Ça m’énerve aussi

Les mots et expressions « à la mode », au moins pour un temps, qui me contrarient sont nombreuses. J’en ai dressé une liste non exhaustive (classée alphabétiquement) et vous trouverez peut-être un élément qui vous agace aussi. Vous pouvez aussi en ajouter d’autres qui vous dérangent. Chacun ses goûts et ses dégoûts.

Je commence par ce qui m’exaspère au plus haut point, en ce moment, le « vainqueur toutes catégories » actuel : le mot humaniste utilisé à la place de humanitaire.

Il le semble indispensable de redéfinir les deux mots :

  • HUMANISTE, qui peut être à la fois substantif et adjectif. Le mot humaniste désignait un érudit de la Renaissance qui, s’inspirant des auteurs antiques, exaltait la dignité de l’esprit humain. Par extension le mot a défini ensuite un spécialiste des langues et littératures gréco-romaines ou un élève qui fait ses humanités. On a utilisé le mot humaniste pour définir un philosophe qui, considérant l’homme comme la mesure de toute chose, cherche à l’épanouir en prônant le développement des facultés proprement humaines. 

L’humaniste dit « de gauche » a pour souci principal de garder les valeurs humaines; il n’est d’aucun parti, parce qu’il ne veut pas trahir l’humain mais ses sympathies vont aux humbles : c’est aux humbles qu’il consacre sa belle culture classique.  Jean-Paul Sartre, La nausée.

L’adjectif humaniste est attribué à une personne qui souscrit à l’humanisme de la Renaissance ou à tout autre humanisme ; en règle générale qui est relatif à l’humanisme soit celui de la Renaissance, soit relevant de l’humanisme moderne (développement des facultés proprement humaines) : éthique, mouvement, philosophie humaniste.

  • HUMANITAIRE, c’est un adjectif de plus en plus substantivé (utilisé comme un nom commun : on dit « travailler ans l’humanitaire »).

Humanitaire signifie qui concerne l’humanité ou qui s’attache à soulager l’humanité souffrante, à venir en aide aux hommes dans le besoin, dans la détresse. (Les actions humanitaires de Médecins sans Frontière, du Secours Catholique, de la Croix Rouge, par exemple, découlent d’une démarche collective de solidarité ).

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Voilà ma liste :
 
  • aberrant : prononcé à tant de sauces différentes ; le sens initial est « qui s’écarte de la norme attendue, qui va contre la logique ou la vérité » et il a pour synonymes : absurde, déraisonnable, insensé, extravagant, inouï…
  • after : après l’after-shave ou après-rasage, on a maintenant l’after (tout court) : après-soirée (une soirée qui prolonge une première sortie : bar après le cinéma par exemple) et pourquoi pas simplement après ?
  • ajouter en plus : (pléonasme) ajouter c’est mettre en plus (on revient à l’horrible AJDA, Au Jour D’Aujourd’hui) puisque les acronymes sont à la mode, pourquoi pas celui-là ? Il serait dans l’air du temps.)
  • avoir une autre alternative : permission ou obligation, le plus souvent inéluctable, de choisir entre deux propositions, deux situations, deux décisions. Ou…ou. Pas plus.
  • avoir un bel avenir devant soi : temps à venir après.
  • basé sur Paris : basé à.
  • c’est trop trop bien ou pire trop cool ; trop beau ? Trop est un adverbe intensif marquant un degré excessif. Très serait préférable. Le mieux est l’ennemi du bien disait ma grand-mère. (Le français est une langue vivante, il change. Tant qu’on ne l’appauvrit pas, je suis d’accord, mais ce n’est pas le cas, on réduit le vocanulaire.)
  •  coach : aujourd’hui c’est un entraineur alors pourquoi pas ce mot français ? Coach, autrefois, désignait une grande voiture fermée comportant deux portes latérales ou une automobile dont la carrosserie à quatre glaces latérales ne comportait que deux portes et obligeait à rabattre le dossier des sièges avant pour accéder aux sièges arrière (un coupé). 
  • conséquent : signifie qui suit quelque chose de manière logique, non pas important.
  • danger potentiel  : potentiel signifie qui existe en puissance, virtuellement et non en acte ; qui constitue une menace pour la tranquillité ou l’existence même d’une personne (ou d’un pays). Risque potentiel, danger potentiel sont des pléonasmes ou au moins de fortes redondances puisqu’ils contiennent en eux-mêmes l’énoncé d’une éventualité que l’adjectif potentiel exprime également. Un accident est potentiel, le risque ou le danger ne le sont pas, ils existent.
  • découvrir pour la première fois  (la mer ou n’importe quoi) : on découvre.
  • être sur … Paris par exemple pour être à Paris« 
  • événement : écrit avec un accent grave : évènement ; accepté aujourd’hui mais autrefois incorrect ; c’est seulement une question d’orthographe tous comme les nénufars, ognons et accents circonflexes à disparaître. Ainsi jeûne qui devient jeune et se taper un jeune prend un tout autre sens Je ne pense à personne, non.
  • exister réellement : exister signifie posséder une réalité. 
  • j’ai envie de dire : pardon mais putain, dis-le !
  • je dis ça, je dis rien : ferme-la ! C’est bien aussi.
  • monter sur Paris : comme être sur… basé sur…
  • petite maisonnette ou la miniaturisation en marche. Comme nos revenus disponibles.
  • point d’orgue : pour point culminant, summum, sommet, apogée, cela m’irrite profondément : ce terme musical (un point surmonté d’un petit arc de cercle) qui signifie que le musicien ou le chanteur peut faire durer la note autant de temps qu’il le souhaite. Le oint d’orgue est une suspension du tempo et ne peut en aucun cas se substituer à point culminant
  • relire ou refaire encore ou refaire une deuxième fois  ; si l’on refait plus de deux fois, on peut préciser : vingt, cent fois… sur le métier…
  • un peu : pourquoi tout minimiser à l’heure ou le catastrophisme est à la mode. Une contradiction de plus !
  • voir de ses propres yeux : c’est la vraie vérité ; témoignage certifié, problème de vérité et mensonge ou vérité ou mensonge.
  • la vraie vie : cette expression, je l’avoue, je l’aime bien tant on veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous balader avec des réalités virtuelles…

 

Je pourrais « n’ajouter rien de plus » mais j’aurais oublié qu' »il y a dix ans en arrière« , des « mineurs de moins de 18 ans« …

Pour parler tout à fait vrai, il y a bien des choses qui m’énervent davantage mais je préfère ne pas les ressasser sans cesse ; vous avez peut-être les mêmes inquiétudes à propos de notre société humaine.

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2 réflexions sur « Ça m’énerve aussi »

  1. Autant dire qu’ on ne voit aucun humaniste depuis pas mal de temps , et je pense même franchement que les humanitaires ne doivent pas courir les rues !
    Lorsqu’ un  » directeur  » d’ une ong ou d’ une quelconque association s’ exprime, c’ est à dire quand il réclame du pognon, j’ ai toujours envie de lui demande qu’ il me montre ce qu’ il gagne Je déteste qu’ on utilise une autre langue que le français pour des sujets français, c’ est pour cela que je parle toujours de fin de semaine !
    Les belges sont plus français que nous !
    Et à force d’entendre ces fautes des présentateurs et politiques, on finit par les adopter !

  2. oui tu as raison, les medias utilisent des termes inappropriés , des anglicismes, qui peut comprendre ? bon dimanche sous la pluie, bisous

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