Encore des dents

À  cause d’un individu qui se gausse, paraît-il, des plus pauvres en les appelant les « sans dents », de nombreuses expressions comprenant le mot dent me sont revenues en mémoire. S’il est bien vrai que François Hollande a prononcé ces mots, les Français dans leur majorité auraient raison d’avoir une dent contre  lui.

Avoir une dent contre quelqu’un, c’est en vouloir à ce quelqu’un et les Français ont bien des raisons d’en vouloir à ce président « grand prometteur petit donneur » comme disent les créoles ; je vous renvoie à la lecture d’un de mes billets de 2011 « Promesse ». Nous pouvons avoir une dent contre quelqu’un et même garder une dent contre lui pendant longtemps. Il faut avoir de la mémoire. Pourquoi les citoyens français oublient-ils si vite ? Et pourquoi n’ont-ils pas encore compris que nos politiques mentent sans cesse ? Chacun d’entre eux (ou presque) ment comme un arracheur de dents ; ils mentent effrontément,  il suffit de se souvenir de Jérôme Cahuzac. Et cela changera quand les poules auront des dents, c’est-à-dire jamais.

En ce qui me concerne, j’ai soixante et un ans et (pas) toutes mes dents, ne serait-ce que parce que mes dents de lait ont disparu il y a bien des lustres et que mes dents de sagesse ne sont jamais venues, une seule a eu quelques velléités d’apparition mais je l’ai faite arracher et depuis, plus rien… Les autres ont-elles eu peur, se sont-elles cachées ou étais-je destinée à n’être jamais sage ?

Bref, à mon âge, quitte à faire grincer des dents (agacer et/ou  susciter une réaction négative), je n’ai pas envie de me taire et d’avoir peur en silence, je ne parle pas entre mes dents, peu distinctement, en n’articulant pas, j’exprime clairement ce que je pense, certains diront que j’ai la dent dure (que je suis sévère, quelquefois intransigeante) mais je ne fais que dire ce que je pense à un instant donné peut-être parce que je suis sur les dents (surmenée, épuisée ou excédée selon les jours).

Moi qui rêvais de voir mes enfants mordre la vie à belles dents ou à pleines dents (de bon appétit et avec beaucoup d’énergie), je les vois trentenaires, désabusés, quelquefois déprimés et surtout exploités. Pour eux, la vie, l’avenir c’est précarité, récession, rémunérations ridicules, cursus et diplômes dévalorisés… Rien ne leur est épargné si on ajoute Sida, Ébola, terrorisme… Et pourtant nous voulions qu’ils soient heureux. Comment en est-on arrivé là ? Génération perdue ? Est-ce parce qu’ils n’ont pas les dents du bonheur (un espace marqué entre les deux incisives) ou simplement la faute à « pas d’chance » ?

Il y a pourtant encore quelques personnes, jeunes et moins jeunes, à avoir les dents longues (être très ambitieux) qui ont envie d’attraper, prendre la lune avec les dents, de tenter l’impossible pour réussir. Certains d’entre eux ont même des dents qui rayent le parquet (une ambition excessive). On en a vu au moins un très bien réussir : le petit Nicolas est devenu président de la République.

Si certains ont les dents longues, d’autres se contentent d’avoir la dent (avoir faim) ou d’avoir une dent creuse et je crains que nous ne soyons de plus en plus nombreux à m’avoir rien à nous mettre sous la dent (rien à manger) avec ce pouvoir d’achat en berne. Nous finirons par perdre nos dents, celles que nous n’aurons plus les moyens de nous faire soigner car ça ne va pas s’arranger. Je vous  renvoie à la lecture de cet article du Monde : « des dents en moins, pas les moyens ».

Quoi que l’on dise à gauche, mensonge de Trierweiler ou pas, une chose est sûre, la gauche n’aime pas les pauvres, elle utilise la même panoplie que Sarkozy pour les éradiquer et même pire puisqu’elle avait fait croire le contraire. Rebsamen fait la chasse aux chômeurs (les sans-dents sont fraudeurs), Macron revient sur les 35 heures  (les sans-dents sont paresseux) mais la gauche continue à offrir l’AME aux étrangers et des tas d’autres avantages. De quoi entretenir dans notre pays un climat propice à la haine des uns et des autres.

Il faut en finir avec les belles paroles, et s’en tenir à la justice et surtout à l’équité. Il me semble que le problème n’est pas nouveau. Georges Courteline écrivit dans la pièce « Article 330 », en 1900 :

« On constate avec soulagement qu’en France (…), il y a deux espèces de droit, le bon droit et le droit légal, et que ce modus vivendi oblige les magistrats à avoir deux consciences, l’une au service de leur devoir, l’autre au service de leurs fonctions.

Méfiance ! si un jour les gens nerveux s’en mêlent! Lassés de n’avoir pour les défendre contre les hommes sans justice qu’une justice sans équité, toujours prête à immoler le bon droit en holocauste au droit légal et en proie à l’idée fixe ménager les crapules. « 

Share

4 réflexions sur « Encore des dents »

  1. je disais donc, que c’ était peut être parce que les dents des requins repoussent jusqu’ à leur mort, qu’ on parle de requin de la fiance ou de la politique.
    IL faut croire que notre spécialiste des commémorations et inaugurations a une dent contre l’ ambition de son first ministre, puisqu’ en même temps que la médaille, il lui a distillé quelques perfidies sur son futur, comme il a taclé les dissidents !
    Quel bonheur ce serait que la gauche implose !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Mes dents de sagesse « côté gauche » me font de plus en plus souffrir! Que faire? Extractions? mais pour les remplacer par quoi? Pour l’instant, je tente les soins sous hypnose…je rêve!!!
    Bonsoir A+

  3. Ping : C’est dimanche (141) | FrancoiseGomarin.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *