Pays magique

La France est véritablement un pays magique. Oui, oui, vous avez bien lu : la France c’est magique. C’est Amélie Nothomb qui l’écrit dans « Pétronille » : « La France est ce pays magique où le plus commun des troquets peut vous servir n’importe quand un grand champagne à température idéale« . J’espère que vous, ça vous rend fier et heureux. Moi, pas vraiment. Et pourtant c’est bien un pays magique, je vais vous en donner quelques preuves supplémentaires. Lire la suite

Perles de la Sncf

Je ne sais pas si les employés de la compagnie sont capables d’écrire des perles, ils ne rédigent rien. Ils lisent celles de leurs clients et les font connaître. Je crois qu’à la Sncf, on ne sait pas écrire, on n’écrit pas, on n’a pas le temps, on ne répond pas comme dans bon nombre d’administrations et même d’entreprises privées. Il y a, paraît-il, une obligation de réponse réglementaire. Je pensais seulement à la politesse. Et pourtant… Lire la suite

Les ponts de Paris (37)

Aujourd’hui se termine ma série des ponts de PARIS : les ponts de Paris sur la Seine.

Trente-sept ponts sur la Seine dans Paris et nous voilà au trente-septième : le pont aval. C’est le dernier à enjamber les eaux dans la capitale quand on suit le cours du fleuve à travers Paris. Lire la suite

Les premiers congés payés en France : été 1936

Il y a un peu plus de soixante-dix ans, dans la nuit du 7 au 8 juillet 1936, étaient signés les accords de Matignon entre le président du Conseil Léon Blum, la CGT et la Confédération générale du patronat français (ancêtre du MEDEF). Deux mesures allaient changer la vie des salariés et rester emblématiques du gouvernement du Front Populaire, gouvernement certes très éphémère (juin 1936 – avril 1938), mais constructif et innovant : la semaine de quarante heures et les congés payés.

Avant 1936, seuls quelques fonctionnaires bénéficiaient de congés payés et ce, depuis le début du XIXe siècle. Beaucoup d’usines fermaient une ou deux semaines en été, mais les ouvriers n’étaient pas payés pendant cette période. (Ils n’avaient qu’à prévoir. Comme pour leur retraite.)

Avec ces premiers congés payés, une ère nouvelle commence pour les Français qui peuvent goûter enfin aux plaisirs des vacances et accéder aux loisirs. Une sorte de révolution !  Vive la liberté ! Même si les premiers congés payés marquent bien un tournant dans la vie des Français, le tourisme de masse ne débute pas l’été 1936, il ne s’est développé  qu’après la Seconde Guerre mondiale, au cours des années cinquante et soixante.

1936 fut un été pas comme les autres. Ce fut un été magique où soudain « les Français crurent vraiment qu’ils allaient s’aimer les uns les autres« . Un peu de bonheur, de liberté avant les horreurs de 1939 à 1945.

Pour la première fois, des ouvriers et des employés prennent la route des vacances. Léon Blum, tout juste élu, vient de leur offrir deux semaines de congés payés. Une mesure qui n’était pourtant pas inscrite dans son programme de campagne (ce qui change aujourd’hui avec toutes les promesses non tenues depuis trente ans).

«Etre payé à ne rien faire», ce n’était pas vraiment la revendication principale des ouvriers ; cette idée était neuve ; la revendication principale était le pouvoir d’achat.

Par contre, dès que la loi est votée, le 20 juin 1936, des grèves, pour la plupart spontanées, éclatent dans des usines calmes jusqu’alors. La dimension festive est incontestable (comme en mai 1968). Ces grèves ne dureront toutefois pas très longtemps car, assez rapidement, le patronat cède et accorde les vacances demandées.

C’était la première fois qu’un gouvernement s’occupait d’améliorer la vie des Français.

Il faut noter, qu’une fois de plus, la France est en retard par rapport à beaucoup d’autres pays Européens comme l’Allemagne, la Pologne, la Norvège, le Danemark, et même la Grèce, le Portugal, l’Italie … qui avaient déjà des congés payés depuis 1900-1930 (rappel, c’est comme pour le droit de vote des femmes ; nous sommes des lanternes rouges !).

Léon Blum avait nommé Léo Lagrange au poste de sous-secrétaire d’Etat aux Sports et aux Loisirs, créé pour l’occasion. Le jeune député du Nord, visionnaire, va s’employer, avec peu de moyens, à démocratiser loisirs et sports tout en s’opposant à la participation des athlètes français aux JO controversés de Berlin, cet été-là.

Léo Lagrange lance la construction de 200 stades et gymnases, de 40 piscines, de dizaines d’aéroclubs et de nouvelles stations de ski. Les auberges de jeunesse fleurissent par centaines ; les colonies, les centres de vacances voient le jour.

Après un bras de fer avec les compagnies de chemins de fer alors privées, il réussit à proposer un billet populaire de congés annuels avec 40 % de réduction pour les voyages individuels et 50 % pour les collectifs, appelé le billet Lagrange.

Le 1er août, 560 000 personnes se ruent dans les gares, notamment pour partir à la découverte de… la mer ? « La première fois, quand on voit la mer, subitement, le monde est beaucoup plus grand, plus large... » Contrairement à ce qui est souvent dit, il n’y a pas eu un déferlement de masse vers le littoral. On estime que cette année-là, 600.000 ouvriers sont partis de chez eux, la plupart pour aller dans leur famille en Bretagne, en Savoie ou ailleurs. L’année suivante, ils seront encore plus nombreux à prendre le train : 1,8 million, soit 3 fois plus.

Face à eux,  la classe bourgeoise affiche son mépris pour ces « congés payés » (ces nouveaux vacanciers découvrent la joie du camping) qui les obligent à fuir les stations balnéaires jusqu’à présent uniquement fréquentées par leurs familles. Elle se ligue contre le Front populaire et son « ministère de la Paresse ».

En avril 1938, Blum perdra les élections. L’ombre de la guerre se profilera.

Il faudra attendre quelques années de plus avant que les Français gagnent une semaine de congés supplémentaire : une troisième en 1955, puis une quatrième en 1962 et une cinquième en 1982.

Si je vous racontais les aventures de ma grand-mère en 1936… Je me suis promis de le mettre par écrit pour mes enfants. Ils ne furent pas  très gais ses premiers congés payés.

Malgré l’institution du « billet populaire de congés payés » et le fait que mon grand-père travaillait au PLM (Paris-Lyon-Marseille, qui devint une partie de la SNCF) ce qui lui permettait de ne pas payer le train, les vacances de mes grands-parents durèrent … une journée !

Ma grand-mère pouvait une fois de plus remercier sa belle-mère.

Pour toi, Mémé, qui n’est plus là : une photo des Saintes… Heureusement, tu as vu la Réunion et l’île Maurice avec moi. Grâce à toi, je connaissais l’île Bourbon et l’île de France, Paul et Virginie, et tant d’autres choses… les congés payés, le Front Populaire et Léo Lagrange…

Je voudrais tant être une grand-mère exemplaire. Est-ce possible ? Comment ?