Indigènes

Un indigène est une personne qui est originaire d’un pays, qui en possède la langue, les coutumes et les usages, avec une connotation qui n’est pas raciale mais culturelle. L’enseignante blondasse, qui m’avait dit « je viens enseigner aux indigènes » était-elle respectueuse des Réunionnais ? Continuer la lecture

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La sirène du Mississipi

Je vous parlais de la fée Mélusine, il y a quelques jours, femme et sirène qui vit dans les Cuves de Sassenage, près de mon lieu de naissance : Grenoble, mais là où je vis aujourd’hui (depuis quelques lustres), nous avons eu, quelques jours, notre sirène :

« La Sirène du Mississipi ». Non,  je ne délire pas. Continuer la lecture

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18 juillet : anniversaire de…

Nelson Mandela.

Il est né le 18 juillet 1918.

Bon anniversaire ! 93 ans… Puisse le ciel vous rendre éternel !

Merci pour les phrases que vous avez prononcées et que je reproduis ci-dessous. Merci pour celles-là et pour tant d’autres ! Continuer la lecture

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On : pronom personnel indéfini…

Sans doute avez-vous reçu un  mail qui se promène de boite en boite depuis des mois. Il  en existe beaucoup dont certains ne méritent que la corbeille et un mail de réponse à celui qui vous l’a envoyé  : « S’il te plait, peux-tu cesser de remplir ma boîte-mail avec ces pourriels ? »

D’autres peuvent donner à réfléchir, choquer, contrarier et même être presque pédagogiques. Je relaie celui-là (déjà beaucoup reçu).

Il était une fois quatre individus : Tout  le mondeQuelqu’unChacun – et Personne..
Comme, il y avait un important travail à faire,
on (qui ?) a demandé à Tout le monde de le faire.
Tout  le monde était persuadé que Quelqu’un le ferait.
Chacun pouvait l’avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.
Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de Tout  le monde !

Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu’un le ferait
En fin de compte, tout  le monde fit des reproches à chacun
Parce que personne n’avait fait ce que quelqu’un aurait pu faire.

MORALITÉ
Sans vouloir le reprocher à Tout  le monde, il serait bon que Chacun fasse ce qu’il doit sans nourrir l’espoir que  Quelqu’un le fera à sa place car l’expérience montre que là où on attend Quelqu’un,  généralement on ne trouve Personne.

CONCLUSION
Je vais le transférer à Tout  le monde afin que Chacun puisse l’envoyer à Quelqu’un sans oublier Personne…

Ce qui me frappe, moi, c’est  (non, pas la main de mon père, c’est une plaisanterie stupide) c’est l’occurrence de  plus en plus fréquente du « ON » dans le discours. Déjà dans les années 60, Jacques Dutronc chantait « on nous cache tout, on nous dit rien… » (Plus on apprend plus on ne sait rien, On nous informe vraiment sur rien). Cliquez LA et vous pourrez entendre Jacques Dutronc.

On se cache, on ne prend pas de risque. On n’est pas courageux.

Petit cours de grammaire, je ne résiste pas. La fibre enseignante est restée.

Le pronom indéfini ou pronom personnel ON vient de l’ancien français : home = homme, du latin homo (l’humain). Oubliez la Gay Pride !

Toujours sujet,  « ON »  peut désigner soit :

1 – Un être humain non précisé, quelqu’un : On a frappé à la porte.

2 – Des personnes dont l’identité n’est pas connue ou précisée parce que (peut-être,  et pourquoi ?) on n’ose pas les citer : On vous demande au service du personnel. (De nos jours, ça fait toujours un peu peur car c’est rarement pour une augmentation.)

3 – Des personnes éloignées dans le temps ou l’espace : On vivait mieux autrefois (Les bienheureux. Vous êtes sûrs ? Moi, non. Sauf pour les années 60 ; 1960 bien sûr !)

4 – Une personne indéterminée dans les phrases sentencieuses, les proverbes, les phrases d’ordre général : Quand on vole un œuf, on peut voler… au choix (pas facile, pas courant fréquent, le boeuf).

5 – En langue familière, le locuteur (moi, je) et une ou plusieurs autres personnes : Nous, on n’y peut rien. Ben oui, c’est pas ma faute. C’est comme ça ; ça ne nous regarde pas. On n’y peut vraiment rien… Heureusement que certains ont été plus courageux pour penser : « Ca ne peut plus durer, il faut qu’on fasse quelque chose, il faut que Je fasse quelque chose ». A quoi pensez-vous ?

6 – Le locuteur et le groupe auquel il appartient (famille, collègues, citoyens…): On est tous égaux devant la loi, nous les Français. Enfin, ça, c’est ce qu’on veut nous faire croire car la fable de La Fontaine «Les animaux malades de la peste» n’a pas pris une ride « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. », si ce n’est que la puissance n’est pas toujours l’argent (cf. DSK) mais c’est aussi la violence (cf. les zones de non-droit, fiefs de mafieux, dealers…). Vous êtes où, vous ? Zut, comme moi ? Pas le bon camp ?

7 – En langue familière, le locuteur (moi) représentant un sujet masculin ou féminin : On fait ce qu’on peut signifie donc « je fais ce que je peux », ou encore, l’interlocuteur ou une 3e personne du singulier ou du pluriel avec une nuance de familiarité, d’enjouement, voire de mépris  : Alors, on se promène ? Ou encore Alors Ducon, on se bouge ? L’intonation de la voix permet, en règle générale, de bien saisir la nuance, le sentiment qui anime le locuteur.

8 – Comme on dit, formule dont on accompagne souvent une expression bien connue.

Le « On » est donc un pronom qui cache, plus ou moins bien le mis en cause.

MAIS une situation particulière peut faire apparaître très nettement le On que l’on reconnaît. Ainsi :

– un JE (la mère qui parle) : Et puis, elle souffrait beaucoup par ses relations avec ses fils; et elle disait: «on les a soignés, entourés, quand ils étaient tout petits, et puis plus tard ils ne peuvent pas écrire à leur mère, … »

− un NOUS : C’est dommage, qu’on ne puisse pas avoir l’électricité ici, nous sommes trop loin de… ce que vous voulez, le problème de la fourniture régulière d’électricité ne sera résolue que lorsque nous serons auto-producteurs comme le dit trublion (Je crois que je vais acheter des hamsters pour pédaler dans une roue, ou enlever les lanternes rouges du Tour de France, comme dans les «Triplettes de Belleville », parce que les panneaux solaires pour le moment, chez moi, c’est seulement pour l’eau chaude.)

− un TU ou un VOUS : Alors infidèle, on s’en va sans dire au revoir ?, réplique extraite d’OSS 117, Le Caire nid d’espions avec Jean Dujardin. Vous connaissez ? Vous aimez ? Moi ce n’est vraiment pas le genre que je préfère mais il en faut pour tous les goûts au cinéma.

Quel est votre film préféré ? Euh, quels sont vos films préférés ?

VOTRE tiercé, s’il vous plait.

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Une chanson joyeuse et triste à la fois

 

La chanson  « Le tourbillon de la vie » a été créée en 1962 par Jeanne Moreau, spécialement pour le film de François Truffaut  « Jules et Jim », qui est une adaptation du roman écrit par Henri-Pierre Roché.

Résumé très bref : Avant la Première Guerre Mondiale, à Paris, Jim, un Français, et Jules, un Autrichien sont deux amis inséparables. Ils tombent tous deux amoureux, malheureusement… de la même femme, Catherine. C’est Jules qui épouse Catherine.  Ils ont un enfant. Après la guerre, Jim rejoint le couple en Autriche. Catherine avoue  alors qu’elle n’est pas heureuse avec Jules ; ce dernier accepte que sa femme prenne Jim pour amant. Ménage à trois accepté. Jules, le mari consent à tout par amour pour sa femme et conserve son amitié pour Jim. Après bien des errements amoureux, l’histoire se termine mal.

Au moment où l’actualité tourne autour du mariage du prince William et de Kate Middleton, souhaitons leur tout le bonheur du monde… et souvenons-nous d’un autre ménage à trois célèbre : celui que formèrent Lady Di, le Prince Charles et Camilla Parker. Secret « bien » caché, très douloureux sans doute pour la plus jeune du trio. Pas saine, cette histoire qui s’est mal terminée aussi !

Rappel d’une phrase de François Truffaut à propos du film : « Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l’impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple ». Credo ? Sans doute.

Ce film reprend le thème classique du triangle amoureux ; ici, deux hommes aiment la même femme. La chanson colle assez bien à cette idée du « tourbillon » amoureux. (j’ai été obligée de changer la video ; sans sous-titrage en français elle avait disparu.)

On s’est connus, on s’est reconnus,
On s’est perdus de vue, on s’est r’perdus d’vue
On s’est retrouvés, on s’est réchauffés,
Puis on s’est séparés.

Nous savons que dans le film, ils sont trois personnages mais en écoutant la chanson, nous pouvons  croire qu’il n’y a que deux amants qui se croisent et se recroisent. La musique, légère, sautillante n’est pas triste ; elle dépeint une vie mouvementée où les protagonistes saisissent les instants qui passent : un carpe diem sans réelle tristesse ou nostalgie. « Jules et Jim » est un film joyeux et triste à la fois, tout comme la chanson. Désordre des sentiments…une femme tantôt volage tantôt amoureuse, amoureuse des deux hommes alternativement ou simultanément, elle-même ne semble pas trop   le savoir.

Les paroles de la chanson ont été écrites par Bassiak qui a un rôle dans « Jules  et Jim ». C’est lui qui accompagne Jeanne Moreau à la guitare. Bassiak y joue le personnage d’Albert, qui écrit la chanson « Le Tourbillon » pour Catherine, ce qui est vrai dans la  réalité : il est le compositeur de la chanson, sept ans plus tôt, en référence au couple que formaient alors Jeanne Moreau et son compagnon  de l’époque Jean-Louis Richard, le meilleur ami de Bassiak.

Pourquoi est-ce que je parle de « Jules et Jim » et du « Tourbillon de la vie » ? Propension naturelle à la digression ? Non. Pas cette fois.

Si je vous racontais… Un couple que je connais a choisi cette chanson comme « thème de mariage ». J’en suis encore éberluée… Vous pouvez deviner pourquoi.

Mais comme dirait, euh, Anne Roumanov :  « Ca ne nous regarde pas ! »

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We want sex equality

Je vous assure que j’attends avec une énorme impatience ce film qui devrait non seulement nous faire rire, mais en plus, nous les femmes, nous faire réfléchir sur notre condition : nos deux journées en une, nos désavantages permanents pour les emplois,  les succès, les promotions, les salaires, et nos acquis, chèrement payés pour la plupart et qui ne semblent pas éternels. Attention à la régression, les filles !

Nous, les vieilles, nous savons.  Nous savons que pour avoir le droit de faire des études, il a fallu se battre, pour avoir le droit de voter, il a fallu se battre, pour bénéficier de la contraception, il a fallu se battre, pour avoir le droit d’avorter sans risquer sa vie, il a fallu se battre, pour pouvoir porter un pantalon, il a fallu se battre… Vous croyez que c’était il y a un siècle ? Oui, c’était le siècle dernier : 1965, 1968, 1975… il y a moins de cinquante ans !   Renseignez-vous et ne vous laissez pas endormir par les machos, les politiques, les démagogues qui vous promettent quelquefois des avantages, juste pour vous faire taire et vous voir rentrer à la maison.

Il y en a long à dire sur la condition féminine. Nous ne sommes guère solidaires les unes des autres, nous sommes souvent trop gentilles et trop soumises. Nous n’osons pas parler et pire que tout, nous avons honte de la bêtise et de la violence des hommes. S’il en allait autrement, il n’y aurait pas tant de femmes battues et tuées chaque année en France (167 mortes en 2007 et ça augmente chaque année).

Revenons à des événements plus gais, à l’espoir des années 60.

Allez voir ce film « We want sex equality » dès que possible. En attendant, regardez la bande-annonce. Le film est sorti le 9 mars à Paris et j’espère que nous n’allons pas attendre trop longtemps à la Réunion. J’espère surtout que les censeurs ne nous priveront pas de ce brulot et qu’il restera au moins deux semaines à l’affiche.

Bande annonce du film


Ce film raconte l’histoire véridique de la révolte de 187 ouvrières des usines Ford de Dagenham, banlieue Est de Londres. Moins payées que des ouvriers non qualifiés alors que leur travail exige de réelles compétences, ces femmes ont décidé de faire grève. Nous sommes en juin 1968. C’est une époque agitée en France aussi. En Angleterre,  cette grève est une première.

Les années 1960 sont une décennie marquée par l’émancipation de la femme en Europe : révolution ? Pas vraiment. Juste un peu plus d’indépendance : vélo, solex, travail…

J’éprouve de la nostalgie à me remémorer cette époque : la première voiture des parents, les Beatles et leurs cheveux longs, les mini-jupes, les collants « chair », la machine à laver et le réfrigérateur dans presque tous les appartements et la  télévision noir et blanc, puis la couleur qui arrive vite… Le progrès devenait réalité à toute allure.

Aujourd’hui, c’est beaucoup moins gai.

Les filles, ohé, accrochons-nous à ce que nous avons gagné, ne lâchons rien et au contraire essayons de faire progresser ce monde qui vraiment ne tourne pas très bien entre les mains des hommes.

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