SCANDALE

Scandale ! « C’est un scandale » aimait dire Georges Marchais. Revenons à la signification réelle du mot car aujourd’hui certains vocables sont galvaudés ; je pense à conséquent  qui veut dire « qui suit quelque chose de manière logique » et non important ; médiocre dont les sens est « qui se situe dans la moyenne, peu important » et non mauvais. Je passe sur tous les autres qui m’énervent quand je lis un article mal écrit, ce qui est de plus en plus fréquent.

Je reviens au scandale, c’est :

– ce qui paraît incompréhensible et qui, par conséquent, pose problème à la conscience, déroute la raison ou trouble la foi.
– le grand retentissement d’un fait ou d’une conduite qui provoque la réprobation, l’indignation, le blâme.
– une querelle bruyante, désordre bruyant. Synonyme desclandre ou de tapage.
– la réprobation, l’indignation ainsi provoquée.

Ce que je vais vous faire savoir devrait être connu, divulgué et surtout devrait causer une révolte de plus.

Je vous rappelle ce qui s’est passé au moment de la crise du chikungunya à La Réunion en 2005 et que j’ai dénoncé dans cet article-là qui mentionnait le Fenitrothion, classé comme nocif, dangereux pour l’environnement (pas vraiment sur les documents officiels). On comprend mieux pourquoi nombre de familles ont fait part de maux de tête aigus suite aux campagnes de démoustication. Que sont devenues toutes ces quantités d’insecticides épandues sur l’île ? Elles sont durables contrairement à ce que certains annonçaient, les mêmes qui avaient dit que le chik n’existait pas et que les moustiques ne piquaient pas dans les maisons. Cette épidémie m’avait permis d’écrire de nombreux billets et j’avais tenté d’en rire et d’en faire rire mais pour quelques personnes de ma connaissance, la maladie était loin d’être drôle.

Aujourd’hui c’est un nouveau scandale à dénoncer, toujours lié à la chimie. On nous parle du des Antilles et du chlordécone, pesticide interdit dès 1977 aux États-Unis et en France en 1990, utilisé aux Antilles jusqu’en 1993 par dérogation pour lutter contre le charançon du bananier mais La Réunion n’a pas été épargnée par les malversations des uns et des autres. Les ministres de l’Agriculture se succèdent et se ressemblent : le pouvoir corrompt, fallait-il insister sur ce point ?

Dans l’usine qui fabriquait le chlordécone aux États-Unis, à Hopeville, des dizaines de travailleurs ont été atteints de troubles neurologiques graves et toute la région, via la James River, où l’on a jeté des milliers de tonnes de déchets souillés, est gravement contaminée. Je pense à ce problème réel et récurrent évoqué dans le film « Erin Brockovich, seule contre tous  » avec Julia Roberts et le feuilleton actuel (2019) de France2 « Un si grand soleil » où c’est un étang qui est pollué par des vilains capitalistes.

Aux Antilles françaises, quatre ministres de l’Agriculture successifs, à partir de 1981, ont accordé une effarante autorisation de mise sur le marché, jusqu’en 1993. Le bilan, en cette année 2019, est atroce : très stable chimiquement, le chlordécone est présent dans les sols pour des centaines d’années ( laMartinique détient le record du monde du nombre de cancers de la prostate, lien de cause à effets évident).

Quelque chose d’aussi grave se passe à La Réunion, en silence, comme toujours.

Certains pesticides interdits dans l’Union européenne sont épandus comme l’attestent des déclarations officielles, sur la canne à sucre qui couvre près de 60 % de la surface agricole utile de l’île. Cette partie est constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents, parmi eux, le célèbre Roundup, plus toxique encore que sa principale matière active, le glyphosate ou encore l’asulox, retiré du marché européen depuis 2012 mais qui continue à obtenir des dérogations annuelles.

Une certitude : les eaux de l’île sont gravement polluées. Les derniers rapports officiels montrent la présence de dizaines de pesticides dans la plupart des eaux de surface ou souterraines :des molécules pourtant interdites comme le métolachlore ou l’atrazine déséthyl, métabolite de l’atrazine et du fameux fenitrothion dont je parlais avant.

Que fait-on pour protéger la population ? « Nou lé pas plus nous lé pas moins », scandaient des indépendantistes il y a quelques années. « Sommes-nous des Français à part entière ou entièrement à part peuvent ? » se demandent (peuvent se demander) les Réunionnais d’aujourd’hui. Que font donc nos responsables ?

À peu près rien.

Dans le journal en ligne Zinfos974 (que je vous encourage à lire),  je relève qu’ «“Il n’y a pas d’analyse de contamination du sol par les phytosanitaires”, nous précise la chambre d’agriculture. » L’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) admet sans hésiter : « Pour l’instant, nous ne réalisons pas de surveillance de pesticides dans l’air » faute de moyens. Quant à l’Agence régionale de santé (ARS), elle s’estime incompétente pour parler de la question ; ben voyons ! Si ce n’est pas un problème de santé des citoyens…

Compte tenu des quantités énormes de pesticides épandus,  La Réunion est championne toutes catégories, au premier rang des empoisonnés.

  • Il faut le savoir.
  • il faut se battre pour le dire et trouver des solutions.
  • il faut sans doute aider et signer le manifeste d’Oasis Réunion

Je l’ai fait. J’essaie de défendre la planète. Pensez-y vous aussi.

 

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5 réflexions sur « SCANDALE »

  1. Merci Françoise, pour cette pertinente explication. Il est vrai que de nos jours le « buzz » a remplace le scandale et que George Marchais en fut l’in des plus grands adeptes de ce mot qui sonne et qui claque.

  2. Le scandale, c’ est qu’ il y a au bout de la chaîne tous ces malades qui souffrent et meurent souvent des effets nocifs de ces produits !
    En France on fait tout un plat de l’ alcool et du tabac, et on fait comme si le bio est la solution, alors que les sols sont pollués pour longtemps !
    Tu comprends pourquoi je déteste tous ces chercheurs apprentis sorcier, qui nous inventent virus et poisons, sans qu’ on exige l’ antidote !
    C’ est bien triste Françoise
    Bisous

  3. merci chere Françoise de denoncer tous ces affreux abus et utilisation de pesticides et autres produits douteux pour la santé de l’homme ! je savais pour les Antilles, pour la Reunion egalement, et qu’a t on fait ? rien ! sinon prolonger l’utilisation de ces poisons ! et il ne faut pas avoir peur de denoncer la FNSEA organisation qui a proné ce genre de culture et continue de le faire , les lobbys sans doute, mais il ne faut pas oublier les complices de cet état de fait , la terre est pourrie, les abeilles meurent, les utilisateurs tombent malades, et on continue !! les laboratoires eux memes sont achetés et donnent de fausses conclusions dans leurs etudes ! SCANDALE est bien mot qui convient, bonne journee bisous

  4. Je découvre ton blog grâce à ton commentaire sur mon blog..je sens que je vais revenir lire tes articles plus à fond.
    Bonne soirée,
    Bises de Mireille du sablon

  5. Merci à toi de dénoncer ces scandales, c’est bien le mot.
    Pas du tout en forme, ce matin, je vais lire l’autre article …

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