Calomnie

Maladresse ? J’y reviens en me demandant si la maladresse ne s’approche pas quelquefois de la calomnie. Certains se spécialisent dans l’utilisation du mot maladresse pour se disculper. Une maladresse, ça a l’air gentil, innocent, au pire c’est un manque de savoir-vivre mais sous des maladresses combien de méchanceté réelle ? Bien souvent les propos « mal interprétés » étaient bel et bien chargés de haine. « Tu n’as pas compris ce que je voulais dire ». Piètre excuse, juste pour déstabiliser encore plus la victime.

Attention à ces pervers qui utilisent la maladresse comme excuse et à ceux qui jouent les innocents « je n’ai jamais dit ça ». Quand ils l’ont écrit, on a une preuve pour démonter leur défense mais quand la proie (la tête de Turc ?) est victime de corbeaux avec leurs courriers anonymes… Horreur ! Rien n’est plus possible, on est fichu. Et ça ne s’oublie pas, ni pour la victime, ni pour l’entourage, ça reste.

La calomnie est une critique souvent injustifiée, mensongère, inventée avec le dessein de nuire à la réputation, à l’honneur de quelqu’un. Elle se rapproche de l’injure et de la diffamation, c’est une façon de haïr, de faire du mal intentionnellement par pure méchanceté.

La calomnie peut prendre la forme d’interrogation rhétorique, d’affirmations assurées, d’exemples mal choisis, de discours simplistes mais elle laisse toujours des traces dans l’opinion : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » rappelle l’apophtegme de Francis Bacon.

Pour dispenser un peu  de culture, je vous propose d’écouter l’ «air de la Calomnie » extrait de l’opéra de Rossini Le Barbier de Séville, d’après la pièce-homonyme de  Beaumarchais, créé en au Teatro di Torre Argentina de Rome.

Cet air est une œuvre d’art grâce à la musique incomparable de Rossini qui renforce l’effet de chaque phrase par l’utilisation magistrale du crescendo, décrivant les débuts modestes de calomnie jusqu’aux effets les plus tonitruants. Il est interprété par le personnage de Don Basilio dans l’acte I, scène 8.

Voilà une version par Thierry Le Luron, petit impertinent très doué, parti très tôt :

C’est d’abord rumeur légère
Un petit vent rasant la Terre
Puis doucement, vous voyez calomnie

Se dresser, s’enfler, s’enfler en grandissant

Fiez-vous à la maligne envie
Ses traits lancés adroitement
Piano, piano, piano, piano
Piano par un léger murmure
D’absurdes fictions
Font plus d’une blessure
Et portent dans les cœurs
Le feu, le feu de leurs poisons

Le mal est fait, il chemine, il s’avance
De bouche en bouche il est porté
Il prend force puis il s’élance
C’est un prodige en vérité
Mais enfin rien ne l’arrête
C’est la foudre, la tempête

Un crescendo public
Un vacarme infernal
Elle s’élance, tourbillonne
Étend son vol, éclate et tonne
Et de haine aussitôt un chorus général
De la proscription a donné le signal

Et l’on voit le pauvre diable
Menacé comme un coupable
Sous cette arme redoutable
Tomber, tomber terrassé.

Pour terminer avec un sourire, une citation de Pierre Desproges :

L’ennemi est bête, il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui. 

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2 réflexions sur « Calomnie »

  1. …oui, tout a fait, la calomnie peut etre camouflée sous une maladresse , bien distillé ça peut faire d’effroyables ravages … merci pour ce bel air de la calomnie; merci à Thierry Le Luron et à Pierre Desproges, et merci Françoise, bonne semaine et grosses bises

  2. La calomnie est l’ arme des lâches, qui n’ ont pas le courage d’accepter la vérité qui leur est défavorable.
    Déjà la médisance est méprisable, mais au moins n’ utilise t’elle pas le mensonge !
    Trop facile de se réfugier derrière une soit disant maladresse, surtout qu’en politique on sait bien qu’elle est volontaire.
    Le Luron, comme Jacques Martin avaient de belles voix !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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