Partir en couille

Dans un de mes derniers articles, je faisais référence à quelques expressions populaires dont « Partir en couille », expression datant de la fin du XXe siècle. Une explication est indispensable à cette familiarité, voire même vulgarité.

« Partir en couille », cette expression très récente provient d’une méconnaissance (sans doute volontaire ?) de l’expression originale « partir en quenouille » qui signifiait tomber en la possession d’une femme en parlant d’un héritage qui pouvait être un pays. Le Roi défunt n’avait que des filles pour lui succéder ; le Royaume Uni est « parti en quenouille » depuis soixante-six ans avec Elizabeth II.

En France, impossible (de toutes façons, nous n’avons plus de roi depuis un moment). En effet, la loi salique a été instituée par les Francs depuis le VIe siècle pour éviter que la couronne royale ne « tombe en quenouille », c’est-à-dire aux mains des femmes. La quenouille était un instrument, un fuseau sur lequel on enroulait le fil destiné à être tissé (c’est avec une quenouille que la Belle au bois dormant s’est piqué la main avant de s’endormir pour cent ans.

Ci-dessous : rouet et quenouille devant la Belle avant qu’elle ne dorme et la méchante fée.Image associée

Le filage et la quenouille étant peu pratiqués fin du XXe, les locuteurs ont transformé la quenouille en couille. Le sens était changé totalement : les hommes prenaient une fois de plus le dessus mais finalement pas à leur avantage puisque « tomber en couille » c’est rater quelque chose, voir péricliter une affaire.

Je me souviens d’un article que j’avais écrit en 2011 à propos des coquilles et bourdons (clic LÀ ou encore LÀ) qui donnait une autre explication : couille, ça vient de coquille ! Anecdote : dans la presse à l’époque des caractères en plomb, un Q avait sauté et les éleveurs de coquilles s’étaient retrouvés éleveurs de couilles et depuis dans l’imprimerie, on parle de coquille ou de couille… Une coquille, c’est tombé en couille.

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2 réflexions au sujet de « Partir en couille »

  1. Merci pour ces explications.
    Perso, j’y voyais une citation un peu péjorative pour ces messieurs …
    Comme des couilles qui ne serviraient à rien !
    Quoique, pour les protéger, certains sportifs mettent des coquilles !
    Pas parce qu’elles sont précieuses, non, mais parce qu’un coup dedans, ça fait très mal … soit-disant …

    Bon jeudi,
    toujours dans le gris,
    Alors je fais des bibis !
    Zou, des bisoux !

  2. C’ est vrai qu’ on les protège avec une coquille, ces choses de la vie comme disait Coluche !
    C’ est me semble t’ il Olivier de Kersauson qui aux grosses têtes avait dit à propos des spermatozoïdes : je n’ ai pas assisté à beaucoup de courses, mais j’ ai donné beaucoup de départs !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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