Mélusine, la fée grenobloise

Morgane, ma nouvelle petite-fille, a un prénom de fée et me voilà rêvant… Fée, dame des eaux, des bois, des airs… et revenue chez moi, à Grenoble, ou du moins, tout près, à Sassenage.

Au site des Cuves de Sassenage, site de tous temps célèbre en Dauphiné et à la famille de Sassenage, se rattache la légende de la fée Mélusine. Une légende médiévale qui raconte que ces lieux auraient été l’antre de la fée, à la fois femme et sirène…

La fée Mélusine est toujours présente au château de Sassenage, les promeneurs peuvent l’apercevoir au-dessus de la porte d’entrée qui porte les armoiries de la famille de Bérenger-Sassenage.

La légende, originaire du Poitou a été importée dans le Dauphiné et relate l’histoire de la jeune fée Mélusine. Celle-ci aurait tué son père en le faisant enfermer dans une montagne mystérieuse. Sa mère, la fée Présine, lui aurait  alors jeté un sort. Ce maléfice condamnait Mélusine à se transformer, tous les samedis, en poisson de la taille jusqu’aux pieds ; nous dirions plus simplement à se transformer en sirène (certains parlent de serpent au lieu de poisson). Ce sortilège ne devait pas être révélé sous peine, pour Mélusine, de ne jamais redevenir une femme à part entière.

Après la malédiction, Mélusine quitta le Poitou, prit le maquis, dans le Vercors (normal) et s’en alla pleurer dans les grottes de Sassenage, où l’on peut voir, toujours, sa table de pierre et la cuve où elle se baignait le samedi.

Le seigneur de Sassenage, le beau Raimondin, qui se promenait le long des gorges  du Furon (un torrent du coin), explorant les grottes avoisinantes, croise la belle, est séduit ; il l’épouse, a un fils avec elle. Cependant pour épouser Mélusine, le jeune homme avait dû promettre qu’il ne chercherait jamais à savoir ce que ferait son épouse le samedi. Malheureusement, la curiosité et la jalousie finirent par l’emporter, et Raimondin surprit, un samedi, son épouse au bain : femme jusqu’à la ceinture, mais poisson (serpent ?) dans la partie inférieure de son corps. Mélusine poussa un cri déchirant et se cacha pour toujours dans les grottes de Sassenage. Elle ne devait plus  les quitter que pour venir annoncer  l’imminent trépas d’un des membres de la famille des seigneurs de Sassenage, les Bérenger.

Le secret étant dévoilé, elle ne put reprendre une forme complètement humaine. Ainsi trahie par son mari, elle l’attendit, malgré tout, tous les soirs, assise sur un rocher. Ne le voyant pas revenir, elle se mit à pleurer, ses larmes tombèrent dans le Furon, où elles se transformèrent en pierres.

Les Pierres Ophtalmiques de Sassenage surnommées également « larmes de Mélusine » ou « pierres d’hirondelle » sont des pierres qui avaient autrefois des vertus curatives. En 1790, l’abbé de Lescat constate que les pierres ont une forme spéciale, celles d’une lentille ovale et sont lisses au toucher, elles ont une couleur blanche ou grise ou bien encore ambré. Elles ressemblent à du silex poli dont la forme ovalisée permet d’être mises sous la paupière pour nettoyer l’œil, en particulier des poussières.  Il s’agirait d’orbitolites, fossiles lenticulaires dont la forme, la taille et la couleur correspondent aux descriptions faites par les anciens, au poli très fin, et très doux au toucher.

Moi quand j’ai une poussière dans l’oeil, je mets du sérum physiologique, pas des cailloux. Et vous ?

9 réflexions au sujet de « Mélusine, la fée grenobloise »

  1. Beau texte !Souvenirs aussi des fées de mon enfance et si vaste domaine ….
    J’étais folle de Merlin l’enchanteur .
    Pour toi LA fée, c’est Mélusine ?
    MORGANE EN EST UNE et non des moindres !
    Belle journée ! Ne « gagatise » pas trop, Mémé !

  2. Bonjour Françoise,
    Les fées, on n’y croit plus trop !
    Mais les légendes sont toujours très jolies.
    Je ne mets pas non plus des pierres dans l’oeil, par contre « je me mets le doigt dans l’oeil » parfois ! (rires !).
    Bisous et bon dimanche à toi.

  3. il faut de l’ imagination pour inventer de tels contes, et j’ avoue qu’ ils me faisaient rêver !
    et lorsque j’ arrive à détourner mes petits fils de leurs jeux électroniques, j’ ai constaté qu’ il ne fallait pas longtemps, pour qu’ ils s’ intéressent aux histoires de fée !
    bon dimanche
    bises

  4. Très fées et elfes et compagnie, je me suis régalée à remémorer l’histoire à travers tes lignes, merci
    J’avais cependant occulté que tout cela se passais dans le Poitou et le Vercors, quelle sotte je fais.
    Je t’embrasse

  5. Bonsoir Françoise, je n’ai jamais été fée ou contes !
    Concernant l’abandon, je n’arrive pas à comprendre que l’on puisse abandonner son enfant même fauchée, dans une situation désespérée. Il y a des aides sociales tout de même en France ! Bref, chacun son opinion.
    Une bonne nuit.
    Bisous.

  6. Bonjour, nous avons le château de la fée Mélusine près de chez nous à Salbart et aussi un rocher dans notre village qu’elle aurait fait tomber en fuyant un ennemi pour les empêcher de passer. Tous les ans il y a des fêtes ! Bon lundi. Bisous

  7. Quelle jolie légende. J’ai déjà tendance à aimer les fées mais celle-ci a laissé des preuves… ces fameuses pierres ophtalmiques… et s’il y a preuves… il y a réalité… non ???
    oh si… j’ai tellement envie d’y croire. Merci pour ce joli moment. Bonne journée.

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