Dengue / dingue

Après les épisodes de chikungunya (auquel personne ne croyait, il y a dix ans), l’île de La Réunion est de nouveau menacée par une épidémie, véhiculée comme le chikungunya d’homme à homme par le moustique tigre, la dengue.

Je reviens sur le « chick » car en haut lieu on s’est moqué des Réunionnais. Je vos rappelle que la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS) et l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH) ont de façon répétée, entre août 2005 et octobre de la même année, refusé de prendre en compte le signalement confirmé – par les médecins hospitaliers de Saint-Pierre – d’encéphalites à chik chez des adultes et des enfants, avec transmission materno-néonatale, car : « Le chikungunya est une maladie bénigne, les formes que vous décrivez n’ont pas été décrites dans la littérature« .

Quand ces cas graves furent révélés dans la presse, l’ARH ordonna une enquête administrative visant à rechercher les médecins « responsables du  non-respect du secret médical ou du droit de réserve des médecins hospitaliers… » Bravo l’hypocrisie, l’inconséquence, la fourberie de l’administration !

Depuis plusieurs semaines, l’île de La Réunion est à nouveau en alerte. La dengue réapparaît de façon inquiétante sur l’île notamment sur la zone du Tampon. Selon L’InVS (Institut de Veille Sanitaire), la recrudescence de nouveaux cas sur ce territoire est d’autant plus inquiétante que la prolifération de la maladie, est actuellement favorisée par :
• un très faible taux d’immunité de la population réunionnaise contre le virus de la dengue,
• des conditions climatiques (pluie accompagnée de températures élevées) très favorables au développement du moustique tigre, vecteur de transmission de la maladie,
• la présence avérée du virus de la dengue sur des territoires proches de La Réunion, comme notamment les Seychelles.

La dengue est une maladie virale ; après une période d’incubation de 4 à 7 jours, les signes de la maladie vont apparaître : fièvre forte avec deux pics de fièvre au delà de 39°, des courbatures, maux de tête, douleurs musculaires et/ou articulaires, nausées, vomissements, diarrhées, fatigue intense… les symptômes vont durer entre 3 et 7 jours. Dans certains cas, la maladie peut prendre des formes plus graves (la dengue hémorragique est en plein essor) pouvant nécessiter une hospitalisation. En cas de symptômes, il est important de consulter son médecin qui pourra donner un traitement adapté à l’état de santé ainsi que des conseils pour protéger l’entourage.

Philippe Naillet, député de la 1ère circonscription de La Réunion qui remplace désormais Ericka Bareigts à l’Assemblée nationale, a récemment pris la parole pour alerter les pouvoirs publics sur le risque d’épidémie de dengue qui menace La Réunion. Après avoir rappelé que le virus avait déjà touché 161 personnes en quatre mois, insistant sur l’épidémie du chikungunya, le député socialiste a interpellé la ministre de la Santé, Marisol Touraine, sur les mesures envisagées. Et alors ? Rien ou pas grand chose. Outre les actions de prévention et de lutte anti-vectorielle renforcées, cette dernière a évoqué la possibilité d’utiliser un vaccin contre la dengue développé par Sanofi, « si la situation l’exige ». (Je souris ; une fois de plus la population réunionnaise servira de cobaye).

Le vaccin n’est pas encore accessible sur le marché français mais il est disponible au Mexique, aux Philippines et au Brésil. Récemment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l’utilisation de ce vaccin, le Dengvaxia, pour prévenir la propagation du virus.

En attendant le virus de la dengue continue donc à circuler de manière active dans l’île.

Si 161 cas autochtones de dengue ont été identifié, le nombre réel de cas dans l’île est probablement largement plus élevé. Face à l’amplification du phénomène de circulation du virus de la dengue, l’ARS OI a décidé le 4 mai d’activer le niveau 2B du plan Orsec de lutte contre les arboviroses. 300 emplois aidés supplémentaires seront envoyés sur le terrain pour lutter contre la propagation du virus.

Pourtant il faudrait se poser une seule et vraie question : « à quoi est due la prolifération des moustiques ? »

Ouvrons les yeux. D’innombrables déchets couvrent l’île même dans les zones touristiques. Les eaux stagnantes adorées par les moustiques sont incalculables (soucoupes de pots de fleurs,gouttières bouchées, déchets divers tels que bocaux, bassines, pneus…) Il suffit de nettoyer chacun chez soi et les environs, les ravines. Nous éviterions ainsi la pulvérisation intempestive de produits chimiques toxiques.

Nous pourrions aussi envisager la création d’emplois permanents pour des jeunes et moins jeunes chômeurs plus occupés à boire, à fumer, voire à voler ou à saccager les écoles par exemple.

Je vous rappelle qu’une vigilance accrue sur les gestes de protection individuelle est nécessaire : vêtements longs, répulsif, moustiquaire… Ainsi diminueront les risques de contamination.

Mais bon… J’ose espérer que le bon sens prendra le relais.

 

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Une réflexion au sujet de « Dengue / dingue »

  1. Une fois de plus, le gouvernement a fermé les yeux !
    Il est probable que si cela s’ était passé en métropole, il en aurait été différemment !
    Les labos ne sont intéressés que par la quantité !
    En principe, sur terre, le créateur a tout prévu, et ce moustique tigre devrait bien avoir un prédateur ?
    Espérons que des solutions seront trouvées
    Bonne journée Françoise
    Bisous

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