… génaire, …tenaire

Je me souviens des leçons de grammaire de mon enfance, des leçons qui commençaient dès le C.P. (Cours Préparatoire) et continuaient au même rythme que les dictées jusqu’au CM2 (cours Moyen deuxième année, l’antichambre de la Sixième, au lycée en ce temps-là). Nous commencions par apprendre les articles définis (le, la, les), indéfinis (un, une, des) puis contractés (au, du… à les qui devient aux, de les devenant des…). Lire la suite

Fichus, foutus…

Fichus, foutus retraités ! Décidément les vieux dérangent. Haro sur les vieux ! Après avoir longtemps dénigré les sales jeunes fainéants, il semble que la cible privilégiée soit celle des retraités. Ils coûtent cher, ne débarrassent pas vite le plancher. D’ci peu, on les aidera peut-être à partir plus vite (revoir « Soleil vert« ). Je fais partie de la classe des baby-boomers, ceux qui arrivent à l’âge de la retraite, alors je m’inquiète. Lire la suite

Présidentielles 2012 en France

Vous y pensez aux élections de 2012 ? Moi j’y pense et j’y repense et  je me pose questions sur questions. Qui sera là au deuxième tour ? Et qui sera élu ? Les choses vont-elles changer ? Peuvent-elles changer ? Et si c’était à nous de changer pour que tout change ? Drôle de société que la nôtre ! Lire la suite

Manger son chapeau

 

Si vous pouvez être fier quand quelqu’un vous tire son chapeau, quand vous devez manger le vôtre, vous l’êtes moins, fier.

Manger son chapeau, c’est se déjuger, se renier, convenir de s’être trompé. Pas bon de passer pour un con ! Désolée de le dire comme ça, mais au moins c’est rapide et  clair.

Une explication pour « manger son chapeau » évoque la confusion entre les verbes avaler et manger. Avaler, c’était baisser ou descendre, abaisser. « Abaisser son chapeau » ou « avaler son chapeau », c’était donc prendre une position de respect, d’humilité face à quelqu’un. C’est  celui qui reconnaît son erreur et qui doit faire preuve d’humilité et ravaler sa fierté.

Complément d’information : Avaler une pièce de vin dans une cave, ce n’était pas se saoûler au frais, mais descendre du vin à la cave pour le conserver et le boire plus tard. Chez les chapeliers, on y revient, avaler la ficelle, c’était la faire descendre du haut de la forme jusqu’en bas, les jardiniers avalent les branches quand ils les coupent, les alpinistes avalent les cordes de rappel quand ils les retirent.

Mais,  manger son chapeau » , expression récente en France est une traduction littérale de l’anglais « I’ll eat my hat if… » « Je mangerai / je veux bien manger mon chapeau si… » qui s’emploie lorsqu’une personne, après avoir affirmé quelque chose de faux, est contrainte de reconnaître son erreur lorsque celle-ci est avérée.

Quand on sait (encore faut-il avoir essayé) à quel point avaler un chapeau est difficile, on imagine bien le courage qu’il faut pour reconnaître son erreur, publiquement ou non .

La première formule écrite, approchante, se trouve chez Charles Dickens, en 1837 dans « The Pickwick Papers »  « Si j’en savais aussi peu sur la vie que cela, je mangerais mon chapeau et avalerais la boucle en entier ». Attention, l’homme est courageux, en plus du chapeau, il s’engage aussi à avaler la boucle entière. Bon appétit !

Un chapeau de Leprechaun par exemple !

(Dur d’avaler une boucle de cette taille ! En or, on fait l’effort ?)

L’expression est restée en usage, même si on ne voit plus guère de monde un chapeau sur la tête : des casquettes mais plus de chapeau.

Le dernier  chapeau célèbre (sur un homme), celui ou plutôt ceux de François Mitterrand, peut-être. Avant il y avait eu Winston Churchill ou Buster Keaton.

Petite présentation de chapeaux.

Buster Keaton

 

 

Winston Churchill

 

et notre ex-Président François Mitterand , photos au dessous

 

 

 

 

 

en gibus, feutre ou panama (un brin mafieux là, non ?)

 

Quoi qu’il en soit, c’est à Nicolas Sarkozy que Libération a proposé de manger son chapeau, le 25 janvier 2007 dans un article intitulé « Chez Bush, la bourde de Sarkozy l’Américain » :

[…]Dans plusieurs discours, il a multiplié les gages pour expliquer que la France ne serait pas inféodée à l’Amérique s’il est élu Président. Et, lors de son congrès d’investiture du 14 janvier, il s’est fendu d’un mea culpa avec cet hommage tardif : « Jacques Chirac a fait honneur à la France quand il s’est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute. » Ce qui s’appelle manger son chapeau. »

Il a mangé son chapeau, a été élu président et a perdu la mémoire : « La France ne serait pas inféodée à l’Amérique s’il est élu Président », il n’est pas inféodé, il imite, il veut faire le grand, comme Obama. Il a un problème de taille !

Il n’empêche que, pour « The Economist » qui n’ épargne guère Nicolas Sarkozy, souvenez-vous de la photographie d’hier : Nicolas à cheval en Sarkoléon, c’est-à-dire arborant le fameux bicorne du Petit Général (euh, un bicorne ! N’y voyez pas de sous-entendus, non, non, personne n’a pensé au Montespan, ni à son carrosse vert qui devint noir et cornu, ni à Cecilia, ni … zut !). Aux yeux de « The Economist », Nicolas Sarkozy a devancé  Angela Merkel dans l’ordre hiérarchique (pecking order). Certes il a un réhausseur, le petit Nicolas, mais il dépasse bien plus Angela que de la hauteur du podium. Si, si, vérifiez. Alors ?

Pas facile d’être président, c’est usant. Surtout au moment du bilan !

Nicolas en bave des ronds de chapeau. (à suivre)

Rires (encore 2)

Si nous sommes de bons Français, nous avons en principe assimilé un bon nombre d’idées qui nous sont propres (c’est ça aussi l’identité nationale). En reconnaissant le coq gaulois comme emblème et Coluche comme porte-parole, nous savons rire de tout, de nous et nous ne savons pas, en définitive, nous taire.  Nous avons encore un peu la gouaille qui fait notre différence par rapport aux autres Européens, essayons de la garder en ne tombant pas dans la vulgarité ambiante cependant.

N’ayons pas peur de rire, rions ! Rire c’est déjà désobéir.

Rire peut saper certains projets ;  rire est une arme politique.

Ils le savent les tyrans qui empêchent de s’exprimer les artistes de tous poils : caricaturistes, humoristes, cinéastes…, ils le savent que le peuple qui rit réfléchit. Certains sèment des graines de contestation, le rire du peuple les fait pousser.

Faire rire et rire c’est lutter contre l’ordre établi, c’est enlever de la crédibilité et de l’autorité aux dirigeants. En 1981, Coluche a ébranlé le système. Il a fini par se taire ce qui ne l’a pas empêché de continuer à se manifester en 1985 en lançant l’idée des « Restos du Coeur ». Il n’était pas aussi stupide, aussi vil que certains voulaient le faire croire. Enfant du peuple, il avait compris que nous étions mal partis. Il n’avait pas tort, on le voit 26 ans plus tard.

Pour rire, il suffit de pas grand chose : le rire est communicatif, pensez à mon billet (rires encore et au fou-rire interminable chez Fogiel).

Aux débuts du cinéma, dans les films muets,  les tartes à la crème  faisaient rire.  L’entarteur Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, a repris cette idée à la fin des années 1960. C’est une blague bon-enfant (à mes yeux) dont BHL, philosophe médiatique et quelques célébrités plus ou moins en vue mais toujours imbues d’elles-mêmes ont fait les frais (6 fois pour BHL, ce qui a dû l’agacer, on le comprend). La tarte à la crème est devenue « attentat pâtissier » depuis que la Cour de cassation a qualifié la tarte à la crème d’« arme par destination ». Zut… on ne peut même plus rire de ça !

Nicolas Sarkozy lui-même en a fait les frais en 1997. Voir Wikipedia « l’entarteur« . Un complice de Godin supposé filmer les entartages le voit arriver. Il met sa caméra en bandoulière, sort une tarte et l’envoie à la figure de Sarkozy en s’exclamant : « Entartons, entartons les arrogants étrons ! ». En s’enfuyant après son coup, le caméraman donne sa dernière tarte à une religieuse qu’il croise dans le hall d’accueil, les gardes de sécurité croiront qu’elle était complice.

Je trouve un côté potache à l’entartage. Rien de réellement violent. ; seule la dignité prend un coup, et encore… D’autres méthodes pour se moquer existent  : nous n’avons plus de La Fontaine avec sa critique sociale et universelle de l’homme à travers les animaux, mais nous avons les « Guignols de l’Info », ce n’est pas si mal ;  fin des années 1980, il y avait le « Bébête Show ». Parodie, dérision et impostures continuent à nous amuser.

Cliquez ici vous verrez une vidéo d’époque (qualité d’image… bon, ce sont des archives : notre Histoire). Ecoutez bien. C’est un peu long mais intéressant !

Les impostures sont inquiétantes cependant : je pense au match de foot, où les joueurs ont écouté la Marseillaise, main sur le coeur. Le geste était beau, mais si n’importe qui peut se faire passer pour le Président… Aux Etats Unis, les « Yes Men » américains se sont fait inviter à un congrès international en tant que « représentants de l’OMC » et ils y ont fait  un discours prônant le rétablissement de l’esclavage sans soulever la moindre protestation de l’auditoire… De même que le groupe « Action Discrète sur Canal+ » fait avaler des couleuvres à droite comme à gauche

La dérision, elle, se manifeste à travers de fausses remises de prix, comme le Big Brother Awards aux USA et le « Tapiro d’oro » en Italie ; chaque année, depuis 1998, un «trophée représentant un tapir doré (par allusion au nez démesurément allongé de l’animal)  est attribué aux politiciens coupables de bourdes mémorables (les candidats sont nombreux depuis 1998).

Mais comment rester dans le convenable ? Jusqu’où peut-on aller ? Aujourd’hui je trouve qu’il y a beaucoup de grossièreté et de « pipi caca ». Le niveau baisse. Il y a toujours les grosses pointures de la contestation mais j’entends quelquefois des grossièretés de la part de jeunots inconnus qui sont très loin du politiquement correct. N’est-ce pas se bâillonner tout seul que de faire taire certains ? Mais jusqu’où donc laisser dire ? Les limites sont très personnelles. Moi j’accepte le cynisme mais pas la grossièreté. Certains diront « Pas d’humour déplacé » quand le sujet est grave (par exemple le Japon du moment, et pourtant…), d’autres estiment qu’il faut éviter les sujets trop provocateurs (caricatures d’Allah ou burqah, par exemple). Pas facile de fixer des limites ! D’autant plus difficile que chacun veut garder son « pré carré ».

Stéphane Guillon a été viré. Je suis inquiète. Les Guignols de l’info sont-ils intouchables ?

Si l’humour évite de s’embourber dans le train-train, la routine, la facilité, et si le rire est un moyen supplémentaire de désobéissance civile, alors là, c’est sûr, ce n’est pas demain que j’arrête de me marrer.