… génaire, …tenaire

Je me souviens des leçons de grammaire de mon enfance, des leçons qui commençaient dès le C.P. (Cours Préparatoire) et continuaient au même rythme que les dictées jusqu’au CM2 (cours Moyen deuxième année, l’antichambre de la Sixième, au lycée en ce temps-là). Nous commencions par apprendre les articles définis (le, la, les), indéfinis (un, une, des) puis contractés (au, du… à les qui devient aux, de les devenant des…).

La maitresse nous enseignait les noms communs masculins, féminins, les féminins irréguliers comme les pluriels pas faciles en aux de cheval, journal, et de bien d’autres. Nous passions aux adjectifs. C’était quelquefois un peu rébarbatif, cela demandait quelques efforts mais la structure claire de l’enseignement permettait de monter un édifice solide. L’école de cette époque atteignait ses objectifs : apprendre à lire, écrire et compter. Certes, quelques têtes un peu plus dures résistaient mais la quasi-totalité des élèves maitrisaient la lecture et le calcul en fin de CM2. Aujourd’hui… Mieux vaut ne pas y penser, combien d’illettrés en sixième et même en fin d’études supérieures ? Oui, ça existe !

Est-ce pour faire briller à moindre frais quelques pédagogues fous que l’Éducation Nationale rend nos enfants illettrés ? Est-ce pour plaire à un pouvoir qui sait que plus les citoyens seront « abrutis » mieux on les manipulera ?

Depuis plus de quarante ans l’Éducation Nationale rend compliqué ce qui peut être simple. Le verbiage de certains « didacticiens », les circulaires « ministérieuses » embrouillent tout, créent le chaos. S’il y a encore des enseignants qui résistent (ce dont je doute de plus en plus), il faudrait les soutenir pour que nos enfants apprennent quelque chose en classe et que l’école de la République retrouve ce qui faisait d’elle une réussite. Stop aux ministres fous qui veulent laisser leur nom à une réforme ! Stop aux syndicats dits majoritaires qui ne représentent plus que les intérêts de leurs représentants et sont devenus des suppôts de l’administration, des  machines à « formater » leurs collègues.

Je n’ai pas envie de voir le cinquantenaire de la perdition de l’enseignement français. Il suffit de comparer les programmes d’une classe de CE1 en 1960 et le même en 2010 pour comprendre que « rien ne va plus ».

Les derniers programmes du collège, les avez-vous lus ? Voilà ce qui est  dit pour les langues vivantes, « Réception/Production/Interaction », en français, l’étude d’un « Dispositif de représentation et narration : l’espace en deux et en trois dimensions, espace littéral et suggéré, dispositif séquentiel, dimension temporelle » ; pour le sport : en natation,  « se déplacer de façon autonome, plus longtemps et plus vite, dans un milieu aquatique profond standardisé (en clair une piscine).« , « S’immerger, construire la capacité à s’équilibrer sans avoir pied. Construire la capacité à « traverser » l’eau avec le moins de résistance en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête. Construire le corps propulseur pour nager longtemps » ; en ping-pong ou badminton, les collégiens apprendront à « interpréter seul le jeu pour prendre des décisions et rechercher le gain d’un duel médié par une balle ou un volant ». Les collégiens ne devront pas courir mais « créer de la vitesse ». Plus c’est abscons plus ce doit être intelligent. C’est ça, non ? Et nous laissons faire.

J’en arrive à ce qui motivait mon article au début les … génaire et …tenaire… J’ai délibérément utilisé le terme cinquantenaire, je rappelle que cinquantenaire signifie anniversaire d’un événement célébré au bout de cinquante ans ou qui dure cinquante ans, idem pour les autres « quarantenaire, qui dure quarante ans

J’avais appris au CE1 qu’il fallait dire à propos des personnes selon leur classe d’âge :
40-49 ans : quadragénaire
50-59 ans : quinquagénaire
60-69 ans : sexagénaire
70-79 ans : septuagénaire
80-89 ans : octogénaire
90-99 ans : nonagénaire
100 ans : centenaire

Vous souvenez-vous que Nicolas Sarkozy, en personne, a utilisé, par ignorance ou par défiance le mot trentagénaire ? Avant les moins de quarante ans étaient hors classe comme les plus de cent ans. Aurait-il dû dire trentenaire ?

Il semble avoir lancé une mode. Oui. Moi je suis exaspérée par tous ceux qui disent quarantenaire, cinquantenaire, soixantenaire… au lieu de dire quadra, quinqua, sexa, septua… etc. Pas vous ?

Savez-vous qu’Eugène Ionesco, sans doute guidé par un souci d’uniformité avait modifié centenaire sur le modèle de quadragénaire et crée Centagénaire ? Dans la même pièce il transforme octogénaire en octogénique. Nous avons le croit de créer des néologismes, il n’empêche que ça heurte les oreilles et que quand le mot existe pourquoi vouloir le remplacer d’autant que, la plupart du temps, les doublons ajoutent du flou.

Tiens, je pense à la « bravitude » de Ségolène. Un néologisme ? Non un barbarisme plutôt mais ça, c’est encore une autre histoire.

Share

4 réflexions au sujet de « … génaire, …tenaire »

  1. Je me demande si ce n’ est pas l’ orgueil qui est responsable de la dérive !
    La volonté de laisser une trace !
    Ils n’ ont pas compris qu’ une technicienne de surface restera une femme de ménage à peine payée au smic
    Mais à ne voir bouger ni les syndicats, ni les enseignants, j’ ai bien la confirmation qu’ ils sont de gauche, parce que quand même, sous la droite ça y allait !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Oui pas le peine d’avoir ait leur soi-disant « grandes-écoles » pour nous pondre des idioties… mais cela vient surtout du fait que ces gens n’ont jamais vraiment travaillés de leur vie… bien sûr si on leur dit ça y ne peuvent pas comprendre…ils sont trop nuls !…

  3. Bonjour,

    Entre l’entrer de nouveaux mots et l’obsession de nous apprendre l’anglais
    Le français est appelé à disparaitre
    Déjà l’identité est perdue, le langage aussi par les modes « Verlan, SMS et autres … »
    Enterrons vite cette france sans aucune âme, sans aucune ambition

    Bonne Journée

  4. Dans 7 ans 1/2, je serai « centagénaire » !!! Le parler des professeurs, instituteurs ou autres enseignants et de leurs élèves, devient complètement incompréhensible…Pourquoi ne pas se tourner vers la simplicité ? Pour jeter de la poudre aux yeux !
    La réforme de l’enseignement me met en colère. Je suis de votre avis, que ce soit à mon âge ou au vôtre, nous maitrisions parfaitement la lecture, le calcul, la grammaire avant l’entrée en 6ème! ça me fait mal lorsque j’entends des enfants ânonner. Comment peuvent-ils comprendre le texte qu’ils lisent ?
    Ces dirigeants qui croient avoir raison sont dangereux et n’inventent des termes que pour se faire valoir…mais aux yeux de qui ?
    Notre pays « file un mauvais coton ». Qui le défendra ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *