Chien et loup

Hier à propos de la célébrité, j’ai utilisé une expression courante : «être connu comme le loup blanc» et me sont revenues à l’esprit d’autres expressions mentionnant le loup ou son cousin «civilisé» : le chien. Jean de La Fontaine avait comparé les deux animaux et insisté sur le fait que la liberté a un prix. Lire la suite

Hôte ?

Trublion ce matin écrivait «En Birmanie, les bouddhistes, pourtant réputés pacifiques, font subir aux musulmans ce que ces derniers infligent aux chrétiens en terre d’ islam.» Je lui répondais par un commentaire qui se terminait par  la notion de respect de l’hôte. C’est alors que je me suis dit : quel drôle de mot que ce mot-là  ! Hôte est tout à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu et le respect de l’hôte pose maintenant problème. Lire la suite

On : pronom personnel indéfini…

Sans doute avez-vous reçu un  mail qui se promène de boite en boite depuis des mois. Il  en existe beaucoup dont certains ne méritent que la corbeille et un mail de réponse à celui qui vous l’a envoyé  : « S’il te plait, peux-tu cesser de remplir ma boîte-mail avec ces pourriels ? »

D’autres peuvent donner à réfléchir, choquer, contrarier et même être presque pédagogiques. Je relaie celui-là (déjà beaucoup reçu).

Il était une fois quatre individus : Tout  le mondeQuelqu’unChacun – et Personne..
Comme, il y avait un important travail à faire,
on (qui ?) a demandé à Tout le monde de le faire.
Tout  le monde était persuadé que Quelqu’un le ferait.
Chacun pouvait l’avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.
Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de Tout  le monde !

Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu’un le ferait
En fin de compte, tout  le monde fit des reproches à chacun
Parce que personne n’avait fait ce que quelqu’un aurait pu faire.

MORALITÉ
Sans vouloir le reprocher à Tout  le monde, il serait bon que Chacun fasse ce qu’il doit sans nourrir l’espoir que  Quelqu’un le fera à sa place car l’expérience montre que là où on attend Quelqu’un,  généralement on ne trouve Personne.

CONCLUSION
Je vais le transférer à Tout  le monde afin que Chacun puisse l’envoyer à Quelqu’un sans oublier Personne…

Ce qui me frappe, moi, c’est  (non, pas la main de mon père, c’est une plaisanterie stupide) c’est l’occurrence de  plus en plus fréquente du « ON » dans le discours. Déjà dans les années 60, Jacques Dutronc chantait « on nous cache tout, on nous dit rien… » (Plus on apprend plus on ne sait rien, On nous informe vraiment sur rien). Cliquez LA et vous pourrez entendre Jacques Dutronc.

On se cache, on ne prend pas de risque. On n’est pas courageux.

Petit cours de grammaire, je ne résiste pas. La fibre enseignante est restée.

Le pronom indéfini ou pronom personnel ON vient de l’ancien français : home = homme, du latin homo (l’humain). Oubliez la Gay Pride !

Toujours sujet,  « ON »  peut désigner soit :

1 – Un être humain non précisé, quelqu’un : On a frappé à la porte.

2 – Des personnes dont l’identité n’est pas connue ou précisée parce que (peut-être,  et pourquoi ?) on n’ose pas les citer : On vous demande au service du personnel. (De nos jours, ça fait toujours un peu peur car c’est rarement pour une augmentation.)

3 – Des personnes éloignées dans le temps ou l’espace : On vivait mieux autrefois (Les bienheureux. Vous êtes sûrs ? Moi, non. Sauf pour les années 60 ; 1960 bien sûr !)

4 – Une personne indéterminée dans les phrases sentencieuses, les proverbes, les phrases d’ordre général : Quand on vole un œuf, on peut voler… au choix (pas facile, pas courant fréquent, le boeuf).

5 – En langue familière, le locuteur (moi, je) et une ou plusieurs autres personnes : Nous, on n’y peut rien. Ben oui, c’est pas ma faute. C’est comme ça ; ça ne nous regarde pas. On n’y peut vraiment rien… Heureusement que certains ont été plus courageux pour penser : « Ca ne peut plus durer, il faut qu’on fasse quelque chose, il faut que Je fasse quelque chose ». A quoi pensez-vous ?

6 – Le locuteur et le groupe auquel il appartient (famille, collègues, citoyens…): On est tous égaux devant la loi, nous les Français. Enfin, ça, c’est ce qu’on veut nous faire croire car la fable de La Fontaine «Les animaux malades de la peste» n’a pas pris une ride « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. », si ce n’est que la puissance n’est pas toujours l’argent (cf. DSK) mais c’est aussi la violence (cf. les zones de non-droit, fiefs de mafieux, dealers…). Vous êtes où, vous ? Zut, comme moi ? Pas le bon camp ?

7 – En langue familière, le locuteur (moi) représentant un sujet masculin ou féminin : On fait ce qu’on peut signifie donc « je fais ce que je peux », ou encore, l’interlocuteur ou une 3e personne du singulier ou du pluriel avec une nuance de familiarité, d’enjouement, voire de mépris  : Alors, on se promène ? Ou encore Alors Ducon, on se bouge ? L’intonation de la voix permet, en règle générale, de bien saisir la nuance, le sentiment qui anime le locuteur.

8 – Comme on dit, formule dont on accompagne souvent une expression bien connue.

Le « On » est donc un pronom qui cache, plus ou moins bien le mis en cause.

MAIS une situation particulière peut faire apparaître très nettement le On que l’on reconnaît. Ainsi :

– un JE (la mère qui parle) : Et puis, elle souffrait beaucoup par ses relations avec ses fils; et elle disait: «on les a soignés, entourés, quand ils étaient tout petits, et puis plus tard ils ne peuvent pas écrire à leur mère, … »

− un NOUS : C’est dommage, qu’on ne puisse pas avoir l’électricité ici, nous sommes trop loin de… ce que vous voulez, le problème de la fourniture régulière d’électricité ne sera résolue que lorsque nous serons auto-producteurs comme le dit trublion (Je crois que je vais acheter des hamsters pour pédaler dans une roue, ou enlever les lanternes rouges du Tour de France, comme dans les «Triplettes de Belleville », parce que les panneaux solaires pour le moment, chez moi, c’est seulement pour l’eau chaude.)

− un TU ou un VOUS : Alors infidèle, on s’en va sans dire au revoir ?, réplique extraite d’OSS 117, Le Caire nid d’espions avec Jean Dujardin. Vous connaissez ? Vous aimez ? Moi ce n’est vraiment pas le genre que je préfère mais il en faut pour tous les goûts au cinéma.

Quel est votre film préféré ? Euh, quels sont vos films préférés ?

VOTRE tiercé, s’il vous plait.

Les Béatitudes : relecture

Nous serons bientôt sur la paille ! Vous parlez d’une bonne nouvelle.

Merci les banquiers et les dirigeants de tous bords.

Quand on voit les dettes qui s’accumulent dans tous les pays, les bourses qui « dévissent », on peut se demander : qui tire les ficelles ? A qui profite le crime ? Pas à nous, c’est sûr.

Le pays a des dettes. La France a des dettes, comme les autres (Italie, Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, USA…) mais elle fait toujours sa grande dame généreuse. Faites des économies, vous les petits ! Pendant ce temps, les sénateurs s’accordent une jolie prime de 3 500€ supplémentaire ce mois-ci et vous, vous comptez pour les vacances (l’essence qui augmente et tout le reste dont on ne parle même plus).

On a vu après le krach de 1929 quel était l’état du monde et ça recommence. Les leçons ne servent à rien. On finira sur la paille. Oui, nous. Ca craint, comme on dit. Certains s’en sortiront mieux que d’autres, comme toujours.

Ce matin, j’ai une crise de foi. Je pense au petit Jésus, né dans une étable, sur la paille, tu parles d’un bon début.

La crèche est une mangeoire pour les animaux dans laquelle, selon l’Evangile de Luc, fut déposé l’enfant Jésus après sa naissance, ce qui a donné l’image bien connue de la crèche de Noël. L’Enfant-Roi, futur, roi du monde est né dans la misère. Normal pour celui qui allait prêcher plus tard, dans son Sermon de la Montagne, les « Béatitudes » :

Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. L’âme de pauvre ? C’est une drôle d’ambition. C’est inné ? Ah bon… Je vous ai déjà dit que je suis une mécréante alors pas facile, pour moi, d’accepter ce genre de comportement. Il est vrai que si l’on arrive à se contenter de peu, on est plus heureux mais peut-on accepter de ne rien vouloir changer ? Moi, j’ai voulu évoluer, merci Mémé. Pas à n’importe quel prix. Je croyais à l’effort, ça fait quand même une différence.

Heureux les affligés, car ils seront consolés. Avec le goût de se plaindre de tout, tendance qui prédomine maintenant, le monde est destiné à être très très heureux… après. C’est peut-être ça la cause du misérabilisme.

Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Doux comme des moutons… C’est bien. Revoir les Fables de La Fontaine (largement inspirées d’Esope) en particulier « Le Loup et l’Agneau ». La morale ? La raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est bien la morale du despote et de l’oppresseur, celle qui fait les tyrans et les victimes. Dans la fable de La Fontaine, ce n’est pas la morale finale, mais une proposition en cours de narration, proposition ironique, il va sans dire. Sans la révolte contre cette immoralité, il n’y aurait pas eu de Révolution Française, non ? Zut, je suis révoltée, rebelle, râleuse, batailleuse… Rien que des défauts, je vous dis !

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Plus… les persécutés par la justice… Bienvenue au paradis à ceux d’Outreau, aux sorcières de Salem et d’ailleurs, à tous les persécutés… Ca marche pour ceux qui rêvent de justice ou juste pour ceux qui souffrent de l’injustice ? Si les utopistes sont heureux, ouf… j’ai une chance de plus.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Et là ? Aurai-je un espoir ? C’est bien une histoire de pardon, bonté, oubli, indulgence… Alors là, ce n’est pas gagné. Dommage ! J’ai un côté « mule du pape » si vous voyez ce que je veux dire.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. N’y a-t-il pas d’autres moyens ? Blasphème, criez-vous ! Tant pis… Ca existe les cœurs purs ? Mes défauts et moi : envie, jalousie, colère… Est-ce que les fautes avouées sont pardonnées ? Mais  au fait, qui sont ces cœurs purs ? Ecoutez la chanson de Jean-Roger Caussimon « Les cœurs Purs »(cliquez), interprétée par JeHaN.

Ils ne sont pas encore amis,
Des notaires et des notables
Ils ne sont pas encor salis
Par les combines au jour le jour.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Bravo à Nelson Mandela, Mère Teresa, Desmond Tutu, Henri Dunant… et quelques autres. Quel sort est réservé aux marchands d’armes ?

Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.

Juste si c’est à cause de Jésus ?

Pauvre DSK !