À Nicolas Hulot

Une pétition adressée à Nicolas Hulot circule en ce moment. (Je l’ai signée). Elle montre bien le décalage qui existe entre les discours et la réalité. C’est la pagaille (organisée ?) en France. Tout va de travers, on ferme  les yeux sur beaucoup de choses pour attaquer toujours les mêmes, ponctionner et maltraiter les plus humbles. Cette pétition concerne Montreuil, la banlieue parisienne.

Une petite usine (la SNEM), située à 50 mètres d’une école, à 260 mètres d’un futur collège, à 500 mètres du centre commercial, jouxtant un charmant parc Natura 2000 et à 2 kilomètres seulement de Paris, ne devrait être que totalement inoffensive.

Seulement cette usine est un site hautement dangereux, classé ICPE, utilisant des produits tellement nocifs qu’ils sont interdits par la Directive européenne REACH (Chrome 6, etc.).

Plus grave encore, cette usine est complètement délabrée et plus du tout aux normes depuis au moins 2007.

Les enfants de l’école, tous les riverains du quartier et pire encore les salariés, sont tous exposés en permanence aux graves pollutions de cette usine encore en fonctionnement.

Bien sûr, autour de ce problème un dialogue de sourds où chacun se renvoie la balle : la mairie, la préfecture, l’éducation nationale, la SNEM, les entreprises AIRBUS et SAFRAN qui sont les clients de la SNEM.

Qu’attend-on pour agir ? Un drame ?

Cette histoire me rappelle à une moindre échelle le comportement délictueux d’un « monsieur » qui entasse sur un terrain, sans protection du sol, ni couverture, bruts comme ça des déchets (des boues de la station d’épuration), « empuentissant » le secteur sans que le maire ni les gendarmes n’y trouvent rien à redire car c’est au châtelain qu’on s’attaquerait. L’ADEME n’a pas bougé car c’est au maire (qui ne veut rien faire) qu’il faut s’adresser. En résumé, quatre mois d’odeurs pestilentielles et de mouches. Quant à l’eau, la nappe phréatique qui sert à arroser les cultures avoisinantes, polluée ? Mystère ? J’ai rappelé, à la mairie, qu’il y avait eu la nuit du 4 août en 1789 et j’avais finalement menacé d’appeler la télévision et les journalistes si la chose se reproduisait et même d’aller poser des « crottes »  (sous le coup de l’émotion, le mot choisi manquait plus d’élégance) sur les marches du château. Il y a eu, un an plus tard, un peu plus loin, une tentative, plus courte de dépôts de ces boues qui ne sont pas des granulés ou des matières sèches mais bien des trucs semi-liquides.

Je pense que le jour de vérité je ne me suis pas fait que des amis mais tant pis, je défends la terre de mes petits-enfants et des vôtres. Il faut arrêter avec les privilèges, les passe-droits, les avantages particuliers qui nuisent à la majorité.

« J’aime votre révolte adolescente » m’avait dit, un jour, un professeur de philo. Le problème, c’est que je suis sortie de l’adolescence, j’ai plus de soixante ans mais je ne cesse de me révolter. Toute seule, ce n’est guère efficace mais si je peux ouvrir les yeux de quelques autres, le monde changera peut-être.

Je me souviens de ce vieux billet que j’avais écrit : « On ne peut plus dormir tranquille lorsqu’on a une fois ouvert les yeux. »  Ceci dit, je dors plus tranquille qu’avant.

2 réflexions au sujet de « À Nicolas Hulot »

  1. ah Hulot, celui qui a un hors bord à la consommation de diesel excessive, celui dont les produits Ushuaïa contiennent des saloperies, celui qui voudrait nous forcer à isoler nos demeures !
    Là aussi, c’ est au peuple qu’ on s’ attaque, et on ferme les yeux pour telle usine qui déverse ses boues rouge en Méditerranée, et qu’ on laisse les petits marquis polluer sans réagir !
    Tu as eu bien raison de signer la pétition !
    Passe une bonne fin de semaine
    Bisous Françoise

  2. Tu as bien raison car le nicolas fait partie des gros pollueurs et il se permet de donner des leçons !
    C’est tous les jours qu’on trouve des raisons de s’indigner …
    J’espère que votre pétition sera entendue.
    Bon week end … Pas trop le moral.
    Bisoux, très chère françoise.

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