Mai 1968 : les causes, l’esprit…

Les années 60, quelle époque !

J’oublie les yéyés, les Beatles et autres amusements. Je pense à mai 68. Ca  fait un peu « souvenir d’ancien combattant », même si j’étais trop jeune et surtout trop provinciale pour  être sur les barricades parisiennes, les images et les idées sont bel et bien  toujours dans ma mémoire.

En 1968, les choses doivent changer. Et ça change ! Les jeunes et moins jeunes bouillonnent tous d’idées. Sur les murs apparaissent des graffitis et des affiches contestataires : merci les étudiants des Beaux-Arts !

« Mur blanc = Peuple muet ».  Les murs parlaient. Ils s’exprimaient. Le peuple était en vie, plein d’esprit.

On peut actualiser ce genre d’affiches. Voir la dame rose et si vous cliquez sur elle, vous pourrez voir d’autres affiches, de même que si vous cliquez sur les mots « affiches contestataires, un autre site apparaîtra.

La population s’approprie la rue pour s’exprimer, dire son mal-être. Les rues n’avaient plus vraiment été animées depuis 1936 sauf les jours de Libération à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. En 1968, des cris, des chansons et  des écrits (pour que ça reste et que ça fasse plus sérieux) et des slogans en pagaille, oserai-je dire. J’en ai mémorisé quelques-uns de cette époque, mais il y en a eu  beaucoup plus.

J’entends aussi une chanson qui me revient en mémoire : sur l’air de « Il était un petit navire », nous chantions ou entendions chanter « Ohé, ohé, Pompidou, Pompidou navigue sur nos sous »… On pourrait chanter avec le nom de qui maintenant ?

Nous avons de moins en moins d’argent disponible ; même quand on travaille, après les impôts locaux  (mairie, département, région), l’impôt sur le revenu, les taxes diverses  (TVA, octroi de mer dans les DOM…), les augmentations des cotisations sociales, de l’eau, du gaz, de l’électricité, de l’essence, et j’en passe,  il en reste de moins en moins. Nous ne sommes plus ponctionnés, nous serons bientôt purement et simplement saignés à blanc, enfin pas tous puisque l’égalité devant la loi, ou devant l’impôt n’est qu’une vaste fumisterie. Il devient indispensable de tout remettre à plat, d’en finir avec les exonérations et les régimes spéciaux.

En 1968, le retard social accumulé par la société, qui à cette époque était en pleine croissance (merci le baby-boom, la reconstruction… la guerre ?), une société, dis-je, qui maintenait les salariés dans la sujétion, la pauvreté (très bas salaires), ce retard est devenu insupportable pour un grand nombre de citoyens au point de déclencher la plus grande grève de l’histoire de France.

Après mai 1968, les rapports de pouvoir ont changé  (participation des ouvriers, des lycéens…), les libertés individuelles se  sont développées, les conventions sociales se sont transformées. L’allégresse de ce printemps est assez vite retombée et aujourd’hui que constate-t-on ? Retour de la sujétion des salariés (merci les 35 heures et les emplois précaires et/ou à temps partiel), de la pauvreté (qui s’accroit, chaque jour), d’une société à deux voire trois vitesses, accablement et silence des « masses laborieuses » tellement contentes d’avoir encore un emploi. Serait-on capable de faire un mai 2011 ?

Les slogans de mai 68 : j’en ai retenu quelques-uns (pour le prochain article) mais il y existe un site qui regroupe graffiti et slogans de cette année là. J’avoue que je ne les connaissais pas tous et que j’en avais oublié beaucoup. Cliquez là pour en savoir plus.

Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! »

« Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi. »

« Elections, piège à cons !

« Etes-vous des consommateurs ou des participants ? »

« Faites l’amour pas la guerre ! »

« Fermons la télé, Ouvrons les yeux. »

« Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner. » Finalement mon article du même titre était une réminiscence. Cliquez  sur les mots en bleu si vous voulez relire ou lire ce billet ancien.

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8 réflexions au sujet de « Mai 1968 : les causes, l’esprit… »

  1. Tout d’abord, j’aime votre façon de raconter ces souvenirs de mai 1968 ! Vous étiez encore trop jeune pour être sur les barricades, tout comme deux de mes enfants. L’aîné faisait son service militaire. Moi, je me souviens de cette époque, en tant que « parent »….Quel chambardement ! nous habitions alors en banlieue parisienne et c’était plus calme que Paris….Mon mari et moi avions connu la guerre….J’espère que nous ne connaîtrons plus jamais ça….Guerre, mai 1968…époques troublées…

  2. Merci,merci. Vous n’imaginez pas comme je suis contente de lire vos commentaires.
    J’espère que ma prose vous attirera encore quelquefois et que vous voudrez bien me faire un signe en passant.

    Mai 1968 fut une époque troublée, j’en conviens, mais les souvenirs des moments d’inquiétude, quand s’approvisionner en denrées alimentaires commençait à poser problème, disparaissent derrière l’euphorie de l’époque.
    C’était le printemps, j’avais presque quinze ans, le ciel était bleu, le soleil brillait et surtout soufflait un vent de liberté qui m’enivrait un peu.
    Même mes parents n’avaient pas l’air très sérieux quand je les voyais, sous les banderoles « Grève générale », papoter ou jouer aux boules. Fallait bien s’occuper !

  3. Merci pour le coucou dominical.
    Ici le dimanche est presque terminé et il y a de l’orage en prime. Des coupures d’électricité.
    Après les grèves (récurrentes ici), des problèmes techniques et si la météo s’en mêle… Joies des tropiques, de l’insularité et de la pagaille ! Non, ne croyez pas que je râle, je constate, c’est tout. Bonne journée !
    A bientôt, j’espère.

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