Société de consommation

Tout comme vous, j’en fais partie et ça me fait peur (de temps en temps ; parfois j’oublie), d’autant que pour en sortir ce n’est pas simple. Faudra-t-il un événement extraordinaire, horrible, qui nous mette dans l’impossibilité absolue de continuer de la même manière pour que nous changions enfin ?

Consommer, c’est acheter, utiliser (plus ou moins), jeter, acheter, jeter… Je crois me souvenir que quelqu’un avait évoqué la «génération kleenex», celle qui achète, utilise et jette. Mots d’ordre : «Je veux, j’achète.» Trop gâtés ? Sans aucun doute. C’est une des raisons pour lesquelles les mariages durent peu, les individus ne sont presque jamais satisfaits, le pré du voisin est forcément plus vert et après tout il n’y a pas de raison : pourquoi l’un et pas l’autre ? Sur la base de l’égalité, le «citoyen» veut, rêve mais avant tout, il veut, et pour que le rêve devienne réalité il est prêt à tout. Monde de sauvages sans morale ? On y arrive petit à petit. L’individu n’accepte pas les frustrations. Il a des droits mais oublie qu’il a des devoirs correspondants. N’est-ce pas ce que l’on entend régulièrement : droit au logement, droit au travail, droit à la liberté d’expression, droit… ? Entendez-vous devoir d’éducation, devoir de surveillance, devoir de contribuer à la vie de la cité, devoir de vote… ?

Notre société semble courir à sa perte. Nous allons vers un mur mais la course ne ralentit pas. Ceux qui essaient de raisonner et de faire réfléchir ne sont pas entendus car des «monopolisateurs de parole»  les font taire en parlant plus fort. Le discours fumeux prononcé avec assurance a aujourd’hui plus de poids que le discours simplement sensé. Drôle de monde ! «La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société.» Je cite approximativement, je n’ai pas d’internet à demeure pour vérifier, pour confirmer. Coluche ? Peut-être. Je reconnais, que  moi, victime de mon caractère quelque peu emporté, je parle (et même j’écris) plus vite qu’il ne faudrait. C’est une qualité et un défaut que d’être spontanée. Naïveté, innocence… je rappelle mes propos d’il y a peu de temps : passé un certain âge, la naïveté confine à la bêtise… Mouais, ce n’est pas avantageux, ni flatteur pour moi mais je ne fais pas partie des cohortes de personnes autosatisfaites. Et puis, soyons honnêtes, nous savons que nous sommes toujours le con de quelqu’un.

«On ne peut pas être et avoir été !»  disait ma grand-mère. Je suis d’accord quand je me regarde dans un miroir et que je prends peur, mais ce n’est pas tout à fait vrai : j’ai connu des jeunes cons qui le sont encore, malgré leur âge, et le resteront sans doute pour toujours. Certains, heureux d’être ce qu’ils sont, ne voient pas la nécessité d’évoluer. Espérons que la théorie de Darwin se vérifiera un jour et que les incapables d’évoluer disparaîtront. Je n’apprécie pas plus cependant les girouettes qui sont de l’avis du dernier qui a parlé ou de l’avis du plus fort, voire de celui qui a parlé le plus fort ; j’en ai assez de ces «sans opinion personnelle» qui sont souvent des sans courage (je suis polie). Ils se plaignent sans cesse mais n’osent pas bouger de peur de perdre une once de leurs maigres et insignifiants avantages (ce qui fait sourire plus haut : c’est le principe du diviser pour mieux régner). Ils n’évoluent pas non plus, ce sont des girouettes, ils s’adaptent, ils se tournent, se plient. Quand on pense à La Fontaine, entre le chêne et le roseau : force contre souplesse, c’est le roseau qui gagne…Quelle leçon doit-on tirer ? Les petits glands repoussent.

Ce que je constate en fin de compte, c’est que tous, nous n’avons qu’une ambition : «posséder» et de préférence posséder plus que le voisin.

«Pouvoir d’achat», préoccupation essentielle et justifiée si l’on ne perd pas de vue qu’«il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.»

Je crois que nous nous sommes perdus en chemin.

4 réflexions au sujet de « Société de consommation »

  1. Tu as raison, Françoise, on pourrait se créer moins de besoins, ou bien « nous en créer », car il y a des spécialistes pour ça ! et puis on est toujours en décalage avec ce qui vient de sortir !
    Il y a une chanson de Brassens qui dit « le jour où les cons voleront, il n’y aura plus de place dans le ciel » !
    Moi, j’aime la spontanéité et la sincérité, alors reste comme tu es !
    Bisous.

  2. Cette société de consommation a complètement changé les mentalités, et c’est bien là le drame. Depuis l’enfant à l’école qui veut les « mêmes marques » que son petit copain (dont les parents sont riches !), jusqu’aux adultes qui veulent avoir la même vie que les nantis…tant pis pour les conséquences ! L’égalité n’est pas toujours possible…Vous êtes rétribués suivant vos capacités, les études que vous avez faites (en principe), vos valeurs…et vos besoins ne sont pas les mêmes suivant vos charges de famille …Il faut élever ses enfants, leur donner un minimum d’instruction..On ne peut tout avoir : des enfants et des vacances à l’autre bout du monde…Il faut savoir sacrifier les vacances au profit des enfants…C’est ce qui était fait jadis, quand on pensait aux autres et qu’on avait des devoirs…Vous avez raison, on parle beaucoup plus de droits…
    Avez-vous du temps ? je pourrais discuter pendant des heures, ce que je ne veux pas vous imposer…

  3. Nous voulons changer les choses, mais surtout ne pas être concerné !
    Nous critiquons les milliardaires qui ont tout, mais serions heureux de pouvoir en faire autant !
    l’ histoire du monde montre, qu’ il faut tout perdre, pour se souvenir qu’ un petit rien, c’ est déjà quelque chose.
    bonne journée
    bisous

  4. Bonjour Françoise ,
    J’aime l’idée que les incapables d’évoluer disparaitront (peut-être) un jour …
    Je te souhaite un agréable week-end et de fructueuses recherches de toit (toi!) .
    Bises . Martine

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