Mauvaise réputation

Il parait qu’un jour la reine d’Angleterre, Elisabeth II,  eut une cynique réplique à l’égard de son Premier Ministre, Margaret Tatcher : «Grattez le vernis d’Oxford, vous trouverez l’épicerie», faisant allusion à l’échoppe où vécut, dans son enfance, la «Dame de fer». Mépris pour le peuple ou les gens d’origine populaire. Pas de quoi être fier mais il est vrai que la colère fait dire des bêtises.

Quoiqu’il en soit c’est bien une vérité et l’idée que lorsqu’on a de basses origines, on en conserve toujours la vulgarité, malgré une éventuelle réussite est le sens de ce proverbe (de moins en moins utilisé) : «La caque sent toujours le hareng».

Le hareng est un poisson des mers froides et peu profondes qui a, comme beaucoup d’autres, une odeur très forte lorsqu’il est fumé. Lorsqu’on entasse des harengs pendant un certain temps dans une caque, elle en garde définitivement l’odeur quoi qu’on puisse faire pour tenter de l’en enlever.

Qu’est qu’une caque ? Un tonneau, ni plus ni moins, une barrique destinée à contenir des harengs conservés dans du sel. Le mot est apparu au XIVe siècle, dérivé de l’ancien nordique kakki qui voulait dire « tonneau ». Autant dire que, vu l’odeur des poissons ainsi stockés, le bois ne peut que s’en imprégner définitivement et que plus rien ne peut l’éliminer.

La même caque a donné une autre expression désuète elle-aussi «serrés comme harengs en caque» remplacée aujourd’hui par «serrés comme des sardines (en boite)». Aujourd’hui, on voit plus facilement des boîtes de sardines que des caques de harengs dans les rayons des supermarchés.

L’expression «La caque sent toujours le hareng» est désespérante pour celui qui n’est pas né dans le grand monde. Celui qui vient de la France d’en bas n’arrivera jamais à dissimuler complètement ses origines, même s’il arrive à se hisser dans les hautes sphères de la société et, tout comme la caque est perdue pour un usage autre que le stockage de harengs, une fois qu’elle a servi à ça, le mal-né gardera toujours en lui la prétendue vulgarité liée au monde dans lequel il a été élevé.

Quant au hareng, principalement le saur, il était surtout consommé par les populations pauvres. En argot (langage populaire), le «hareng» est aussi le souteneur, celui qui contrôle une femme, autrement appelé «maquereau». Quelle réputation on fait aux poissons !

Et pourtant : Boby Lapointe chante «la maman des poissons elle est bien gentille».

J’en connais un qui s’est marié
A une grande raie publique
Il dit quand elle lui fait la nique
« Ah! qu’est-ce qui tu me fais, ma raie ! »

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2 réflexions au sujet de « Mauvaise réputation »

  1. je dis toujours, que les  » grands  » de ce monde, n’ ont pas plus fière allure sur les chiottes, que le paysan du Berry !
    On a tôt fait de voir que c’ est dans la  » haute  » qu’ on trouve les plus pourris des hommes, qui s’ ennuient tellement qu’ ils cherchent des plaisirs interdits !
    et bon, je me réfère à un certain prophète, qui nous a assuré : bienheureux les pauvres, le royaume de Dieu leur est ouvert !
    et déjà, riches et pauvres n’ emportant rien dans la mort.
    bonne journée Françoise
    bisous

  2. D’où il est vrai qu’il faut toujours se souvenir de ses origines…surtout quand elles sont modestes ! « Singer » les « grands » (les vrais, pas ceux qui sont grands parce qu’ils se sont enrichis !) de ce monde, ne prouve rien et je suis bien d’accord avec la réflexion de Trublion….
    Bonne soirée.

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