Blanc (2)

Le blanc est une teinte caractérisée par une impression de forte luminosité sans aucune teinte dominante. Le blanc est opposé au noir et aux autres couleurs. Dans la culture occidentale il est associé à de nombreux concepts positifs du domaine du sacré : il est symbole de pureté et s’oppose à la souillure quelle qu’en soit la nature, matérielle ou morale. J’en ai à dire des choses sur le blanc.

Étymologiquement le mot blanc vient du germanique blank qui signifiait « brillant, clair, sans tache » et en deuxième sens, « nu ». C’est à partir de cette racine que sont nés les mots dans les langues latines : « blanco » (espagnol), « branco » (portugais), « bianco » (italien).

Dans la langue moderne, le blanc peut aussi désigner des objets qui ne sont pas de couleur blanche par opposition à des objets similaires mais qui présentent une plus forte coloration. Ainsi, dans les jeux de go, de dames ou d’échec oppose-t-on les pièces blanches même si elles ne le sont pas vraiment aux pièces noires qui ne le sont pas non plus (le clair contre le sombre ; le bien contre le mal par extension).

Le terme de  « Blanc » pour race blanche (euh… je crois qu’il ne faut plus dire race) désigne de manière générique l’ensemble des groupes ethniques composés d’individus à peau claire ;  les personnes de type européen sont couramment désignés comme des Blancs ou « face de craie » (c’est pas raciste, ça ?) (Je précise que mon mari est d’origine chinoise et que j’ai des belles-sœurs et beau-frère d’origine européenne, africaine, indienne et chinoise ; la variété et la tolérance, voilà ! ).

La peau des blancs n’est pourtant pas vraiment blanche mais on l’oppose aux peaux de couleur : noire, jaune (les Chinois ne sont pas vraiment jaunes), rouge… bleu, vert (on n’arrête pas le progrès).

Je n’aime pas certains classements, ça me rappelle l’apartheid en Afrique du Sud et ma visite au musée du District 6, un quartier résidentiel du Cap, célèbre à cause de la déportation de ses 60 000 habitants dans les années 1970, en période d’apartheid. Le gouvernement donna plusieurs raisons à la destruction de ce quartier : la nécessaire séparation des races, l’insalubrité, la dangerosité et l’immoralité qui y régnaient. Les habitants toutefois estimèrent qu’il s’agissait de mauvaises raisons et que le gouvernement souhaitait tout simplement récupérer cette zone très proche du centre ville, du port et de la montagne de la Table. Le 11 février 1966, le gouvernement déclara que le District Six ne devait être habité que par les Blancs ; la destruction commença en 1968. En 1982, 60 000 personnes furent déplacées à 25 kilomètres, dans le township (bidonville) de Cape Flats et les anciennes maisons de la zone de District Six qui restaient furent rasées. Actuellement, l’Université du Cap s’est installée sur une partie du site mais la plus grande partie est abandonnée à l’état de terrain vague. Le gouvernement de Mandela, en 1994, a écouté les revendications des anciens habitants, et envisagé une aide à la reconstruction mais il y a tant à faire dans ce pays.

Je reviens au blanc et en France. À La Réunion (département d’Outremer), un « petit blanc » est un homme d’origine européenne mais pauvre ou de condition modeste. Certain(s) journaliste(s) ont fait passer les « petits blancs des hauts » pour des demeurés plus ou moins dégénérés par la consanguinité. Le terme « gros blanc » désigne en revanche un grand propriétaire, terrien ou pas, souvent d’ascendance aristocratique, descendant des familles qui ont fait fortune dans la canne à sucre  en recourant à l’esclavage et surtout à l’engagisme. Ce sont les descendants des douze familles d’origine qui se partagèrent l’île « du battant des lames au sommet des montagnes », les plus illustres des Gros Blancs : de Chateauvieux, Lagourgue, Kerveguen, Adam de Villiers, Boyer de la Giroday ou de Heaulme, Barrau… et j’en oublie.)

Dans d’autres pays francophones, ex-colonialistes, on peut être un blanc honoraire, une personne qui ne présente pas les caractères physiques et ethniques d’un européen, mais qui en a les prérogatives, à La Réunion, c’est comme un « Caf(re) salon » ou « Caf La Soie » (relire ce billet et la classification des Cafres La Réunion).

Sans être raciste, chacun peut voir les différences entre les humains.

Mon amie martiniquaise, « votre amie de couleur » comme me l’avait fait remarquer ma voisine, était noire, elle le savait, ça ne la choquait pas même quand je lui disais « ma cafrine » (un terme affectueux).

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2 réflexions sur « Blanc (2) »

  1. C’est toujours amusant de voir comment sont classifiées les couleurs de peaux, selon le pays où on trouve.
    Il ne doit plus y avoir de race, et pourtant, notre peau la détermine souvent.
    Que de crimes commis au nom de cette couleur, que ce soit le noir ou la « race arienne » !
    Le blanc lié à la virginité (Je n’ai jamais compris comment on peut l’être après avoir eu un enfant … :roll:).
    Hors sujet, quand j’étais jeune (…) j’avais un faible pour les hommes eurasiens : beaux bruns aux yeux légèrement bridés … Lolll
    Chez moi aussi, une famille hétéroclite mais aucune différence entre nous !
    Bon jeudi.
    Marre du mauvais temps et d’être patraque …
    Bisoux, françoise

  2. parler de race pour les animaux ne pose aucun problème, il devrait en être de même avec les humains !
    N’ importe quel médecin pourrait donner les différences selon la couleur de peau, ne serait ce qu’ au niveau de la composition du sang.
    Le tout est de considérer que tous sont des hommes ayant les mêmes besoins et les mêmes droits.
    avec leur phobie du mot race, on en est arrivé en France, à ce que le blanc soit plus victime de racisme qu’ un étranger !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

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