Fesse-mathieu

Dans 23 des 27 pays de l’Union européenne, les châtiments corporels sont prohibés, mais pas en France (certains nous traitent d’arriérés). En 2010, une députée non-violente a déposé une proposition de loi pour rejoindre la norme européenne. En vain cependant. Il n’existe, pour réprimer la fessée, que l’interdiction des violences sur mineurs mais il subsiste une jurisprudence admettant « un droit de correction » au sein de la famille. Pourtant, à Limoges, un père qui avait fessé son fils (qui refusait de lui dire bonjour) a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis et devra verser 150 euros au titre du « préjudice moral » (l’enfant semble avoir été « téléguidé » par sa mère ; le couple est en instance de divorce). Les tribunaux ne sont-ils pas encombrés ? Si on les occupe avec des affaires de ce type, je le comprends.

On se plaint de nos jeunes qui ne respectent rien mais sans les battre avec cruauté, les fouetter avec un martinet, les frapper à coups de ceinture ou d’une quelconque manière (il y a des parents sadiques et des parents violents), il me parait normal de corriger par une fessée. Les parents ne sont pas parfaits et quelquefois démunis face à un enfant récalcitrant. Parler n’est pas assez « convaincant » pour certains caractères un peu trop bien trempés. Ce que je constate, c’est que notre société détruit l’image des parents et de l’autorité dans la famille comme on a détruit l’autorité des enseignants. Si on condamne un père qui essaye de tenir son rôle d’éducateur, qui l’enfant craindra-t-il ? En qui aura-t-il confiance ? Ces pauvres petits prendront des leçons de vie, plus tard, dans les rues ; les policiers et les juges leur diront alors comment se tenir.

Encore une fois, je ne comprends plus ce qui se passe dans notre société.  Il y a une différence entre protéger un enfant en danger et prendre parti pour un enfant insolent.

De fessée à fesse, il n’y a qu’une lettre et me voilà avec ce mot composé « fesse-mathieu ». Vous le connaissez ? L’utilisez-vous ? Moi non, jamais. Et pourtant, je crois que je pourrais le faire de temps en temps. Ils ne manquent pas ces tristes sires.

« Fesse-mathieu », dérivé de «face de Mathieu». Avant sa conversion, Mathieu (un des douze apôtres et un des quatre évangélistes) était sans doute usurier. On prétend reconnaître à leur visage les prêteurs à la petite semaine : de là, la locution de face de Saint Matthieu (un ou deux T à Mathieu ? ) ou de Mathieu pour désigner un usurier. En guise d’insulte et par corruption du son, on a dit fesse de Mathieu ou fesse-Mathieu pour désigner un usurier ou familièrement, un avare.

Au pluriel le fesse-mathieu prend juste un x en plus et devient fesse-mathieux.

De nos jours, la fessée est considérée comme devant être interdite mais il est incontestable qu’autrefois de nombreux pères ont fessé leur fils (ou leur fille) qu’il s’appelle Mathieu ou pas. Le terme fesse, employé ici, ne vient pas du dessous la ceinture, d’une des moitiés du postérieur, mais du verbe fesser qui, au XVe siècle, a d’abord signifié «battre avec des verges», c’est ce qui nous intéresse ici. Le verbe avait aussi le sens de «faire quelque chose à la hâte» (à l’arrache comme on dit aujourd’hui) ; on le trouvait dans fesse-pinte pour désigner un grand buveur, un « bois-sans-soif », celui qui « écluse » vite ou dans fesse-cahier pour nommer un copiste qui travaillait à la va-vite.

Plus tard, le verbe fesser, par rapprochement avec la fesse que nous connaissons a pris le sens moderne de frapper sur le derrière.

Voilà une petite leçon de plus pour vous amuser, j’espère. Bonne journée. Bonne semaine.

3 réflexions au sujet de « Fesse-mathieu »

  1. Mon gamin… (aujourd’hui, 43 ans) préférait une fessée que faire des lignes…. c’était plus court à subir disait-il…

  2. on n’ empêchera jamais par la loi, les mauvais traitements !
    IL me parait normal qu’ un enfant craigne une punition, surtout depuis mai 68, où l’ enfant roi fait qu’ on en arrive à cette aberration que des parents ont peur de leurs enfants !
    bonne journée Françoise
    bisous

  3. De temps en temps, une fessée ne faisait pas de mal pour remettre les pendules à l’heure
    🙂
    @ bientôt

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