Indigènes

Un indigène est une personne qui est originaire d’un pays, qui en possède la langue, les coutumes et les usages, avec une connotation qui n’est pas raciale mais culturelle. L’enseignante blondasse, qui m’avait dit « je viens enseigner aux indigènes » était-elle respectueuse des Réunionnais ? Continuer la lecture

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Les dents de la mer…

Seychelles : Nouvelle attaque de requin à Anse Lazio, un Anglais tué !

Les requins sont-ils devenus fous ? A moins que ce ne soit les hommes.

Quoi qu’il en soit, il y a des requins partout, même si on ne veut pas le dire. Aux Seychelles, ça craint la baignade à la plage. J’avais peur là-bas des courants dangereux, mais si en plus il y a des grosses bêtes qui ne veulent pas partager l’eau… Continuer la lecture
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Les premiers congés payés en France : été 1936

Il y a un peu plus de soixante-dix ans, dans la nuit du 7 au 8 juillet 1936, étaient signés les accords de Matignon entre le président du Conseil Léon Blum, la CGT et la Confédération générale du patronat français (ancêtre du MEDEF). Deux mesures allaient changer la vie des salariés et rester emblématiques du gouvernement du Front Populaire, gouvernement certes très éphémère (juin 1936 – avril 1938), mais constructif et innovant : la semaine de quarante heures et les congés payés.

Avant 1936, seuls quelques fonctionnaires bénéficiaient de congés payés et ce, depuis le début du XIXe siècle. Beaucoup d’usines fermaient une ou deux semaines en été, mais les ouvriers n’étaient pas payés pendant cette période. (Ils n’avaient qu’à prévoir. Comme pour leur retraite.)

Avec ces premiers congés payés, une ère nouvelle commence pour les Français qui peuvent goûter enfin aux plaisirs des vacances et accéder aux loisirs. Une sorte de révolution !  Vive la liberté ! Même si les premiers congés payés marquent bien un tournant dans la vie des Français, le tourisme de masse ne débute pas l’été 1936, il ne s’est développé  qu’après la Seconde Guerre mondiale, au cours des années cinquante et soixante.

1936 fut un été pas comme les autres. Ce fut un été magique où soudain « les Français crurent vraiment qu’ils allaient s’aimer les uns les autres« . Un peu de bonheur, de liberté avant les horreurs de 1939 à 1945.

Pour la première fois, des ouvriers et des employés prennent la route des vacances. Léon Blum, tout juste élu, vient de leur offrir deux semaines de congés payés. Une mesure qui n’était pourtant pas inscrite dans son programme de campagne (ce qui change aujourd’hui avec toutes les promesses non tenues depuis trente ans).

«Etre payé à ne rien faire», ce n’était pas vraiment la revendication principale des ouvriers ; cette idée était neuve ; la revendication principale était le pouvoir d’achat.

Par contre, dès que la loi est votée, le 20 juin 1936, des grèves, pour la plupart spontanées, éclatent dans des usines calmes jusqu’alors. La dimension festive est incontestable (comme en mai 1968). Ces grèves ne dureront toutefois pas très longtemps car, assez rapidement, le patronat cède et accorde les vacances demandées.

C’était la première fois qu’un gouvernement s’occupait d’améliorer la vie des Français.

Il faut noter, qu’une fois de plus, la France est en retard par rapport à beaucoup d’autres pays Européens comme l’Allemagne, la Pologne, la Norvège, le Danemark, et même la Grèce, le Portugal, l’Italie … qui avaient déjà des congés payés depuis 1900-1930 (rappel, c’est comme pour le droit de vote des femmes ; nous sommes des lanternes rouges !).

Léon Blum avait nommé Léo Lagrange au poste de sous-secrétaire d’Etat aux Sports et aux Loisirs, créé pour l’occasion. Le jeune député du Nord, visionnaire, va s’employer, avec peu de moyens, à démocratiser loisirs et sports tout en s’opposant à la participation des athlètes français aux JO controversés de Berlin, cet été-là.

Léo Lagrange lance la construction de 200 stades et gymnases, de 40 piscines, de dizaines d’aéroclubs et de nouvelles stations de ski. Les auberges de jeunesse fleurissent par centaines ; les colonies, les centres de vacances voient le jour.

Après un bras de fer avec les compagnies de chemins de fer alors privées, il réussit à proposer un billet populaire de congés annuels avec 40 % de réduction pour les voyages individuels et 50 % pour les collectifs, appelé le billet Lagrange.

Le 1er août, 560 000 personnes se ruent dans les gares, notamment pour partir à la découverte de… la mer ? « La première fois, quand on voit la mer, subitement, le monde est beaucoup plus grand, plus large... » Contrairement à ce qui est souvent dit, il n’y a pas eu un déferlement de masse vers le littoral. On estime que cette année-là, 600.000 ouvriers sont partis de chez eux, la plupart pour aller dans leur famille en Bretagne, en Savoie ou ailleurs. L’année suivante, ils seront encore plus nombreux à prendre le train : 1,8 million, soit 3 fois plus.

Face à eux,  la classe bourgeoise affiche son mépris pour ces « congés payés » (ces nouveaux vacanciers découvrent la joie du camping) qui les obligent à fuir les stations balnéaires jusqu’à présent uniquement fréquentées par leurs familles. Elle se ligue contre le Front populaire et son « ministère de la Paresse ».

En avril 1938, Blum perdra les élections. L’ombre de la guerre se profilera.

Il faudra attendre quelques années de plus avant que les Français gagnent une semaine de congés supplémentaire : une troisième en 1955, puis une quatrième en 1962 et une cinquième en 1982.

Si je vous racontais les aventures de ma grand-mère en 1936… Je me suis promis de le mettre par écrit pour mes enfants. Ils ne furent pas  très gais ses premiers congés payés.

Malgré l’institution du « billet populaire de congés payés » et le fait que mon grand-père travaillait au PLM (Paris-Lyon-Marseille, qui devint une partie de la SNCF) ce qui lui permettait de ne pas payer le train, les vacances de mes grands-parents durèrent … une journée !

Ma grand-mère pouvait une fois de plus remercier sa belle-mère.

Pour toi, Mémé, qui n’est plus là : une photo des Saintes… Heureusement, tu as vu la Réunion et l’île Maurice avec moi. Grâce à toi, je connaissais l’île Bourbon et l’île de France, Paul et Virginie, et tant d’autres choses… les congés payés, le Front Populaire et Léo Lagrange…

Je voudrais tant être une grand-mère exemplaire. Est-ce possible ? Comment ?

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Ti fleur fanée, chanson créole de la Réunion

Je vous offre du repos en chanson, c’est samedi.  On en profite. Demain on se rattrapera : lecture dominicale.

La chanson réunionnaise la plus connue au monde, c’est « Petite fleur aimée » ou « Ti fleur fanée ». En fouinant dans YouTube, j’ai découvert une version ancienne de ce succès réunionnais. Je vous conseille de regarder et surtout d’écouter ce qui n’est pas un séga mais, au départ, une valse. Vous devriez trouver des versions : Graeme Allwright, Maxime Leforestier et sans doute d’autres.

Texte de Georges Fourcade, musique de Jules Fossy.

Premier couplet (bis)

Vi souviens mon Nénère adorée
Le p’tit bouquet, qu’ vous la donne à moin
Na longtemps que li lé fané,                                                    En cliquant sur l’auteur (nom)
Vi souviens, comm’ça l’é loin.                                                  ci-dessous, vous entendrez la                                                                                                              plus  ancienne version connue.

Refrain (bis)                                                                                 Georges Fourcade

P’tit fleur fanée
P’tit’ fleur aimée
Di à moin toujours
Kouk c’est l’amour

Deuxième couplet (bis)

Ni marché dans la forêt,
Y faisait bon, y faisait frais,
Dan’zerbes l’avait la rosée,
Dans les bois zoiseaux y chantaient.

Troisième couplet (bis)

Depuis ça le temps l’a passé,
Y reste plus qu’un doux souvenir,
Quand mi pense, mon cœur lé brisé,
Tout ici bas comm’ ça y doit finir.

********************************

Né à Saint-Denis de la Réunion, le 27 juillet 1884  (je suis née le même jour que lui ; pas la même année, bien sûr),  Georges Fourcade fut surnommé, le Barde créole.

Ardent défenseur de la langue créole, il a écrit : « Met’ zot’ l’orgueil de côté, allons parle rien que créole, l’a point malher là-dans, et allons fêter, non seulement not’ patois créole, mais encore et toujours, not’ musique créole. »

Il jouait de la guitare, écrivait des textes de chansons et il a même enregistré des disques. Il  a écrit  aussi quelques pièces de théâtre : Z’affaire coco, Coq Auguste  mais surtout, il rédigea « Z’histoires la Caze » publié en 1928.

Georges Fourcade est mort le 29 décembre 1962 en nous laissant quelques fort belles chansons qui font partie du « patrimoine de l’île ».

 

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Mon tit paille en queue…

Dédicace particulière à Marylou qui a de bons souvenirs à la Réunion.

Une chanson créole à écouter : Cliquez sur Mon tit paille en queue

Voilà les paroles de la chanson, plus loin.

Des paille en queue, il y en a toujours. Moins qu’avant, je le crains. Nous en voyons beaucoup moins, mais peut-être que je les regarde moins ? En tous les cas, le fait de parler de la Réunion, de sa musique et de ses chansons, m’a fait réfléchir à la langue créole, d’où l’écriture d’un très long article sur ce sujet que je publierai dimanche matin pour vous laisser le temps de lire et de réfléchir. Moi je l’ai fini ce midi.

Bonne fin de journée.

P’tit Paille en Queue

Paroles Georges FOURCADE

Premier couplet

Moi nana un p’tit paille en queue
La plime l’est comme en coton
Mon nana un p’tit paille en queue
Y sava la mer chercher poisson

Moi nana un p’tit paille en queue
La plime l’est comme en coton
Mon nana un p’tit paille en queue
Y sava la mer chercher poisson

Refrain

Allez pas baigne dans bord la mer
Fait’attention chenille galaber

Allez pas baigne dans bord la mer
Fait’attention chenille galaber

Deuxième couplet

Mon joli ptit paille en queue
Qui volé, qui volé
Mon joli p’tit paille en queue
Vot plume l’est encore frisé

Mon joli ptit paille en queue
Qui volé, qui volé
Mon joli p’tit paille en queue
Vot plume l’est encore frisé

Troisième couplet

Un jour maman paille en queue
La dit son p’tit vous l’est entêté
Ecoute maman paille en queue
La pas besoin fait vot’ futé

Un jour maman paille en queue
La dit son p’tit vous l’est entêté
Ecoute maman paille en queue
La pas besoin fait vot’ futé

Quatrième couplet

Quand même vous p’tit paille en queue
La pas besoin aller marche loin
Vot z’ailes la pocor poussé
Dans la mer nan marsouins

Quand même vous p’tit paille en queue
La pas besoin aller marche loin
Vot z’ailes la pocor poussé
Dans la mer nan marsouins

Cinquième couplet

Mon joli p’tit paille en queue
La voulu fait le malin
La pas coute son maman
L’était mangé par le requin

Mon joli p’tit paille en queue
La voulu fait le malin
La pas coute son maman
L’était mangé par le requin

Allez pas baigne dans bord la mer
Chenille galaber pique ton derrière.

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