Âne

Vous connaissez ma capacité à faire des pirouettes qui font « passer du coq à l’âne » ou peu s’en faut. Je ne pense pas tenir des propos totalement incohérents, ni dans mes écrits passer brutalement d’un sujet à un autre sans transition mais j’avoue que mes enchainements  d’idées peuvent surprendre ; c’est un problème, ça n’arrête pas de s’agiter dans ma tête : il y a toujours foisonnement. Pagaille ? Non, j’arrive à classer mais ça bouillonne.

C’est parce que mon billet « un (bis) »se terminait sur des âneries que j’ai fait une liste (non exhaustive) des interventions de l’âne dans le langage courant.

Le premier dicton qui me vient à l’esprit : « L’âne se reconnaît aux oreilles et le fou au parler« . Comment ne pas penser aux discours d’Adolf Hitler (ne cherchez pas chez moi un quelconque attachement aux nazis ou néo-nazis, c’est juste une vidéo explicative ; gestes et cris étant entendu que je ne comprends pas un traitre mot d’allemand de ce discours) :

et celui-là ?

Reconnaissez que chez les deux individus, on retrouve le même discours censé incarner la volonté du peuple, la même duplicité alors que dans les coulisses tout le petit monde, à la botte du chef, s’active pour s’assurer du soutien des « féodalités » (patronat, décideurs de tous horizons, police, armée…). Ces deux derniers « corps » ne comprendront-ils jamais qu’ils font partie du peuple et que taper sur ses frères est une ignominie ?

Euh… Je m’éloigne des ânes. Encore que… En haut-lieu, on aime se congratuler, se faire des grâces souvent pleines d’hypocrisie mais « L’âne frotte l’âne » (traduction littérale du latin « asinus asinum fricat ») ; les sots se complimentent mutuellement. (pas si bête au fond pour garder ses avantages !) (il parait que les ânes se frottent l’un à l’autre pour calmer leurs démangeaisons).

Je me souviens avoir vexé quelqu’un en lui disant qu' »à laver la tête d’un âne, on perd sa lessive » car c’est bien perdre son temps, ses soins et ses peines que de vouloir instruire et corriger une personne entêtée mais je suis sûre que vous êtes d’accord avec moi, face à un individu stupide ou trop sûr de lui, difficile de se faire entendre. On sait aussi qu' »il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ». Une des multiples variantes : « On a beau savonner la tête d’un âne, elle reste toujours grise ».

La liste des expressions relatives à l’âne s’avère être longue. Elles méritent souvent d’être décortiquées, d’autres sont très claires.

  • « Brider l’âne par la queue » : faire quelque chose avec maladresse. Brider signifie mettre la bride à l’animal ; brider un âne par la queue, c’est substituer la queue de la bête à la tête ce qui symbolise la maladresse, la précipitation ou la bêtise. L’homme serait dans ce cas bien plus bête que l’âne.
  • « C’est de la pisse d’âne » : mauvaise boisson, tiède et au goût peu agréable ou sans goût ; en cas de café, on peut dire aussi jus de chaussettes. Il semblerait qu’un autre sens soit possible et s’appliquerait à une  personne avare, pingre, sévère, morose.
  • « Chantez à l’âne, il vous fera des pets » : se dit en parlant des ignorants et surtout des ingrats qui connaissent mal les choses et ne reconnaissent pas les grâces qu’on leur fait. On a beau faire des efforts, ils ne sont pas récompensés.
  • « Faire l’âne pour avoir du son. » : faire l’imbécile ou le naïf pour obtenir quelque chose ou un avantage.
  • « Faire comme l’âne qui porte le vin et boit l’eau. » : se faire avoir. Les exemples ne manquent pas.
  • « Franc comme un âne qui recule« .
  • « J’aime mieux un âne qui me porte qu’un cheval qui me désarçonne. » C’est un proverbe espagnol qui montre que le bon sens est souvent celui du peuple, simple.
  • « La peur fait courir l’âne plus vite que le cheval.« 
  •  « L’amour fait danser les ânes. » Je vous répète ce que j’ai lu un jour (je ne suis pas une spécialiste en âne, ni en campagne, pour le moment) : La légèreté et la souplesse singulières avec lesquelles les ânes, au mois de mai, bondissent et se trémoussent dans la prairie auprès des ânesses, ont donné lieu à ce proverbe, dont le sens métaphorique est que l’amour polit le naturel le plus inculte. L’amour est donc bon pour les animaux et les humains.
  • « Méchant comme un âne rouge. » : à partir du XVème siècle, le rouge ou roux est synonyme de ruse, de démon, c’est la raison pour laquelle depuis le Moyen-Âge, les roux (les rouquins) avaient une mauvaise réputation, en particulier la déloyauté, des enfants du diable (à La Réunion, un roux est appelé « gardien volcan »). L’âne rouge était une monture médiocre, et souvent méchante, traitre.
  • « Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre. » En conséquence quand on se fait avoir deux fois ou plus de la même façon, on est plus bête qu’un âne. Je n’en dis pas plus.
  • « Une selle dorée ne fait pas d’un âne un cheval. » De nos jours, on oublie trop souvent ce proverbe et « on » se fie aux apparences. Combien de personnes en vue ne sont que des enveloppes vides ? Des emballages soignés mais creux ou pire, trivialement j’ai envie d’ajouter que « même si la merde est bien emballée, elle sent toujours mauvais ».

Compte plutôt sur ton âne que sur le cheval de ton voisin : proverbe d »Auvergne qui résume bien la vie : il faut compter sur soi-même avant tout..

Assez pour aujourd’hui. Je garde des âneries pour demain.

 

 

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5 réflexions sur « Âne »

  1. Hé oui, tu ne racontes pas que des âneries … Lolll
    J’aime bien toutes ces expressions avec l’âne qui est l’emblème de ma belle région mais, chez nouzaut’, il en passe plus qu’il n’en reste …
    Bon mercredi avec le vent qui est revenu, limite tempétueux !
    Résultats d’hier : tout est normal.
    Bisoux, ma françoise ♥
    dom, pas bien …

  2. Pour Rousies, on parle de baudets !
    http://www.mairie-rousies.fr/decouvrir-rousies/histoire-et-patrimoine/recits/les-baudets-de-rousies.html
    Et j’ avoue que certaines des expressions citées, m’ étaient totalement inconnues, et les explications sont souvent de bon sens.
    Je l’ ai dit souvent, en voyant les meetings archi-préparés du bonimenteur qui nous gouverne, c’ est du hitler tout craché, et on constate bel et bien une dérive vers une dictature.
    on divise, on achète les syndicats, les forces de l’ ordre et même les généraux !
    L’ Onu a tort de comparer la France au zimbabwe, mais a raison de dénoncer les dérives d’ un castaner dans s gestion des manifestations !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  3. Oui moi aussi certaines expressions m’étaient totalement inconnues.

    Il y a bien longtemps que je me forge mes propres opinions sans avoir recours aux intermédiaires … médias , journaux réseaux sociaux etc

    il faut savoir rester libre de ses pensés.
    bonne journée Françoise

  4. Merci ami trublion pour le lien que tu as laissé.
    J’ai cliqué et j’ai beaucoup aimé le mode de choix du « mayeur » de Roussies ; il n’est pas plus mauvais que le mode d’élection des États-Unis qui permet la nomination au poste suprême d’un Trump ou celui de la France qui oblige à supporter, cinq années durant, un guignol plus ou moins dangereux mais toujours prodigue avec l’argent de l’État, qui n’est pas le sien.

  5. Bonjour, trés instructif..j’aime et copie votre article pour un ami sur « plume de poéte.fr « .
    il s’agit de Christian SATGE, un ami des ânes…et des Loups
    Merci

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