore (filée de préférence), l’anacoluthe, l’antiphrase, la prosopopée (mais sur ce coup-là, je peux être douée),ou le chiasme (pour celui-ci, c’est le nom qui me perturbe).

Allez voir ce site si vous voulez avoir un inventaire quasi complet :

http://www.alyon.org/litterature/regles/figures_de_rhetorique.html.

Si la rhétorique n’a plus d’adeptes c’est à cause de l’enseignement. J’ai un peu de mal à écrire cela, moi qui ai toujours pensé « hors de l’école point de salut ! » Je le concède c’est peut-être une vision de vieille mais ma grand-mère m’a toujours dit que l’école était l’ascenseur social et je l’ai crû, j’en ai profité.

En qualité d’enseignante, il y a quelques années déjà, j’ai constaté que mes élèves étaient de moins en moins aptes à recevoir l’enseignement que j’étais censée leur dispenser. Problème de langage à adapter. Vocabulaire à limiter pour être compris. Je me souviens avoir posé problème à un élève après avoir écrit, dans un devoir, que je leur avais donné, « de concert ». Pour moi, il allait de soi que de concert signifiait ensemble, en harmonie, voire en même temps. L’interprétation, c’est le cas de le dire, en a fait un concert : billets gratuits à l’appui. J’en souris encore mais sur le coup j’étais restée perplexe. A ces élèves de BTS Communication publicité, je devais apprendre à maîtriser les figures de style (voir plus haut) : leurs noms et leur utilisation…

Nous sommes dans un monde qui nous donne (la liberté de) la parole mais nous l’utilisons mal. Chacun braille, rouspète. Tous, nous faisons en général au plus court, au plus simple, au plus rapide, au moins coûteux en efforts, il suffit pour s’en rendre compte de lire les sms, les forums et même certains billets de blog écrits en phonétique, façon langage courant et parlé. Je suis d’accord pour que tous nous puissions nous exprimer mais la correction envers le lecteur implique la nécessaire et indispensable courtoisie du soin apporté à l’écriture. (A l’oral, on ne voit pas les incapacités, tant mieux pour certains.)

Au moment de la Révolution Française, les orateurs étaient omniprésents, ils se faisaient voix de la Nation mais certains révolutionnaires ont eu peur que l’abus de mots enlève de l’authenticité, de la pureté au discours au profit de la vanité, de l’hypocrisie et du goût du pouvoir d’un individu. Ils n’avaient pas tort, on a vu le résultat en France très rapidement. Plus tard, le monopole de la parole  a causé des tracas (Cuba et les discours fleuves de Fidel Castro). Malgré tout en France, nous avons longtemps gardé le goût du verbe au point que de nombreux orateurs de talent sont devenus députés : Lamartine, Hugo, Tocqueville, Lacordaire… C’étaient des notables et je me demande s’il y a eu réellement des rhéteurs de talent issus du peuple. Si une idée vous vient, je veux bien la prendre. Merci pour le commentaire.

Je constate que d’ouvrir l’école et l’enseignement au plus grand nombre est une idée démocratique qui me plait et que j’approuve. Je regrette par contre la démagogie qui gouverne l’Education Nationale. Les ministres successifs et les volées d’inspecteurs n’ont pas eu de contacts réels avec les élèves depuis des lustres et ne connaissent pas la difficulté d’enseigner : programmes souvent démesurés à faire passer dans un nombre d’heures de plus en plus restreint devant un auditoire de plus en plus « large », dans des conditions de plus en plus mauvaises. Ce ne sont ni une peinture neuve, ni un radiateur, ni une ventilateur ou un climatiseur qui vont améliorer la situation. Le problème est énorme et… ailleurs.

En ce qui concerne l’enseignement des lettres, du français simplement, c’est déjà dramatique, il me semble. Pourquoi ne fait-on plus de dictées ? Pourquoi l’enseignement littéraire a-t-il été autant dévalorisé ? Au profit du matérialisme, des sciences ? Pourquoi les rédactions, les dissertations et les devoirs de philo sont-ils devenus si rares au collège et au lycée ? Je ne reviendrai pas sur la rhétorique qui n’est plus enseignée depuis des années, privilège de Jésuites, refusé par la République, mais pourquoi la philosophie n’apparait-elle qu’en classe de Terminale alors que depuis la classe de Seconde les élèves étudient les auteurs classiques ? Y a-t-il une grande barrière que j’aurais ignorée entre lettres et philosophie ? Moi, je pense que Rabelais, Rousseau, Voltaire et beaucoup d’autres écrivains sont aussi des philosophes. Pourquoi faire une distinction aussi grande qui perturbe nos enfants ?

Acteurs, actrices : César, Oscar et … Gérard

La météo a dit que le week-end allait être pluvieux à la Réunion et frais en France métropolitaine, je suis prévenante et vous propose de la lecture.

C’est la saison qui veut ça, l’actualité. Je pourrais évoquer la Fashion Week, mais pour faire l’intello, je préfère parler de cinéma. Pour la mode, j’y reviendrai peut-être. Certains acteurs, réalisateurs célèbres, doués, appréciés du public n’ont jamais eu de récompense. Que faut-il en penser sinon que les honneurs accordés par un cercle de personnes «autorisées » ne tiennent pas compte du goût de la majorité.

Coluche disait « On s’autorise à penser dans les milieux autorisés » alors ça les milieux autorisés c’est un truc où vous y êtes pas vous hein. Vous êtes même pas au bord, vous êtes pas du tout. Le milieu autorisé c’est un truc, c’est un endroit autorisé où y’a plein de mecs qui viennent pour s’autoriser des trucs; mais y’a que le milieu qui compte. » Si vous n’êtes pas de ce milieu, on ne vous autorise pas à vous exprimer.

Donc pour en revenir aux honneurs, certains les refusent. C’est dire comme ça a de l’importance à leurs yeux et comme ça devrait en avoir pour nous.

Libres de dire non, non au milieu du cinéma. En France nous avons au moins deux : Jean-Paul Belmondo et Miou-Miou. Ils se sont rebellés contre l’ordre établi (par qui ?). Souvenez-vous que jadis, loin d’être des stars adulées, les comédiens étaient excommuniés et n’avaient pas droit au cimetière, alors les honneurs à cette époque…

Bébel, en 1989, est nommé pour le César du meilleur acteur pour son rôle dans  « Itinéraire d’un enfant gâté ». ; il annonce d’emblée que la distinction ne l’intéresse pas. Malgré cela, le comédien est le gagnant de cette compétition mais il ne se déplace pas pour venir chercher son prix Officiellement, il dit ne pas accepter d’autres récompenses que celles venant du public. Bravo pour cette déclaration ! Officieusement, l’acteur ressent une certaine aversion pour le trophée en lui-même, conçu par César et non par Paul Belmondo, son père, un temps pressenti pour dessiner la statuette et surtout, on dit  que Jean-Paul Belmondo tenait rigueur à César pour des propos désobligeants envers son père. Il a le sens de la famille et de l’honneur notre Bébel.

En 1980, soit presque dix ans plus tôt, Miou-Miou, encore bien jeune, est nominée au César de la meilleure actrice pour son rôle dans « La Dérobade », César qu’elle remporte mais qu’elle ne prendra pas la peine de venir chercher. Une autre actrice, Romy Schneider, présidente de la cérémonie cette année-là, prend la parole : « Je trouve que ce n’est pas correct, ni très gentil et ça manque de respect envers notre profession, quand on est nominé ou même quand on ne l’est pas, de ne pas venir ».

Je ne veux pas être désagréable envers « Sissi » (paix à son âme) mais tout le monde est libre de vivre comme bon lui semble et comme je l’ai déjà écrit, même si la politesse est indispensable dans les rapports humains, il n’en est pas moins vrai que c’est la forme la plus acceptable de l’hypocrisie. Miou-Miou, merci de ne pas être hypocrite comme la plupart des individus, soyez honorée pour ça !  Nommée dix fois au cours de sa carrière pour le César de la meilleure actrice, Miou-Miou déclara un jour : « Les Césars, j’y vais jamais, les honneurs, je m’en fous.« 

Bravo, bravo, bravo !!!

Certains sont bien dans le système et sont nommés puis récompensés, même à plusieurs reprises comme s’il n’y avait pas assez de prétendants. Je pense en particulier à deux actrices, monstres sacrés du cinéma français, comme on dit : Catherine Deneuve et Isabelle Adjani. Leurs récompenses n’enlèvent rien à leur valeur, c’est juste que si certains cumulent, d’autres n’ont rien. Jamais ! Ou plutôt jamais en France !

Pour Adjani : 8 nominations et 5 César de la meilleure actrice (« Possession », »L’Été meurtrier », « Camille Claudel », « La Reine Margot », « La Journée de la jupe ») et pour Deneuve : 11 nominations et 2 César. Pas loin derrière mais avec un seul César, Isabelle Huppert : 13 nominations (le record chez les filles), 1 récompense, et Miou-Miou : 10 propositions, 1 récompense non reçue.

D’autres ont eu un bon rapport «proposition/réussite » comme Annie Girardot : 4 nominations et 3 César (ex-aequo avec Julie Depardieu). Julie est plus « efficiente » que son papa : Gérard , 16 nominations et seulement 2 César pour des rôles exceptionnels : « Le dernier métro » et « Cyrano de Bergerac » (mon préféré).

D’autres enfin ont eu des nominations et jamais de récompenses. Je les ai classés, par ordre alphabétique

– Josiane Balasko :  elle, c’est un cas un peu particulier car elle a bien reçu deux César mais pas pour un rôle, jamais. Elle a plusieurs cordes à son arc : actrice et réalisatrice. Elle a reçu un César en 1996 pour le meilleur scénario ou la meilleure adaptation pour « Gazon maudit » et un César d’honneur en 2000.

– Charles Berling : 5 nominations et rien.

Je note les scores : nominations/récompenses.

– Michel Blanc : 7/0

– Béatrice Dalle : 1/0

– Patrick Dewaere : 6/0

– Gérard Jugnot : 4/0 (et aux Molière 3/0)

– Vincent Lindon : 4/0

– Jean-Pierre Marielle : 7/0

– Michel Piccoli : 4/0

– Charlotte Rampling :  4/0 mais un César d’honneur en 2001

– Trintignant père et fille : Jean-louis (le père) 4/0 et Marie (la fille) 5/0

– Lambert Wilson :  6/0

Ne m’en voulez pas si j’ai oublié des acteurs que vous aimez mais je ne peux penser à tout le monde. Vous pouvez compléter par un commentaire. Cliquez sur le mot en fin d’article (tout petit en bas).

Pourquoi pas de récompense à ceux que je viens de citer ? Mais je m’en fous, je les aime avec ou sans statuette ! Peut-être qu’ils ont dit qu’ils n’en avaient rien à faire.

Par ailleurs, je pense à un acteur qui n’a jamais été nominé, donc pas récompensé, mais si je peux me permettre, je m’en moque et tant pis pour lui, c’est un pro Hadopi ! J’ai été un peu déçue quand j’ai appris ça, mais ce n’est pas un proche alors… il fait comme il veut, c’est son droit mais je désapprouve son comportement. Il s’agit de Thierry Lhermitte qui, sans César, par  contre, a reçu au moins deux Gérard. Vous connaissez les Gérard ?

Les Gérard, c’est librement inspiré  des Razzie Awards, Les Gérard du cinéma sont une parodie de récompenses, ayant pour vocation de primer les pires réalisations du cinéma français, se déroulant généralement un ou deux jours avant la cérémonie des César ou le Festival de Cannes. Les prix remis lors de cette cérémonie sont représentés par un parpaing doré.

Et bien, Thierry Lhermitte doit déplaire à d’autres que moi, il en  a reçu deux des Gérard :

– en 2007 (2° édition) : Gérard de la compromission alimentaire dans « Incontrôlable »

– en 2006 (édition 1) : – Gérard du Plus mauvais membre du Splendid dans « Foon »

Je ne sais pas si l’acteur est allé chercher ses parpaings.

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Quant aux Oscar, que les César ont copié (pourquoi vouloir toujours imiter les Américains ?), certains réalisateurs et acteurs n’ont rien reçu au cours de leur carrière.

Voilà une liste alphabétique non exhaustive.

Je commence par les réalisateurs.

1 – Robert Altman a été récompensé par une Palme d’or au festival de Cannes en 1970 pour l’audacieux M.A.S.H., mais n’a pas eu autant de chance avec l’Académie des Oscars. Nominé à sept reprises pour « M.A.S.H. », « Nashville », « The Player », »Short cuts » et « Gosford Park », le cinéaste n’a remporté qu’un Oscar d’honneur en 2006.

2 – Ingmar Bergman : l’homme de théâtre a su trouver son public sur grand écran avec des œuvres complexes et satiriques mais n’a pas trouvé en revanche la recette pour gagner un Oscar, malgré ses neuf nominations pour « Les Fraises sauvages », « A travers le miroir », » Cris et chuchotements », « Face à face », « Sonate d’automne » et « Fanny et Alexandre ».

3 – Charlie Chaplin a eu un Oscar d’honneur pour « Le Cirque », Oscar remporté lors de la première cérémonie en 1929. C’était de bon augure mais ça s’est arrêté là. Charlie Chaplin et non plus Charlot n’a eu ensuite que trois nominations pour « Le Dictateur » en particulier, juste avant de quitter les Etats-Unis pour fuir le maccarthysme. L’Académie essaya tout de même de se rattraper en lui décernant un Oscar d’honneur pour son apport à l’industrie cinématographique en 1972, puis le prix de la meilleure musique pour « Les feux de la rampe » en 1973.

4 – Federico Fellini : avec douze nominations sans succès en tant que scénariste ou réalisateur pour « Rome, ville ouverte », « Païsa », « La Strada », « Les Inutiles », » La Dolce Vita », « Huit et demi », « Satyricon », « Amarcord », « Le Casanova de Fellini, » le cinéaste italien fait figure de plus grand perdant des Academy Awards. Federico Fellini fut tout de même récompensé d’un Oscar d’honneur en 1993.

5 – Alfred Hitchcock : et oui, contrairement au culte que lui vouent les cinéphiles et  les cinéastes du monde entier, il n’a jamais déclenché autant d’enthousiasme de la part de l’Académie des Oscars. Nominé cinq fois (« Rebecca », « Lifeboat », « La maison du docteur Edwardes », « Fenêtre sur cour », « Psychose »),  le maître du suspense n’obtint qu’un Oscar d’honneur en 1968.

6 – Stanley Kubrick dont les films sont considérés comme des chefs-d’oeuvre majeurs de l’histoire du cinéma, a récolté douze nominations aux Oscars pour « Docteur Folamour, » « 2001 : l’odyssée de l’espace », « Orange mécanique », « Barry Lyndon » et « Full Metal Jacket ». Il n’en remporta qu’un seul, celui des meilleurs effets spéciaux pour son fascinant opéra de l’espace (2001, l’Odyssée).

7 – David Lynch fut lauréat d’une Palme d’or pour « Sailor & Lula » et du Prix de la mise en scène à Cannes pour « Mulholland Drive », mais il a plus de difficultés à obtenir les faveurs de l’Académie des Oscars. Déjà nominé quatre fois pour « Elephant Man », « Blue Velvet » et « Mulholland Drive », le réalisateur est reparti à chaque fois bredouille.

Venons-en aux acteurs :

1 – Richard Burton : l’acteur à la vie privée tumultueuse (cinq mariages et quatre divorces) a cru plus d’une fois repartir avec un Oscar grâce à ses rôles tourmentés dans « Ma Cousine Rachel », « La Tunique », « Becket », « L’Espion qui venait du froid », « Qui a peur de Virginia Woolf ? », « Anne des mille jours » et « Equus ». Ces sept nominations n’ont pourtant jamais été suivies de récompense.

2 – Glenn Close affectionne particulièrement les personnages de femmes fortes, qui le lui rendent bien puisqu’elle a déjà récolté cinq nominations aux Oscars, cependant la statuette lui a toujours échappé, que ce soit pour des seconds rôles ( « Le Monde selon Garp », « Les Copains d’abord », » Le Meilleur ») ou en tant qu’actrice principale (« Liaison fatale », » Les Liaisons dangereuses »).

3 – Leonardo di Caprio est sans doute l’un des meilleurs acteurs de sa génération grâce à sa collaboration avec Martin Scorsese et en plus, moi je le trouve très beau. Mais pas de quoi impressionner l’Académie des Oscars, semble-t-il, puisqu’il ne compte que trois nominations sans succès (« Gilbert Grape », « Aviator », « Blood Diamond ») et une cruelle absence cette année alors qu’il avait tourné  dans « Shutter Island » et « Inception ».

4 – Julianne Moore, malgré une carrière des plus fructueuses et plusieurs récompenses (deux coupes Volpi à la Mostra de Venise, un Ours d’argent à la Berlinale), n’a pas encore réussi à décrocher la précieuse statuette à Hollywood. L’actrice compte pourtant quatre nominations à son actif pour « Boogie Nights », « La Fin d’une liaison », « The Hours » et « Loin du paradis ».

5 – Peter O’Toole qui est devenu une star internationale grâce au rôle mythique de « Lawrence d’Arabie » (1963), a manqué de peu l’Oscar du meilleur acteur. Il a dû penser alors que ce n’était que partie remise et s’est vu, en effet, nominé plus de huit fois, mais il est toujours reparti toujours les mains vides… jusqu’à un Oscar d’honneur en 2003.

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Revenons-en pour terminer aux Gérard.

Je vous conseille, si vous avez envie d’en savoir plus sur eux et si vous avez le temps, de consulter Wikipedia, vous saurez ainsi qui a été nominé, quand, et pour quelle distinction, parce que le choix est large. Pas de nom pour les candidats potentiels pour les récompenses suivantes en 2011, mais cliquez sur les liens au dessous et vous verrez :

Le 1.15 n’a qu’une prétendante qui, chaque année, remporte ce Gérard là.

Depuis 2006, on s’amuse  un peu plus avec le cinéma. Chacun, avec ses amis, ses proches, peut organiser un jury et récompenser ce qui lui fait plaisir. Pourquoi seuls certains « autorisés » (par qui, je le redemande ? ) auraient le droit de nous imposer leurs goûts et leurs décisions ?

Soyons honnête, on rit parce qu’on est très méchant. On aime sans savoir vraiment pourquoi. On ne demande à personne de nous fournir notre opinion. Alors qu’ils aillent se faire voir avec leurs récompenses ! Bons ou mauvais, qu’est-ce qu’on en a à faire de leurs jugements ?

Nous sommes des personnes responsables ; les paillettes, la poudre aux yeux et le miroir aux alouettes ne doivent pas nous faire rêver. Regardons le réalité en face !  Oublions les « people ». Vivons en individus autonomes, indépendants, intelligents (dans la mesure du possible).

Hypocrisie

Amitié de cour, foi de renards et société de loups. Nicolas de Chamfort,1795, Maximes et Caractères

Voilà une maxime qui décrit bien le monde ou plutôt les relations mondaines. Il met en évidence l’une des caractéristiques de ces liens : l’hypocrisie.

Etre sincère, honnête, direct et droit, serait-ce impossible ? Dans  le seul milieu des privilégiés ou dans tous  les milieux ? Je vous laisse seuls répondre à ces questions. Je me contenterai aujourd’hui d’une leçon de français : définition du mot titre « hypocrisie », définitions, citations et synonymes, ça peut toujours servir.

HYPOCRISIE

Définitions

Attitude consistant à dissimuler son caractère ou ses intentions véritables, à affecter des sentiments, des opinions, des vertus qu’on n’a pas, pour se présenter sous un jour favorable et inspirer confiance : l’hypocrisie de la société mondaine.

* Caractère de ce qui est hypocrite dans l’attitude, les actes de quelqu’un : l ’hypocrisie de certaines promesses ; qui manque de sincérité, qui est empreint d’affectation et/ou de duplicité.

* Action, parole destinée à tromper sur les sentiments, les intentions véritables de quelqu’un : «Assez d’hypocrisie, jouons cartes sur table ! »

Citations

Il faut supprimer de toute notre vie l’hypocrisie et la simulation. Cicéron (Depuis le temps, il n’a guère été entendu, le brave homme.)

L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus.
Dom Juan, ou le festin de pierre,
Molière.

Synonymes

On en a besoin tant il y a pléthore de situations « hypocrites ». Pour varier les plaisirs une liste de mots que j’aime. Que je sois bien claire :  j’aime les mots, leur allure quand on les écrit, leur sonorité, l’image qu’ils peuvent évoquer, pas forcément leur signification, particulièrement dans ce cas.

Donc une liste pas si petite que ça… Elle répond sans doute à un besoin. Pour la précision ! ?

– cagoterie, chafouinerie, déloyauté, duplicité, fausseté, félonie, fourberie, escobarderie (Escobar était un jésuite),  jésuitisme, mensonge, pudibonderie, simulation ou dissimulation, sournoiserie, tartuferie

mais aussi

– baiser de Judas, bigoterie, comédie, feinte, flatterie, grimace, imposture, mascarade, simagrées, singerie, trahison, tromperie

Attention, retenez cela :

« Politesse : forme la plus acceptable de l’hypocrisie », le Dictionnaire du Diable (1911), Ambrose Bierce

Paraître, mensonges et… griot

Aujourd’hui, il me semble que, en règle générale, les individus n’arrivent plus à s’accepter tel qu’ils sont, ils mentent sans doute encore plus qu’auparavant pour paraître plus forts, plus riches, plus beaux sans se poser de questions, sans honte et sans culpabilité, un peu comme si la fin justifiait les moyens. De là, les chiffres d’affaires faramineux  des parfumeries, salons de beauté et autres engeances pour paraître.

Il faudrait avoir le courage de dire, d’entendre la  vérité et de la regarder en face.

C’est apparemment insupportable, trop difficile…  Et pourtant l’honnêteté et la confiance sont la base de saines relations. Comment vivre en paix avec soi-même et les autres si, chaque matin, on se demande « Quel sera le mensonge du jour ? »

Sans aller chez nos voisins plus ou moins lointains, n’a-t-on pas entendu de nombreux mensonges en peu de temps ? Tchernobyl et son nuage qui fait demi-tour à la frontière, le sang contaminé, le Médiator, les primes, les emplois « réservés », la grippe H1N1, Eric Woertz, MAM, etc.  Souvenez-vous et choisissez !

Toute notre organisation sociale n’est donc que mensonge et hypocrisie ?

Et pour rire, une fois de plus, mon griot préféré. Cliquez, souriez.