Présidentielles 2012 en France

Vous y pensez aux élections de 2012 ? Moi j’y pense et j’y repense et  je me pose questions sur questions. Qui sera là au deuxième tour ? Et qui sera élu ? Les choses vont-elles changer ? Peuvent-elles changer ? Et si c’était à nous de changer pour que tout change ? Drôle de société que la nôtre ! Continuer la lecture

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Gay Pride à Paris, dimanche 26 juin 2011

A Paris, il y a tant à voir, à faire, à vivre surtout quand on n’y travaille pas.

En 2011, les Indignés sont partout, plus ou moins actifs, plus ou moins enracinés dans un lieu. A Paris, ils ont manifesté un peu place de la Bastille en mai ; à Madrid, à Athènes, ce fut plus long et plus rude. La crise n’en est pas au même stade.

A Paris, la Gay Pride les attendait, les Indignés. Alors ils sont venus. Leur sujet d’indignation, ce jour-là, n’était pas tout à fait le même qu’à Athènes ou Madrid, mais la révolte est présente  sous une même enseigne « Indignez-vous ».

Pour moi, la Gay Pride était presque une découverte. J’en avais entendu parler, j’avais vu quelques images à la télévision, et il y a deux ans, j’avais aperçu le défilé se désagréger place de la Bastille. Mais cette année, j’y étais pour de vrai, pour voir, comprendre et témoigner de ce que j’avais vu.

Alors tout d’abord, j’ai retenu que c’était une occasion de manifester calmement. Certes, il y a du bruit, de la musique, des slogans et quelques cris mais l’ensemble est plutôt bon enfant, amusant.

Le mot Fierté (PRIDE en anglais) revient souvent. Vous voyez, en dessous, les drapeaux jaunes d’Amnesty International.

Plus tard, un petit camion chargé de potences et de mannequins de papier, préparé (je ne peux écrire décoré) par l’association  » Ensemble contre la peine de mort » dénonçait le fait que près de quatre-vingts états dans le monde continuent de pénaliser l’homosexualité, et neuf d’entre eux, situés en Afrique et Asie, la punissent encore de la peine de mort. Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure mais ça risque de ne pas s’arranger dans quelques pays, au contraire. Quand j’entends que la charia est encore plus observée qu’avant en Indonésie à cause du tsunami, je suis inquiète. L’Indonésie est un Etat laïque et démocratique. Pourtant, dans la province semi-autonome d’Aceh, au nord de Sumatra, l’islam a sa police et depuis le tsunami de décembre 2004, des centaines d’agents de l’ordre islamique ont été déployés dans la province, traquant les « comportements non musulmans ». Simples blâmes ou flagellations publiques punissent ceux qui enfreignent les règles du Coran.2012 : la grande année. Celle de tous les dangers ? En mai, les présidentielles en France ; en novembre, celles des Etats-Unis et en décembre, le 21 : la fin du monde ! Forcément, ce sera la fin du monde pour quelques humains, comme tous les jours, mais la fin de l’Humanité ? Wait and see !

Certains ont très peur d’où la naissance de nouvelles sectes : les illuminés (sans la majuscule) ont encore quelques beaux jours devant eux. Le cinéma a profité de l’aubaine pour réaliser un film catastrophe. Et vous, que pensez-vous ?

A la Gay Pride, un camion affichait « MEME PAS PEUR », ça me rappelait l’épisode du Chikungunya à la Réunion quand nous portions des t-shirts proclamant notre courage « Même pas peur », c’était normal si on se protégeait correctement. Les jeunots de la Gay Pride n’auraient-ils peur de rien ?

Une chose est sûre, ils n’ont pas peur de créer des slogans et des t-shirts. Lisez bien le dos.

Lisez l’autre dos et les affichettes « Ce qui me fait peur, c’est qu’on puisse jouer avec nos peurs. »

Ils ont peur. Mais de quoi ?  De qui ? Et vous ?

Vous les comprenez ?

Voilà ce qu’ils disent « Nous sommes des agitateurs de citoyenneté, nous voulons développer une culture de la participation chez les jeunes pour faire en sorte qu’il y ait un maximum de citoyens acteurs de la vie démocratique. Pour nous, la citoyenneté ne saurait se résumer au seul droit de vote ; elle passe également par l’engagement associatif, syndical, partisan et les dispositifs de démocratie locale. » C’est bien, non ? Ceci prouve qu’un jeune, ça réfléchit aussi.

Et ça continue avec les slogans pour 2012… J’ai même entendu : « en 2011 je marche, en 2012 je vote et en 2013, je crève« . Tu crèves de faim ? Du SIDA ? Ou des suites du 21 décembre 2012 ? Pas gai, celui-là.

Et ça continue encore et encore, c’est que le début…

Tant mieux si elles pensent ce qu’elles annoncent les deux dames sur les panonceaux vert et jaune. Je les admire. A leur place, je ne sais pas. Je crois que je tolérerai plus que je n’accepterai la situation. Je ne suis pas à leur place, alors. Mystère…La FSU était là. L’affichette n’est pas très sympa pour au moins un enseignant de lettres. Un enseignant borné, ça existerait ? Homo, oui. Ils étaient là pour se manifester. Borné, ignorant ? sans doute puisque l’ un d’eux a été dénoncé. Finalement, en y réfléchissant, c’est un élève qui porte le chapeau ; dénoncé par un élève « Mon prof ne le sait même pas ».

Mouais…

Demain, suite de la Gay Pride avec des photos des plus beaux ou des plus surprenants. Comme ces deux-là.

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Elections démocratiques

Est-il encore légitime de désigner les hommes d’Etat par le suffrage universel ?

Je ne me mêlerai ni des élections en Algérie, ni en Tunisie, ni au Maroc, ni en Lybie, ni en Côte d’Ivoire, ni à Madagascar… Chacun devrait essayer  de faire tourner correctement le système démocratique de son pays  avant d’aller voir chez le voisin. Je vais parler de ce qui se passe chez moi, en France.

Lors des élections, les citoyens sont de moins en moins nombreux à venir aux urnes. Qui se déplace ? Pourquoi certains seulement ? Pourquoi pas tous ? Pourquoi les Français râlent-ils pendant cinq ans et ne se rendent-ils pas aux urnes ?

Le système démocratique français actuel consiste à demander à la population en âge de voter (les plus de 18 ans), toute entière, de choisir. Est ensuite prise en compte la majorité des suffrages exprimés comme étant représentative des voeux de la population. Or, cette majorité ne représente plus rien.  Pour exemple, le référendum sur le quinquennat du 24 septembre 2000 a vu le plus fort taux d’abstention (69%) jamais enregistré. En chiffres,  population française totale : 58 796 000 ; inscrits sur les listes électorales  : 39 941 192 ; votants : 12 058 688 ; suffrages exprimés : 10 118 348 ;  ont répondu OUI : 7 4704 697 votants soit en pourcentage  : 18,54% des inscrits et  (le chiffre est bon, mais le calcul un peu tendancieux) : 12,59% de la population française. Que faire si un tout petit nombre de citoyens s’exprime ? Est-ce légitime de prendre une décision dans ces conditions ?

Une autre question se pose, celle des votes blancs. Ils ne sont jamais comptabilisés mais ils devraient l’être. Ils sont l’expression d’un désaccord fondamental. Lors de ce referendum qui avait drainé si peu de monde, 1 940 340 votes blancs soit le quart des OUI…

Où en est donc la démocratie en France aujourd’hui  ? N’est-elle plus que le moins mauvais système ? Juste le dernier rempart contre la dictature, la tyrannie ? Comment faire pour que la démocratie soit représentative, satisfaisante ? Que penser d’une décision prise avec l’accord de moins de 20%  et même moins de 15% de la population ?

Comment faire ensuite pour qu’un élu ne monopolise pas les pouvoirs  ? Comment faire pour qu’il ne décide pas  sans écouter les citoyens ?

Faudra-t-il rendre les votes obligatoires ? Un jour de semaine ? Pendant les heures de travail ?

Peut-être faudrait-il simplement commencer par trouver des candidats dans lesquels les Français pourraient se reconnaître et en qui ils pourraient avoir véritablement confiance. La difficulté commence là.

Plus la société est « évoluée », plus la parole est monopolisée par des petits groupes au profit de quelques-uns. Les partis et les hommes politiques sont suspendus aux sondages et, pendant les campagnes électorales, ils font des promesses  qu’ils ne tiendront jamais, simplement par pure démagogie. Flatter les uns et les autres, pauvres gogos qui n’auront rien en fin de course si ce n’est de belles paroles, des promesses, voire une photo dédicacée de leur champion. Ceci est très loin de la volonté générale du contrat social rêvé par Rousseau.  Le peuple est ridiculisé, on se moque de lui : l’intérêt particulier prend le pas sur l’intérêt général ; attention ! Si l’on reprend les mots de Robespierre « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs . »

Attention, donc la révolte grommelle. Elle pourrait gronder. Il suffirait qu’une loi liberticide  supplémentaire  vienne bâillonner le peuple un peu plus (la goutte qui fait déborder le vase) et  que des démonstrations de force de la police interviennent dans un quartier calme habituellement, pour que les rues se transforment en terrains d’émeutes pour des bandes et des groupuscules extrémistes dont le seul but est de mettre en péril la démocratie elle-même.

Attention : la démocratie est fragile. Bon nombre de citoyens étrangers peuvent en témoigner aujourd’hui. Souvenez-vous aussi que les périodes d’insurrection sont souvent suivies de périodes de répression. Ainsi, en France, en mai 1795 (Prairial an III), un mouvement d’insurrection populaire se produisit : échec et répressions sanglantes, (Terreur blanche) puis le 5 octobre 1795, une rébellion royaliste fut matée par Bonaparte à coups de canon. A partir de cette date, le peuple n’aura plus la rue comme droit d’expression : muselé pour trente cinq ans jusqu’aux « Trois Glorieuses » en juillet 1830 ! Attention ! A qui laisse-t-on les rênes du pouvoir ? Les Français ont la mémoire courte.

Si donc, aujourd’hui, la majorité des votants n’est plus représentative  de l’ensemble des citoyens (qui ont le tort de ne pas voter et de ne pas s’impliquer davantage dans la vie de la « cité »), si notre système démocratique soumet le gouvernement  à l’opinion publique (un ensemble de plus en plus petit), si  ceux qui briguent le pouvoir sont, comme c’est le cas la plupart du temps, des gens incompétents dans les affaires de l’Etat, fils de ou parent de ou… Népotisme ! Quant aux énarques… fonctionnaires technocrates, mandarins de la bourgeoisie, citoyens déconnectés des réalités quotidiennes… Où allons-nous ? La démocratie est-elle en passe de devenir la dictature de l’incompétence ?

Je constate avec tristesse que les plus faibles sont toujours exploités par les plus forts : concurrence économique oblige. C’est sans compter aussi sur le machisme, favoritisme, racisme, sexisme,  dogmatisme, capitalisme, féodalisme, élitisme, esclavagisme, autoritarisme, égoïsme et crétinisme . « Isme » : suffixe pour un concept idéologique : vous pouvez donc fabriquer d’autres mots qui vous conviendront !

Qu’avons-nous en face ? Idéalisme ? Féminisme ? Héroïsme ? Fatalisme ? Des valeurs peu sûres ?

Notre problème essentiel, à nous, le peuple, c’est que nous avons perdu confiance  dans les hommes politiques, perdu confiance en la démocratie, et même en la justice. Nous voyons de plus en plus souvent que la loi est injuste et protège les plus forts. Attention une fois encore, les plus forts ne sont pas forcément les plus nantis. Les riches tirent bien leur épingle du jeu, c’est certain (cf Jean de Lafontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».), mais il y a des défavorisés dont la violence est une bonne arme de « persuasion ». Donc, si vous n’êtes ni un nanti, ni un violent, ni fils, frère, cousin de … vous êtes encouragés à vous taire.

Quand il n’y a plus véritablement de démocratie, quand nos  représentants élus se prennent pour des stars, deviennent des « Intouchables » (pas des parias mais des demi-dieux), il devient véritablement absurde de voter pour qui que ce soit. Il faut aller voter, voter blanc et se battre pour que le vote blanc soit comptabilisé.

La résistance aux dérives politiques pour arriver à la construction d’une véritable démocratie passe par la prise en compte des votes blancs (plus citoyens que l’abstention), la désobéissance civile, la résistance fiscale, la mise en place de groupes de citoyens motivés par le changement dans une révolution non-violente… moins d’élus, moins de structures coûteuses…

Vive la démocratie directe, participative et à taille humaine !

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Juges et partis

En bonne Française, je vais commencer par rire à propos des juges qui font l’actualité du moment. Je peux les plaindre, ils sont débordés et n’ont que très peu de moyens, mais, je souris d’abord, ils sont coincés dans leurs tribunaux, ne prennent pas de vacances, c’est bien connu :

« Les juges ne voyagent jamais, parce qu’on ne peut être à la fois juge et parti. »

Revenons-en plus sérieusement aux juges, à Sarkozy et d’une manière plus générale à la France du moment. Beaucoup de nos concitoyens râlent, critiquent Sarkozy, n’oublions pas toutefois qu’il a été élu légalement avec une majorité. Ce n’est pas une majorité de 80 ou 90% ce qui tend à prouver que les élections n’ont pas été truquées et donc, que régulièrement élu, notre président doit être respecté le temps de son mandat. Il est vrai que ses attitudes, ses gestes saccadés en font une marionnette facile à imiter et prompte à nous faire rire. Mais pourquoi a-t-il été élu ? Qui le remplacera ? Y a-t-il quelqu’un en qui nous puissions avoir confiance ?

Quoi qu’il en soit, c’est Nicolas Sarkozy qui nous représente pour le moment et nous devons nous en accommoder. Certes, ses méthodes déplaisent : star system, bling-bling, et surtout grand guignol permanent, fuite en avant perpétuelle : « on va voir ce qu’on va voir» et puis on ne voit rien ou pas grand chose,… Aujourd’hui, toute la société fonctionne ainsi avec des effets d’annonce. Combien de temps peut-on avaler des couleuvres sans rien dire ? La colère gronde puisque tout  va de plus en plus mal et que la poudre aux yeux, si elle aveugle un moment, ne fonctionne pas ad vitam aeternam.

Moi, j’entends la colère des travailleurs aux salaires dérisoires qui savent combien on facture une heure de leur travail et combien on la leur paie, j’entends la colère des parents dont les enfants ne sont plus en sécurité dans l’enceinte des écoles, j’entends la colère des enseignants qui ne peuvent plus enseigner faute de moyens et de temps, j’entends la colère des infirmières, des médecins, celle des policiers, celle des CRS, celle des juges, des cheminots, des chauffeurs de bus,  des femmes,  j’ai peur d’entendre très bientôt la colère d’un peuple qui a faim, d’autant que plus personne ne pourra alors le raisonner ce peuple : «ventre affamé n’a pas d’oreille ».

Mais je m’éloigne de mon point de départ. La colère des juges.

En les rendant publiquement responsables de la mort de Laetitia, Sarkozy et ses ministres n’ont pas eu une bonne idée. Les justiciables français se plaignent de la justice et des juges, mais ils ne sont pas dupes. Ils savent comment toutes les grandes organisations : école , santé et armée sont mises à mal et ils prennent le parti des juges. Ils les entendent bien dire que le problème c’est Sarkozy avec ses réformes et ses lois sans moyens de les appliquer. Depuis plus de vingt ans (avant Sarko, donc), ils réclament les moyens de faire fonctionner le système, qui les a entendus ?

Il me semble (je suis une utopiste) que de grands chantiers devraient être mis en œuvre. Il faudrait refondre les systèmes scolaires, de santé publique, de la justice, des impôts… Comment mener à bien cette tâche quand on sait combien les individus s’attachent rapidement à la plus petite once de pouvoir qui leur est donnée. Il faudrait quelques incorruptibles pour tout remanier, pas forcément des énarques mais des citoyen(ne)s de bon sens et de bonne volonté. Mais c’est tellement plus simple de laisser couler. C’est le cas de le dire !

Revenons une dernière fois à nos juges.  La grève des audiences est l’un des signes du malaise de la société française de 2011 et comme je suis grenobloise, je me pose quelques questions. Je sais  que le 7 juin 1788  le tocsin a sonné dans la ville. La réforme du parlement (juges de l’époque) voulue par Louis XVI a eu de lourdes conséquence. Des Grenoblois, particulièrement fâchés de perdre leur Parlement, se sont emparés des portes de la ville, tandis que d’autres, montés sur les toits, jetaient des tuiles et divers objets sur les soldats. Le sang coula, et en fin de l’après-midi, les émeutiers, maîtres de la ville, réinstallèrent les parlementaires à l’intérieur du Palais du Parlement. La journée des Tuiles s’achevait et la Révolution française était en marche.

Attention, toutes ces contestations peuvent mettre le feu aux poudres. Où aura lieu la prochaine journée des Tuiles ? Sommes-nous seulement encore capables d’agir ?

Je souris encore, mais peut-être devrais-je avoir peur ?

«En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. » Nicolas de Chamfort, Maximes et Pensées, 1795

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