Méfiez-vous de la liberté d’expression

Si vous avez la fibre libertaire,  si vous remettez en cause le principe d’autorité, a fortiori si vous êtes franchement un(e) anarchiste, vous avez dû hurler en prenant connaissance de la LOPPSI 2 (voir archive du 14 février) et plus encore en apprenant que cette loi a été votée. Le tout sécuritaire a de quoi nous faire frémir d’autant qu’il risque de ne pas être efficace quand il faut et comme il faut. Je crois que nous nous laissons museler sans réagir. Avec tristesse, je me récite les derniers vers d’un poème attribué à  Martin Niemöller

Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs 

Je me suis tu, je n’étais pas juif. 

Puis ils sont  me chercher

Et il ne restait plus personne pour protester.

Ce n’est pas la première fois que nous nous taisons devant les dirigeants et leurs décisions bancales. Pour protéger notre tranquillité, nous abandonnons notre liberté, en silence.

Pourtant si vous voulez publier des révélations sur les méthodes louches de votre patron, de votre député ou d’un ministre, si vous critiquez le système français, ses errements, ses égarements, ses petits et grands secrets (les voyages et séjours tout compris plus ou moins « gratuits », les détournements divers, les relations privilégiées entre tel et tel…), vous avez encore le droit de parler, à plus forte raison si vous avez les preuves de ce que vous avancez. Vous pouvez dénoncer, vous êtes toujours dans un pays libre, mais vous prenez quand même des risques. Votre patron peut tenter de vous licencier, votre député vous faire un procès en diffamation. Le ministre laissera-t-il causer ?

Pour ne pas tenter le diable, vous utiliserez un pseudonyme. Vous défendez votre liberté d’expression et vous vous exprimez sans prendre toutefois des mesures de protection importantes, vous n’êtes pas un cybercriminel.

Les cyberflics pourront vous retrouver grâce aux données de votre connexion (adresse IP).

Pour le moment, vous ne craignez pas grand chose, enfin je l’espère. Les cyberflics ont d’autres chats à fouetter (cyber-pédophiles et cyber-terroristes), mais s’ils ont du temps libre (ils sont de plus en plus nombreux) et des résultats à fournir, ou du chiffre à faire (comme pour les contraventions sur la route), alors, il faudra vous inquiéter : ils pourraient vous enquiquiner.

Si vous êtes de bonne foi, vous vous défendrez, et si vous avez des amis, sans aucun doute   vous défendront-ils aussi ; on parlera de vous et de votre blog . De la publicité gratuite, c’est plutôt un bon coup médiatique.

Et pourtant, vous, vous le bon citoyen, gentil petit mouton, sachez que les cyberflics,  cyberchiens de garde, vont pouvoir désormais recouper les informations qui vous concernent : vos achats en ligne avec ce que vous écrivez sur le web, vos différentes connections. Vous êtes fichés et vous le serez de plus en plus.  Ca y est Big Brother est bien installé.

Si les cyberflics ne s’intéressent pas à vous (pour l’instant), les commerçants eux, oui., ils ont commencé. Vous engraissez les bases de données.

FaceBook fait comme France Telecom le faisait jadis, même s’il s’en défend, FaceBook revend ses fichiers-clients. En appartenant à ces réseaux sociaux (Facebook, Twitter, MySpace, LinkedIn…), vous vous confiez en public, (moi je trouve ça bizarre, sur Facebook,  vous parlez au mur ; bonjour la communication !) Une chose est certaine, vous informez bien les fichiers ; bien sûr, ce sont des robots qui relèvent les informations pour les commerçants, mais quand même, elles servent  à n’importe qui ces confessions publiques. Vous donnez vos dates et lieux de vacances, vos destinations de week-end,  vous ouvrez la porte et vous laissez le champ libre aux cambrioleurs et voleurs de toutes sortes.

Finalement, moi, l’obsédée de vérité, je vais vous donner le conseil de mentir.

Mentez donc pour vous protéger, vous et vos biens. Mentez, rajoutez-en même un peu plus que nécessaire. Remplissez les questionnaires qu’on vous propose parfois avec de fausses déclarations : des tas de phôtes d’aurtografes à vos noms, prénoms et adresses (Pitié, évitez les fautes quand vous rédigez un article pour la beauté de notre langue).

Avec les vraies fausses informations que vous donnez, vous pouvez  certainement « tracer » les reventes de fichiers. Donnez donc des renseignements plus que fantaisistes : un âge 98 ans et un salaire annuel de 950 000€ par exemple. Vous devriez recevoir de la publicité hyper intéressante et pourquoi pas des cadeaux qui vont avec !

A 98 ans, un risque : les couches pour incontinents… Vos 950 000€ peuvent rapporter un week-end ou une semaine de vacances gratuits.

2 réflexions au sujet de « Méfiez-vous de la liberté d’expression »

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