Chien et loup

Hier à propos de la célébrité, j’ai utilisé une expression courante : «être connu comme le loup blanc» et me sont revenues à l’esprit d’autres expressions mentionnant le loup ou son cousin «civilisé» : le chien. Jean de La Fontaine avait comparé les deux animaux et insisté sur le fait que la liberté a un prix.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ?        J. de La Fontaine

Mieux vaut vivre affamé qu’attaché ! Le chien appartient au monde des domestiques et de la servitude. Maître Loup préfère oublier le confort matériel et garder sa liberté ; il ne veut pas faire partie des serviles qui obéissent aveuglement au Roi pour obtenir des faveurs et des récompenses. C’est son choix : Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux et c’est ce choix qui éloigne le chien du loup.

Entre chien et loup : cette expression est très ancienne. Elle date du XIIIe siècle et désigne la période de fin de journée où la clarté est telle qu’on a du mal à distinguer un chien d’un loup.

Se jeter dans la gueule du loup : une expression courante dont l’origine est facile à trouver sans risque de se tromper. Le loup a été farouchement combattu, pendant des années par l’homme qui le considérait comme une bête extrêmement dangereuse représentant le diable ou la mort. Aujourd’hui, il est réintroduit dans certaines régions où il avait disparu, au désespoir des éleveurs. « Se jeter dans la gueule du loup » est une image qui perdure même si les loups ne sont plus là ; elle signifie que celui qui, volontairement, s’approchait d’une meute, au risque de se faire dévorer, était d’une imprudence folle, tout comme celui qui s’expose volontairement à un danger dont il ne mesure pas forcément l’ampleur. Les exemples sont nombreux aujourd’hui…

Continuons avec les chiens ; ce printemps, nous avons droit à «un temps de chien», un très mauvais temps (certaines conditions météorologiques permettent de dire «il fait un temps à ne pas laisser – ou mettre – un chien dehors», des conditions plus qu’exécrables : le temps de chien… La précision «de chien» désigne un excès que l’on retrouve dans «une humeur de chien», «un mal de chien» ou «une vie de chien». Il est possible que les expressions contenant «de chien» viennent de l’inversion de celles avec «chienne de» comme «chienne de vie».

Certains musulmans se serviraient toujours de l’injure «chien de chrétien» pour désigner un occidental ; pour eux, le chien est une sale bête, un animal méchant et méprisable.

«Non d’un chien !» Je n’ai aucune envie d’ «avoir une vie de chien» ni d’«avoir un caractère ou une humeur de chien», ni d’«être malade comme un chien». Je veux bien «avoir du chien» (ce charme, ce petit « je-ne-sais-quoi » qui attire et fascine (ce chien-là a un sens proche de coquin ou canaille) mais j’essaie de ne jamais «arriver comme un chien dans un jeu de quilles» (mal à propos, au mauvais moment, en dérangeant fortement) ce qui semble pourtant gêner de moins en moins les importuns.

D’autres expressions où cette bête est mal traitée existent : «prendre quelqu’un pour un chien», «se faire traiter comme un chien», «être chien avec quelqu’un», «garder un chien de  sa chienne pour quelqu’un» (avoir bonne mémoire, d’autres disent être rancunier), «s’entendre comme chien et chat» (se chamailler)…

Connaissez-vous celles-là et en avez-vous d’autres ? Je pense encore à :

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage : tout prétexte est bon quand on veut se débarrasser de quelqu’un ou de quelque chose.
Les chiens aboient, la caravane passe : faire ce que l’on doit sans s’occuper des critiques et des commentaires négatifs.
Être comme un chien qui jappe après la lune.
Un vieux chien ne jappe jamais en vain.
Il n’attache pas son chien avec des saucisses.
Aboyer comme un roquet.
Se regarder en chiens de faïence.

J’ai envie de terminer avec « Les chiens ne font pas des chats » qui peut avoir un côté rassurant quelquefois. Angoissant aussi. Je préfère celui qui me tranquillise, m’apaise.

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6 réflexions au sujet de « Chien et loup »

  1. Dans l’ évolution, le chien est bien issu du loup, et l’ a vite dépassé en nombre.
    Remettre des loups, alors qu’ ils n’ ont pas de prédateurs, c’ est prendre un risque, et l’ homme devra intervenir pour maitriser son expansion.
    Et j’ imagine que les nombreuses expressions concernant le chien, vient du fait qu’ il est le compagnon de bien des familles !
    bonne soirée
    bisous

  2. Salut

    Un bel article
    qui est très varié et très recherché.
    Nous, c’est plutôt les chats, indépendants, félins et si attachants.

    Bon 1er Mai

    Amicalement Votre Vincenzo

  3. Bonjour Françoise
    beaucoup de recherche pour ce bel article
    Je te souhaite un très bon mercredi de congé en ce 1 Mai
    Nos amitiés bises
    Qing&René

  4. Un petit Brin de muguet pour te souhaiter une douce journée de 1er Mai
    Bisous
    timilo

  5. Bonjour Françoise, me voilà donc dans ton antre, et je sens que je vais m’y plaire! je m’abonne…et je retourne découvrir d’autres articles! à très bientôt!

  6. les differences entre deux langues…on dit « temps de chien » en France et « tempo da lupi » (bien sur de loup) en italien!!! Le temps des loups étant plus ancien…. je suppose!!! 🙂
    Bonne fin de journée!

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