Pince-sans-rire

Contrairement à celui qui est prêt à rire jaune pour passer inaperçu ou être « politiquement correct », il y a celui qui prend un air très sérieux pour raconter une énorme blague, un gros mensonge, quitte à choquer et à déranger, celui-là est un «pince-sans-rire».

L’humour du pince-sans-rire est une forme très particulière d’humour que l’on peut rapprocher de l’humour noir. Souvent les blagues ou traits d’humour sont moqueurs à l’égard d’une personne, un peu lourds quelquefois alors que l’humour pince-sans-rire est souvent « second-degré » puisqu’il repose sur une compréhension mutuelle entre celui qui raconte et la personne qui l’écoute. L’humour réside alors dans le décalage entre une assertion très ironique ou très noire, qui, si elle était véritablement sérieuse, défierait toutes les règles de bienséance, et l’aspect apparemment tout à fait sérieux de la personne qui la prononce.

L’humour pince-sans-rire, comme d’autres formes d’humour, peut avoir simplement pour objectif de provoquer de francs éclats de rire dans l’assistance mais il peut aussi être employé de façon plus sournoise, voire hypocrite, dans le but de ridiculiser l’interlocuteur qui ne comprend pas l’ironie aux yeux de ceux qui la comprennent.

Le principe rhétorique «à question idiote, réponse idiote» mène à systématiquement apporter des « réponses pince-sans-rire » aux questions qui dénotent une certaine naïveté. Dans ce cas, l’interlocuteur qui manifeste en riant qu’il a compris l’ironie se lave du soupçon de naïveté, mais s’il garde lui aussi son sérieux, alors…

Cette expression « Pincer sans rire » est née au XVI° siècle, à une époque du jeu « pincer sans rire »  sans qu’on sache réellement dire si la locution a donné naissance au jeu ou l’inverse. Tout ce qu’on peut affirmer c’est qu’autrefois, le verbe « pincer » a eu aussi le sens de « railler » mais aussi de « caresser » ou « peloter ».

Mais qu’était ce jeu aujourd’hui disparu ? À peu près aussi intelligent que celui de la barbichette (« je te tiens, tu me tiens par la barbichette », vous savez quand vous tenez la personne en face par le menton (même si elle est parfaitement imberbe), le plus longtemps possible sans rire sous peine de recevoir une grosse baffe…). Jadis, donc, ce jeu se faisait en groupe. Un des participants se barbouillait les doigts de suie et un autre, plus ou moins volontaire, se faisait légèrement pincer par lui différents endroits du visage. Cela provoquait un barbouillage infâme sur la figure et si une autre des personnes présentes  riait, elle devenait alors la victime.

Au XVII° siècle, « pincer sans rire » a signifié « offenser ouvertement » (contrairement à son sens initial et à celui actuel) et « pincer en riant » voulait dire « offenser et faire semblant du contraire ». Ce n’est qu’au XVIIIe que le mot pince-sans-rire est apparu.

Alors aimez-vous les pince-sans-rire ? (mot invariable)

5 réflexions au sujet de « Pince-sans-rire »

  1. que ce soit pour le rire jaune ou le pince sans rire, je crois que le mieux est d’ en rire !
    bon Noël, Françoise
    bisous

  2. Bonjour
    Ben, à vrai dire, pas trop….
    Bon noël à toi et aux tiens… que Dieu vous garde et vous bénisse
    Jean

  3. Bonsoir Françoise,

    J’adore les pince sans rire et leur humour..-)))
    ça montre une intelligence certaine…

    C’est toujours intéressant de connaître l’évolution du langage et des expressions !!

    Je te souhaite un très joyeux réveillon de Noël !!
    Amitiés !!

  4. pince sans rire, belle expression !! mieux vaut en rire ! sans doute es tu sous les tropiques comme moi, quelques kms nous separent !! et un peu d’ocean indien !! je t’envoie un amical bonjour, et te souhaite de bonnes fêtes de fin d’année,! grosses bises

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