Asimbonanga

Asimbonanga (« Nous ne l’avons pas vu ») est une chanson du groupe sud-africain Savuka, dirigé par Johnny Clegg. Créée en 1987, nous ne l’entendrons plus jamais de la même façon. Johnny Clegg, le zoulou blanc, est mort. Je l’aimais bien ce chanteur, je me souviens l’avoir vu deux fois en concert à l’Île de La Réunion, à quinze ou vingt ans d’intervalle. Les deux fois j’ai apprécié le spectacle offert : vivant, spontané, entrainant…

Cette chanson, écrite et composée par Johnny Clegg, dédiée à Nelson Mandela, qui était alors emprisonné à Robben Island, une minuscule île au large du Cap (Cape Town), est extraite de l’album Third World Child ; elle a propulsé ce groupe vers le succès international.

Le titre Asimbonanga fait référence au fait que personne ne sait pas ou plus à quoi ressemble Nelson Mandela, les photos de lui étant illégales.

Le texte est politiquement engagé, surtout dans l’Afrique du Sud de l’époque. Sont cités les noms de trois autres militants de la lutte contre l’apartheid : Steve Biko, Victoria Mxenge et Neil Aggett, 

Une particularité de cette chanson : le titre est en zoulou tout comme le refrain et les couplets en anglais, c’était un acte particulièrement provocateur au temps de l’apartheid de la part d’un groupe « bicolore » (composé de Blancs et de Noirs).

La chanson connaît un grand succès en France et se classe deuxième du Top 50 pendant sept semaines consécutives. Je vous propose le texte traduit ci-dessous :

Asimbonanga ——————– Nous ne l’avons pas vu 
Asimbonang ‘umandela thina — Nous n’avons pas vu Mandela
Laph’ekhona ——————– à l’endroit où il se trouve
Laph’ehleli khona ————– à l’endroit où il est gardé
Oh la mer est froide et le ciel est gris 
Regarde de l’autre côté de l’île dans la Baie 
Nous sommes tous des îles jusqu’au jour venu 
Où l’on traverse une mer brûlante
Asimbonanga ——————– Nous ne l’avons pas vu 
Asimbonang ‘umandela thina — Nous n’avons pas vu Mandela
Laph’ekhona ——————– à l’endroit où il se trouve 
Laph’ehleli khona ————– à l’endroit où il est gardé
Une mouette s’envole et traverse la mer 
Le silence brisé est ce dont je rêve 
Qui a les mots pour réduire la distance 
Entre vous et moi ?
Asimbonanga ——————– Nous ne l’avons pas vu 
Asimbonang ‘umandela thina — Nous n’avons pas vu Mandela
Laph’ekhona ——————– à l’endroit où il se trouve 
Laph’ehleli khona ————– à l’endroit où il est gardé

Steve Biko, (Victoria Mxenge Neil Aggett  supprimés dans cette version)
Asimbonanga 
Asimbonang ‘umfowethu thina – Nous n’avons pas vu notre frère 
Laph’ekhona ——————— à l’endroit où il se trouve 
Laph’wafela khona ————– à l’endroit où il est décédé 
Hey wena ———————–  hé toi! 
Hey wena nawe —————– hé toi et toi aussi
Siyofika nini la ‘siyakhona —-   quand arriverons-nous à notre destination?

N’oublions que par ses chansons que Clegg délivrait son message de paix, des morceaux qui ont d’ailleurs parfois été interdits durant les pires périodes de l’apartheid en Afrique du Sud, périodes durant lesquelles l’artiste a plusieurs fois été arrêté par la police et a vu ses concerts être annulés.

La liberté est un bien très fragile, n’oublions jamais ceux que se sont battus pour elle. 

Et pour finir, cette chanson qui me donne envie de pleurer aujourd’hui.

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3 réflexions sur « Asimbonanga »

  1. Il est clair que si on se replace dans le contexte , on peut dire que ce chanteur était vraiment engagé dans la lutte contre l’ apartheid, et Mandela lui doit beaucoup !
    Je trouve que même sans en comprendre les paroles on sent le message, et c’ est probablement la raison du succès de cette chanson !

  2. Merci beaucoup pour la traduction de cette chanson que j’ai toujours aimé sans en comprendre le sens exact.
    C’est super de le connaître et lui confère encore plus de valeur, enfin, à mes yeux.
    Encore un Grand qui est parti au paradis des chanteurs, ils doivent faire une belle chorale avec les anges …
    Gros bisoux et bon jeudi, ma françoise ♥

  3. un grand chanteur vient de nous quitter, bien jeune encore, j’aimais beaucoup ce chanteur, et son engagement contre l’apartheid , qu’il repose en paix, merci pour ton article chere Françoise, bisous

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