Farniente

Farniente, de l’italien far niente (faire rien), est une douce oisiveté, un état d’heureuse inaction m’a dit mon dictionnaire qui note aussi qu’il s’oppose ainsi à fainéantise, le vice du fainéant (une personne qui ne veut rien faire) et à la paresse, la propension à ne rien faire en raison d’une répugnance au travail, à l’effort physique ou intellectuel. Le synonyme le plus proche de farniente est l’inaction (état d’une personne qui a cessé ou s’abstient de tout travail ou occupation) volontairement. Moi, j’ai du mal avec le farniente mais chacun son truc. Le bonheur peut être là pour certains.

Il est vrai qu’à être sans cesse actif, on peut passer à côté de sa vie comme ceux qui se consacrent corps et âme à leur travail et comme toutes ces femmes libérées depuis les années 1970. Réfléchissez un peu. N’est-ce pas le lot des femmes actuelles  que de passer à côté de leur vie ? Sous prétexte de libération, les femmes ont voulu prouver qu’elles étaient capables de bosser à plein temps et d’élever des enfants (voire même des triplés) tout en restant pimpante). Il y a quelques hommes qui ont compris que « Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile.« 

On voit que les années ont passé depuis cette chanson…

Cette BD « Les Triplés » me fait sourire. Pas vous ? Appréciez ces petits mots spontanés très gentils  des enfants même lorsque ce n’est pas la « fête des mère »s.

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Plus drôle et coquin sans le vouloir :

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Je reviens au farniente. Pourquoi le pratique-t-on ? Pour se reposer certes, mais ce n’est pas facile, pourtant lorsqu’un jour on comprend qu’à force de s’occuper en permanence on passe à côté de tas de choses ; on se dit que la maison à ranger, le linge à repasser, tout ça peut attendre par contre vos enfants ou vos petits enfants grandissent très vite…

Alors pourquoi les « seniors » se mettent-ils depuis quelques années à arpenter la planète (à tout berzingue quelquefois) ?  Je vais me montrer réaliste, aux yeux de certains je serai cynique sans doute, mais je pense que nous sommes dans un système qui ne nous voit que comme des « cochons payants », des moutons à tondre ou des vaches à traire, et qui, après nous avoir exploité au travail, taxé, imposé a compris qu’un petit vieux qui bouge est plus lucratif qu’un senior qui tricote, lit, joue à la belote ou à la pétanque. Cette frénésie des anciens booste le commerce : les retraités partent en dehors des périodes scolaires, achètent des cadeaux à leurs petits-enfants et à leurs enfants pour compenser leur absence mais c’est une insulte à l’art de vivre. Oublié « l’art d’être grand-père » ! Je me demande même si certains ne refuseraient pas de rentrer au paradis si on leur proposait, sous prétexte qu’il ne s’y passe rien. 

Il faut apprendre à ne rien faire ou au moins à ralentir, apprendre à profiter de ces petits riens si émouvants, agréables, beaux, captivants… Photographier des portes, des fleurs ou des cailloux, contempler les vagues et les nuages, apprécier l’odeur des roses ou celle des figuiers, observer des fourmis en train de trimbaler des miettes dix fois plus grosses qu’elles, ricanez si vous en avez envie en pensant à Sisyphe et à son rocher et à tous ceux qui continuent à galérer chaque jour. Si des copains reviennent de vacances tout excités en vous disant que vous avez raté quelque chose en ne les suivant pas, ne les écoutez pas : c’est du bourrage de crâne (ils sont prisonniers du système, vous vous en êtes libérés). Rien ne vous oblige à discuter avec qui ceux vont vous demander ce que vous avez fait pendant les vacances. « Comment ça, t’as été à Marrakech et t’as pas fait Majorelle ? » Seront-ils capables de comprendre que ne rien faire peut consister à faire une foule de trucs ? Certes des trucs  peu contraignants : se prélasser, profiter des rayons du soleil, de l’eau tiède de la mer, ou de celle plus fraîche d’un torrent ou d’une rivière, procrastiner…

Avez-vous remarqué que lorsqu’on demande aux gens ce que représente pour eux «ne rien foutre », beaucoup répondent : « lire ». Voilà qui doit ravir les écrivains et qui m’exaspère, lire ce n’est pas rien. 

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3 réflexions au sujet de « Farniente »

  1. Lorsqu’ on a été actif, il n’ est pas facile de ne rien faire, parce qu’ on s’ ennuie vite.
    Tout est fait pour que nous dépensions en voyageant, mais le retour est toujours un plaisir !
    Faire ce que nous aimons est pour moi reposant pour l’ esprit, et que de satisfaction lorsqu’ on réussit ce qu’ on a entrepris !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Je suis obligée de ne pas faire d’efforts mais ce n’est pas pour ça que je m’ennuie …
    Par contre, je ne suis pas capable de ne rien faire.
    Je fais ce qui me plait, plait !
    Tout en râlant quelques fois de ne pas pouvoir faire certaines choses dont j’ai envie …
    J’adore les dessins et surtout les fruits érotiques 🙄
    Bon mardi, avec ou sans soleil …
    Bisoux, ma françoise

  3. …j’adore parcourir la planète, mais c’est si bon de revenir chez soi , le jardin, le bricolage, oui je verrai demain, ne rien faire est si agréable ! lire !! internet !! ou traîner dans la garrigue , il reste tellement de choses à faire, quand on ne fait plus rien depuis trente ans de retraité ! mes meilleures pensées chère Françoise, bisous

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