Jeanne de Ségla

Finalement, je reste un peu plus longtemps sur le thème toulousain avec Jeanne de Ségla, descendante du propriétaire de la maison du 8 rue du Coq d’Inde.

Jeanne de Ségla est une femme de lettres toulousaine du XVIIIe siècle. Poétesse et traductrice, membre de l’académie des Jeux floraux,  elle a tenu un rôle prépondérant dans la société toulousaine du XVIIIe siècle.

Jeanne de Ségla de Montégut s'est illustrée en composant poèmes et traductions de grandes œuvres.
Jeanne de Ségla de Montégut s’est illustrée en composant poèmes et traductions de grandes œuvres.

Née le 25 octobre 1709 et morte le 17 juin 1752, à Toulouse. elle était la fille de Jean Joseph de Segla (25 juillet 1680 – 19 novembre 1710) et de Marie Elizabeth de Gras. Ses parents décédés tôt, elle fut élevée par sa tante de Segla et reçut une solide éducation : elle étudia plusieurs langues (latin, grec, anglais, italien, espagnol) ; elle mit à profit ses connaissances afin de traduire les grands auteurs antiques, du Poème séculaire d’Horace aux fragments de Pétrarque, Adisson, Virgile ou encore Tibulle. Sa traduction des Quatre saisons du poète anglais Alexander Pope traverse la Manche et est saluée avec éclat lors d’une assemblée de la Société royale de Londres. Elle pratiquait aussi le dessin et la peinture.

Unique héritière, riche et érudite, elle fut mariée à seize ans, le 9 juillet 1726 à Toulouse, à Bernard de Montegut (19 avril 1702 – 4 juillet 1751), Trésorier de France en la généralité de Toulouse. Elle apporta en dot un château qui devint le château de Montégut-Ségla.

Jeanne continua à étudier et, à la suite d’une partie d’échecs perdue en 1737, devant une assistance aussi médusée qu’enthousiaste, la jeune femme composa ses premiers vers. Forte de ce succès d’estime, elle présente l’année suivante son premier poème Climène et Daphnis à l’Académie des Jeux floraux ce qui changea le cours de sa vie. Régulièrement couronnée, elle obtient la consécration en décrochant l’Amarante d’or pour son ode Le Printemps avant de se voir reçue Maîtresse ès Jeux Floraux le 8 juillet 1741 ; elle siégea à côté de Mademoiselle de Castellan. (Les Jeux floraux ont été institués en 1323 à Toulouse par des troubadours pour maintenir le lyrisme courtois. La « Compagnie du Gai Savoir », ainsi créée, fut dotée du statut d’Académie en 1694 par Louis XIV. Héritière d’une tradition d’excellence depuis près de sept siècles, elle entend promouvoir la poésie sous toutes ses formes et, d’une manière générale, la littérature. Chaque 3 mai, elle remet depuis 1324des « Fleurs » aux lauréats des différents concours qu’elle organise. Considérée comme la plus ancienne société savante d’Europe, l’Académie des Jeux floraux est reconnue d’utilité publique depuis 1923.)

Femme de lettres accomplie, elle tint salon au sein de l’hôtel de Vésa, son domicile, alors sis au 37, rue du Vieux-Raisin (aujourd’hui 25, rue du Languedoc). Elle y recevait ses illustres correspondants comme Montesquieu et réunissait l’intelligentsia toulousaine de son époque et les milieux catholiques irlandais exilés après la chute du trône des Stuart.

Elle mourut prématurément (quarante-deux ans) à Toulouse ; le 17 juin 1752 en l’église des Grands-Carmes, au cours d’une messe solennelle, les mainteneurs de l’académie des Jeux floraux lui rendirent un dernier hommage.

Son fils unique, Jean-François de Montégut devient à la fois poète et éminent archéologue, ce qui ne le sauva malheureusement pas de la guillotine en 1794 où il fut raccourci d’une tête en compagnie de son fils Philibert de Montégut (1768-1794). Famille dévastée, le seul survivant fut Joseph de Montégut (1792-1857), fils de Philibert, qui devint abbé et reprit possession du château après la Révolution pour s’en défaire en 1840.

Bien que sorti  des biens de la famille, le château dans lequel Jeanne de Ségla de Montégut aimait à résider (commune de Muret, aux environs de Toulouse) conserve son nom et la mémoire de ses premiers propriétaires. Dans ses murs naquit Henri Casteret, le père du découvreur de la source de la Garonne.

Quelques suppléments d’informations sur ce domaine, demain.

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1 réflexion sur « Jeanne de Ségla »

  1. Et bien, voilà une femme de talent qui avait su profiter de son éducation !
    Et je ne peux m’ empêcher de penser que de nos jours, je ne connais pas de femmes possédant les mêmes talents poétiques !
    Apprend -on encore le grec et le latin en plus de langues vivantes, je n’ en suis pas sur !
    J’ ai dans l’ idée que la France périclite !
    Bon dimanche Françoise
    Bisous

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