Relecture

Parce qu’une personne a complété, aujourd’hui, un billet que j’avais écrit en 2011, je suis allée relire ma prose et il me semble bon de la re-publier (faute de temps pour écrire). Société de consommation était le titre de ce billet, la précision du jour :

La citation «La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société.» est de Marc Escayrol, extraite de son dictionnaire humoristique Mots et Grumots (2003) 

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Tout comme vous, j’en fais partie (société de consommation) et ça me fait peur (de temps en temps ; parfois j’oublie), d’autant que pour en sortir ce n’est pas simple. Faudra-t-il un événement extraordinaire, horrible, qui nous mette dans l’impossibilité absolue de continuer de la même manière pour que nous changions enfin ?

Consommer, c’est acheter, utiliser (plus ou moins), jeter, acheter, jeter… Je crois me souvenir que quelqu’un avait évoqué la «génération kleenex», celle qui achète, utilise et jette. Mots d’ordre : «Je veux, j’achète.» Trop gâtés ? Sans aucun doute. C’est une des raisons pour lesquelles les mariages durent peu, les individus ne sont presque jamais satisfaits, le pré du voisin est forcément plus vert et après tout il n’y a pas de raison : pourquoi l’un et pas l’autre ? Sur la base de l’égalité, le «citoyen» veut, rêve mais avant tout, il veut, et pour que le rêve devienne réalité il est prêt à tout. Monde de sauvages sans morale ? On y arrive petit à petit. L’individu n’accepte pas les frustrations. Il a des droits mais oublie qu’il a des devoirs correspondants. N’est-ce pas ce que l’on entend régulièrement : droit au logement, droit au travail, droit à la liberté d’expression, droit… ? Entendez-vous devoir d’éducation, devoir de surveillance, devoir de contribuer à la vie de la cité, devoir de vote… ?

Notre société semble courir à sa perte. Nous allons vers un mur mais la course ne ralentit pas. Ceux qui essaient de raisonner et de faire réfléchir ne sont pas entendus car des «monopolisateurs de parole»  les font taire en parlant plus fort. Le discours fumeux prononcé avec assurance a aujourd’hui plus de poids que le discours simplement sensé. Drôle de monde ! «La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société.» Je cite approximativement, je n’ai pas d’internet à demeure pour vérifier, pour confirmer. Coluche ? Peut-être. Je reconnais, que  moi, victime de mon caractère quelque peu emporté, je parle (et même j’écris) plus vite qu’il ne faudrait. C’est une qualité et un défaut que d’être spontanée. Naïveté, innocence… je rappelle mes propos d’il y a peu de temps : passé un certain âge, la naïveté confine à la bêtise… Mouais, ce n’est pas avantageux, ni flatteur pour moi mais je ne fais pas partie des cohortes de personnes autosatisfaites. Et puis, soyons honnêtes, nous savons que nous sommes toujours le con de quelqu’un.

«On ne peut pas être et avoir été !»  disait ma grand-mère. Je suis d’accord quand je me regarde dans un miroir et que je prends peur, mais ce n’est pas tout à fait vrai : j’ai connu des jeunes cons qui le sont encore, malgré leur âge, et le resteront sans doute pour toujours. Certains, heureux d’être ce qu’ils sont, ne voient pas la nécessité d’évoluer. Espérons que la théorie de Darwin se vérifiera un jour et que les incapables d’évoluer disparaîtront. Je n’apprécie pas plus cependant les girouettes qui sont de l’avis du dernier qui a parlé ou de l’avis du plus fort, voire de celui qui a parlé le plus fort ; j’en ai assez de ces «sans opinion personnelle» qui sont souvent des sans courage (je suis polie). Ils se plaignent sans cesse mais n’osent pas bouger de peur de perdre une once de leurs maigres et insignifiants avantages (ce qui fait sourire plus haut : c’est le principe du diviser pour mieux régner). Ils n’évoluent pas non plus, ce sont des girouettes, ils s’adaptent, ils se tournent, se plient. Quand on pense à La Fontaine, entre le chêne et le roseau : force contre souplesse, c’est le roseau qui gagne…Quelle leçon doit-on tirer ? Les petits glands repoussent.

Ce que je constate en fin de compte, c’est que tous, nous n’avons qu’une ambition : «posséder» et de préférence posséder plus que le voisin.

«Pouvoir d’achat», préoccupation essentielle et justifiée si l’on ne perd pas de vue qu’«il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.»

Je crois que nous nous sommes perdus en chemin.

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5 réflexions sur « Relecture »

  1. je me disais que nous étions lobotomisé par l’ accumulation des publicités, et par la bien-pensance qu’on tente de nous imposer, en serinant les mêmes refrains sur tous les médias !
    Il faut vraiment faire l’ effort de vouloir en savoir plus !
    Vu ce que devient l’ enseignement, j’ai bien peur que nous nous dirigions vers une nation de cancres !
    J’ai eu un sourire en lisant ton article, parce que celui que j’ai programmé ce soir parle de neuf vieux cons !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. bonjour chere Françoise, consommation, pouvoir d’achat, ces mots vont prendre de plus en plus d’importance ! la crise sociale est à nos portes, comme tu dis nous courons à notre perte ! et nous ne voyons pas de solution, plus personne ne veut se mouiller, et ce ne sont pas le gouvernants et medias à leur solde, qui vont nous aider , les gens ralent, mais nous sommes profondement divisés , ça ne va pas plus loin, de peur de perdre le peu que nous avons ! avec la Covid , on nous fait peur , alors ça calme les ardeurs ! porte toi bien chere amie, grosses bises

  3. On retrouve doucement des températures de saison, bien plus supportables !
    Passe une bonne fin de semaine Françoise
    Bisous

  4. Je me détache de plus en plus de cette société de consommation et suis contente de ne pas me laisser entrainer vers cette manie d’en vouloir toujours plus !
    Je crois même que je fais le chemin inverse et en revient aux essentiels …
    Je me contente de peu et suis bien plus tranquille.
    M’en fous de passer pour une excentrique, c’est mon choix.
    Je te souhaite une bonne fin de semaine avec l’arrivée du mauvais temps et le départ de nos amis … 🙁
    On reprend les bonnes vieilles habitudes alors qu’on n’a pas vu passer l’été !
    Enfin, perso, je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment eu de belles et bonnes journées estivales, avec la canicule plus la covid dont on nous rebat les oreilles …
    Et l’actualité de plus en plus morbide.
    Gros bisoux, ma françoise ♥

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