La publicité

Je vous ai déjà dit que j’étais professeur, avant ; j’ai enseigné la communication publicitaire. Les formations s’adaptent au monde du travail, ou  plutôt c’est le voeu des ministres que les formations correspondent aux besoins mais… quand ? comment ? C’est un sacré challenge pour le Ministère et plus encore pour les enseignants qu’on lâche, seuls, dans l’arène. Je sais de quoi je parle et il y a bien de quoi faire un livre, mais j’en reviens vite au sujet du jour : la publicité.

La publicité est une forme de communication destinée à fixer l’attention d’une cible visée (un individu qui peut être consommateur, électeur, etc.) pour l’inciter à adopter un comportement souhaité : achat d’un produit : lessive, soda, parfum…, élection d’une personnalité politique, incitation à un type de comportement : ne plus fumer, ne pas boire,  économiser l’énergie, etc.

La publicité a pris le sens moderne d’ensemble des moyens utilisés pour faire connaître quelque chose au public vers 1830. Le développement de la publicité est lié à celui de l’industrie et à l’essor des marchés de grande consommation. Je crois qu’on a longtemps parlé de réclame avant de dire «publicité» ; la réclame,  c’était un petit article inséré à titre onéreux dans un journal ou une publication, une plaque en tôle émaillée sur la porte d’un magasin, un mur peint, voire même un film d’animation au cinéma faisant l’éloge d’un produit.

La « pub »  n’est ni une véritable science, ni même un art même si certaines créations, sont dignes d’intérêt, la publicité est une technique empirique qui emprunte des bases à l’ économie, la psychologie, la sociologie et même les mathématiques, les statistiques. La publicité est une propagande-produits avec ses dérives.

Les produits toxiques ou dangereux pour la santé se voient interdire de publicité dans certains pays (loi Evin sur le tabac en France, par exemple) et la réglementation protège certaines personnes, les enfants en particulier, en interdisant la publicité pornographique et en encadrant rigoureusement la publicité qui leur est destinée.

Cependant si elle est utile aux entreprises commerciales, la publicité n’est pas apprécie de tous, loin de là. Il y a des antipubs radicaux, d’autres opposants plus modérés qui relèvent les défauts dans un domaine particulier : l’environnement, la santé…

Des opposants farouches considèrent que la publicité est néfaste en tant que telle car elle fait perdre de vue le nécessaire au profit du futile. C’est « la dictature invisible de notre société »  ; elle modifie radicalement les comportements des individus et participe à un système économique vicieux qui érige en norme sociale la consommation de biens inutiles et des comportements compulsifs nuisibles à la santé physique et mentale. La publicité cherche à manipuler, à coloniser l’esprit de celui qui la regarde ou l’écoute, et donne l’avantage au commanditaire sur le consommateur : le consommateur reçoit passivement une information biaisée qui flatte ses intérêts et ses goûts en fonction des intérêts du commanditaire. Grâce à des sondages et études de marché, le vendeur détient une information claire et objective sur le comportement du consommateur. Des actions illégales organisées par les «antipubs» ont eu lieu. Il s’agit principalement de la destruction d’affiches et du détournement des messages publicitaires mais ce n’est guère efficace, le lobby de la publicité est trop bien installé..

Quant à la critique écologique de la publicité, elle porte sur l’influence du message publicitaire qui incite à la consommation sans prendre en compte les impacts environnementaux qu’elle génère, et sur l’impact direct de l’action publicitaire sur l’environnement (dépenses de papier et d’énergie, pollution visuelle, sonore, lumineuse, etc.).

N’avez-vous pas essayé, comme moi, de limiter l’arrivée, donc la production de papiers publicitaires en posant un autocollant bien visible « Pas de publicité, S.V.P. » sur votre boîte aux lettres ? Est-ce que ça marche bien, un peu ou pas du tout ?

Que faire si les papiers arrivent encore ?

Quant à la publicité télévisée accusée de contribuer à l’augmentation de l’épidémie d’obésité qui touche les pays développés, il faut reconnaître qu’il existe un lien incontestable entre une forte exposition aux publicités télévisées et l’obésité des enfants âgés de 2 à 11 ans ainsi que celle, des adolescents de 12 à 18 ans. L’exposition à la publicité télévisée portant sur des aliments de haute densité énergétique (notamment sucrés et gras) est associée à une prévalence plus élevée de l’obésité. » Les jeunes sont sans doute bien plus réceptifs à la publicité que les adultes et ils veulent goûter et surtout consommer comme les copains, mais collés devant leur écran, ils ne bougent plus beaucoup.

En ce qui me concernent j’apprécie tout particulièrement les mots de Michel Piquemal,  extraits du livre  » Le Prophète du libéralisme » : « Fabriquons des obèses gavés de sucre, diabétiques limaces rampantes, éléphants de mer au coeur fragile. La honte de leur corps nous sera un marché sans fin de produits diététiques, de joggings XXL, et de rameurs couchés. »

Mais surtout, j’ai gardé ce qui me semble le meilleur pour la fin : « La publicité. Ses messages quotidiens formatent, mieux que toute propagande, l’énergie du désir des hommes.
Elle leur désapprend la révolte, le goût de la connaissance, le sens critique et la gratuité.
Elle glorifie l’inutile, le jetable, la marque. »

Désapprendre la révolte… On n’est pas sauvés. Indignez-vous, a dit le vieux Monsieur, Stéphane Hessel. Je vous rappelle mon article « Résistance indispensable« . (Clic pour le relire).

10 réflexions au sujet de « La publicité »

  1. Bonsoir Françoise,
    ton article soulève beaucoup de problèmes liés au mode de fonctionnement de notre société basé maintenant essentiellement sur le mot croissance. Il faut que les chiffres d’affaires croissent, peu importe ce qui est vendu. Il faut qu’il y ait croissance pour soi-disant améliorer les conditions de vie de tous: mais cela reste à prouver.
    La publicité est un des outils pour parvenir à ces fins et les moyens qu’elle emploie sont très souvent discutables surtout dans le domaine de l’alimentation.
    Je pense que nous sommes actuellement à la croisées des chemins et qu’une nouvelle reflexion s’impose quant aux finalités de notre vie individuelle et sociale: par ci et par là on sent une sorte de frémissement mais l’orientation qui est souvent donné au débat va plus dans le sens d’une plus grande participation de tous au gaspillage et à l’éphémère généralisé, que dans le sens d’un questionnement sur ce qu’il il indispensable pour un épanouissement harmonieux de l’homme et des moyens d’y parvenir.
    Tu as soulevé également le problème de l’obésité: c’est vrai qu’il est lié pour beaucoup à nos modes de consommation mais il y a aussi derrière la désinvolture de grand nombre d’industrie alimentaire.
    A l’université Laval de Quebec il existe une chaire dédiée à l’obésité et dont mon ami Paul Boisvert est l’un des animateurs: on trouve chez eux une foule d’information scientifiques; en plus ils se battent sur le terrain pour informer et refrainer les ardeurs de beaucoup d’industriels…..
    Je crois que le sujet est loin d’être épuisé et que nos blogs respectif auront surement l’occasion d’y revenir
    Bon Mardi
    Amicalement
    Antonio

  2. Tout d’abord Françoise, je ne peux rentrer dans ton blog par Google, depuis quelques jours, vérifie si tout se passe bien de ce côté-là.
    En ce qui concerne la pub, je suis une anti, je déteste ! Elle pollue énormément l’environnement et notre tête.
    Systématiquement, quand il y en a à la télé, je la zappe ou j’éteins, c’est là qu’elle m’énerve le plus, quand je suis bien prise dans un sujet ou dans un film.
    Dans ma boîte aux lettres, elle me gêne moins et je ne mets pas une étiquette comme celle dont tu parles, car je veux laisser du travail à ceux qui la distribuent, c’est l’unique raison.
    Quant à l’indignation générale, j’ai l’impression qu’il va encore falloir attendre un peu ! même le manque de parole de notre gouvernement (voir les retraites par exemple), ne fait pas bondir grand monde.
    Je te souhaite une bonne journée (même chargée) et t’embrasse.

  3. Je suis réfractaire à toute sorte de publicité , elle est l’apanage de la notre société de consommation , vendre un produit à tout prix .
    Elle n’est pas impartiale bien au contraire , grâce à des images et des musiques subliminales elle pousse le consommateur vers un choix que souvent il ne ferait pas .
    Comme je dis souvent elle nous enfume et après nous ouvre les yeux que sur un produit bien déterminé.
    Mais comme il n’y a que de la publicité partout , sur tous les moyens de communication , au lieu de se neutraliser , elle nous lobotomise le cerveau
    Fini les réflexions , dire que je m’énerve quand je vois ces pubs pour les crédits vantant le paradis et après moi dans mon association , je vois les gens dans la galère
    Je commence à m’égarer sur ce sujet , au contraire je devrais par des arguments le combattre
    Il faut dire qu’il y a de quoi réfléchir…….
    Passe une douce et agréable journée ,Françoise

    Bisous

    timilo

  4. j’ai mis un post it sur ma boite aux lettres.. je ne regarde guère la pub..on doit rester adulte dans ce monde de consommation qui nous crée des besoins.

  5. merci pour la visite .
    La publicité est un produit de consommation courante,le mieux est d’en manger avec modération et en choisissant la meilleure qualité possible ,sinon l’indigestion arrivera vite
    a++

  6. Je suis moi aussi fatigué de l’omniprésence de la publicité. Télé, radio, net, poste… Il y a là un trop plein vraiment désespérant… En même temps, j’ai moi-même mis de la pub dans mon blog et j’en ai aussi besoin pour vendre mes livres… Il y a juste que, comme en toutes choses, un juste milieu s’impose. L’information oui, le harcèlement, non…

  7. Depuis que les publicitaires tiennent les finances des médias, nous risquons de perdre notre liberté. L’exemple des quotidiens américains démontre, qu’ils tirent 80% des revenus, de la publicité. Comment publier en étant objectif ? De plus comme une pieuvre, les publicitaires s’invitent dans notre quotidien, dans notre foyer. Je vitupère contre ces vendeurs de sommeil, qui prétendent nous vendre du bonheur, du sens de la vie ! Rien que çà ! Les élections présidentielles démontreront mes dires. Certes nous avons le libre choix, mais combien de personnes se font manipuler ? Au plaisir de vous lire. Bonne soirée. Pimprenelle

  8. Merci d’être passée faire un petit tour sur mon blog, cela me permet ainsi de découvrir le tien, très riche d’articles et d’enseignements… Que dire de la pub, sinon qu’elle n’est au fond , qu’un miroir aux alouettes…et que nous sommes ces alouettes ! seulement l’enrobage est parfois plus spirituel que d’autre et j’ai souvent l’impression que les concepteurs de ces spots publicitaires ont pris un peu la grosse tête et affichent un certain mépris du public, suivant en cela l’exemple des chaînes de télévision… Nous ne sommes quand même pas si naïfs !…quoique …

  9. j’ aimais assez la publicité gentille, genre mère denis, mais depuis, l’ argent roi est passé par là, et chez moi, tu auras vu que je dénonce souvent ces stars du sport ou des arts, déjà milliardaires, et qu’ on utilise encore pour les pubs !
    il faut croire que malgré les salaires ils soient rentables ! et pourtant je me dis que l’ argent versé dans les pubs doit bien se retrouver dans le prix du produit !
    une fois encore, c’ est e consommateur qui paie !
    bonne soirée
    bisous

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