Bête… (2)

J’ai écrit dans mon dernier billet « bête à pleurer » pour parler d’une bêtise tellement lamentable qu’elle donne envie de pleurer et même de sangloter tant elle tend à se généraliser. Quand , familièrement, de quelque chose qu’elle est bête à pleurer, cela revient à dire qu’elle est absurde, qu’elle n’a aucun sens. Je pense alors à une chanson de Serge Gainsbourg (l’homme à le tête de chou), interprétée par Dani et Étienne Daho, « Boomerang » et par l’auteur lui-même.

L’amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
C’est une histoire de dingue
Une histoire bête à pleurer

J’aurais pu écrire aussi « bête comme chou« , c’est une autre expression avec un sens différent qu’on emploie à propos d’un exercice, d’une tâche à accomplir : c’est bête comme chou, c’est très facile à faire ou à comprendre ; c’est enfantin. Mais pourquoi bête comme chou ? Parce que le chou, en argot, désigne aussi la tête ; on dit « se prendre le chou », par exemple mais savez-vous que le chou a désigné longtemps la partie charnue sur laquelle on s’assoit, le cul dirait notre ami Georges Brassens pour plus de clarté.

Puisque je me lâche avec un vocabulaire un peu plus cru, j’aurais pu écrire : « Con comme un balai » ce qui signifie complètement stupide. Et pourquoi un balai plutôt qu’un râteau ou un tournevis, un presse-citron, un manche  ?«   Je viens de vous donner une partie de l’explication : balai, manche, c’est presque pareil en argot, on dit d’ailleurs « con comme un manche » ; en effet, le sexe de l’homme est appelé aussi manche. On sait bien que les l’homme (en rut) ne brille pas par son intelligence et qu’il peut s’intéresser dans ces moments-là à n’importe quel orifice et si l’on sait que le con a longtemps désigné le sexe des femmes c’est vraiment une expression très orientée au dessous de la ceinture.

J’aurais pu écrire aussi :

  • con comme une valise sans poignée : un objet n’ayant aucune utilité faute de savoir comment le prendre ;
  • con comme la lune : la première explication vient de l’assimilation de la lune à une face ronde et sans aucune expression, celle d’une personne abrutie, complètement stupide. La seconde vient de l’argot : la lune désigne le postérieur (par analogie de forme), partie de l’anatomie généralement mal considérée, souvent opposée à la tête, siège de l’intelligence (et on se retrouve une fois de plus sous la ceinture).
  • bête à manger du foin plus légère que « bête à manger des chardons » où l’allusion à l’âne, animal supposé stupide, est très claire.
  • bête à s’engager dans la police, c’est pas moi qui le dis c’est le général De Gaulle : « Si les policiers n’étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers »
  • bête à pisser contre le vent

ou encore :

  • con comme communiste, une vieille histoire drôle (pas réelle mais pourquoi pas ?) : en mars 1960, Nikita Khrouchtchev se rendit à Paris en voyage officiel ; le général De Gulle lui fit les honneurs de la ville et le Russe découvrit dans le métro la publicité de Dubonnet, il la revit sur les murs de la ville. Les années passèrent, guerre froide oblige, ce n’est qu’en  juin 1966, que le général De Gaulle se rendit à son tour à Moscou et dans le métro, avec Léonid Brejnev, il est surpris par une publicité qui reprend le code-couleurs de la publicité de Dubonnet et lit : « Con. Comme.. Communistes… »
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Une publicité sur un mur imaginaire


Résultat de recherche d'images pour "du dubon dubonnet"
La publicité Dubonnet sur un mur de France

Pas mal le dessin, non ?

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3 réflexions sur « Bête… (2) »

  1. J’ignorais que le chou désignait aussi le cul, tout autant que le manche un sexe masculin !
    Je te rappelle la formule de Coluche, con promis, chose due !
    Normal qu’il y ait tant d’expressions sur les cons, les cons nous cernant !
    Les policiers nous ont récemment démontré qu’ils pouvaient l’être !
    Chez moi on dit : Piche point d’in l’vin, té vas fréker tes maronnes !
    Bien le con comme un communiste !
    Merci pour ton billet, bonne journée Françoise
    Bisous

  2. bonjour chere Françoise, « con » est peut etre moins à la mode de nos jours, mais toujours utilisé « con comme un balai », la vielle histoire drole de la pub dans le métro de Moscou, n’est pas du tout realiste, car il n’y a aucune pub dans ce metro, une oeuvre d’art, avec des stations fabuleuses , richement décorées, mais sans pub, où alors ça aurait bien changé, mais j’y suis allé apres de Gaulle, c’est donc une invention pure et simple !! bonne journee amities

  3. Bête et con, des mots souvent employés et des expressions souvent drôles quand on en cherche les origines.
    Fatiguée, ce matin, pas trop envie de me prendre la tête, excuse-moi …
    Bonne fin de semaine et bonne fête aux amoureux qui ont encore la chance d’être à deux.
    Amicales pensées à ceux qui sont seuls …
    Gros bisoux, ma françoise ♥

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