Alea jacta est.

N’avez-vous jamais eu cette sensation, alors que vous écoutiez une musique triste, que toute la misère du monde s’abattait sur vous ? Vous sentez un petit pincement au cœur, vos souvenirs réapparaissent et vous êtes soudain très mal : mélange de nostalgie, de tristesse, de regrets… Il parait qu’il est préférable d’avoir des remords que des regrets et moi, j’ai des regrets ; je me souviens de mes erreurs, de ce que j’aurais pu faire SI.. Ça ne dure pas puisque la vie continue. « Show must go on ! » dit-on pour se donner du courage. Lire la suite

Share

Elle court, elle court…

Elle court, elle court… Non, je ne parlerai pas de la maladie d’amour de Michel Sardou et pourtant que de souvenirs… Tiens, cliquez LA et écoutez. Je ne parlerai pas non plus du SIDA ni des MST, mais de la rumeur. Lire la suite

Share

Démocratie : où en est-on ?

Allez, je commence fort aujourd’hui. C’est pas moi qui l’ai dit mais… j’approuve. Je répète donc les propos de Winston Churchill  : « Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. » Lire la suite

Share

La troisème révolution de… Fred Vargas

« Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette  tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de  l’humanité, nous y sommes.   Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire  avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que  le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos  pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois  voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas  demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :

Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des  araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).

S’efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y. Encore faut-il noter, que ramasser du crottin, et tous ceux qui l’ont fait  le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.  Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. »

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Share

Il faut être juste avant d’être généreux

 

Nicolas de Chamfort (1741-1794) fut un moraliste d’une tragique lucidité (ce n’est pas bon d’être trop lucide) et un républicain de la première heure qui finit mal, comme beaucoup d’autres.

Lui fut particulièrement malchanceux (je pense à Mme Pas d’Bol : il y a toujours pire, non ?). Donc ce brave Nicolas, je commence par la fin, (ce n’est pas grave, je vais essayer d’être claire malgré tout), sans doute dépité par ce qu’il voyait – ou comment une révolution et l’organisation qui s’en suit peuvent mal tourner – commence à devenir dépressif, puis clairement  terrorisé par une Terreur qui n’avait pas commencé (il fallut attendre 1794). Menacé d’arrestation, sachant ce qui l’attendait dans les geôles (il avait déjà testé) et surtout comment on raccourcirait sa vie à la sortie, il prit la décision de choisir sa fin lui-même et tranquillement, chez lui, il se tire une balle dans la bouche. C’était le 14 novembre 1793.

Je vous ai dit que c’était Monsieur Pas de chance, lucide mais « guignard » ; pour lui, c’est le comble du suicide raté (ou presque) : il se tire donc une balle dans la tête mais le pistolet fonctionne mal. Il perd le nez, une partie de la mâchoire, et ne meurt pas (par contre, il devait avoir drôlement mal). Il ne perd pas espoir et se saisit d’un coupe-papier pour s’égorger. Comme il était bibliothécaire et pas médecin, il ne trouve pas l’artère et se contente de  se  coupailler et de faire des tâches de sang de partout. Il persiste avec le même coupe-papier et se « farfouille » dans le ventre, la poitrine puis les jarrets. Ses échecs répétés l’épuisent, il perd alors connaissance. Un de ses serviteurs (il était le bibliothécaire de la Bibliothèque de France et avait un certain standing) le retrouve dans une mare de sang, appelle alors barbier, médecin et chirurgien qui arrivent à le sauver. La Grande Faucheuse était en grève et Dieu sans doute vexé par les mécréants de l’époque. Il mourra quelques mois après, affaibli, mais reconnu non coupable des accusations qui l’avaient angoissé. C’était le 13 avril 1794, soit 5 mois après son suicide… raté.

Je reviens au début de son histoire. Né en Auvergne,  en 1741, probablement fils naturel de Jacqueline de Montrodeix et de son chanoine, il fut déclaré de parents inconnus et adopté par François Nicolas et sa femme. Sébastien Roch Nicolas  (c’était son nom) fut envoyé au collège, à Paris, vers l’âge de dix ans. Un peu indiscipliné, il remporta malgré tout de nombreux prix, refusa de devenir homme d’Église et se mit à écrire sous le nom de Nicolas de Chamfort. Ses écrits lui valurent des accusations d’immoralité et un vif succès littéraire : il collabora au Journal encyclopédique, fréquenta l’aristocratie et le monde des lettres, reçut plusieurs prix et devint secrétaire des commandements de Condé (qu’il quitta en 1777). Après avoir été élu à l’Académie française en 1782, il se retira à la campagne, puis reçut, en 1786, une pension royale (il devint alors secrétaire de la sœur du roi). À la suite de Mirabeau, pour qui il rédigea plusieurs textes, il prêcha la démocratie, puis fonda la Société de 1789. En 1792, il fut nommé à la direction de la Bibliothèque nationale. Malgré son enthousiasme pour la Révolution, il fut plusieurs fois emprisonné.  Il laissa des « petits carrés de papier » qui firent sa gloire et furent publiés, après sa mort, en l’an II de la République : les Maximes et pensées, caractères et anecdotes. Ils sont le témoignage impitoyable de la fin d’un monde. Des confessions déguisées révèlent, en même temps que la tristesse et la misanthropie de leur auteur, sa foi dans l’intelligence, seul refuge de l’homme.

J’ai toujours beaucoup aimé Chamfort qui m’a servi à enjoliver quelques courriers échangés avec l’Administration. Une phrase me revient, elle s’applique particulièrement à ces jours-ci :

« Il faut être juste avant d’être généreux, comme on a des chemises avant d’avoir (d’y mettre) des dentelles ».

Pourquoi me direz-vous ? Et bien, parce que ce mardi, 19 avril 2011, j’ai appris que les salaires des fonctionnaires étaient gelés une année de plus alors que :

– tous les prix augmentent : eau, gaz, électricité (prévoyez encore + 2,9% au 1 juillet), essence, fuel, pain, ticket de métro de bus, de train, d’avion, téléphone, farine, lait, etc ;

– les honoraires médicaux augmentent, les remboursements des frais médicaux, médicaments diminuent ;

– le pouvoir d’achat rétrécit comme une peau de chagrin ;

– le prix de l’immobilier est exorbitant ;

– les impôts locaux explosent ;

– les ménages français tirent de plus en plus le diable par la queue ;

et

– le Président, les ministres, les parlementaires, en particulier ceux du Parlement Européen, s’augmentent sans remords ; selon le Progrès du 9 mars 2011, une augmentation de 1 500€ mensuels pour l’enveloppe de leurs frais d’assistants, enveloppe qui était de 19 709€ par mois en plus de leurs indemnités de 7 956€ ;

– les frais accessoires de nos représentants sont des frais somptuaires : véhicule, logement, avions, taxis, pressing, cigares… sans compter les réceptions diverses  ;

– réunis à Bruxelles, les Ministres des Affaires Etrangères Européens ont débloqué 180 millions d’euros pour la Côte d’Ivoire ;

– notre Président, par la voix de sa Ministre des Finances, Christine Lagarde, a annoncé que  la France octroyait une aide financière exceptionnelle de 400 millions d’euros pour les dépenses d’urgence et la relance de l’économie à la Côte d’Ivoire ; 400 millions d’euros pour l’économie ivoirienne alors qu’entre 2002 et 2008, selon un rapport KPMG (cabinet d’audit international) 615 millions d’€ ont été détournés par le clan Gbagbo sur le commerce du cacao.

Questions :

1 – Quid des 6 milliards d’euros planqués par la famille Gbagbo ? Ne pourrait-on pas geler ces fonds détournés sur le peuple ? Et les 9 milliards des Ben Ali ? Ne pourraient-ils être restitués au peuple tunisien ? Et Moubarak : 50 milliards d’euros ? Et Khadafi : 72 milliards ! Pourquoi devons-nous rembourser, nous, les contribuables, les détournements de tous les corrompus de la planète ?

2 – Quelle aide d’urgence pour la relance de l’économie française ?

3 – Quelle aide d’urgence pour les Français sans emploi, sans logement et qui restent dignes ?

********

Il faut être juste avant d’être généreux… surtout quand c’est avec l’argent d’autrui, l’argent de ceux qu’on lèse.

Share

Mai 68 : troisième et dernier épisode de cette série

Souvenirs, souvenirs. Scott Mac Kenzie, ça vous dit quelque chose ?

Un film en couleurs aux images pas très nettes mais une chanson qui m’a fait monter les larmes aux yeux, surtout cette phrase : « There’s a whole generation with a new explanation ». Où sont-ils passés ? Que sommes-nous devenus ?

Vous souvenez-vous de (ou pour les plus jeunes savez-vous) ce qui a déclenché les événements de mai 1968 en France ?

Il me semble que tout a commencé par une envie, non, par un besoin de se faire entendre, de se faire comprendre, un besoin d’être heureux, une envie de liberté, un besoin de changer le monde. C’était une nouvelle révolution, un 1789 pacifiste sans doute sous l’influence américaine du Flower Power.

Flower Power était un slogan utilisé par les hippies des années 1960-1970. La fleur était un symbole de leur idéologie non-violente. L’expression est née à San Francisco durant le Summer of Love en 1967 ; écoutez la chanson du début. (Je suis sûre que Thibault, mon fils, serait content que je parle de San Francisco qu’il adore, mais il ne lit jamais mon blog). Le Summer of Love est un rassemblement durant lequel les hippies avaient eu pour consigne de porter des fleurs dans les cheveux et de les distribuer autour d’eux. Ils devinrent alors les « Flower Child » pour les médias. Ce pouvoir des fleurs se manifestait  par des actions diverses : offrir une fleur à un agent de police pendant une manifestation,  glisser une fleur dans le canon d’un fusil ou simplement en adoptant des tenues colorées,

et avoir des véhicules assortis !

En France , une volonté de changer la société : pour permettre à plus de jeunes d’accéder à l’Université, pour sortir le système universitaire de sa sclérose,  pour lutter contre l’inégalité entre hommes et femmes, contre la dictature mesquine des petits chefs (et même des un peu plus grands), contre le monopole de l’information audiovisuelle,  pour en finir avec la condition scandaleuse des immigrés, la misère des bidonvilles, la tristesse des HLM, l’archaïsme du patronat, de la classe politique et de la plupart des autorités constituées, la sujétion de la justice, contre la morale étroite et guindée… Est-ce que les choses ont changé ?

Oui, il n’y a plus de morale ou si peu. Pour le reste, je ne vois pas les changements et plus du tout le progrès. Plus de paix et d’amour. Peur, violence, silence ! Ecoles, collèges, lycées, universités : tout s’est détraqué. Tout le monde au bac, à la fac, sans discipline, sans effort. Démagogie ! C’est le grand n’importe quoi. Pauvre liberté ! Si les individus sont assez bêtes pour ne pas s’autodiscipliner, il faut édicter des règles claires et s’y tenir, et ne pas jouer les vierges effarouchées quand quelqu’un assène des vérités qui déplaisent mais n’en sont pas moins des vérités.

Revenons en 1968, une dernière fois et revoyons des slogans soixante-huitards. Ne sont-ils pas toujours d’actualité ?

Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau. (Reprise d’une phrase de Louis Antoine de Saint-Just, mort guillotiné à  26 ans, en 1794, qui se distingua pour son intransigeance et qui fut surnommé « l’archange de la Terreur » ou encore « l’archange de la Révolution ».) Avons-nous oublié trop vite nos rêves de changement pour rentrer dans un train-train sans espoir, sans rêve et nous installer dans un confort… bourgeois ? La société de 2011 est bien plus dure que celle de 1968 en France. Les Lybiens, en particulier, ne confirment-ils pas aujourd’hui la phrase de Saint-Just ?

Élections, piège à cons. N’est-ce pas ce que vous vous dites quand vous n’allez pas voter ? Proudhon, dans sa Théorie du mouvement constitutionnel au XIXe siècle, a écrit  « En effet, si le grand acte qui a pour objet de produire la représentation nationale consiste à réunir une fois tous les cinq ans, ou tous les trois ans, une cohue de citoyens désignés, et à leur faire nommer un député porteur d’un mandat en blanc, et qui, en vertu de ce mandat en blanc, représente non seulement ceux qui lui ont donné leurs suffrages, mais ceux qui ont voté contre lui, non seulement la masse électorale, mais toutes les catégories de personnes qui n’ont pas voté, toutes les forces, facultés, fonctions et intérêts du corps social, je réponds, dis-je, que si c’est là ce que l’on entend par suffrage universel, il n’y a rien à en espérer, et que tout notre système politique est une mystification et une tyrannie. » Il a exprimé la même chose que vous, que ce que vous pensez aujourd’hui. L’organisation de la démocratie ne serait-elle donc pas viable sous sa forme actuelle ? « Elections, piège à cons !», «Elections, trahison !» : le dernier slogan dénonce les traîtres. Savez-vous qui sont les traitres ? Et qui sont les cons ? Eh eh, c’est nous !

Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! » Depuis le temps, ne faudrait-il pas le reprendre le combat ?  « Indignez-vous » vient d’écrire Stéphane Hessel ; entendons-le ! Agissons. Chacun un peu. « Les petits ruisseaux font les grandes rivières ».

Cours camarade, le vieux monde est derrière toi. Compte tenu de l’avenir de la jeunesse française  qui est malheureusement la plus précaire depuis bien longtemps, ce slogan pourrait bien revenir à la mode. Fuite en avant… On en a l’habitude, mais dans ce cas précis, pour changer le monde, serait-ce un mal ?

Encore un vieux souvenir.

Reconnaissez-vous le jeune homme ?

C’est Gérard Palaprat. Cliquez sur son nom, vous entendrez une chanson : « Pour la fin du monde ».

« Etes-vous des consommateurs ou des participants ? » Comme je l’ai dit et redit sur ce blog, le mot d’ordre est devenu : « Dépensez, ne pensez pas ! » Finalement, j’ai été bien conditionnée, il y a plus de 40 ans par la révolte pacifiste, passive ? J’essaie de vous réveiller, tranquillement.

« Fermons la télé, Ouvrons les yeux. » Cessez de vous abrutir. On vous vend n’importe quoi. Je cite en complément Jean Guéhenno : « Il y a deux catégories de télévision : la télévision intelligente qui fait des citoyens difficiles à gouverner et la télévision imbécile qui fait des citoyens faciles à gouverner. » Vous en pensez quoi de la télévision publique ? Alors…

Vivre sans temps mort et jouir sans entrave. Les temps morts…Il y en a trop long à dire. Une prochaine fois, dans un autre contexte. Simplement Jouissez sans entraves. Avec le SIDA, les entraves sont là. Sans commentaire.

A rêver un avenir idéal, n’avions-nous pas perdu le sens des réalités ? Avons-nous été trop égoïstes, trop hédonistes ? Certains jeunes nous le reprochent, je crois leurs critiques injustifiées : nous avons été idéalistes et pourtant, nous avons agi. AGI !

Les murs ont la parole. Avec des lots d’affiche créées par les étudiants des Beaux-Arts., revoir le premier article mai 68, aucun doute les murs parlaient et nous les entendions. Maintenant il y a des graffs, des tags. Certains sont très beaux, d’autres simplement des salissures contre lequel « on » essaie de lutter. Pollution supplémentaire ? Y a-t-il de véritables pensées ?

« Faites l’amour pas la guerre ! » C’était en réaction contre la guerre du Vietnam. Pour de jeunes Américains, la contestation aussi. Nous étions solidaires de ces jeunes et ces intellectuels qui voulaient mettre un terme au conflit, qui étaient révoltés par la politique de Johnson au Vietnam et appelaient ce conflit : « sale guerre »,  « guerre impérialiste ».

Sous les pavés, la plage. Au moment de l’érection des barricades (oui, on érige une barricade), on avait retrouvé sous le macadam l’ancien pavement de Paris, et sous les pavés – immédiatement utilisés de la façon que l’on devine – le lit de sable sur lequel ils étaient posés. De là à la plage…

La barricade ferme la rue mais ouvre la voie. A vous les commentaires !

La chienlit, c’est lui. Sur une affiche, avec l’ombre du Général de Gaulle en fond.

La vie est ailleurs. J’ai entendu quelques années plus tard, dans X Files : « la vérité est ailleurs ».

Le patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin de lui. Vive l’autoentreprise ?

Les CRS aussi sont des hommes : la preuve, ils violent les filles dans les commissariats. Sans commentaire !

CRS = SS, beaucoup utilisé depuis.

Et pour finir (je suis lassée, là), les derniers slogans sans commentaire, ou si peu, et dans l’ordre alphabétique…

L’été sera chaud ! Juste avant, on avait entendu « le printemps sera chaud ». Ca n’a pas duré jusqu’à l’été.

L’imagination prend le pouvoir !

Marx est mort, Dieu aussi, et moi-même je ne me sens pas très bien.

Ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres. Egoïste, sans doute, ça !

Ne travaillez jamais !

On achète ton bonheur. Vole-le.

ORTF : La police vous parle tous les soirs à 20 heures. Qui maintenant ?

Pour vos vacances, n’allez pas en Grèce : vous y êtes déjà. (allusion à la dictature des colonels) En réponse aux propos du Général de Gaulle : des colonels, un général. Après il y a eu Pinochet, Bokassa et d’autres encore comme Khadafi…

« La volonté générale contre la volonté du général ! »

Prenez vos désirs pour la réalité.

Presse : ne pas avaler. Affiche : une étiquette sur une bouteille de poison. PQR (presse quotidienne régionale) orientée ? Et maintenant ? Pourquoi la presse people fait-elle tant d’affaires ? Pourquoi les paparazzi sont-ils aussi nombreux ? Euh… qui achète des torchons ? Ne pas tout gober ; nous le savions en ce temps-là. Rebelle attitude !

Sois jeune et tais toi !  (avec l’ombre du Général de Gaulle en fond d’affiche). Justement, rebellons-nous ! Nous l’avons fait.

Soyez réalistes, demandez l’impossible. Sans commentaire. Le pouvoir du rêve, de l’utopie.

Vous finirez tous par crever du confort. Retour au début de l’article. Avons-nous oublié trop vite nos rêves de changement pour rentrer dans un train-train et un confort… bourgeois ?

Dur de rester incorruptible et encore plus d’impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir.

NB. ***** Demain : lundi, poésie en vert. On change !

Share

Michel Audiard, sa révolte et la mienne

« On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. »

*****

Deux milliards d’impôts ! J’appelle plus ça du budget, j’appelle ça de l’attaque à main armée !

Michel Audiard (1920 – 1985)

Et les politiques ne connaissent pas les prix des produits de la vie quotidienne… Je n’ai pas trouvé de vidéo pour le prix de la baguette mais juste pour le « plaisir », regardez les vidéos suivantes. Vous comprendrez pourquoi ils ne peuvent pas comprendre nos problèmes.

Un député  (J.P. Huchon) de l’ile de France ne connait pas le prix d’un ticket de métro

Le ministre ne connait pas le prix d’un timbre et ne veut pas répondre…

Zero pour le Ministre de l’Agriculture

Et toujours du même Audiard, pour finir et rigoler, parce qu’il faut garder le moral avant la prochaine révolution..

Si t’as pas de grand-père banquier, veux-tu me dire à quoi ça sert d’être juif  ?

Share