Tout va bien (film 2)

On ne cesse de nous le répéter : tout va bien, pourquoi avez-vous quelquefois des doutes ? Oui, tout va bien ! Un autre film, plus ancien que celui que je vous ai présenté hier, français de surcroît, est intitulé « Tout va bien« . Écrit et réalisé par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin, sorti en 1972, il dure une heure et demi et raconte une grève dans une usine, avec séquestration du patron dans la France d’après mai 68. Va-t-on revoir cela bientôt sur notre territoire ?

Le film relate une grève, quatre ans après les événements de mai 1968. On suit un couple composé d’un cinéaste et d’une journaliste Américaine qui enquête sur le patronat Français. Ils sont séquestrés dans un premier temps, puis libérés ; leur perception de la société française va changer.

Godard pose son regard sur  plusieurs sujets : la lutte des classes, le rôle des intellectuels dans les révolutions, les rapports dans les entreprises ou encore le couple et même du cinéma. Il n’aborde pas cependant tous les sujets en profondeur. Il faut noter qu’Yves Montant, qui a le rôle principal avec Jane Fonda, est habitué des œuvres politiques (ex-membre du parti communiste, il a tourné avec Costa-Gavras) et que Jane Fonda est une actrice qui, à l’époque, remettait activement en cause l’invasion américaine du Vietnam et critiquait l’administration Nixon. Jean-Luc Godard, ex PC aussi, encore de gauche, représentatif de l’époque post-1968, a offert là une œuvre humaine, politique, accessible.

Le film s’ouvre sur une série de chèques signés aux acteurs, techniciens, laboratoires… La voix off explique que pour faire un film, il faut de l’argent et que pour avoir de l’argent, il faut des stars. Le film nous montre alors Yves Montand et Jane Fonda et explique que ces deux personnages sont en couple. Suzanne (Jane Fonda) devait interviewer le patron de l’usine, une charcuterie industrielle, sans savoir que l’usine était occupée par ses ouvriers. Lui et elle se retrouvent alors séquestrés avec le patron qui explique qu’un « petit débrayage » était prévu par la CGT mais que des ouvriers ont pris le pouvoir et bloqué totalement l’usine.
Par la suite, Suzanne interroge ces ouvriers qui expliquent combien les conditions de travail et les rapports de classe sont durs dans l’usine.

Une fois sortis, Suzanne essaye de raconter cette occupation mais n’y arrive pas. Elle explique, face caméra, qu’elle était journaliste culturelle mais qu’elle est passée à des sujets plus sociaux, ce qui lui convient mieux ; par contre, ce qui est difficile pour elle c’est que la radio pour laquelle elle travaille  impose un même ton à tous les sujets et que cette voix « aseptisée » ne convient pas pour raconter ce qu’elle a vu dans l’usine.

Lui (Yves Montand) reprend son travail aussi, il réalise une publicité pour les collants Dim. Il explique qu’il était cinéaste, mais, après mai 68, il s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus faire de films comme avant les événements et qu’il a décidé de devenir réalisateur de films publicitaires pour gagner sa vie.

« Tout va bien » a été sélectionné à la Mostra de Venise 1972 mais il en a été retiré par ses réalisateurs qui ont choisi de le faire projeter au «contre-festival» organisé par deux associations d’auteurs italiens, l’ANAC et l’ANCI, promu notamment par Pier Paolo Pasolini. (Cette « contre » manifestation autofinancée se veut « un témoignage actif […] de la volonté démocratique et antifasciste de l’écrasante majorité des auteurs italiens »).

Même quand tout va bien, on peut sortir du rang : ne pas accepter l’ordre établi. C’est quelquefois inconfortable mais plus honnête, plus moral sans aucun doute.

3 réflexions au sujet de « Tout va bien (film 2) »

  1. en lisant que nos agriculteurs n’ ont pas le droit d’ utiliser les semences qu’ ils souhaitent, et doivent obligatoirement passer par des semenciers aux ordres de Monsanto, avec la complicité européenne, je me dis que le problème vient de ces entreprises consortium inatteignables avec leur cohorte de cabinets d’ avocats, avec leurs milliards, et leur pouvoir sur des ouvriers obligés d’ accepter de misérables salaires s’ ils veulent survivre.
    Que faire contre des entreprises qui n’ ont même pas leur siège en France, et sont capables d’ imposer leur façon de voir , ne serait ce que par la menace de milliers de chômeurs !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Tout d’abord, désolée pour mon manque de présence et, en plus, je ne reçois toujours pas ta NL !
    Pourtant, j’ai tout essayé.
    De plus, plein de soucis autres que ma santé, en ce moment … J’en ai marre.
    Je te souhaite un bon dimanche, avec un soleil qu’on n’attendait plus, le bougre !
    Bisoux tristes.

    PS : je serais absente quelques jours à partir de demain, rien de grave, mais quelques affaires urgentes.

  3. Passage rapide pour te souhaiter un bon mardi.
    Encore du « pain sur la planche », aujourd’hui …
    Bisoux, très chère françoise

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