Les Béatitudes : relecture

Nous serons bientôt sur la paille ! Vous parlez d’une bonne nouvelle.

Merci les banquiers et les dirigeants de tous bords.

Quand on voit les dettes qui s’accumulent dans tous les pays, les bourses qui « dévissent », on peut se demander : qui tire les ficelles ? A qui profite le crime ? Pas à nous, c’est sûr.

Le pays a des dettes. La France a des dettes, comme les autres (Italie, Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, USA…) mais elle fait toujours sa grande dame généreuse. Faites des économies, vous les petits ! Pendant ce temps, les sénateurs s’accordent une jolie prime de 3 500€ supplémentaire ce mois-ci et vous, vous comptez pour les vacances (l’essence qui augmente et tout le reste dont on ne parle même plus).

On a vu après le krach de 1929 quel était l’état du monde et ça recommence. Les leçons ne servent à rien. On finira sur la paille. Oui, nous. Ca craint, comme on dit. Certains s’en sortiront mieux que d’autres, comme toujours.

Ce matin, j’ai une crise de foi. Je pense au petit Jésus, né dans une étable, sur la paille, tu parles d’un bon début.

La crèche est une mangeoire pour les animaux dans laquelle, selon l’Evangile de Luc, fut déposé l’enfant Jésus après sa naissance, ce qui a donné l’image bien connue de la crèche de Noël. L’Enfant-Roi, futur, roi du monde est né dans la misère. Normal pour celui qui allait prêcher plus tard, dans son Sermon de la Montagne, les « Béatitudes » :

Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. L’âme de pauvre ? C’est une drôle d’ambition. C’est inné ? Ah bon… Je vous ai déjà dit que je suis une mécréante alors pas facile, pour moi, d’accepter ce genre de comportement. Il est vrai que si l’on arrive à se contenter de peu, on est plus heureux mais peut-on accepter de ne rien vouloir changer ? Moi, j’ai voulu évoluer, merci Mémé. Pas à n’importe quel prix. Je croyais à l’effort, ça fait quand même une différence.

Heureux les affligés, car ils seront consolés. Avec le goût de se plaindre de tout, tendance qui prédomine maintenant, le monde est destiné à être très très heureux… après. C’est peut-être ça la cause du misérabilisme.

Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Doux comme des moutons… C’est bien. Revoir les Fables de La Fontaine (largement inspirées d’Esope) en particulier « Le Loup et l’Agneau ». La morale ? La raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est bien la morale du despote et de l’oppresseur, celle qui fait les tyrans et les victimes. Dans la fable de La Fontaine, ce n’est pas la morale finale, mais une proposition en cours de narration, proposition ironique, il va sans dire. Sans la révolte contre cette immoralité, il n’y aurait pas eu de Révolution Française, non ? Zut, je suis révoltée, rebelle, râleuse, batailleuse… Rien que des défauts, je vous dis !

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Plus… les persécutés par la justice… Bienvenue au paradis à ceux d’Outreau, aux sorcières de Salem et d’ailleurs, à tous les persécutés… Ca marche pour ceux qui rêvent de justice ou juste pour ceux qui souffrent de l’injustice ? Si les utopistes sont heureux, ouf… j’ai une chance de plus.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Et là ? Aurai-je un espoir ? C’est bien une histoire de pardon, bonté, oubli, indulgence… Alors là, ce n’est pas gagné. Dommage ! J’ai un côté « mule du pape » si vous voyez ce que je veux dire.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. N’y a-t-il pas d’autres moyens ? Blasphème, criez-vous ! Tant pis… Ca existe les cœurs purs ? Mes défauts et moi : envie, jalousie, colère… Est-ce que les fautes avouées sont pardonnées ? Mais  au fait, qui sont ces cœurs purs ? Ecoutez la chanson de Jean-Roger Caussimon « Les cœurs Purs »(cliquez), interprétée par JeHaN.

Ils ne sont pas encore amis,
Des notaires et des notables
Ils ne sont pas encor salis
Par les combines au jour le jour.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Bravo à Nelson Mandela, Mère Teresa, Desmond Tutu, Henri Dunant… et quelques autres. Quel sort est réservé aux marchands d’armes ?

Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.

Juste si c’est à cause de Jésus ?

Pauvre DSK !

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Le Pays des merveilles d’Alice

Je viens de revoir « Alice aux Pays des Merveilles » de Tim Burton. Ca me donne à réfléchir. La première fois, au cinéma, je n’avais pas vraiment entendu les dialogues tant j’étais fascinée par les décors. Cette fois, j’ai écouté et j’ai été surprise. Au Chapelier qui demande à Alice « Suis-je devenu fou ? », la réponse est « Je vais vous dire un secret, la plupart des gens bien le sont ». Extrêmement sensé, non ? Et quand les opprimés de la Reine Rouge se révoltent, ils disent qu’ils n’obéiront plus car les courtisans sont menteurs, tricheurs, falsificateurs… C’est donc partout la même chose ? Mais revenons au conte.

A mes yeux, le Pays des merveilles d’Alice est franchement dépaysant et affreusement angoissant. Peut-être ai-je lu trop tôt une version non édulcorée de cette histoire pas vraiment pour enfants ?

Je n’ai pas commencé par une édition Disney pleine de couleurs mais par un livre aux dessins à la plume, en noir et blanc. Je me souviens que mon imagination faisait un gros travail. Est-ce parce que je lisais le plus souvent quand j’étais malade et que j’étais seule dans ma chambre ? Est-ce que la fièvre accentuait le sentiment d’angoisse et cette sensation d’oppression ? Est-ce que le temps a déformé les souvenirs ? Le tout est qu’aujourd’hui, quand je repense à Alice au pays des merveilles, je me sens plus proche du monde sombre de Tim Burton que de celui du dessin animé de Walt Disney aux couleurs de confiserie.

Des détails me reviennent, détails farfelus, assez précis, omis dans les différentes adaptations du roman original : le Dodo et sa course à la fin de laquelle tout le monde gagne, le sourire (du chat de Chester) qui résiste à tout, la chenille et son narguilé sur le champignon, le biscuit à grandir qui met Alice en triste posture quand la maison craque de tous côtés, la mer de larmes, le lièvre de mars encore plus fou que le chapelier et cette pendulette, cette énorme montre du lapin au tic-tac effrayant, lancinant… Je l’entendais, je crois.

Arrivée ou plutôt tombée dans le pays des merveilles, Alice est en pleine crise d’identité. Elle ne connait personne, elle est seule et ne se reconnait même pas. Elle grandit et rapetisse, se métamorphose à plusieurs reprises. Elle perd tous ses repères dans toutes les dimensions : l’espace et le temps. Elle oublie le savoir scolaire et croit même avoir perdu la raison car elle ne peut pas comprendre le monde qui l’entoure, monde dans lequel la logique n’a plus cours : les animaux parlent, sont habillés, la reine veut – arbitrairement – couper des têtes, le Chapelier est fou, son discours tend à le prouver mais les autres personnages n’ont pas l’air tellement plus « sains ».

Le pays des Merveilles est un  lieu de contestation de l’ordre établi. Alice se dit qu’elle est dans un rêve, tout est permis, la déraison est la norme ; ne dit-on pas les rêves les plus fous ? Moi, je le trouve plutôt cauchemardesque ce rêve.

Ce pays des merveilles est un lieu d’excès : extravagance, folie et cruauté des personnages, distorsion du temps qui semble s’étirer à certains moments et se raccourcir à d’autres. Le Lapin Blanc court toujours après le temps « Je suis en retard » ne cesse-t-il de répéter, alors que le Chapelier fou et le Lièvre de Mars sont condamnés à vivre éternellement l’heure du thé. A la table du thé, rien ne change si ce n’est la place des convives. C’est l’agitation permanente, loufoquerie supplémentaire…Tiens, il y en a toujours et partout des vibrions.

Alice semble prisonnière de ce monde absurde, de son rêve. Jusqu’à quand ?

Son réveil ? La fin de l’enfance ? Nous avons bien pris conscience que c’est à elle qu’appartient la décision.

La décision de passer à l’âge adulte.

Et pour nous, pour les Japonais, les Libyens, tous les autres qui vivent un cauchemar, le réveil, c’est quand ? Comment ?

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Météo encore

Il pleut… et même fort. Il y a aussi quelques coups de tonnerre. Les enfants sont à l’école, les travailleurs à leur poste. Les ravines se remplissent. Comment va se dérouler la journée, compte tenu de l’état des routes, des caniveaux, etc ?

Il devait y avoir de belles éclaircies. Je sais que le cyclone n’est pas loin mais à quoi bon les prévisions météo si on ne prévoit que le temps de la veille.


Prévision : nom commun, féminin

Définition : conjecture (sur des choses futures) fondée sur le raisonnement, des calculs ou des probabilités . Ce mot est presque toujours utilisé au pluriel : des prévisions météorologiques.

http://www.cnrtl.fr/definition/pr%C3%A9visions

Définition : MÉTÉOR. Prévision du temps. Déduction, par raisonnement, de l’évolution d’une situation donnée. Prévision à courte, à moyenne, à longue échéance; prévision à court, à moyen, à long terme; prévision climatique, locale, maritime, régionale; prévisions météorologiques:

2. La prévision du temps nécessite (…) un réseau étendu d’observations effectuées simultanément et répétées fréquemment. (…) la «Prévision du temps», même à très courte échéance, ne peut être entreprise avec quelques chances de succès par un observateur isolé; elle exige des moyens considérables, dont seul peut disposer un service national.
A. Viaut, La Météor., 1969, pp.97-100.

Je relève :

– La prévision exige des moyens considérables : ça, on le sait ou on le suppose,

– dont seul peut disposer un réseau national. : Météo France à la Réunion, donc on a,

– conjecture fondée sur le raisonnement, des calculs ou des probabilités, alors de deux choses l’une soit les probabilités ne servent à rien (j’entends les matheux hurler) soit il manque le raisonnement rationaliste.

René Descartes affirmait : « Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l’intuition évidente et la déduction nécessaire ».

Ah ? C’est donc l’intuition qui fait défaut…

Pas de raisonnement. La grenouille suffisait !

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15 heures 30, le même jour (Saint Valentin), le beau temps revient, les oiseaux chantent, il y a donc bien éclaircie.

Comme les prévisions ne sont pas aisées sur une si petite île avec ses micro-climats, ses reliefs variés, au lieu de faire des prédictions, Messieurs Météo, laissez nous constater ce qui se passe et contentez-vous de faire ce que vous savez et pouvez annoncer : la puissance de la houle, des dépressions et la trajectoire des cyclones.

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