Blogger, pourquoi ?

Tenir un blog, c’est écrire,  ou plutôt, c’est parler, parler sans avoir de contradiction, ni de retour.

C’est à la fois facile et désespérant. Facile de n’être jamais interrompu, jamais contredit en direct. Désespérant, car en fin de compte, vous rédigez un long monologue, l’un des plus longs jamais écrits, encore que, d’autres bloggeurs pensent la même chose que vous. Ils font donc tout pareil, avec plus ou moins de rigueur et de régularité.

Vous, vous avez décidé d’écrire chaque jour, et tous les matins vous écrivez un article de plus que vous postez avec la satisfaction du devoir accompli. Personne ne vous oblige, personne sinon vous. Vous êtes donc libre d’écrire ou non. Il vous arrive même, certains jours, de rajouter quelques lignes en cours de journée, parce que vous ne pouvez laisser passer une idée ou une image intéressante sans la partager. Mais quelqu’un lit-il le message ? Le  blog, c’est la bouteille à la mer des temps modernes.

Vous vous sentez certainement un peu seul au monde de temps en temps, incompris mais sûr au fond que quelqu’un, quelque part,  vous comprend et ressent les mêmes angoisses ou les  mêmes peurs, partage les mêmes envies, les mêmes idées. Vous écrivez car vous savez que c’est pour bon pour vous d’écrire et vous vous faites plaisir, chose que vous n’avez pas souvent osé faire. Si ça n’intéresse personne, au fond, êtes-vous si triste ?

Vous vous êtes fait plaisir en espérant faire plaisir à un(e) autre qui ressent à  cet instant, la même chose que vous avez ressentie plus ou moins longtemps avant. Vous rêvez ni plus ni moins d’être une sorte de gourou.

Pendant combien de temps, ce blog, qui vous passionne maintenant, vous passionnera-t-il encore ? Pendant combien de temps aurez-vous envie de parler tout seul ? Pendant combien de temps recommencerez-vous, chaque matin, à vous mettre à écrire ? Pendant combien de temps l’envie et les idées seront-elles là ?

Écrire un blog, c’est profiter de la liberté d’expression, c’est faire fonctionner ses cellules (penser, organiser un peu ses idées, activer ses doigts sur un clavier) et sentir qu’on est encore vivant, c’est aussi espérer que d’autres vivants, ailleurs, partageront vos idées et vos envies et vous le diront un jour en cliquant sur commentaire à la fin de l’article.

C’est très bon de parler, mais tout seul, c’est un peu frustrant quoiqu’on dise.

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N’écris pas

N’écris pas ! Tiens donc, il ne manquerait plus que ça ! C’est un peu comme si on me demandait de me taire, ceux qui me connaissent confirmeront.  Mais cette prière ne m’était pas adressée. C’est la première phrase d’un poème de Marceline Desbordes-Valmore, auteur du XIX° siècle.

Cette supplique est très émouvante. Elle est devenue chanson et a été intitulée « Les séparés » dans l’album du même nom. Parce que je ne lis pas le dos des boîtes de CD, j’ai toujours cru que le titre de cette chanson était « N’écris pas ».

J’écoute Julien Clerc,  et j’aime ça surtout quand la chanson a été écrite par mon parolier préféré : Etienne Roda-Gil ; il n’en reste pas moins vrai que j’ai adoré celle-là  (dont les paroles sont de Marceline Desbordes-Valmore et la musique de Julien Clerc). Je dois vous avouer que j’ai « quitté » Julien Clerc pendant toute la période qu’il a passée loin de Roda.

Pour vous faire partager mon plaisir d’entendre cette chanson et de voir Julien Clerc : la vidéo, merci YouTube ! Vous verrez des paysages que je crois être d’Irlande et le beau pull irlandais de Julien Clerc.


Tout ça, ce sont de jolis souvenirs et des petits bonheurs que j’apprécie.

Paroles : Les séparés.

N’écris pas ! Je suis triste et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c’est l’amour sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre
Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.

N’écris pas ! N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu, qu’à toi si je t’aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

N’écris pas ! Je te crains, j’ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N’écris pas ces  deux doux mots que je n’ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur,
Que je les vois briller à travers ton sourire.
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.

N’écris pas ! N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu, qu’à toi si je t’aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

… N’écris pas !

Ajout du 23 juillet 2011 : Il faut noter que dans la version enregistrée dans le CD « Julien », le texte est erroné. Julien Clerc chante: « n’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire« . Le petit livret accompagnant le CD reproduira également la même erreur. Julien se rendit compte qu’il s’agissait bien de douceurs et non de chiffres, et se corrigea lors de sa tournée pour chanter: « N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire  » comme l’auteur l’avait initialement écrit.

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