La crise

En 2012, c’est la crise, une crise dont on nous rabat les oreilles, la crise, « notre » crise. Même si nous ne l’avons pas créée directement, en tous cas, c’est nous qui la payons, nous le peuple, à travers le monde, que nous soyons travailleurs, chômeurs ou retraités. Nous nous faisons plumer surtout quand nous faisons partie de la classe moyenne. A croire que nous sommes voués à disparaître, destinés à devenir pauvres. Continuer la lecture

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Mai 1968 : les causes, l’esprit…

Les années 60, quelle époque !

J’oublie les yéyés, les Beatles et autres amusements. Je pense à mai 68. Ca  fait un peu « souvenir d’ancien combattant », même si j’étais trop jeune et surtout trop provinciale pour  être sur les barricades parisiennes, les images et les idées sont bel et bien  toujours dans ma mémoire.

En 1968, les choses doivent changer. Et ça change ! Les jeunes et moins jeunes bouillonnent tous d’idées. Sur les murs apparaissent des graffitis et des affiches contestataires : merci les étudiants des Beaux-Arts !

« Mur blanc = Peuple muet ».  Les murs parlaient. Ils s’exprimaient. Le peuple était en vie, plein d’esprit.

On peut actualiser ce genre d’affiches. Voir la dame rose et si vous cliquez sur elle, vous pourrez voir d’autres affiches, de même que si vous cliquez sur les mots « affiches contestataires, un autre site apparaîtra.

La population s’approprie la rue pour s’exprimer, dire son mal-être. Les rues n’avaient plus vraiment été animées depuis 1936 sauf les jours de Libération à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. En 1968, des cris, des chansons et  des écrits (pour que ça reste et que ça fasse plus sérieux) et des slogans en pagaille, oserai-je dire. J’en ai mémorisé quelques-uns de cette époque, mais il y en a eu  beaucoup plus.

J’entends aussi une chanson qui me revient en mémoire : sur l’air de « Il était un petit navire », nous chantions ou entendions chanter « Ohé, ohé, Pompidou, Pompidou navigue sur nos sous »… On pourrait chanter avec le nom de qui maintenant ?

Nous avons de moins en moins d’argent disponible ; même quand on travaille, après les impôts locaux  (mairie, département, région), l’impôt sur le revenu, les taxes diverses  (TVA, octroi de mer dans les DOM…), les augmentations des cotisations sociales, de l’eau, du gaz, de l’électricité, de l’essence, et j’en passe,  il en reste de moins en moins. Nous ne sommes plus ponctionnés, nous serons bientôt purement et simplement saignés à blanc, enfin pas tous puisque l’égalité devant la loi, ou devant l’impôt n’est qu’une vaste fumisterie. Il devient indispensable de tout remettre à plat, d’en finir avec les exonérations et les régimes spéciaux.

En 1968, le retard social accumulé par la société, qui à cette époque était en pleine croissance (merci le baby-boom, la reconstruction… la guerre ?), une société, dis-je, qui maintenait les salariés dans la sujétion, la pauvreté (très bas salaires), ce retard est devenu insupportable pour un grand nombre de citoyens au point de déclencher la plus grande grève de l’histoire de France.

Après mai 1968, les rapports de pouvoir ont changé  (participation des ouvriers, des lycéens…), les libertés individuelles se  sont développées, les conventions sociales se sont transformées. L’allégresse de ce printemps est assez vite retombée et aujourd’hui que constate-t-on ? Retour de la sujétion des salariés (merci les 35 heures et les emplois précaires et/ou à temps partiel), de la pauvreté (qui s’accroit, chaque jour), d’une société à deux voire trois vitesses, accablement et silence des « masses laborieuses » tellement contentes d’avoir encore un emploi. Serait-on capable de faire un mai 2011 ?

Les slogans de mai 68 : j’en ai retenu quelques-uns (pour le prochain article) mais il y existe un site qui regroupe graffiti et slogans de cette année là. J’avoue que je ne les connaissais pas tous et que j’en avais oublié beaucoup. Cliquez là pour en savoir plus.

Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! »

« Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi. »

« Elections, piège à cons !

« Etes-vous des consommateurs ou des participants ? »

« Faites l’amour pas la guerre ! »

« Fermons la télé, Ouvrons les yeux. »

« Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner. » Finalement mon article du même titre était une réminiscence. Cliquez  sur les mots en bleu si vous voulez relire ou lire ce billet ancien.

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Bonheur et démocratie

Si vous êtes sincère et honnête avec vous-même, il y a de nombreuses journées où vous devriez vous sentir heureux. Si vous êtes en bonne santé, que vous avez deux bras et deux jambes, vous êtes déjà un nanti. Si vous n’habitez ni en Libye, ni en Côte d’Ivoire, ni à Haïti, ni… ni… Si vous habitez un pays en paix, si vous pouvez encore manger à votre faim, si… si… Rajoutez ce que vous avez de plus pour être heureux, bien entendu, cela dépend de vos choix et de vos goûts : ce peut être un mari ou une femme ou un compagnon qui vous agrée ou pourquoi pas… votre solitude, des enfants, des amis (peu, juste des amis sincères), ou des centaines de relations, une maison, un don particulier, un passe-temps épanouissant, un chat, un chien, une voiture, un vélo ou  un cheval, alors là vous êtes un super nanti.

Que voulez-vous de plus ? De l’argent. Ah, c’est bien ça, alors… L’argent ne fait pas le bonheur  mais il y contribue, ajoutez-vous… Soit, c’est notre organisation sociale qui veut ça. Le modèle qu’on vous a insidieusement imposé. Toujours plus, toujours plus de tout et surtout plus de sous. Et si nous arrêtions avec ce système qui ne satisfait pas le plus grand nombre. Comment changer de modèle de fonctionnement ?

Il y a toujours eu des riches, des pauvres, des travailleurs et des fainéants, des surdoués et des idiots, des laids et des beaux, pourquoi vouloir être tous identiques ? Le bonheur pour tout le monde, d’accord. Il fait bon rêver mais il faut aussi faire un effort. Chacun le sien, il ne faut pas compter sur les autres, il faut avancer et faire avancer, ne pas attendre que tout arrive par miracle, mystère ou chance. Si l’on veut le bien de tous, il faut que chacun mette la main à la pâte, que nous partagions tout entre tous et ne pas se contenter de vouloir spolier celui qui a plus ou ceux qui ont le plus pour ne donner qu’à quelques-uns.  Et pensez-y, les riches se sont souvent autodétruits : leurs abus les condamnent. Souvenez-vous de la triste fin des rois, tsars, empereurs, et dictateurs de tous poils. Est-ce vraiment nécessaire de brûler, casser, tuer ?

Essayez de vous exprimer, de vous faire entendre, participez à la vie de la république, n’acceptez pas tout, en ronchonnant, sans agir. L’union fait la force. Une voie de la sagesse et de la non-violence doit exister. Trouvons-la ensemble. Il ne faut plus que des minorités décident pour nous. Notre problème, c’est d’être perdu dans la masse. Nous nous taisons car la parole a été monopolisée d’un côté par une « élite » de droite et de gauche, qui se croit tout permis, parce qu’un jour, elle a été élue, de l’autre côté par des braillards, qui eux aussi se croient tout permis, parce qu’ils se sentent forts en n’agissant qu’en bandes, qu’ils font peur et règnent par la terreur. Les premiers pour s’accrocher à leurs sièges sont prêts à toutes les compromissions, ils savent bien qu’ils ne côtoieront jamais la plèbe et peuvent être démagogues sans en subir les conséquences ; ils ne prennent jamais le métro, anonymes dans les couloirs, risquant leur vie dans un escalier, ne rentrent pas à pied dans des quartiers déserts que les bus n’osent plus traverser, ne mangent pas dans les fast-food empoisonneurs, ne mettent pas leurs enfants dans des écoles délabrées, ne vont pas dans les hypermarchés de banlieues acheter à prix fort des viandes réemballées plusieurs fois … Les autres savent qu’ils sont devenus des roitelets, des caïds, qu’ils disposent de domaines où la loi n’a plus vraiment cours, que personne ne les arrêtera, que même la police a peur et baisse les bras. Nous, pris entre les deux, nous voyons notre territoire se réduire, nos libertés aussi. Les premiers légifèrent ou proposent de légiférer. Les lois nouvelles ne contraignent plus que les bons citoyens. Les autres ne risquent rien, ils ne respectent rien.

Lisez la LOPPSI2 vous comprendrez qu’on nous musèle. Nous ne serons pas plus protégés mais nous serons plus « flicardés ».

Assez de démagogie ! Vive la démocratie ! Une république idéale  laïque avec des droits et des devoirs.

Confession en passant : je me fais plaisir chaque jour en écrivant un billet plus ou moins long. Je me retiens car je suis prête à en dire tellement plus, mais aurez-vous le temps , la patience ou l’envie de lire davantage ?

Quoi qu’il en soit, en venant écrire, je jette des coups d’œil sur d’autres sites et je me rends compte que je deviens une bloggeuse sérendipitante. Quoi ? Bloggeuse, ben oui, j’écris sur mon blog. Ah, sérendipitante vous gêne ? La sérendipité vous ne connaissez pas ? Je vous taquine. J’aime tellement les mots que dès que j’en tiens un original, j’essaie de m’en servir. Oui, ça existe la sérendipité. Je l’ai d’abord découvert en anglais : serendipity ; j’ai trouvé le mot « joli ». C’était il y a deux ans à … Las Vegas.  Je suis sûre que vous vous en moquez. Moi je ne l’avais ni vu ni entendu ; jamais. Mes grands enfants, eux, oui. Quand l’élève dépasse le maître…

La sérendipité est « l’art de trouver la bonne information par hasard ». Merci internet de satisfaire ma curiosité sans cesse affamée. Attention, il faut toujours savoir « trier le bon grain de l’ivraie », il y a des rumeurs et des erreurs sur le net.

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Juges et partis

En bonne Française, je vais commencer par rire à propos des juges qui font l’actualité du moment. Je peux les plaindre, ils sont débordés et n’ont que très peu de moyens, mais, je souris d’abord, ils sont coincés dans leurs tribunaux, ne prennent pas de vacances, c’est bien connu :

« Les juges ne voyagent jamais, parce qu’on ne peut être à la fois juge et parti. »

Revenons-en plus sérieusement aux juges, à Sarkozy et d’une manière plus générale à la France du moment. Beaucoup de nos concitoyens râlent, critiquent Sarkozy, n’oublions pas toutefois qu’il a été élu légalement avec une majorité. Ce n’est pas une majorité de 80 ou 90% ce qui tend à prouver que les élections n’ont pas été truquées et donc, que régulièrement élu, notre président doit être respecté le temps de son mandat. Il est vrai que ses attitudes, ses gestes saccadés en font une marionnette facile à imiter et prompte à nous faire rire. Mais pourquoi a-t-il été élu ? Qui le remplacera ? Y a-t-il quelqu’un en qui nous puissions avoir confiance ?

Quoi qu’il en soit, c’est Nicolas Sarkozy qui nous représente pour le moment et nous devons nous en accommoder. Certes, ses méthodes déplaisent : star system, bling-bling, et surtout grand guignol permanent, fuite en avant perpétuelle : « on va voir ce qu’on va voir» et puis on ne voit rien ou pas grand chose,… Aujourd’hui, toute la société fonctionne ainsi avec des effets d’annonce. Combien de temps peut-on avaler des couleuvres sans rien dire ? La colère gronde puisque tout  va de plus en plus mal et que la poudre aux yeux, si elle aveugle un moment, ne fonctionne pas ad vitam aeternam.

Moi, j’entends la colère des travailleurs aux salaires dérisoires qui savent combien on facture une heure de leur travail et combien on la leur paie, j’entends la colère des parents dont les enfants ne sont plus en sécurité dans l’enceinte des écoles, j’entends la colère des enseignants qui ne peuvent plus enseigner faute de moyens et de temps, j’entends la colère des infirmières, des médecins, celle des policiers, celle des CRS, celle des juges, des cheminots, des chauffeurs de bus,  des femmes,  j’ai peur d’entendre très bientôt la colère d’un peuple qui a faim, d’autant que plus personne ne pourra alors le raisonner ce peuple : «ventre affamé n’a pas d’oreille ».

Mais je m’éloigne de mon point de départ. La colère des juges.

En les rendant publiquement responsables de la mort de Laetitia, Sarkozy et ses ministres n’ont pas eu une bonne idée. Les justiciables français se plaignent de la justice et des juges, mais ils ne sont pas dupes. Ils savent comment toutes les grandes organisations : école , santé et armée sont mises à mal et ils prennent le parti des juges. Ils les entendent bien dire que le problème c’est Sarkozy avec ses réformes et ses lois sans moyens de les appliquer. Depuis plus de vingt ans (avant Sarko, donc), ils réclament les moyens de faire fonctionner le système, qui les a entendus ?

Il me semble (je suis une utopiste) que de grands chantiers devraient être mis en œuvre. Il faudrait refondre les systèmes scolaires, de santé publique, de la justice, des impôts… Comment mener à bien cette tâche quand on sait combien les individus s’attachent rapidement à la plus petite once de pouvoir qui leur est donnée. Il faudrait quelques incorruptibles pour tout remanier, pas forcément des énarques mais des citoyen(ne)s de bon sens et de bonne volonté. Mais c’est tellement plus simple de laisser couler. C’est le cas de le dire !

Revenons une dernière fois à nos juges.  La grève des audiences est l’un des signes du malaise de la société française de 2011 et comme je suis grenobloise, je me pose quelques questions. Je sais  que le 7 juin 1788  le tocsin a sonné dans la ville. La réforme du parlement (juges de l’époque) voulue par Louis XVI a eu de lourdes conséquence. Des Grenoblois, particulièrement fâchés de perdre leur Parlement, se sont emparés des portes de la ville, tandis que d’autres, montés sur les toits, jetaient des tuiles et divers objets sur les soldats. Le sang coula, et en fin de l’après-midi, les émeutiers, maîtres de la ville, réinstallèrent les parlementaires à l’intérieur du Palais du Parlement. La journée des Tuiles s’achevait et la Révolution française était en marche.

Attention, toutes ces contestations peuvent mettre le feu aux poudres. Où aura lieu la prochaine journée des Tuiles ? Sommes-nous seulement encore capables d’agir ?

Je souris encore, mais peut-être devrais-je avoir peur ?

«En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. » Nicolas de Chamfort, Maximes et Pensées, 1795

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