Ça m’énerve aussi

Les mots et expressions « à la mode », au moins pour un temps, qui me contrarient sont nombreuses. J’en ai dressé une liste non exhaustive (classée alphabétiquement) et vous trouverez peut-être un élément qui vous agace aussi. Vous pouvez aussi en ajouter d’autres qui vous dérangent. Chacun ses goûts et ses dégoûts. Continuer la lecture

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Gay Pride à Paris, dimanche 26 juin 2011

A Paris, il y a tant à voir, à faire, à vivre surtout quand on n’y travaille pas.

En 2011, les Indignés sont partout, plus ou moins actifs, plus ou moins enracinés dans un lieu. A Paris, ils ont manifesté un peu place de la Bastille en mai ; à Madrid, à Athènes, ce fut plus long et plus rude. La crise n’en est pas au même stade.

A Paris, la Gay Pride les attendait, les Indignés. Alors ils sont venus. Leur sujet d’indignation, ce jour-là, n’était pas tout à fait le même qu’à Athènes ou Madrid, mais la révolte est présente  sous une même enseigne « Indignez-vous ».

Pour moi, la Gay Pride était presque une découverte. J’en avais entendu parler, j’avais vu quelques images à la télévision, et il y a deux ans, j’avais aperçu le défilé se désagréger place de la Bastille. Mais cette année, j’y étais pour de vrai, pour voir, comprendre et témoigner de ce que j’avais vu.

Alors tout d’abord, j’ai retenu que c’était une occasion de manifester calmement. Certes, il y a du bruit, de la musique, des slogans et quelques cris mais l’ensemble est plutôt bon enfant, amusant.

Le mot Fierté (PRIDE en anglais) revient souvent. Vous voyez, en dessous, les drapeaux jaunes d’Amnesty International.

Plus tard, un petit camion chargé de potences et de mannequins de papier, préparé (je ne peux écrire décoré) par l’association  » Ensemble contre la peine de mort » dénonçait le fait que près de quatre-vingts états dans le monde continuent de pénaliser l’homosexualité, et neuf d’entre eux, situés en Afrique et Asie, la punissent encore de la peine de mort. Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure mais ça risque de ne pas s’arranger dans quelques pays, au contraire. Quand j’entends que la charia est encore plus observée qu’avant en Indonésie à cause du tsunami, je suis inquiète. L’Indonésie est un Etat laïque et démocratique. Pourtant, dans la province semi-autonome d’Aceh, au nord de Sumatra, l’islam a sa police et depuis le tsunami de décembre 2004, des centaines d’agents de l’ordre islamique ont été déployés dans la province, traquant les « comportements non musulmans ». Simples blâmes ou flagellations publiques punissent ceux qui enfreignent les règles du Coran.2012 : la grande année. Celle de tous les dangers ? En mai, les présidentielles en France ; en novembre, celles des Etats-Unis et en décembre, le 21 : la fin du monde ! Forcément, ce sera la fin du monde pour quelques humains, comme tous les jours, mais la fin de l’Humanité ? Wait and see !

Certains ont très peur d’où la naissance de nouvelles sectes : les illuminés (sans la majuscule) ont encore quelques beaux jours devant eux. Le cinéma a profité de l’aubaine pour réaliser un film catastrophe. Et vous, que pensez-vous ?

A la Gay Pride, un camion affichait « MEME PAS PEUR », ça me rappelait l’épisode du Chikungunya à la Réunion quand nous portions des t-shirts proclamant notre courage « Même pas peur », c’était normal si on se protégeait correctement. Les jeunots de la Gay Pride n’auraient-ils peur de rien ?

Une chose est sûre, ils n’ont pas peur de créer des slogans et des t-shirts. Lisez bien le dos.

Lisez l’autre dos et les affichettes « Ce qui me fait peur, c’est qu’on puisse jouer avec nos peurs. »

Ils ont peur. Mais de quoi ?  De qui ? Et vous ?

Vous les comprenez ?

Voilà ce qu’ils disent « Nous sommes des agitateurs de citoyenneté, nous voulons développer une culture de la participation chez les jeunes pour faire en sorte qu’il y ait un maximum de citoyens acteurs de la vie démocratique. Pour nous, la citoyenneté ne saurait se résumer au seul droit de vote ; elle passe également par l’engagement associatif, syndical, partisan et les dispositifs de démocratie locale. » C’est bien, non ? Ceci prouve qu’un jeune, ça réfléchit aussi.

Et ça continue avec les slogans pour 2012… J’ai même entendu : « en 2011 je marche, en 2012 je vote et en 2013, je crève« . Tu crèves de faim ? Du SIDA ? Ou des suites du 21 décembre 2012 ? Pas gai, celui-là.

Et ça continue encore et encore, c’est que le début…

Tant mieux si elles pensent ce qu’elles annoncent les deux dames sur les panonceaux vert et jaune. Je les admire. A leur place, je ne sais pas. Je crois que je tolérerai plus que je n’accepterai la situation. Je ne suis pas à leur place, alors. Mystère…La FSU était là. L’affichette n’est pas très sympa pour au moins un enseignant de lettres. Un enseignant borné, ça existerait ? Homo, oui. Ils étaient là pour se manifester. Borné, ignorant ? sans doute puisque l’ un d’eux a été dénoncé. Finalement, en y réfléchissant, c’est un élève qui porte le chapeau ; dénoncé par un élève « Mon prof ne le sait même pas ».

Mouais…

Demain, suite de la Gay Pride avec des photos des plus beaux ou des plus surprenants. Comme ces deux-là.

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Pâques : le profane et le sacré

Que signifie Pâques pour vous ?

Quand on pose la question, les réponses sont variées selon l’âge de la personne  interrogée. Les oeufs, les lapins, les cloches en chocolat, celles de l’église, le repas en famille avec l’agneau pascal, les derniers jours de ski, les chassés-croisés sur les routes… Apparemment, les oeufs sont la première réponse fournie. Oeufs en chocolat, il va sans dire. Mais d’où vient cette tradition ? Voilà une explication que je vous propose mais j’accepte tous les compléments d’informations.

La tradition d’offrir des œufs remonte à l’Antiquité. Je crois me souvenir qu’Egyptiens et Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. C’est au même moment qu’est apparu le paradoxe de l’oeuf et de la poule :

« Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ? »

Si l’on vous répond « c’est l’oeuf », vous demandez alors « mais qui a pondu cet oeuf ? « C’est la poule »,  vous répond-on. « D’où sort donc la première poule ? » Le paradoxe vient du fait qu’aucune réponse ne parait satisfaisante. Alors l’oeuf ou la poule ?

Mais l’explication qui correspond le mieux à notre éducation chrétienne, c’est celle qui fait référence à l’église.

L’Eglise ayant instauré très tôt l’interdiction de manger des œufs pendant le Carême, les poules continuaient malgré tout à pondre ; les œufs pondus  pendant ces quarante jours étaient conservés, mais sans réfrigérateur, plus question de les manger après pareil délai. Ils étaient alors décorés et offerts.

De nos jours, le jeûne n’est plus observé de manière aussi stricte, au mieux évite-t-on la viande mais la tradition d’offrir des œufs est restée. Les oeufs sont en chocolat, en sucre, en plastique et garnis de friandises diverses. Il est loin le temps où Clément Marot, poète et  même versificateur de psaumes, fut emprisonné au Châtelet pour avoir mangé du lard en Carême ; c’était en l’an de grâce 1526.

Aujourd’hui, en France le Ramadan est bien plus respecté que le Carême. Que dire ? Je constate, c’est tout.

Pâques est pourtant la plus importante fête religieuse chrétienne.  Elle commémore la  résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour après sa mort (Passion pour les Chrétiens).

La Semaine Sainte est la dernière semaine du Carême : ses trois derniers jours (jeudi, vendredi et samedi Saints) composent le triduum pascal. Elle commence avec la célébration du dimanche des Rameaux et se termine le Samedi Saint par la célébration de la veillée pascale et de la messe de la Résurrection. Le dimanche de Pâques marque la fin du jeûne du carême. C’est alors pour huit jours la semaine de Pâques ou « semaine radieuse » appelée quelquefois la « semaine des huit dimanches ».

En Europe, c’est l’Espagne, terre de grande ferveur catholique, qui n’a pas son pareil pour célébrer Pâques. Les processions de pénitents encagoulés et de personnages bibliques commencent dès le Dimanche des Rameaux. Elles sont suivies de processions nocturnes appelées « los pasos ». Ces fêtes de la Semaine Sainte enflamment toute la péninsule Ibérique, mais les processions les plus impressionnantes ont lieu à Séville, Cuenca, Grenade, Malaga, Valladolid, Jerez… Depuis des lustres, je rêve d’y assister au moins une fois. Ce sont peut-être mes ascendances qui m’y poussent. Incha Allah !

Pâque ou Pâques ? La langue française distingue « la » Pâque originelle juive et la fête chrétienne de Pâques. La première commémore la sortie d’Égypte par un repas rituel qui s’appelle aussi « la Pâque ». La fête chrétienne est multiple et  des rituels païens se sont greffés. Pour les Chrétiens, c’est à la fois la sortie d’Égypte de Moïse (l’Exode), l’institution eucharistique du repas de la Pâque, la crucifixion du Christ et son repos au tombeau durant trois jours, sa résurrection, passage de la mort à la vie le troisième jour.

De nombreuses coutumes païennes destinées à accueillir le retour du printemps se rattachent à la fête de Pâques. L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au début du printemps et le lapin est un symbole païen qui a toujours représenté la fécondité.

En Belgique et en France, on raconte aux enfants que depuis le Jeudi Saint, les cloches sont silencieuses en signe de deuil, qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. A charge pour les enfants de retrouver les oeufs éparpillés.

Le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné selon les régions de flageolets ou de fèves voire de petits pois. C’est gigot flageolets chez moi.

En Alsace et dans certaines régions d’Allemagne, on confectionne un biscuit en forme d’agneau appelé Osterlammele et les œufs de Pâques sont apportés par le lapin de Pâques (Osterhase). 

Les Allemands, les Alsaciens, les Américains et quelques autres décorent des œufs cuits durs avec de la peinture ou des feutres. Les Américains espèrent que l’Easter Bunny leur apportera des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé.

Dans les pays à majorité chrétienne orthodoxe, il y a beaucoup de coutumes qui plaisent particulièrement aux enfants. Des œufs sont peints pour cette journée, essentiellement en rouge, mais on utilise aussi d’autres couleurs. On s’échange ces œufs colorés, pendant toutes les fêtes de pâques et la semaine qui suit.

Plus religieux : en Grèce, et en Russie, il est d’usage de ramener chez soi la « lumière sainte », le jeudi saint après la lecture des douze évangiles, et de faire un signe de croix au-dessus de sa porte avec la flamme. Conserver la lumière sainte quarante jours, sans qu’elle ne s’éteigne, porterait bonheur.

Tous les peuples orthodoxes, respectent à Pâques la coutume suivante. Pendant toute la semaine les chrétiens orthodoxes se saluent par l’exclamation « Christ est ressuscité ! »  à laquelle on répond « Il est vraiment ressuscité ! »

Le Christ est pour le christianisme le Rédempteur divin, le Messie envoyé par Dieu dont la mort sacrificielle doit racheter les péchés des hommes.

Quand je regarde le monde actuel et l’ensemble du XX° siècle, je me demande comment les Hommes peuvent être rachetés des ignominies, crimes et autres cruautés dont ils se sont rendus coupables.

Les tours du 11 septembre sont dans vos mémoires, mais vous souvenez-vous du régime nazi (au moins 6 millions de morts), du régime de Pol-Pot (1,5 million de morts), Rwanda (1 million de morts, 260 000 morts à Hiroshima et Nagasaki, 13 millions de civils  et 8 millions de soldats russes pendant la Seconde Guerre Mondiale… ? Je ne mentionne ni les Aborigènes d’Australie, ni les Amérindiens, c’est plus ancien. Je passe sous silence d’autres atrocités. Que peut-il advenir de la race humaine qui se massacre ainsi ? Je sais que Pâques est un jour de joie pour la Chrétienté ; j’ai du mal à être dans l’allégresse.

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