Auteurs finlandais

Comme ça pour voir, j’ai tapé « auteurs finlandais » sur mon clavier et j’ai reçu une réponse qui m’a fait peur. Ils sont très très nombreux les auteurs finlandais, il y a une liste « longue comme un jour sans pain« . Moi je n’en connaissais qu’un seul ou presque : Arto Paasilinna. Je l’apprécie beaucoup car il me fait sourire et même quelquefois franchement rire avec son humour totalement déjanté.

Voilà une biographie résumée d’après Wikipedia : Arto Paasilinna est né le 20 avril 1942 à Kittilä en Laponie, dans un camion parait-il, en plein exode face aux forces soviétiques. Sa famille, fuyant les combats, a été chassée vers la Norvège, puis la Suède et la Laponie finlandaise.  Paasilinna – qui signifie en finnois « forteresse de pierre »- est un nom inventé par son père, né Gullstén, pour « finniser », comme beaucoup de Finlandais, un patronyme à consonance suédoise. Les circonstances de sa naissance et les premières années de sa vie ont fait dire à Paasilinna : « J’ai connu quatre états différents dans ma prime jeunesse. La fuite est devenue une constante dans mes récits, mais il y a quelque chose de positif dans la fuite, si avant il y a eu combat ».

Dès l’âge de treize ans, il exerce divers métiers (bûcheron, ouvrier agricole…). A vingt ans, il décide de reprendre ses études afin de devenir journaliste et va à l’école Supérieure d’éducation populaire de Laponie (1962-1963). Il entre ensuite, comme journaliste-stagiaire, au quotidien régional Lapin Kansa (Le peuple lapon). Parlant de cette époque de sa vie, Paasilinna a indiqué :« J’étais un garçon des forêts, travaillant la terre, le bois, la pêche, la chasse, toute cette culture que l’on retrouve dans mes livres. J’ai été flotteur de bois sur les rivières du nord, une sorte d’aristocratie de ces sans-domicile fixe, je suis passé d’un travail physique à journaliste, je suis allé de la forêt à la ville. Journaliste, j’ai écrit des milliers d’articles sérieux, c’est un bon entraînement pour écrire des choses plus intéressantes. ».

Arto Paasilinna (à 65 ans), novembre 2007, Moscou.

L’œuvre littéraire d’Arto Paasilinna est composée de nombreux romans dont certains ont été traduits dans plus de vingt langues (notamment en français). Ses œuvres se caractérisent par un sens de l’humour et de la narration rares (une sorte de Rabelais moderne) ; elles sont remplies d’une bonne humeur et d’une jovialité inhabituelles dans la littérature contemporaine, d’un humour doux-amer et burlesque. Les personnages singuliers, qui habitent dans différentes régions de Finlande, sont le trait marquant de ses écrits. La nature est, elle-même, un personnage à part entière dans ses romans. De ce fait, les œuvres de Paasilinna sont souvent qualifiées de « romans d’humour écologique ».

Un de mes livres préférés de cet auteur : Le Cantique de l’apocalypse joyeuse, écrit en 1992. Je vous le résume :

Planète Terre, XXIe siècle. La fin du monde approche, le chaos est partout. Alors que l’économie s’effondre, le pétrole vient à manquer, les communications sont coupées, les villes croulent sous les déchets et la famine s’étend, aggravée par l’explosion d’une centrale nucléaire russe. Des hordes de miséreux sillonnent tous les continents et la troisième guerre mondiale est sur le point d’éclater… Pourtant, quelque part au fin fond des forêts du Kainuu, dans l’est de la Finlande, un étrange havre de paix et de prospérité demeure. C’est là que, quelques années plus tôt, au seuil de la mort, un vieux communiste militant, « brûleur d’églises », grand bouffeur de curés, a chargé son petit-fils Eemeli Toropainen, charpentier au chômage, de construire sur ses terres, pour le rachat de son âme, une église en bois copiée sur un modèle du XVIIIe siècle. Commence alors l’extraordinaire histoire de construction d’une église, suivie de bâtiments, presbytère, maisons, au milieu de la forêt. Un groupe d’écolos en mal de vie naturelle découvre l’endroit, suivi d’Allemands, de Russes, de repris de justice échappés, tout d’abord observés puis tolérés et enfin intégrés, chacun selon ses compétences. Une communauté de joyeux et délirants Finlandais s’est peu à peu formée : ensemble ils recréent les techniques de subsistance de leurs ancêtres et la vie en autarcie, loin du monde en totale déconfiture.

Ce n’est ni plus ni moins qu’un plaidoyer pour un retour au bon sens paysan, à une vie plus simple et plus proche de la nature, loin des diktats de la société de consommation. J’aime l’idée et le style de l’auteur m’a enchantée. Comme toujours mais chacun ses goûts, alors lisez et vous jugerez par vous-même.

Dans ce roman on retrouve le style Paasilinna : l’humour grinçant, l’absurde, les tribulations de vieillards finlandais un peu toqués mais très attachants. C’est du jamais lu ! Quelle histoire ! Il fallait oser l’apocalypse. Oui, c’est bien un roman d’anticipation mais vu par cet auteur, malgré l’angoisse du thème (ce n’est pas Barjavel), on rigole. C’est un retour à la vie à l’ancienne façon Larzac ou avec des réminiscences de Rousseau, un brin d’utopie et un humour ravageur.

Comment justifier l’existence d’un cimetière s’il n’y a aucun décès ? Pourquoi enterrer l’ancêtre à l’origine du projet, tout seul dans un cimetière vide ? C’est simple, pour lui donner de la compagne il suffit d’aller chercher des Russes morts de l’autre côté de la frontière. C’est d’abord gratuit : larcin des repris de justice puis payant.

Le féminisme est présent dans ce roman : une pasteure, doyenne des Armées obtient de haute lutte le poste de pasteur de la paroisse contre l’avis des ecclésiastiques en place.

Et tout est prétexte à rire, même la médecine avec un chirurgien auto-proclamé. Il y a du lourd dans ce livre côté rigolade pourtant la fin du monde est là omniprésente. On voit bien l’imbécillité, l’impéritie des hommes, on assiste à la destruction du milieu naturel, on constate partout la perte des vraies valeurs.

Souvenez-vous que ce roman a été publié en 1992. Prémonitoire comme d’autres ? L’auteur parle d’attentats-suicides, de fanatisme religieux et même d’un avion lancé sur un immeuble. Alors ? Vraiment marrant ? En tous cas, efficace et peu coûteux pour chasser les idées noires.

Oui, tant c’est loufoque, on rit.

Pour finir avec une phrase d’Arto Paasilinna. « Si le plus grave dans la vie, c’est bien la mort, ce n’est quand même pas si grave. » 

Je reviens avec de nouvelles photos de Finlande demain.

 

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2 réflexions sur « Auteurs finlandais »

  1. c’ est une sorte de Nostradamus moderne qui avait bien anticipé sur ce qu’ il risquait d’ arriver à notre monde !
    Je n’ avais jamais entendu parler de lui, et je trouve bizarre que personne n’ ait fait un film de ce livre !
    Pour moi, le gros problème de notre terre, est notre natalité débridée avec toutes les conséquences que cela entraîne sur la consommation !
    Est ce pour cela que certains cherchent sur Mars ?
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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