La fête à Neu-neu

La fête à Neu-neu désigne une fête foraine en général ; cette expression tire son origine d’une célèbre fête à Neuilly. Notez bien qu’il ne faut pas confondre ce Neu-neu là, issu du début du nom de la ville, avec le neuneu familier de la langue française qui signifie « niais, sot, nigaud ».

Cette confusion je l’ai faite longtemps, pensant que la  fête à neuneu était une fête pour les nigauds (personnes manquant d’expérience, de jugement, sottes, niaises ou maladroites… dont je faisais partie). Aujourd’hui, la fête à Neuneu sert, de plus en plus souvent, à désigner une manifestation manquant d’intérêt, une « spéciale gogos« .

Les gogos sont des personnes d’une crédulité niaise qui se laissent facilement duper en affaires, des neuneus, c’est pareil ; elles sont loin des « gogos dancers », danseurs en tenue très légère se produisant, le plus souvent, sur les scènes des cabarets érotiques ou des discothèques. Les « gogos dancers » sont des hommes ou des femmes dansant sur des plateformes, des cubes ou dans des cages au-dessus du public. Ils sont là pour animer et faire bouger les spectateurs, les consommateurs.

Quant à la fête à Neu-neu, c’était, au début, la fête de Neuilly,  une fête foraine très populaire de Neuilly-sur-Seine, créée par un décret impérial de Napoléon I° en date du 10 juin 1815. La première fête patronale de l’église Saint-Jean-Baptiste exista suite à une demande de l’abbé Jean François Delabordère, maire de Neuilly et se déroula chaque année, entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet, sur les bas côté de l’avenue de Neuilly (aujourd’hui avenue Charles-de-Gaulle) depuis la porte Maillot jusqu’au pont de Neuilly.

Très vite surnommée la fête à Neu-Neu, sa dernière édition a eu lieu en 1935. En 1936, l’élargissement de l’avenue de Neuilly fut l’occasion de supprimer cette grande manifestation populaire dans une ville devenue quartier riche et résidentiel. Le motif officiellement invoqué alors est que l’espace restant ne permet pas l’installation des manèges.

En 1943, dans une chanson nostalgique, Maurice Chevalier a regretté la disparition de cette festivité.

En 2008, la Foire d’automne, une fête foraine installée sur la pelouse derrière l’hippodrome d’Auteuil, a été déplacée porte de la Muette et baptisée Fête au Bois. En 2010, elle a repris le nom ancien de Fête à Neu-Neu.

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1 réflexion sur « La fête à Neu-neu »

  1. je pensais aussi que le rapport était avec niais !
    Bizarre quand même de passer de Neuilly à neu neu !
    J’ ai remarqué, chez moi tout au moins, que les fêtes foraines perdaient de leur attractivité, le prix des manèges sans doute, mais aussi le type de fréquentation

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