Politesse, respect, hypocrisie

« Ôte-toi de mon soleil »

L’art de dire la vérité ?

C’est Diogène de Sinope ou Diogène le cynique, ou Diogène (tout court), philosophe grec  le plus célèbre représentant de l’ école cynique, qui a prononcé cette phrase.

La légende a accumulé énormément d’anecdotes et de bons mots, cette abondance rendant leur authenticité (un peu ?) douteuse. Les portraits de Diogène divergent : présenté une fois comme un philosophe, clochard, débauché, hédoniste, irréligieux, une autre fois comme un ascète sévère,  voire même héroïque. Il est évident que le personnage a  marqué, dans un premier temps, les Athéniens, puis, la postérité.  Il vivait dehors dans le dénuement le plus total, vêtu d’un simple manteau, muni d’un bâton, d’une besace et d’une écuelle (et même sans gamelle plus tard). Dénonçant l’artifice des conventions sociales, il prêchait la nécessité d’ une vie simple,  proche de la nature, et vivait lui-même dans un tonneau ou plus probablement d’une jarre (la terre cuite protège mieux des intempéries que le bois ; quand il fait chaud ? je ne sais pas. Le bois est moins « cuisant »).

Par contre, Diogène avait l’art de la parole mordante. Il ne se privait pas de critiquer ouvertement les grands hommes et les autres philosophes de son temps dont Platon faisait partie.

« Je cherche un homme » était une phrase qu’il répétait en parcourant la ville (il cherchait un homme, un vrai, un courageux). « Ôte-toi de mon soleil », fut sa réponse à Alexandre, roi de Macédoine, qui lui demandait s’il avait besoin de quelque chose. Le roi aurait répondu « N’as-tu pas peur de moi ? » Avancée de la réflexion par question (méthode philosophique) : « Qui es-tu donc ? Un bien ou un mal ? » Que pouvait répondre le roi interrogé ? Sa réponse fut bien évidemment « Un bien ! », ce qui permit à Diogène de conclure en demandant « Qui donc pourrait craindre le bien ? »

Ce n’est pas une réponse que j’ai pu donner pour le moment, mais je la garde en mémoire. On ne sait jamais. Ca peut servir.

Je ne crois pas être asociale, ni même misanthrope,  non je crois que je suis lucide et quelque peu philosophe. La lucidité m’accompagne depuis si longtemps… depuis toujours, je crois (pas facile tous les matins). Quant à la philosophie, pas celle du lycée, la philosophie naturelle, celle de la sagesse, de la vie , elle me vient, comme à tout un chacun, avec l’âge. Je me dis que le soleil devrait briller réellement  pour tout le monde. Pas facile non plus d’y arriver ! C’est cette part de rêve qui m’empêche sans doute de trop vieillir, au moins dans la tête et qui me pousse à continuer à me rebeller, à contester.

Je ne veux pas être hypocrite. Tant pis si ça dérange. « On » me dérange, je ne vois plus pourquoi je devrais tout accepter et ne rien demander. J’ai donné. Assez !

Comme ma grand-mère m’a plutôt bien élevée, je connais le b.a.ba de la politesse et des bonnes manières, j’essaie d’être la plus courtoise possible, au risque de passer pour une idiote, mais sans jamais être obséquieuse. Je n’oublie pas que la politesse est « la plus acceptable des hypocrisies », selon Ambrose Bierce dans son Le Dictionnaire du Diable, 1911 mais aussi l’expression de la lâcheté ; c’est toujours ce besoin de ne pas être dérangé dans ses habitudes, son ronron quotidien qui domine : paresse et peur. Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir,1882, a écrit : « « Il est si poli ! » – Oui, il a toujours dans sa poche une douceur pour le cerbère et il est si craintif qu’il prend tout le monde pour un cerbère, toi tout autant que moi, — voilà sa « politesse ». »

Je ne vous conseille pas de mordre (encore que, si c’est vraiment nécessaire),  je vous dis de vous faire entendre et respecter et de ne craindre ni dieu ni diable et de vous dire peut-être comme Brassens, Ferrat, Breton, et bien d’autres « Je n’ai ni Dieu ni maître ! », en tous cas pas un Dieu codifié dans des musées dorés, mais  un Dieu à moi, un « Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps » , celui proposé par Voltaire.

Même si vous vous sentez très civilisés, ne soyez pas hypocrites, soyez courtois mais n’oubliez pas d’être respectueux envers VOUS d’abord.

Share

7 réflexions au sujet de « Politesse, respect, hypocrisie »

  1. Ce soir j’ai réussi à aller sur ton blog 🙂 ça marche !
    Belle philosophie que celle que je viens de lire 🙂
    Amitiés

  2. Heureusement que je rêve et comme toi , cela m’empêche de vieillir
    Je n’aime pas les hypocrites , et vu leur nombre , je risque de finir asocial
    Douce et belle journée
    Bisous
    timilo

  3. chère Françoise,
    Tu es très prolixe et c’est tant mieux, mais c’est pour te dire que je ne vais pas pouvoir m’attarder, car je m’en vais dans quelques heures jusqu’à mardi, et que donc je ne vais pas pouvoir non plus commenter tes articles comme j’aimerais.
    Pour faire assez vite : politesse oui, hypocrisie non !
    S’aimer soi-même, je ne sais pas trop faire, pourtant c’est la clé du bien-être, je crois
    Quant aux retraites, j’en sais quelque chose, la mienne est un tout peu plus élevée que 800 € et moi aussi cela me fait hurler quand j’entends qu’on les a augmentées de 2 % !
    Je t’embrasse et te dis à la semaine prochaine (je mettrai quand même un article demain).

  4. Diogène est un révolté, et si dans le fond, il a raison, nous n’ en serions pas là aujourd’ hui ,, il n’ empêche que les révoltes aboutissent rarement.
    L’ homme est ainsi fait qu’ il recherche la richesse et le pouvoir, peu importe les moyens de les atteindre.
    Alors il ne reste que les lois, qui peuvent tenter d’ équilibrer !
    bonne soirée
    amitiés

  5. tes articles sont vraiment très interessants et forts bien écrits!
    au sujet du pain: lorsque j’étais à st gilles je fiasis mon pain et ça marchait puisque dela fait des années que je ne vais plus en boulangerie; sache que le degré d’humidité à la reunion est supérieur à la métropole et que probablement, tu dois mettre un peu moins de liquide. en suite, perso je n’utilise la machine que comme robot et première levée, soit 1h30 environ, programme pâte car le pain rendu n’est aps terrible; tout au plus on a un pain de mie tranchable mais pas déchirable pour saucer.
    alors voilà ce que je te conseille: tu pèses ta farine et tu comptes environ 60 % du poids de la farine en liquides. en gros et pour toi, surement que 55% surtout en plein été (hiver pour nous. tu mets d’abord les liquides avec la levure (15 gr de levure sèche pour 500 gr de farine), et un peu de miel ou de sucre, puis tu mets la farine et par dessus, le sel et tu fais tourner le programme pâte. tu laisses encore lever pendant 1/2 heure. ensuite, tu mets la pâte sur ton plan de travail fariné, tu la forme en pâtons ou en un pain, sans trop la malaxer, et tu mets tes pains sur un silicone ou ta plaque farinée et tu les saupoudres de farine. avant, tu auras monté ton four à 240° avec un récipient en acier contenant de l’eau, sur la sole, en bas. tu mets ta plaque au four pour 1/4 d’heure (petits pains) ou 30 minutes pour un pain plus gros. Normalement, ils devraient bien gonfler et être dorés (modifie un peu le temps de cuisson en fonction de la grosseur des pains). éventuellement, si ton four chauffe trop fort (tout dépends des fours), tu le baisses à 230 ou 220 après 5 minutes.
    tu me diras! et si tu veux qu’on en parles, tu me laisses ton fixe en mail…je t’appellerai…c’est gratuit pour moi. surtout, ne jamais mettre ensemble le sel et la levure.
    en revanche, j’aimerais bien que tu me dises comment tu fais les pitas, jamais essayé!
    bon we, dis moi! bises

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *