C’est dimanche (146)

Du temps où j’étais prof, j’avais un T-shirt (que je portais quand je ne travaillais pas officiellement au lycée) sur lequel on pouvait lire la phrase suivante : « J’ai appris que les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux.» Alphonse Allais ; j’en avais un autre « LEADER : chef d’une tribu de béni-oui-oui » (béni-oui-oui : substantif invariable en genre et en nombre, terme familier utilisé pour désigner une personne qui dit toujours «oui» et qui fait ainsi preuve de servilité. Et Dieu sait que ce genre d’individus ne manque pas.)

Avec les années, je ne suis pas devenue un béni-oui-oui mais je suis bien plus sage ; je ne passe pas mon temps à me battre contre des moulins, j’arrive à prendre de la distance, à rire de beaucoup de choses, même de moi et à  rire de la soi-disant* sagesse. Vous souvenez-vous de mon griot ? LÀ.

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Sagesse et paresse

Un homme dit à son fils :

– » Tu devrais te lever de bonne heure, mon fils. »

– « Et pourquoi, père ? »

– « Parce que c’est une très bonne habitude. Un jour où je m’étais levé à l’aube, j’ai trouvé un sac d’or sur le chemin. »

– « Il avait peut-être été perdu la veille, non ?

– « Non, non », dit le père. « Il n’était pas là, la veille au soir car je l’aurais remarqué en rentrant. »

– « Alors », dit le fils, « l’homme qui a perdu son or s’était levé encore plus tôt que toi. Tu vois que ce n’est pas bon pour tout le monde de se lever tôt ».

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Justice et sagesse

Un homme pauvre se prit de querelle avec un homme riche qui le gifla. L’affaire fut portée devant un juge qui écouta les deux plaignants et décida que l’homme riche donnerait un bol de riz à l’homme pauvre. Alors l’homme pauvre se tourna vers le juge et le gifla vigoureusement.

– « Qu’est-ce qu’il vous prend ? » demanda le juge.

– « Oh, ce n’est rien », dit l’homme pauvre. « Juste une envie. Quand on apportera le bol de riz, prenez le pour vous. Moi, je m’en vais. »

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Sagesse et pauvreté

Dans un café, Paul Verlaine fouillait dans ses poches et dans son porte-monnaie. Le patron lui demanda:

– » Vous avez perdu quelque chose, Monsieur Verlaine ? »

– « Non, je regarde simplement si j’ai encore soif. »

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Sagesse et politique

Louis XIV, fier, susceptible (il était le Roi Soleil) montra des poèmes qu’il venait d’écrire à Nicolas Boileau, poète, afin d’avoir l’avis de ce dernier.

Boileau n’était pas seulement un grand poète, il était aussi un habile courtisan. Piégé par Louis XIV, Boileau lui répondit poliment :

– « Sire, rien n’est impossible à Votre Majesté. Votre Majesté a sans doute voulu écrire de mauvais vers, et Elle a réussi. »

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La sagesse et l’humour des Guitry

Sacha Guitry assistait à une réception en tenue de soirée lorsqu’un grossier personnage le prit pour un maître d’hôtel et lui demanda :

– « Pardon mon ami, pouvez-vous m’indiquez les toilettes ? »

– « Prenez cette direction », dit Guitry, « suivez le couloir, tournez à droite, vous verrez une porte où il est écrit « Gentlemen ». Alors, vous entrerez quand même. »

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Au temps où les deux Guitry, Lucien le père et Sacha, le fils jouaient ensemble au théâtre de la Porte Saint-Martin, Lucien reçut dans sa loge le directeur dudit théâtre.

– « Maître », lui dit-il, « votre fils Sacha a eu à mon égard des propos affreux. Il m’a dit : »Je n’irai pas à votre enterrement ». »

– « Ah ! Ce n’est pas gentil », répondit Lucien Guitry… « Mais rassurez-vous, je me ferai un plaisir d’être là. »

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Et pour qu’une femme ait le dernier mot :

L’antagonisme masculin envers Nancy Astor, la première femme à occuper un siège à la Chambre des communes à Londres, se manifesta à plusieurs occasions.

Winston Churchill manqua plusieurs fois de courtoisie à son égard ; cependant, un jour Churchill chercha à s’excuser :

– « Votre intrusion dans cette chambre dominée par les hommes est vraiment embarrassante… aussi embarrassante que si vous faisiez irruption dans ma salle de bain alors que je suis complètement nu…et que je n’ai rien sous la main pour me couvrir ! »

– « Franchement Winston », répliqua Lady Astor, « vous ne devriez pas vous en faire pour une si petite chose… »

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Savez-vous que certains machos disent : « Le seul qui puisse avoir le dernier mot avec une femme … c’est l’écho ! »  ou comme Alfred de Musset : « On peut avoir le dernier mot avec une femme, à la condition que ce soit oui. »

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Attention !

En prime ….

Une soi-disant sérieuse petite leçon d’orthographe : soi-disant et jamais soit-disant. Il faut rappeler que l’adjectif «soi-disant» signifiant stricto sensu «qui se dit tel ou tel», mieux vaut le réserver à celles et ceux qui sont doués de la parole. En ce qui concerne les choses, les concepts ou les animaux non personnifiés, «prétendu» fera mieux l’affaire sans vous poser de problème.

L’adjectif « soi-disant » contient le participe présent du verbe pronominal «se dire», il a été formé à partir du pronom personnel «soi» et non de la conjonction «soit». Il est invariable. Pour exemple :

« Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires ». Georges Brassens extrait de l’album « Je me suis fait tout petit », « La Marche nuptiale »

Soi ou soit comme béni et bénit, des questions encore où d’autres ne se tourmentent pas. En politique, il est plus probable que l’on ait affaire à un «prétendu escroc» qu’à un «soi-disant escroc» : il soigne son image, le bougre !

Vous écouterez bien cette petite chanson, non ?

Je vous conseille encore plus d’aller voir là : http://youtube avec des images des parents de Georges Brassens.

Ceci dit, Brassens n’avait pas tout vu, il lui manquera toujours « le mariage pour tous ».

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4 réflexions sur « C’est dimanche (146) »

  1. il est toujours agréable de lire les mots d’ esprit des gens qui en sont dotés, à condition toutefois de n’ en n’ être pas victime !
    Pauvre mariage trituré pour une question de votes !
    Merci pour cet article, passe un bon dimanche Françoise
    Bisous

  2. Me voici au rendez-vous dominical des blagues. Mais j’ai été davantage intéressé par ta leçon pas « soi-disant » de bonne orthographe. (j’hésite toujours s’il faut deux « h » à orthographe). Je suis perplexe, aurais-je correctement orthographié le fameux « soi-disant ». En attendant des PPS à t’envoyer, amitiés.

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