Incendies en Australie

L’Australie…Une île continent que j’aime depuis bien longtemps mais que je n’ai pas revue depuis dix ans. J’y suis allée de nombreuses fois pour des séjours plus ou moins longs, je l’ai parcourue du nord au sud, d’ouest en est, j’ai même fait un petit séjour en Tasmanie au cours de mes périples. Je peux dire que je connais un peu l’Australie.

J’ai même transmis cet amour, ce virus à mes enfants dont deux ont choisi de vivre un moment dans ce pays surprenant où l’on trouve de grandes villes, Sydney avec ses cinq millions et quelques d’habitants et aussi, par ordre alphabétique :

1. Adelaide (sud)
2. Brisbane (est)
3. Cairns (nord)
4. Canberra (sud)
5. Darwin (nord)
6. Hobart (Tasmanie)
7. Melbourne (sud)
8. Perth (la première ville que j’ai connue là-bas)

et des tas de toutes petites villes, des villages, des road-houses ainsi que de nombreuses zones désertiques, des côtes plus ou moins sauvages, des champs de canne à sucre, des forêts primaires (rain forest), des zones d’élevage, des zones industrielles, commerciales… C’est très vaste, très différent d’un endroit à un autre ; les cow-boys peuvent croiser des camionneurs ou des yuppies ; vous pouvez rencontrer un pizzaiolo italien, un boulanger français, un cuisinier chinois, japonais ou tha¨landais, un mineur irlandais, un chauffeur de taxi pakistanais, entendre parler russe, grec, espagnol, polonais, anglais et australien. La population couvre un large camaïeu de peau qui va du blanc (aux cheveux roux et aux yeux verts) à l’aborigène non métissé à la peau couleur d’ébène, en passant par la peau claire de certains asiatiques à celle plus colorée de Maoris arrivant de Nouvelle-Zélande.

C’est une terre de contraste avec des avantages et des dangers, des surprises multiples : le vent, la pluie, le feu, les inondations et même des tremblements de terre assez rares mais quelquefois intenses, les Australiens se souviennent de ceux de mai et du 14 juillet 1979. L’un des risques majeurs est l’incendie.

Il faut noter que depuis 1851, les incendies de végétation en Australie ont fait environ  huit cents (800) morts et des dégâts estimés à près de deux milliards de dollars australiens. En termes de coûts, les incendies arrivent en cinquième position après les sécheresses, les tempêtes, la grêle et les cyclones. Pays merveilleux malgré tout (quand on l’aime) ; surprenant sans doute pour ceux qui sont mal informés des risques possibles.

Cette année, la télévision française insiste depuis hier sur  les dégâts en Australie mais c’est loin d’être la première fois que ça brûle là-bas et au lieu de faire de reportages et pleurnicher, ne peut-on pas agir ? Proposer de l’aide ?  Des hommes, du matériel ? C’est notre Terre qui souffre !

Lors de ces méga-feux, des centaines d’hectares partent en fumée en quelques heures seulement, anéantissant la biodiversité animale et végétale ; l’énorme quantité de dioxyde de carbone dégagée participe encore plus au réchauffement climatique.

Pourtant, chaque année à cette époque, le phénomène se reproduit, de telle sorte que le terme « saison des feux » est communément utilisé pour dire “été” sur le continent australien. Ces feux meurtriers sont nommés d’après le jour de la semaine où ils ont débuté : l’incendie du Mercredi des Cendres de 1983 , du Samedi noir de 2009…

Moi je me souviens tout particulièrement de celui de janvier 1994, ma fille de treize ans et demi était en séjour linguistique à Manly (une station balnéaire proche de Sydney) et elle avait dû préparer sa valise pour une évacuation potentielle compte tenu de la proximité des feux. Imaginez mon angoisse. Je suis donc partie à Sydney par un chemin pas très direct mais j’ai pu arriver et débarquer de l’avion dans un nuage de fumée grise.

Quelques jours plus tard, j’ai quitté la ville en passant par les Blue Mountains où le feu brûlait encore le long des routes. Je suis arrivée à Canberra la veille de la fête Nationale (Australia Day), le 26 janvier pensant pouvoir assister au feu d’artifice traditionnel de ce jour, au bord du lac Burley Griffin face au Parlement. D’autres personnes, des Australiens et peut-être quelques touristes étaient là; Après avoir longtemps attendu, des policiers sont venus nous dire que le feu d’artifice était annulé par solidarité avec Sydney. C’était incompréhensible puisque tout était prêt mais bon, il n’y avait rien à dire ni à faire. Tout le monde est reparti, déçu et en silence ; c’est ensuite que j’ai été très choquée.

En effet, la télévision australienne et les journaux ont montré, dès le lendemain, de magnifiques photos des feux d’artifice de Sydney de l’Australia Day. Triste, enfumée, la ville a fait la fête alors que la capitale fédérale Canberra avait tout annulé. Incompréhensible !

Le Parlement Australien au bord du lac Burley Griffin à Canberra

Cette année encore, en janvier 2020, les feux d’artifice seront sans doute tirés à Sydney le 26 janvier mais ceux du premier janvier ont eu lieu et ont été critiqués. (Annulés à Canberra, une fois encore ce décalage.)

Une pétition réunissant quelque 270 000 signatures réclamait l’annulation du spectacle en raison des conditions météorologiques et sociales. Les pétitionnaires demandaient à la municipalité australienne d’allouer le budget du feu d’artifice – 6,5 millions de dollars australiens, soit plus de 4 millions d’euros – aux pompiers volontaires qui luttent contre les incendies et aux agriculteurs souffrant de la sécheresse exceptionnelle.

La municipalité a déclaré que « l’annulation de l’événement nuirait gravement à l’économie de Sydney. Cela gâcherait aussi les plans de dizaines de milliers de personnes de tout le pays et de l’étranger qui ont réservé des vols, des hôtels et des restaurants pour le réveillon ». Le conseil municipal de Sydney a fait savoir que la ville a donné 620 000 dollars australiens (387 000 euros) pour la lutte contre les feux de brousse et la sécheresse. Il fera également la promotion d’un fonds de la Croix-Rouge pour l’aide aux sinistrés lors de la diffusion télévisée du feu d’artifice, regardé par un milliard de personnes à travers le monde.

Le Premier Ministre australien (dont il vaut mieux oublier le nom), critiqué pour sa défense de l’industrie du charbon et ses doutes face au changement climatique, persiste à nier que l’Australie est l’un des “pires pollueurs au monde per capita”, et il a refusé d’augmenter le budget alloué à la lutte contre les incendies.

Dans l’État de la Nouvelle-Galles du Sud (celui de Sydney), très durement touché par 97 feux dont 43 hors de contrôle, la première ministre de cet État, Gladys Berejiklian, a réduit cette année les budgets d’investissements de deux services de pompiers, de 35 % et 75 % respectivement. Cette décision s’inscrit dans un historique de coupes budgétaires de plus de 125 millions d’euros depuis 2016, ce qui a eu comme effet la réduction d’un quart des zones traitées pour limiter les risques d’incendies. 

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Rappel de quelques grands incendies australiens :

  • Feux de 1994 de la côte Est : ceux dont je me souviens en Nouvelle-Galles du Sud, du au
  • Feux de brousse en Australie (2019-2020), 6 000 000 d’hectares calcinés, 24 morts ; 2 500 bâtiments ont été brûlés dont 1300 habitations, et un demi-milliard d’animaux ont péri, brûlés vifs.
  • À partir du

L’Australie se relève toujours mais la multiplication de grands incendies sur la surface de la Terre en Amérique du Nord, du Sud, en Asie et en Europe met à mal la survie de la planète entière. Ça urge ! 

C’est bien le cas de le dire, cette fois,  y a le feu !

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2 réflexions sur « Incendies en Australie »

  1. bonjour chere Françoise, l’Australie était à notre programme avec les enfants, mais j’ai beaucoup ralenti les voyages, je n’irai donc pas en Australie où je compte de nombreux amis mauriciens expatriés à Melbourne et des français à notre ambassade de Canberra, la situation là bas est apocalyptique, il parait qu’il y a deja une aide americaine et canadienne, Macron a proposé, je ne connais pas la reponse ? les interventions aeriennes sont parait il inefficaces, devant l’ampleur du feu, il est grand temps de s’entraider, la planète est bien malade ! il y a sans doute mieux a faire que d’aller tuer un general iranien, et ravager l’Irak avec une guerre à 1.000 milliards, pour etre invités finalement à partir !! mais ça c’est une autre histoire, en attendant l’Australie brule ! merci pour ton article, amitiés et bises

  2. j’ ai aussi lu qu’on avait arrêté des incendiaires !
    Oui l’ Australie est un continent où on trouve tous les climats.
    L’ Australie est aussi une île qui se protège et ne laisse pas entrer n’importe qui et n’importe quoi !
    J’ ai un neveu qui vit à Melbourne, s’y est marié.
    Je sais donc qu’en Australie, il faut s’en tenir aux lois, parce qu’on se retrouve vite en prison.
    Mon neveu m’ a aussi dit, que les aborigènes n’aimaient pas les colons, que le gouvernement leur allouait une somme qu’ils dépensaient le plus souvent en boisson !
    Et donc, rien n’ est parfait !
    Ce qu’il faut surtout souhaiter, c’ est qu’il pleuve !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

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