Argot

L’argot est un langage particulier créé à l’intérieur de groupes sociaux ou socio-professionnels et par lequel l’individu affiche son appartenance au groupe. L’argot doit être distingué du jargon qui est propre aux représentants d’une profession ou d’une activité caractérisés par un lexique spécialisé : le louchébem, le verlan, le javanais ou même la langue de bois des politiques par exemple.

La fonction première de tout argot serait de coder le langage afin qu’un non-initié ne le comprenne pas ; pratiqué plutôt par des individus qui vivent dans la précarité (le peuple en général), l’argot est une langue qui varie beaucoup d’un endroit à un autre, d’une époque à une autre, d’où sa fantaisie. J’insiste « la langue verte » a bien du charme.

Souvent employé en littérature pour créer un climat et un contexte, pour faire s’exprimer les personnages de truands ou simplement des gens du peuple dont la bouche ne peut s’exprimer avec le langage châtié d’un académicien, pensez donc à Frédéric Dard (alias San – Antonio), Alphonse Boudard.

L’argot est utilisé dans les films par Michel Audiard (qui disait avoir la gouaille d’un Parisien plutôt qu’un parler argotique) et dans les chansons de Pierre Perret qui en a fait sa marque distinctive ou dans celles de Renaud qui a des copains (poteau, pote, aminche, frangin) et considère les autres hommes comme barge, barjo, blaireau, connard, faux-cul, gogo, mariole, ringard, rombier, tocard…

Vraiment, j’aime l’argot pour sa richesse,  je pense à cette  abbaye de mont(e)-à-regret (clic), appelée aussi l’abattoir, la faucheuse, le gillette, le guichet, Madame, Mademoiselle, la mécanique, la bascule à Charlot, la veuve rasibus, le coupe-cigare national… et à l’argent (clic), pour cet autre vieil article) autrement dit artiche, as, aspine, aubert, avoine, balles, beurre, biff, biftons, blanquette, blé, boules, braise, bulle, caire, carbure, carme, chels, chou, caillasse, craisbi, douille, écusson, fafs, fafiots, fifrelins, flèche (un), flouze, fourrage, fraîche, fric, galette, galtouse, ganot, genhar (verlan), gibe, graisse, grisbi, japonais, lard, love, maille, monaille, mornifle (oui, ce n’est pas qu’une baffe, une claque), némo (verlan), os, oseille, osier, pion, sac, barre, brique, pascal, patate, pâte, pélauds, pépètes, pèse, picaillons, pimpions, plaque, plâtre, pognon, radis, rafia, ronds, sauce, soudure, sous, talbins, trêfle, thune, etc.

Un petit cadeau au passage : Le loup et l’agneau en argot par Pierre Perret

Sur le vaste échiquier de not’ mond’ de misère
Un agnelet nature qui tétait l’onde claire
Se gourait pas un poil éclusant la lancequine
Qu’un loup l’cherchait partout pour en faire un Tajine.
– Viens ici p’tit loubard, qui t’a filé l’condé
De tremper ton gros blair dans mon sirop d’ablette ?
– Mais sire, je savais pas, j’en ai sifflé qu’un dé
Ce n’est pas pour si peu que vous m’faites la courette ?
Le loup à toute bubure enjambe le cresson
Poursuivant l’innocent qui a plus un poil de sec.
Le loup certes est plus fort, mais en guise de leçon
On verra qu’un teigneux peut tomber sur un bec.
Finalement comme chez nous, y a des moutons bêlants
Y a des faibles et des forts, y a des noirs et des blancs …
Le roi, lui, il s’en tape, il est pas dans l’troupeau
Il compte en s’endormant ceux qui paient des impôts.

Moralité :
Tuer un p’tit agneau sans défense ?
… C’est bien laid …
Mais c’est pas dégueulasse avec des flageolets !

Bon, moi je m’esbigne en loucedé. À la revoyure…

(J’en conviens ce n’est pas l’argot du moment, c’est du classique, si j’ose dire.)

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3 réflexions sur « Argot »

  1. Rien à voir avec le patois local, que tout le monde ne comprend pas non plus !
    peut on parler de langage fleuri pour l’ argot ?
    Pour certains mots certainement, et pour un pierre Perret c’ est certain !
    Mais lui, c’ est un spécialiste aussi de la chanson paillarde qui n’ a rien à envier au curé de Camaret ou de Cucugnan où on retrouve ces fameuses couilles !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. J’adore l’argot mais, par dessus tout, le patois !
    Bon, je ne vais pas m’esbigner à te pondre un com tout en argot car le temps me manquerais et j’ai un RDV important …
    A la revoyure est un mot que j’emploie très souvent.
    Bonne fin de semaine.
    Bisoux, ma françoise ♥

  3. bonjour chere Françoise, merci pour ce bel article , l’argot fait partie de notre vie courante, on ne vit pas quarante ans, comme moi, dans la region parisienne, sans connaitre un peu d’argot ! par contre le patois local, j’ai tout oublié, ma mère, une modeste paysanne, nous a toujours incité à ne parler qu’en « bon français » … j’adore évidemment Pierre Perret , Frederic Dard, Boudart ou Audiart, aussi mais un peu moins ! moi aussi je m’esbigne en loucedé. À la revoyure…bonne fin de semaine, bisous

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