Lubrizol

26 septembre 2019 : l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen génère des fumées dantesques ; de la suie et des odeurs fortes tombent sur toute l’agglomération rouennaise dans un premier temps, puis bien au-delà : en effet le nuage a atteint le Nord-Pas de Calais (et la Belgique).

Les écoles de Rouen ont été fermées les 26 et 27 sur toute l’agglomération ; des consignes en matière de consommation de végétaux et de lait ont été édictées ;  une pollution de la Seine est redoutée ; tout cela inquiète les citoyens mais le préfet et les autorités sanitaires se bornent à indiquer que les fumées ne présentent pas une « toxicité aigüe »  « un peu toxique mais pas trop »(allez comprendre, pas mortelle immédiatement ? C’est ça ?). Nul ne s’attarde sur le risque d’accumulation des polluants dans le corps humain après une exposition de plusieurs heures  à des fumées et des poussières un peu toxiques mais pas trop.

L’incendie est terminé mais une forte odeur continue de flotter sur la ville.

Certains habitants de la région (les pompiers aussi) souffrent de fortes céphalées, certains ont des vomissements, des diarrhées, des troubles cognitifs mais « tout va bien ». Vous puvez dormir en paix puis aller bosser en silence.

Une enquête sur les origines du feu est ouverte.  (Il aurait commencé dehors. Bien sûr. Ce n’est pas la faute de Lubrizol, c’est sûr. Le mystère, comme à AZF à Toulouse : qu’est-ce qui a causé réellement l’explosion ? Non, non,  ce n’est pas la faute de l’industrie. Un attentat peut-être, ça aurait arrangé bien du monde.

Une enquête sur les conséquences sanitaires et environnementales de cette catastrophe de Rouen doit être menée, et engager, le cas échéant, la responsabilité de Lubrizol, avec obligation de réparation. On connait maintenant la justice, sa rapidité, son équité.

Petits rappels :

  • la fuite de Mercaptan, de cette même usine, en janvier 2013 (odeur ressentie jusqu’à Londres et Paris) s’est soldée par une amende de 4 000 euros. Ridicule et non dissuasif.
  • le 29 septembre 2015, il y a quatre ans, un « incident d’exploitation » a de nouveau eu lieu sur le site : 2 000 litres d’huile minérale ont été déversés dans le réseau d’évacuation des eaux pluviales. Petite erreur de manipulation. Un barrage flottant a été installé sur 30 m² pour éviter tout écoulement dans la Seine. Des moyens de pompage et d’absorption ont aussi été mis en place pour récupérer le produit qui n’est pas classé comme dangereux pour l’environnement.

Trois « incidents » en moins de six ans, ça fait beaucoup. Non ?

Que dire de l’implantation d’une usine de type Seveso aussi près d’une grande ville ?

La France compte 1312 sites Seveso, dont 705 sites Seveso seuil haut, classement (risque majeur lié à la quantité totale de matières dangereuses sur site) dont fait l’objet l’usine Lubrizol de Rouen. Vous êtes rassurés ?

Ajoutez les centrales nucléaires obsolètes et les barrages mal entretenus… Dormez tranquilles, je vous dis : tout va bien.

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2 réflexions sur « Lubrizol »

  1. Tout va à vau-l’eau en France, plus de morale, plus le moral, à l’ image d’ un gouvernement qui pagaie misérablement dans une fange dont il est en partie responsable, avec un président fort en critique pour les autres, mais incapable en France !
    Cela ne peut pas bien finir
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. …oui une affaire, une sinistre affaire, que penser des balbutiements des differents membres du gouvernement, j’ai entendu encore ce matin Mme Buzyn , reconnaitre que tous les resultats d’analyse n’étaient pas encore connus , alors assez de declarations hasardeuses condamnables ! sans compter tous les autres dangers, comme tu dis « dormez tranquilles » ! tout va bien !!!, bon mercredi, bisous chere Françoise …

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