Coq d’Inde

Il y a quelques jours, je vous ai parlé du coq d’Inde et de son influence sur le vocabulaire créole de l’Île de La Réunion mais en métropole, à Toulouse il y a une rue du Coq-d’Inde (en occitan : carrièra del Gal d’India).

C’est une petite rue du centre historique de la ville.

Étroite, sa largeur ne dépasse pas quatre mètres ; elle naît perpendiculairement à la rue des Paradoux et se termine au croisement de la rue des Filatiers, au niveau de la place de la Trinité.

Le nom de la rue du Coq-d’Inde est apparu au milieu du XVIIe siècle et vient d’une auberge qui avait pour enseigne un «coq d’Inde», c’est-à-dire un dindon. Cet animal importé d’Amérique par les Jésuites au cours du XVIe siècle, était plutôt rare dans les basses-cours mais souvent choisi comme enseigne d’auberge.

Au Moyen Âge, cette rue portait le nom de « rue Sesquières » ou « Sesquières-Vieille » pour la distinguer d’autres rues de Toulouse qui portaient le même nom. Les rues Sesquières, Sesquières-Vieille ou Sesquières-Neuve tenaient leur nom des artisans sesquiers (rempailleurs) qui faisaient le rempaillage des chaises et employaient le sesque (en occitan sesca), plante aquatique qui pousse dans la région.

Le 7 mai 1463, un incendie se déclare dans une boulangerie, à l’angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache,  et réduit en cendres les maisons de la rue Sesquières-Vieille. L’hôtel et la tour du capitoul Cabriolle (actuel no 8) sont intégralement détruits.

À partir du XVe siècle, elle porta également le nom de rue Dadières, parfois altéré en Didières. Ce nom venait d’une confrérie d’artisans, appelés « dadiers » ou « daziers », qui fabriquaient des dés à jouer.

Durant la Révolution Française, en 1794, la rue porta quelque temps le nom de rue de la Sérénité (une qualité appréciable quand les temps sont troublés et que l’on peut rester insensible aux événements et à toutes les préoccupations de l’existence.)

Aujourd’hui :

    • au numéro 8 de la rue du Coq d’Inde se trouve l’hôtel de Ségla, construit au début du XVIe siècle pour Pierre Sudre (l’hôtel comprend d’ailleurs la parcelle de l’actuel no 6 rue du Coq-d’Inde et une partie du no 51 rue des Filatiers). L’immeuble passa, entre 1550 et 1571, à Arnaud de Ségla, capitoul en 1565-1566.  puis à son fils, conseiller au Parlement : Guillaume de Ségla qui le remania. L’édifice se compose d’un bâtiment principal à plusieurs corps organisés autour d’une grande cour rectangulaire et d’une plus petite cour latérale carrée
  • au 15 de la rue, on peut trouver un caviste Roland Castagne. Trop drôle à Toulouse ! Je pense encore à la chanson de Claude Nougaro.

 Ici même les mémés aiment la castagne, ô mon pais, ô Toulouse …

Petite information sur la si jolie et si animée ville rose.

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2 réflexions sur « Coq d’Inde »

  1. tu nous en dira tant sur Toulouse !
    Chaque ville a son histoire, et cette histoire est celle des rues et des habitations !
    Pour ce que j’ en sais , beaucoup d’ évènements , et un pari sur la modernité !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. …oui je te l’avais dit, dans certaines regions on appellait le dindon le coq-dinde ou co-dinde, notamment dans mon pays natal l’Allier, mais depuis mon depart il y a 70ANS, ça a pu evoluer ! merci pour tes recherches sur Toulouse, une ville que je connais peu, la castagne oui vieux mot connu.. merci Nougaro ! bonne fin de semaine, chère Françoise, bisous

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