Le jour le plus long

Même si depuis 1962 vous pensez que le jour le plus long est le 6 juin (1944), c’est faux car véritablement le jour le plus long de l’année est le 21 juin, le jour du solstice d’été dont la date varie entre le 20 et le 22 juin. Cette année le jeudi 21 juin 2018 est bien le jour le plus long de l’année : à Paris, le soleil s’est levé à 05h53 et se couchera à 21h52. Nous « profiterons » de cette journée avec le soleil et en prime la « Fête de la musique« .

Il n’empêche que pour des milliers d’hommes, jeunes à l’époque dont peu sont encore en vie aujourd’hui, le jour le plus long, le plus dur, le plus dangereux, le plus angoissant de leur existence fut le 6 juin 1944. Un film retrace cette journée exceptionnelle : The Longest Day.

« Le Jour le plus long » est un film américain réalisé par Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan, sorti en 1962 sur les écrans.

L’expression « le jour le plus long » serait d’Erwin Rommel et daterait du 22 avril 1944 lors de son inspection du mur de l’Atlantique.

Le film retrace chronologiquement les événements du débarquement allié en Normandie du , précédé des derniers préparatifs de la veille au soir. Il présente les différents théâtres d’opérations, du point de vue des Alliés et des Allemands, par différentes catégories d’intervenants depuis les centres de commandements jusqu’aux simples soldats en passant par les officiers intermédiaires et les forces de résistance.

Pourtant cette  grande fresque historique, spectaculaire, inoubliable, présentant en outre une impressionnante brochette de stars, malgré son souci de réalisme n’est pas exempte de bourdes. En  cinq :

1- Le mauvais « endroit » : dans le film, le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort, (interprété par John Wayne) se fracture la cheville en sautant en parachute près de Sainte-Mère-Eglise. il monte dans une charrette, on voit clairement qu’il s’est cassé la cheville droite. Or, en réalité, Vandervoort s’est fracturé la cheville gauche !

2- Le parachutiste du clocher de Sainte-Mère-Église. Le village normand est devenu célèbre à la suite d’un épisode mémorable : le parachutiste américain John Steele serait resté suspendu au clocher de l’église du village, à douze mètres du sol. Son calvaire aurait duré dix heures avant d’être secouru. Cette renommée, largement due au film, agace les historiens parce que le vrai John Steele ne serait resté accroché que durant deux à trois heures durant lesquelles il a fait le mort pour ne pas être « canardé » par les Allemands qui finiront par le décrocher et l’embarquer comme prisonnier.  Plus étrange, il paraît que le clocher était occupé par la Flak (DCA allemande) qui mitraillait à tout va les parachutistes en cours de descente

3- Des tenues non réglementaires. Dans le film, les uniformes des parachutistes américains, plus particulièrement leurs vestes de saut, ne correspondent pas aux vêtements d’époque tout comme les mentonnières des casques qui sont rectangulaires dans le film alors qu’elles étaient ovales à l’époque) quant aux rangers du film, ils sont anachroniques puisqu’il a fallu attendre quelques semaines de plus (septembre 1944)z pour qu’elles soient utilisées. En juin, les parachutistes américains portaient des bottes marrons à mi-mollet qui étaient fermées par des lacets permettant un meilleur maintien de la cheville.

4- La prise de Casino d’Ouistreham. Cet épisode est totalement fantaisiste car ce casino avait été rasé par les Allemands en 1942 et il n’en subsistait que les soubassements, transformés en bunker. Pa ailleurs, cette scène a été tournée à Port-en-Bessin dont on voit la tour Vauban.

5- La résistance allemande. Le film a entretenu l’illusion d’une faible riposte allemande, on ne voit que deux avions allemands attaquer. En réalité, une petite centaine d’appareils ont effectué plus de sept cent sorties ce jour-là dont vingt-deux contre la flotte alliée, principalement l’après-midi et nombreux ont été abattus. Quant aux deux avions, censés représenter des FW190 dans le film, ce sont en fait des Messerchmitt. (Moi je n’y connais rien mais des yeux experts ont remarqué cela.)

Malgré ses treize conseillers militaires et dix conseillers techniques (dont le général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, président des Etats-Unis en 1953) « Le jour le plus long » n’a pu éviter certaines erreurs historiques ; une vingtaine a été recensée au total.

À revoir et à regarder plus attentivement ? Après tout, on s’en fout de ces détails, non ?

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2 réflexions au sujet de « Le jour le plus long »

  1. bonjour chere Françoise, nous sommes donc dans le « jour le plus long » … profitons en ! tres interessantes tes precisions et ces erreurs, je connais le film , et meme si on se fout de ces anomalies ! il est intéressant de le savoir, pour ne pas mourir idiot ! justement le jour le plus long, ce serait bête ! merci chere Françoise, bonne journée la plus longue et grosses bises

  2. La notion du temps est subjective, nous avons tous vécu des heures qui ne passaient pas.
    Un beau film où les réalisateurs se sont permis quelques privautés, mais disons qu’ en gros, le message est passé.
    Quand à moi, je ne suis pas sur que je me rendrais compte, bien que debout à 5 heures, que cette journée est la plus longue de l’ année, d’ autant qu’ il commence à bruiner !
    Passe un bon jeudi Françoise
    Bisous

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