Changer le monde

Changer le monde, croire en l’avenir, défendre la patrie, les croyances, les valeurs culturelles, humaines, tout cela semble perdre son poids de génération en génération. Les jeunes d’aujourd’hui semblent indifférents à ces causes. Seuls les préoccupent l’argent, le bien-être, le bonheur, le paraître… et eux-mêmes. Seraient-ils sages ?

Si l’on en croit Molière :

… c’ est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J’ observe, comme vous, cent choses tous les jours,
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ;
Mais quoi qu’à chaque pas je puisse voir paraître,
En courroux, comme vous, on ne me voit point être ;
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,
J’ accoutume mon âme à souffrir ce qu’ils font ;             (Le Misanthrope, Acte I, scène 1)

Des générations entières se sont impliquées corps et âme pour faire évoluer la société, leur patrie. Elles étaient prêtes à défier le monde en ayant pour objectif de le changer, en mieux évidemment. Les générations actuelles semblent avoir perdu ce désir de s’investir pour quoi que ce soit, sauf quelques marginaux (de plus en plus nombreux ?). Il me semble que la majorité des jeunes se fout de presque tout aujourd’hui. La faute à qui ? Aux parents ? A la  société de plus en plus basée sur l’individualisme ?

La culture de l’éphémère, le matérialisme, la recherche du plaisir instantané, du bien-être individuel, bref des richesses matérielles plutôt que morales, a fini par aveugler la plupart des jeunes qui ne vivent que pour l’instant présent sans penser aux générations futures. Pourtant, je dois avouer que les manifestations de Notre-Dame-des-Landes m’ont fait réfléchir. Assisterait-on à un renouveau de ce qui fut l’avant mai 68 ? Une prise de conscience et un désir de faire changer les choses…

Souvenez-vous : dès 1967, en pleine période de croissance, on remarqua des symptômes de détérioration de la situation économique française : le nombre de chômeurs augmentait régulièrement (près de 500 000, début 1968, essentiellement des jeunes) ; les mines, en crise, vivaient leurs dernières années ; les grèves se  multipliaient depuis 1966 et 1967, en région parisienne comme en province ; deux millions de travailleurs étaient payés au SMIG (l’ancien nom du SMIC) et se sentaient exclus de la prospérité, parmi eux beaucoup d’ouvriers, de femmes ou de travailleurs immigrés ; les salaires réels commençaient à baisser (inflation) et les travailleurs s’inquiétaient pour leurs conditions de travail qui se détérioraient (cadences, objectifs et mécanisation) ; la réforme de la Sécurité Sociale de 1967 préoccupait ; les bidonvilles existaient encore, aux abords des villes, dont le plus célèbre, près de Nanterre, en région parisienne, se situait directement sous les yeux des étudiants qui, eux, manquaient de locaux, de matériel, de transports, et le gouvernement parlait aussi de sélection.

« Ah bon ? » dirons les plus jeunes. « Ah oui ! » se disent les plus anciens, « on avait oublié. » L’histoire est un éternel recommencement.

Aujourd’hui la situation est mauvaise, depuis de nombreux mois ; on craint même qu’elle empire. Les chômeurs sont plus de trois millions et l’on ne tient pas compte des temps partiels imposés, des stages de longue durée, des CDD de très courte durée ; les employés sont souvent sous-payés, l’automobile est en crise, comme le commerce, la recherche, l’enseignement, le bâtiment, l’agriculture, les caisses de la Sécurité Sociale sont vides, celles de l’Etat ne sont pas en meilleur état, les travailleurs ont du mal à se loger décemment, à se chauffer, s’éclairer, payer leurs impôts, se soigner… tout semble aller de mal en pis. Alors que va-t-il se passer bientôt ? Rien ? Une révolution plus dangereuse qu’on ne peut l’imaginer ? Je me demande.

Il me semble que si les politiques étaient plus intègres, si les modèles de dignité et de fierté existaient encore, si le mérite, l’honnêteté et les efforts étaient reconnus comme des valeurs sûres, si l’on responsabilisait, si l’on motivait, si l’on punissait de manière juste, équitable selon la faute commise, si l’on considérait un peu plus les gens dans leur travail, si l’on respectait l’autre : sa personne, son travail, il n’y aurait plus ce « je m’en-foutisme » généralisé.

C’est parce qu’on a appris aux individus à ne pas respecter l’ordre établi puisque la punition n’existe plus, qu’on trouve  à certains des circonstances atténuantes,  que souvent la justice a plus d’égard pour le coupable que pour la victime que notre société va mal.

Tant qu’il n’y aura plus de conscience personnelle, plus de respect, plus de punition, mais simplement une société de consommation poussée à l’extrême, le monde ne changera pas, du moins pas en mieux.

Le pire est-il à venir ?

11 réflexions au sujet de « Changer le monde »

  1. Bonjour ma douce Françoise

    Ce matin il fait bien froid et j’ai pensé partager avec toi un moment chaleureux et que cet instant nous tienne chaud toute la journée, es-tu d’accord ?

    Je t’offre une bonne tasse de café et ensuite je pars, mais tu vas m’accompagner dans mes pensées comme toujours.

    Merci pour ce bon moment, c’est un merveilleux privilège que de partager ton amitié tu sais.

    Prends soin de toi et de ton bel univers. Merci pour tout ce que tu écris et dépose dans le mien.

    Bisous givrés.

  2. …bonjour chere Françoise, ta reflexion est bonne, il est sans doute grand temps de changer le monde, notre société va mal , le pire est sans doute à venir… en attendant il neige chez nous, ce qui est déjà une révolution !! bonne journee bisous

  3. Bonjour Françoise
    oui le pire est a venir, car même ici, en Chine on ferme des usines, pour aller les ouvrir……au Vietnam
    Je te souhaite un très bon jeudi
    Nos amitiés bises
    Qing&René

  4. une très bonne analyse !
    Sans espoir, rien n’ avancera.
    Je me dis que tout est à revoir, et qu’ il n’ est pas possible de prétendre donner du travail à tout le monde, tout en inventant sans cesse de nouveaux robots capables de remplacer bien des hommes !
    Surtout quand on sait que la population mondiale va dépasser les 10 milliards.
    il est vrai q’ un robot, ça n’ est pas malade, et ça ne fait pas grève.
    Si on est optimiste, on peut penser qu’ on trouvera des solutions !
    si on est pessimiste, on sait que la fin du monde est programmée !
    bonne journée
    bisous

  5. Bonjour Françoise
    A défaut de pouvoir changer (pour le mal) comme voudraient
    malheureusement certains, ils déclenchent des guerres
    Bisous
    Frieda

  6. Bonjour
    Pour changer le monde il faut changer les cœurs des hommes (et des femmes bien sûr) il faut que les dispositions fondamentales qui conduisent les hommes soient changées… alors le monde changera, jamais autrement…
    L’éducation , le modernissime etc… c’est un leurre, c’est du pipeau…
    Bonne journée
    Jean

  7. Le pire n’est jamais sûr !
    Le meilleur arrive parfois à l’improviste
    Continuons à faire au mieux ce que nous pouvons faire là où nous sommes, à faire vivre ces valeurs auxquelles nous croyons, le reste ne nous appartient pas…ce n’est pas une raison pour baisser les bras et restons lucidement optimistes, autant qu’on peut
    Amicalement

  8. Ton article fait un exact écho à celui que je viens de publier, en ce début d’après-midi sur Alice HERZ SOMMER, une des dernières survivantes de l’Holocauste . Elle parle de sagesse et ses mots font écho à ceux de MOLIERE que tu cites !!!
    ………………….
    Merci pour ton passage sur le Blog de la Vieille Marmotte … Je viens déposer ici ma réponse à ton commentaire. Je réalise que si je te réponds directement sur mon Blog, le fonctionnement d’EKLABLOG ne permet pas que tu sois prévenue de ma réponse !
    Tu me dis avoir envie de reprendre ta participation à MUSIQUE A COEUR … OUVERT de Véro and CO … as-tu suivi le film ? nous ne publions que tous les 15 jours et selon le même principe . Jacques l’Ardéchois tient toujours un TABLEAU RECAPITULATIF. le thème du 23 janvier n’est pas encore connu …. que puis-je te dire d’autre ? souhaites-tu que je mette un lien sur mon blog vers ton article ?
    Il est question que les Communautés soient supprimées dès que la nouvelle plateforme d’OB sera définitivement mise en service ….
    Gros bisous, et à bientôt de tes nouvelles.

  9. Exact…exact…et encore exact ! Je crois (tout en espérant le contraire !) que le pire est à venir…Ce qui est grave, c’est que tous nos hommes politiques, ne réagissent pas au mieux pour notre Pays. Ils semblent avoir bonne conscience…J’ai bien peur que ce qui leur importe le plus, c’est de garder leurs avantages…Oui, mais pour combien de temps ? Mai 1968, on ne l’avait pas vraiment senti venir, et pourtant ….Actuellement, c’est beaucoup plus grave et les « priorités » (les vraies) ne sont pas là où on voudrait nous le faire croire…Le peuple aimerait travailler, gagner de quoi vivre décemment, être entouré de gens francs et honnêtes…J’arrête, je sens que je vais être grognon …..
    Merci Françoise pour cet article.
    Amitiés.

  10. Merci de ton passage…bonne et heureuse année à toi…mon amie avait recueilli plus de 30 chiens en Guadeloupe tous plus ou moins dans un piteux état… mais aussi des chats etc…elle a d’ailleurs déménagé vers le Canada car elle ne pouvait plus supporter toute la misère des animaux dans ce pays…lors du déménagement il y a 8 ans, elle emportait dans ses bagages 28 animaux…il lui reste 9 chiens tous âgés de 10 à 17 ans…Alba était parmi les plus jeunes

  11. Oui Françoise
    le pire est à venir car la société que tu décris ouvrira de plus en plus les oreilles pour écouter des promesses fallacieuses, et le bonheur pour tous sans efforts. Ainsi on voit progresser chez nous l’islamisme et ceux qui l’écoutent en deviennent même incapable de voir dans quelle misère vivent les gens des pays dans lequel il est au manettes.
    Oui le pire est à venir car un certain capital a tout intérêt à ce que la seule préoccupation des gens soit la consommation.
    Oui je crains que l’avenir qui s’annonce est celui des totalitarismes.
    Amicalement
    Antonio

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